28. oct., 2020

Bande dessinés

VANF ANTRANONKALA : Le Lucky Luke nouveau est arrivé !

 

Le dernier Lucky Luke, «Un cowboy dans le coton» (Jul au dessin, Achdé au scénario), sort ce vendredi 23 octobre 2020. Il était presque inévitable que la bande-annonce n’en ait que pour l’apparition d’un héros Noir : «C’est la première fois, en quelque 80 albums et 72 ans d’existence, que des personnages noirs décrochent un rôle principal dans un album de Lucky Luke» (RFI).  

Bass Reeves, qui apparaît en compagnie de Lucky Luke en page de couverture, est un personnage authentique : esclave marron, réfugié dans des tribus indiennes, avant d’être émancipé ; un as du six-coups qui devint le premier shérif adjoint noir à l’Ouest du Mississipi. 

À moins de s’exposer à des procès type «Tintin au Congo», il était certainement plus convenable d’ «éviter les traits caricaturaux et racistes que l’on pouvait trouver dans un album comme En remontant le Mississipi» (BFM.TV).  

Le «Poor Lonesome Cowboy» a été créé par le Belge Morris (Maurice de Bevere, 1923-2001) en 1946 et scénarisé par le Français René Goscinny (1926-1977) à partir des années 1950. Avec les Tintin, Gaston Lagaffe, Spirou, Achille Talon et Blueberry, «Le cowboy qui tire plus vite que son ombre» fit partie des BD dites «franco-belges» qui ont édifié mon enfance (Astérix des Français Goscinny et Uderzo appartient au même «genre franco-belge»). 

Les histoires de Lucky Luke commencent à l’époque de la guerre de Sécession pourtant les Afro-Américains, dont le maintien ou non en esclavage en fut le principal enjeu, n’étaient représentés que de manière marginale. Lucky Luke a évolué avec son temps. Le trait le plus marquant aura été la disparition de la cigarette (sur laquelle pourtant j’avais appris à dessiner) remplacée par un brin d’herbe. 

Dans un prochain album, et pourquoi pas sur la bataille de Little Bighorn (25-26 juin 1876), gagnée par Sitting Bull ou perdue par le lieutenant-colonel George Armstrong Cluster et ses 263 tuniques bleues, le langage des Amérindiens (Ugh !) sera sans doute moins télégraphique. Un autre album consacré aux Chinois qui seraient enfin autre chose que blanchisseurs. Sinon, une vraie BD historique mettant à l’honneur les Mexicains enfin réveillés de leur sempiternelle sieste à l’ombre du sombrero.