22. févr., 2019

Inclusion financière : retard de Madagascar par rapport aux autres pays d’Afrique

La faible performance du secteur financier figure parmi les grands handicaps du développement économique de la Grande-île de l’Océan Indien. La situation actuelle est inquiétante, cependant, une Stratégie nationale est déjà en cours de mise en œuvre.

 

13e position ! C’est le rang de Madagascar dans la région de la SADC, en termes d’inclusion financière. Ce classement qui place la Grande-île parmi les derniers est justifié par des indicateurs alarmants. Si l’on se réfère au pourcentage d’adultes ayant un compte bancaire, Madagascar affiche un taux de 12%, contre 94% pour Seychelles et 85% pour Maurice. Bien que les services financiers soient indispensables pour le développement des activités, même au niveau microéconomique, seulement 17% des adultes Malgaches ont accès aux services financiers auprès des autres fournisseurs, à l’exemple de ceux spécialisés dans le mobile money. 30% de cette population adulte peuvent avoir recours aux services financiers informels. En bref, Madagascar est à la traine, en termes d’inclusion financière, avec l’exclusion de 41% des adultes. Si la population est réticente à utiliser les services financiers disponibles sur le marché formel et informel, c’est à cause du contexte socioéconomique difficile, du faible niveau d’alphabétisation et des contraintes infrastructurelles, selon les promoteurs de la Stratégie nationale de l’Inclusion financière (SNIM). A cela s’ajoutent les incertitudes et les chocs fréquents qui frappent le pays. Cette Stratégie mise en œuvre pour la période 2018-2022 vise, en effet, à résoudre ces problèmes qui constituent un blocage. Cette SNIM est pilotée un Comité de pilotage constitué de représentants de la Banque Centrale, du Ministère en charge des Finances et des ministères sectoriels concernés par le secteur financier.

En cours. Pour cette année 2019, les actions menées pour l’amélioration de l’inclusion financière concernent la promotion de l’épargne, le développement du secteur de l’assurance et des instruments de paiement, l’amélioration des offres de crédit incluant la microfinance, etc. A noter que la SNIM s’articule sur trois axes stratégiques relatifs à l’éducation financière et la protection des consommateurs ; la facilitation et l’amélioration de l’accès et de l’utilisation des services financiers ; et enfin le renforcement des politiques, cadre légal, réglementaire et institutionnel. Selon le document présenté par le Comité de pilotage, les objectifs sont nombreux dans le cadre de la mise en œuvre de la SNIM. Ils ont cité, entre autres, l’amélioration de l’éducation financière de toutes les catégories de la population pour une meilleure inclusion, l’information et la communication, la protection des consommateurs de services financiers pour instaurer un climat de confiance entre la population et les fournisseurs. En ce qui concerne l’utilisation des services financiers la Stratégie nationale prévoit la mobilisation de l’épargne pour faire face aux chocs et constituer un capital productif, le développement des opportunités d’assurance de niche pour la résilience et la productivité ; l’optimisation du paiement pour la résilience et le commerce ; et la promotion de l’offre de crédits ciblés pour élargir les opportunités économiques. Au niveau du cadre légal, la mise en œuvre de la SNIM devrait permettre d’établir un environnement propice à l’inclusion financière, de renforcer la capacité institutionnelle des entités en charge de promouvoir cette inclusion et enfin d’instaurer un climat de confiance entre les fournisseurs de service et le système judiciaire. Bref, de grands efforts restent à faire pour améliorer l’inclusion financière à Madagascar, un défi à relever avant de pouvoir espérer un développement inclusif.

Midi Madagascar

Le 03/01/19

Antsa R.