22. août, 2017

Le charbon de bois s’amenuise

Le charbon de bois, actuellement le combustible le plus utilisé dans les foyers malgaches, fait depuis un certains temps l’objet d’une hausse de prix. De nombreux facteurs sont à l’origine de ce phénomène. Entre autres, le défrichement anarchique qui fait que les forêts d’eucalyptus se raréfient. « Nos fournisseurs se trouvent à Ambohimena, une contrée située au-delà de Moramanga, voire d’Amboasary, sur la Rn44 menant vers Ambatondrazaka. A mesure que les forêts sont défrichées, les fabricants s’éloignent davantage de la Capitale, si bien que cet éloignement occasionne un surplus de frais et nous oblige à augmenter le prix de vente », a fait savoir Hary Lantosoa Rasoanomena, marchande de charbon depuis des années, ayant succédé à son grand-père et sa mère qui ont été les premiers à pratiquer ce métier. 

Rajouté à cela, il existe une autre raison : le retournement des morts. En fait, une fois par an, les travailleurs des champs s’absentent pour aller célébrer cet événement dont l’organisation nécessite un budget équivalent à l’intégralité de leurs gains de l’année. Pendant cette période, ce sont des remplaçants qui prennent les affaires en main pour s’occuper des cheminées et de la vente. Bien que la quantité de la production baisse, les prix montent.


Pour ce qui est des prix, un sac de charbon d’eucalyptus s’achète à 17 000 ariary. Après  rajout du prix du transport et du frais de portage vers les magasins qui se trouvent dans des quartiers non accessibles pour les voitures, il est vendu à 19 000 ariary. Pour le charbon de pin, le sac est acheté à 28 000 ariary, pour être vendu à 30 000 ariary.


Du côté des acheteurs, aujourd’hui, rares sont ceux qui prennent un sac entier. Apparemment, du fait de l’inflation toujours galopante, les familles ont trouvé un système qui leur permet de ne pas dépenser excessivement pour les combustibles. Elles fixent la quantité de charbon de bois à utiliser, à 600 ou 800 ariary, pour la cuisson journalière, et tâchent de ne pas dépasser ce budget. « Pour persévérer dans ce métier, il faut savoir respecter son travail, et surtout les clients. Dans ce sens, il faut accepter tous les achats, même ceux de petites quantités, afin de les fidéliser, car un moment viendra où ceux-ci pourront acheter un sac entier », a expliqué Hary Lantosoa Rasoanomena qui a ajouté que ses principaux clients sont surtout les restaurateurs qui prennent un sac de charbon tous les trois jours.


Côté santé, elle a confié que pour éviter les maladies provoquées par les poussières de charbon, chacun des membres de sa famille consomme une banane par jour, ainsi qu’une mixture à base de miel mélangé avec du curcuma. Une recette indiquée par un médecin.

 

La Vérité

Le 22/08/17

Rivo S.