17. juil., 2017

Les entreprises doivent chercher une performance extra- financière et globale

Dimby Ramonjy Rabedaoro, Dr en science de gestion de l’université Paris Dauphine, qui plus est, enseignant-chercheur en Stratégie et RSE (Responsabilité Sociétale d’Entreprise) au sein de l’IRSI-Groupe Sup de Co La Rochelle, était de passage ce mois-ci à Madagascar.

Il a animé une conférence-débat sur la RSE, le développement durable et le commerce équitable, organisée dernièrement par l’ADDEV (Agence pour le Développement Durable et l’Economie Verte). A cette occasion, l’intervenant a partagé les bonnes pratiques de RSE tout en évoquant que les entreprises qui veulent entamer cette démarche doivent chercher une performance extra-financière et globale, à part la réalisation d’un chiffre d’affaires. Il s’agit notamment d’une performance sociale, économique et environnementale.

Valeur partagée. En fait, « une entreprise a un devoir de responsabilité sur l’utilisation des ressources naturelles et humaines car elle est implantée au niveau d’une société. On lui demande ainsi d’œuvrer pour la société en adoptant une notion de valeur partagée. Et pour être plus performante, elle doit également s’associer avec toutes les parties prenantes comme les communautés, les fournisseurs, les employés qui sont qualifiés de collaborateurs, la société civile, les ONG, les transporteurs et les distributeurs ainsi que l’association des consommateurs en engageant un partenariat à long terme pour les enjeux sociaux et environnementaux », a expliqué cet enseignant-chercheur ayant plus de 15 ans d’expériences dans le domaine RSE. Il a d’ailleurs accompagné en démarche RSE certaines entreprises pour ne citer que la société agro-alimentaire française Fleury Michon, l’Inter-Mutuelle Assistance et le groupe Cevital en Algérie ainsi qu’en commerce équitable l’entreprise Keka Wongan de Cameroun.

Collaborateurs. Et en termes de redevabilité, « il faut que l’entreprise soit en mesure de répondre de ses impacts positifs et négatifs sur la société, l’économie et l’environnement. Cela protège celle qui pratique cette démarche tout en améliorant son image vis-à-vis des autres parties prenantes. En effet, les consommateurs sont bien informés sur les impacts de ses produits ou services sur la santé et l’environnement », a-t-il enchaîné. En outre, le Dr Dimby Ramonjy Rabedaoro tient à préciser que les entreprises qui s’engagent réellement dans la démarche RSE, changent leur stratégie et leur projet pour innover. « Elles améliorent en même temps le bien-être de leurs employés en les considérant comme des collaborateurs ainsi que la qualité de vie au travail. Ces collaborateurs  en tant que citoyens deviennent ensuite leurs ambassadeurs », a-t-il poursuivi.  

Investissement. Par ailleurs, cet enseignant-chercheur a soulevé que l’intégration de la démarche RSE dans une entreprise nécessite un investissement en termes de temps, de ressources humaines et financières. « Mais il y a un retour sur investissement. Et l’adhésion de toutes les parties prenantes permet à l’entreprise d’être légitime et crédible car elle répond aux besoins des collaborateurs et de la société. Elle fournit en fait des produits sains, responsables et durables. Elle contribue à l’atteinte des objectifs de développement durable car il s’agit d’un projet de société. Il faut également des indicateurs en RSE et en développement durable sur le long terme afin d’éviter que ses activités ne disparaisse au fil du temps », d’après toujours ses explications.  Ce n’est pas tout ! Des normes ISO 26 000 sont établies en 2010 indiquant un guide globale de pratiques RSE. « C’est en cours de révision. Et il faut savoir que toute organisation peut se l’approprier. A part l’entreprise, même les ONG et l’association ou bien d’autres entités peuvent engager une démarche RSE. Mais il faut qu’ils soient accompagnés. En plus, on n’a pas besoin d’être plus grand pour le faire », a conclu Dimby Ramonjy Rabedaoro. 

Midi Madagascar

Le 16/05/17

Navalona R.