17. févr., 2020

Evenement

Célébration : Is ’art Galerie et ses neufs ans de service

Une fête dans le sens complet du terme. L’Is’art Galerie Ampasanimalo a célébré ses neuf années d’existence samedi dernier avec l’évènement « Fêt’Art ». Le temps aussi de faire un petit bilan.

« Je ne suis pas là pour faire le travail des responsables. Ce que nous faisons, ce n’est même pas un dixième de ce qui se fait à Madagascar », en matière d’art contemporain. Cette phrase de Tahina Rakotoarivony, le patron de l’Is’art Galerie à Ampasanimalo, résume ces neuf années d’existence de ce haut lieu d’art tananarivien. Samedi, durant toute la journée, des festivités du « Fet’Art » ont été organisées sur place. Dans la matinée, « Baz’art » a démarré la célébration. Des artisans « super sympas », selon les organisateurs, ont présenté plusieurs articles. Allant des instruments de musique, du vestimentaire, jusqu’aux objets décoratifs. Tout était fait à la main. 

Les séries de prestations ont débuté vers 14h. Une belle pléiade d’artistes de tous les domaines, que ce soit musical, poétique ou autres. Avec le groupe folklorique Ny Vonimboahangy, on a pu constater l’envergure en matière de promotion musicale prise par l’Is’art Galerie durant ces années. « Au moins, je peux dire qu’on a promu pas moins de 300 artistes, voire beaucoup plus », signale Tahina Rakotoarivony, sans trop se réjouir. Il a sans doute conscience du combat qu’il mène actuellement. Se battre pour l’art malgache n’est pas une mince affaire. « Je fais tout pour que nos artistes contemporains actuels puissent sortir à l’étranger. Cela est nécessaire pour qu’ils s’ouvrent et évoluent », ajoute-t-il, à défaut d’école d’art locale.

L’Is’art Galerie est donc le baromètre idéal pour tâter le pouls de l’art contemporain malgache. A voir le public samedi dernier, ce secteur intéresserait plutôt les étrangers que les Malgaches, excepté les amateurs d’expressions artistiques diversifiées. Et ce lieu a aussi permis de découvrir des jeunes loups de la musique malgache. Comme Zanaky Ny Masoandro, présent samedi, pratiquant un reggae ayant quelques affinités avec le rock. Plusieurs artistes se sont ensuite alignés sur scène. C’est vers 20h que les grosses pointures ont fait leur apparition. Nate Tex, star de la variété pour ados, qui en était probablement à sa première prestation dans ce lieu, a réussi à convaincre un public habitué à une musique plutôt consistante. Comme les Njava, D’Gary, Rapo Atlas, Olombelo Ricky, Drwin… 

Vers 18h20, le « koba » a été coupé en guise de gâteau d’anniversaire. « Nous, les artistes contemporains, nous avons besoin de formation. Il y a plusieurs choses à maîtriser. Bien sûr, l’intuition est là. Mais il faut savoir convaincre, se présenter… Sachant qu’il est important de pouvoir vivre de son art. Ce n’est pas seulement le talent, c’est aussi le parcours et les raisons d’être devenu artiste », avance Tahina Rakotoarivony, le chef de file de l’Is’art Galerie. « Vivre de son art », voilà le combat à mener. Jusqu’à maintenant, la plupart des gens pensent que les œuvres d’art contemporain sont de simples distractions ou des signes symboliques d’un certain statut social et culturel, voire un luxe. Mais « il y a un message », conclue-t-il. 

Midi Madagascar

Le 10 février 2020

Maminirina Rado