18. août, 2017

Is’Art Galerie : Labdihy, carrefour de la danse contemporaine

L’événement Labdihy, initié et organisé par Ariry Andriamoratsiresy, se tient actuellement à l’Is’Art Galerie. Roberto Torres, invité d’honneur international, est déjà sur place pour partager ses expériences à ses pairs. Vendredi prochain, le public aura droit à des prestations époustouflantes des danseurs.

Pour sa 7e édition, le Labdihy, un véritable laboratoire de la danse pour les grands noms de ce domaine artistique, voit grand. Rencontres, résidences de création, représentation, c’est une plateforme qui permet aux danseurs et chorégraphes d’échanger et de continuer à explorer et à pousser la recherche à son maximum, grâce aux expériences de chacun. L’événement se tient sur plusieurs sites, au Tahala Rarihasina, à l’Is’Art Galerie, au Craam à Ankatso, au CEG Avaradrova, au lycée Sedera et au Tokotanibe à Ambohimanga. Une quarantaine de danseurs professionnels y participeront dans un événement à deux vitesses. Car si la première phase a déjà commencé à l’Is’Art Galerie, jusqu’au 12 août, la deuxième se fera en octobre prochain. L’événement accueille un invité d’honneur international, Roberto Torres, danseur chorégraphe de la compagnie Nomadà et directeur artistique du Teatro Victoria en Espagne. A l’Is’Art Galerie, pour ce vendredi, le public aura l’honneur de voir le duo Sandy et Poun, suivi d’une pièce de Harivola, puis de Roberto Torres. D’ailleurs, ce dernier donnera une conférence sur la danse contemporaine samedi prochain, suivi de deux prestations de la Compagnie Lova et de la Compagnie Rary.

Octobre. Pour sa deuxième partie, le Labdihy devra attendre le mois d’octobre, mais la programmation est déjà très alléchante. Plusieurs danseurs et chorégraphes malgaches et internationaux feront partie de cette aventure : le danseur chorégraphe de la compagnie Danse Cité de Maurice, Jean Renat Anamah, Ginaud Nicolas Clarice, danseur de la compagnie SR Dance de Maurice, Chris Babingui, danseur et chorégraphe et chargé de la programmation du Mbongui Square Festival du Congo Brazzaville, San Francisco et Maria Tembe, danseuse interprète de la compagnie Culturarte du Mozambique.

Midi Madagascar

Le 10/08/17

Anjara Rasoanaivo

4. août, 2017

19. juin, 2017

CHRONIQUE DE VANF: le prétexte Beatles

Les Beatles ne sont pas exactement de ma génération. Plutôt celle de la génération d’avant : 1963, c’est l’année du discours «I Have a Dream» de Martin Luther King comme de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy ; 1964, celle de la sortie de la Ford Mustang ; 1966, celle de la renaissance simultanée de l’Allemagne et du Japon «consacrée» par un concert des Beatles à Hambourg, suivi du concert à Tokyo, quatre jours plus tard, en juin...

Mais, ce documentaire sur les Beatles («Eight Days a Week», par Ron Howard, 2016) me parle. Sans doute à cause de cette simple phrase de Brian Epstein, l’agent qui leur a donné la célébrité planétaire : «Ils étaient différents, sans artifice». Sans artifice, sans nunucheries modernes. Ni le coefficient post-moderne d’Internet. J’aime croire qu’ils n’avaient pas eu besoin des excentricités paparazzisées des stars des années 2000. Que leur génie avait suffi.

Costume propret et coupe de cheveux en obole : ce look, il le devrait à Brian Epstein : «à 27 ans, c’était un adulte. Il avait une voiture !». Brian Epstein s’exprimait bien, racontent les quatre, il avait la voix posée. Les Beatles allaient essayer de bien s’exprimer, à son exemple. La vulgarité de notre époque aurait vite fait d’y voir une ringardise suprême.

Le journaliste Larry Kane, qui a suivi la tournée américaine des Beatles en 1964-1965, raconte comment son père l’avait pris à part avant cette tournée : «Attention à toi, ces garçons sont un danger pour la société». Il est vrai que les filles inauguraient l’hystérie des cris stridents et des syncopes synchronisées, mais surtout médiatiques. Elles faisaient des déclarations d’amour insensées (comme toutes les déclarations d’amour, d’ailleurs, et ce, à toutes les époques) à de parfaits inconnus. Elles cassaient la vitre de leur voiture pour leur caresser le visage. Ce papa américain des années 1960 parlait comme s’étranglerait un cheick wahhabite des années 2000 si celui-ci voyait quatre mille vierges séoudites se débarrasser de leur hijab et niqab pour les lancer aux pieds des Beatles...

On ne posera pas une question sur les Beatles ni à l’oral du Bac ni au Brevet, mais, comme très sérieusement, on avait pu les interroger sur la place qu’ils pensaient occuper dans la culture occidentale, il n’est pas superflu de se souvenir du nom des «quatre garçons dans le vent» : Ringo Star (né en 1940), John Lennon (né en 1940, assassiné en 1980), Paul McCartney (né en 1942), George Harrison (1943-2001).

Les Beatles allaient se séparer l’année de ma naissance. Non, ils n’étaient décidément pas de mon époque. Mais, «Imagine» de John Lennon ne se décline-t-il pas très contemporainement, entre reprise des Kids United, publicité caritative ou un magazine (Imagine-demain-le-monde) ? Tiens, n’est-ce pas le pantalon slim des Beatles qui revient enserrer skinny nos jambes modernes ? Ils n’étaient pas de mon époque, mais la vie est un éternel recommencement.

Vanf

Journaliste chroniqueur à l’Express de Madagascar

20. janv., 2017