4. juil., 2018

28/06/2018. Il suffit d’y penser deux secondes pour se rendre compte que les échanges mondiaux n’ont jamais été aussi intenses. Fin mai 2018, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a annoncé que pour le huitième trimestre consécutif, le commerce international des marchandises des pays du G20 a crû : +5,8 % pour les importations et +5,3 % pour les exportations.

Il s’agit du rythme de croissance le plus rapide de ces deux dernières années. De son côté, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) estime que les exportations mondiales de services commerciaux ont presque doublé en 10 ans (2 900 milliards de dollars en 2006, 4 800 milliards en 2016). C’est important de le savoir, car cela signifie que le marché est en demande. On y reviendra.

Pour l’instant, intéressons-nous à cette valse de matières premières, de matériels agricoles et de services en tout genre, et au système sans qui rien ne pourrait se faire, à savoir le système financier mondial. Pour suivre le rythme, celui-ci se doit d’avoir les reins solides. Heureusement, même s’il a montré ici et là des signes de faiblesse, c’est bien le cas : tous grands consortiums internationaux comme petits acteurs d’envergure locale peuvent aujourd’hui sereinement payer et se faire payer dans le monde entier. Tous ? Non. Une irréductible grande île de l’Océan Indien résiste encore et toujours aux facilités de la mondialisation.

La place de Madagascar dans le monde

Ok, ok, inutile (pour l’instant) de vous lâcher dans les commentaires, Madagascar n’est pas la grande oubliée de la mondialisation. Difficile aussi d’échapper à Coca Cola, à Facebook et au Starex. Mais le type de mondialisation qui nous intéresse ici touche au nerf de la guerre : l’argent. Et vous allez voir qu’il n’y a pas que Facebook dans la vie.

Petit rappel. Madagascar est membre :

  • de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT, pour General Agreement on Tariffs and Trade) depuis le 30 septembre 1963
  • du COI (Commission de l’Océan Indien), depuis l’institutionnalisation de l’organisation le 10 janvier 1984
  • de l’OMC depuis le 17 novembre 1995
  • de l’IORA (Indian Ocean Rim Association) depuis la création de l’organisation en 1997
  • de la COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) depuis le 29 juin 1998
  • d’un accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et les pays africains de l’est et du sud depuis le 29 août 2009
  • de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), expulsé en 2010 et rétabli en 2014
  • de la SADC (Southern African Development Community) depuis le 1er avril 2015

Madagascar est mermbre de la SADC depuis le 1er Avril 2015Madagascar est mermbre de la SADC depuis le 1er Avril 2015

Avec ça en tête, ce serait mentir que de dire que la Grande Île est seule dans son coin. Si l’on veut aller un peu plus loin, on peut aussi se pencher sur ses principaux partenaires économiques qui sont :

  • pour l’import :
    • la Chine (21,2%)
    • la France (6,9%)
    • l’Inde (6,5%)
    • les Émirats arabes unis (5.6%)
    • l’Arabie Saoudite (5%)
    • et l’Afrique du Sud (5%)
  • pour l’export :
    • la France (23,5%)
    • les États-Unis (12,8%)
    • l’Allemagne (8,3%)
    • la Chine (6,3%)
    • le Japon (5%)
    • les Pays-Bas (4,3%)
    • et la Corée du Sud (4,2%)

Source : CIA Worldfactbook, chiffres de 2016.

Quant aux volumes d’exportation et d’importation en biens et services de Madagascar, ils étaient respectivement de 3,246 milliards et de 3,556 milliards de dollars US en 2016 (source : Banque Mondiale). En comparaison et sur la même période, les éléments de la balance commerciale des îles voisines se présentent comme suit :

commerciale des îles voisines se présentent comme suit :

  • Les Seychelles :
    • Exportation : 1,339 milliards de dollars US
    • Importation : 1,544 milliards de dollars US (source : OMC)
  • La Réunion :
    • Exportation : 362,8 millions de dollars US
    • Importation : 5,587 milliards de dollars US (source : Insee)
       
  • Les Comores :
    • Exportation 106,681 millions de dollars US
    • Importation : 292,294 millions de dollars US (source : Banque Mondiale)
       
  • Maurice :
    • Exportation : 5,728 milliards de dollars US
    • Importation : 6,881 milliards US (source : Banque Mondiale)

Quant à la Banque Mondiale, elle nous place 32è sur 48 à son classement Doing Business 2018 dans la région Afrique subsaharienne, et 4è dans l’Océan Indien après Maurice (premier du classement régional), les Seychelles et les Comores (!).

Bref, tout ça pour dire que oui, Madagascar fait bien du commerce avec le monde (pas qu’avec la France, n’en déplaise à certains). Mais face à toute cette nébuleuse d’accords de libres-échanges de biens et de services, la question est maintenant de savoir si les moyens de paiement disponibles permettent, aujourd’hui, de « valser » sereinement et surtout à juste coût au gré des échanges commerciaux.

Les moyens de paiement internationaux pour recevoir de l’argent à Madagascar

Volontairement, les moyens de paiement listés ci-dessous excluent ceux limités à un seul pays seulement et ne listent également pas les autres façons plus ou moins officieuses de faire un transfert. Ces dernières sont certes pratiques et peu onéreuses, mais ont tendance à faire fuir le chaland faute de facturation officielle.

Les tarifs ne sont également pas indiqués, et pour cause : ils évoluent. Leur pertinence deviendra donc discutable au fil du temps ou, pire, pourrait induire en erreur.

Les banques

11 établissements sont actuellement détentrices d’une licence bancaire à Madagascar et peuvent donc être appelés, sans peur de mauvaises interprétations, des banques. Commençons avec les 4 que l’on qualifierait d’historiques :

  • BNI Madagascar
  • BFV-Société Générale
  • Bank of Africa Madagascar (BOA)
  • Banque Malgache de l’Océan Indien (BMOI)

Les 4 banques historiques à MadagascarLes 4 banques historiques à Madagascar

Viennent ensuite les “nouveaux” venus, installés depuis une dizaine d’années (à la louche) et qui viennent apporter un peu d’exotisme au secteur en faisant du microcrédit ou en visant un marché de niche :

  • The Mauritius Commercial Bank Madagascar
  • BGFIBank Madagascar
  • SBM Madagascar
  • SIPEM Banque
  • Microcred Banque Madagascar
  • AccèsBanque Madagascar

Toutes ne fournissent évidemment pas le même niveau de commodités et de services. Par exemple, les 4 banques historiques sont celles qui possèdent le plus d’agences dans Madagascar, la BOA en tête avec plus de 110 agences dans l’île, suivit de la BNI qui en possède plus de 70, puis de la BVF-SG avec une soixantaine et, fermant la marche, BMOI, et sa quinzaine d’agences (chiffres 2018).

Mais attention, tout change dès que l’on s’intéresse aux services comme la qualité de l’accueil, le temps d’attente ou le délai d’exécution d’un ordre. A ce jeu, la BMOI est championne avec un service impeccable à la hauteur de ses tarifications (n’oubliez pas, la qualité se paie…). Viennent ensuite la BNI, la BFV-SG et la BOA.

Cela va sans dire, les opérations bancaires sont privilégiées à Madagascar dès qu’on touche aux échanges commerciaux internationaux : virements bancaires SWIFT, lettres de change, billets à ordre et, plus rarement, cartes bancaires. L’avantage réside dans le fait qu’on s’appuie là sur une institution financière capable et expérimentée tout en ayant accès à différentes techniques de paiement dont certaines garantissent l’encaissement, contre rémunération évidemment (crédit documentaire, lettre de crédit stand-by, etc.).

Par contre, l’inconvénient demeure dans la lourdeur du système, lourdeur inhérente aux paiements en devises et à la complexité des échanges dans le réseau international bancaire. Et qui dit lourdeur dit délais de traitement à rallonge, surtout en cas de non-conformités constatées. Résultat : 2 à 5 jours d’attente pour voir les fonds arriver, puis il y a la fameuse date de valeur bien connue des habitués aux transactions internationales :-).

Enfin, il y a le coût, assez dissuasif pour faire réfléchir les moyens et petits opérateurs, sans parler de ceux cachés dans le taux de change appliqué (plus ou moins 5%, c’est selon).

Voir également : Ma consommation des banques à Madagascar

Western Union

Vieux de la vieille, créé en 1851, Western Union est un peu le Michael Jordan du transfert d’argent, le Tiger Wood de l’envoi de fonds, le Mike Tyson du paiement à l’international.

Rapide et efficace, ce service est surtout populaire auprès des particuliers et est particulièrement développé en Afrique où il accapare 13% de part de marché.

Son service est fiable, sécurisé et promet un transfert effectif de quelques minutes à 2 jours maximum. Dans les faits, la promesse est respectée, l’argent pouvant être retiré le jour même du transfert, ce qui est largement satisfaisant. Grâce à son partenariat avec la BOA, la Western Union bénéficie également d’un rayonnement plus que correct à Madagascar.

Western Union, un des moyens de paiement internationaux à MadagascarWestern Union, un des moyens de paiement internationaux à Madagascar

En contrepartie de ses services rapides, l’institution américaine demande des frais de transfert relativement conséquents tout en se servant avantageusement sur le taux de change. A garder en tête donc, surtout si vous comptez sur l’envoi pour régler vos factures. L’argent pouvant être transféré est quant à lui limité à 5 000 euros par envoi.

Petit plus par contre, Western Union propose le transfert direct sur mobile en partenariat avec Telma. Il est donc possible, d’un côté, d’envoyer de l’argent par internet (voire via une application), et de l’autre, de le recevoir directement sur son téléphone avec un compte Mvola. Plus besoin de se déplacer et de faire la queue en agence. Très pratique, mais encore une fois, il faudra être prêt à y mettre le prix.

A noter enfin que depuis une dizaine d’années, Western Union a lancé Western Union Business Solutions, un service de transfert taillé pour les entreprises et disponible pour le moment qu’aux États-Unis, en France et en Asie. Un nouveau service qui représente déjà 8% du chiffre d’affaires du groupe. Vivement que ça arrive à Madagascar.

MoneyGram

Avec Western Union, MoneyGram monopolise le marché du transfert international de fonds, se partageant entre eux deux la part du lion. Un marché qui ne fait que croître, passant de 573 milliards de dollars en 2016 à 613 milliards en 2017. Une augmentation de 7% pour une estimation de croissance de 5% par an, soit les 1 000 milliards de dollars atteints d’ici 2025.

MoneyGram a choisi de travailler avec des acteurs de microcrédits sur la Grande Île et a greffé son service de transfert d’argent à ceux de Microcred et d’AccèsBanque. Il réussit ainsi à créer un maillage conséquent de son offre sur toute l’île, à l’image de son concurrent numéro 1.

Moneygram, moyen de paiement international disponible à MadagascarMoneygram, moyen de paiement international disponible à Madagascar

Dans les faits, un transfert MoneyGram se fait de manière identique qu’avec Western Union, tout en étant tout de même un chouia moins cher. Le niveau de service, à Madagascar, dépendra par contre de l’agence approchée (Microcred ou AccèsBanque).

Petite anecdote : MoneyGram, deuxième plus grand fournisseur de services de transfert international d’argent dans le monde, a failli être racheté par Alibaba, l’Amazon chinois, via sa filiale Ant Financial Services Group. Une emplette de 1,2 milliard de dollars qui aurait pu se faire mi-2017 si Washington n’avait pas posé son veto, par 3 fois. Malgré la promesse de création de 1 million d’emplois américains, rien n’y a donc fait, Trump et son « America first » auront eu le dernier mot. En attendant, MoneyGram est toujours à vendre.

Paypite

Tout beau, tout chaud, Paypite est une cryptomonnaie dédiée à la francophonie (youpi !), et peu importe ce que cela signifie vraiment au fond.

Lancée début 2018, la Paypite (PIT) se base sur la blockchain d’Ethereum (token ERC20) lancée en 2014. Un emploi largement assumé par son créateur, Vincent Jacques, qui voit là un bon moyen de commencer l’aventure. Les experts et intervenants techniques du forum Cryptofr (la communauté de référence sur la cryptomonnaie) sont, eux, moins enthousiastes, surtout quand on sait que l’association Paypite compte gonfler artificiellement le prix de sa cryptomonnaie.

En effet, il semblerait qu’elle suive un calendrier pour refuser les achats en deçà d’un certain seuil. Cela a pour effet d’augmenter la valeur du PIT tout en incitant à la “thésaurisation” :

  1. Entre le 15 janvier 2018 et le 28 février 2018, 1 PIT était vendu 0,15 euro
  2. Entre le 1er mars 2018 et le 14 avril 2018, 1 PIT n’était plus vendu en dessous de 0,30 euro
  3. Entre le 15 avril 2018 et le 31 mai 2018, 1 PIT n’était plus vendu en dessous de 0,50 euro
  4. Entre le 1er juin 2018 et le 14 juillet 2018, 1 PIT ne sera pas vendu en dessous 1 euro
  5. Entre le 15 juillet 2018 et le 30 septembre 2018, 1 PIT ne sera pas vendu en dessous de 10 euros
  6. À compter du 1er octobre 2018, 1 PIT ne sera pas vendu en dessous de 50 euros
  7. À compter du 1er janvier 2019, 1 PIT ne sera pas vendu en dessous de 100 euros.

Source : http://www.ladn.eu/news-business/actualites-startups/startup-lancement-dune-crypto-monnaie-francophone-la-paypite/

Mais passons. Ce qui nous intéresse ici reste le transfert d’argent international atterrissant à Madagascar et ça, Paypite annonce pouvoir le faire vite, bien et surtout quasi gratuitement. Le principe est simple : on achète des paypites auprès de l’association, on les transfère dans le portefeuille du bénéficiaire qui pourra alors approcher un bureau de change partenaire pour échanger ses paypites contre des ariary. Oook.

Paypite, moyen de paiement international disponible à
 MadagascarPaypite, moyen de paiement international disponible à Madagascar

Tout commence par la création d’un portefeuille sur le site de l’association. Cette création est gratuite, mais avant de pouvoir acheter, vendre et transférer des PIT, il va falloir fournir des pièces d’identité, quelques informations personnelles et une photo de profil façon passeport. L’équipe revendique ensuite un délai de 48h pour valider les infos, mais en soi, 24h leur suffit.

Une fois son portefeuille validé, l’expéditeur pourra acheter ses PIT. Il aura alors le choix entre le faire avec une carte bancaire, auquel cas un petit frais s’appliquera (3% au début de l’aventure Paypite, pour descendre à 2% depuis juin 2018), ou en faisant un virement qui, lui, sera gratuit. La rapidité de cet achat dépendra de beaucoup de facteurs : la carte bancaire est en soi plus rapide que le virement, ce dernier étant tributaire des procédures et de la rigueur (pour ne pas dire l’inverse) de votre banquier.

Il est ainsi arrivé qu’un virement SEPA lancé un vendredi mette 5 jours ouvrés pour être pris en compte par Paypite. Ou serait-ce plutôt là un signe de l’immaturité des process de l’association Paypite ? On ne le saura jamais, banque comme Paypite se disant toutes deux hors de cause dans ce cas précis.

Quoi qu’il en soit, une fois l’expéditeur en possession de ses PIT, il n’a plus qu’à les transférer sans frais vers le portefeuille du bénéficiaire. Le transfert est immédiat et il pourra de suite approcher une agence de change pour les changer en ariary sans commission. Enfin, ça, c’est la version officielle. Parce que pour avoir testé le service, un gap a été constaté entre le montant affiché dans le portefeuille et celui effectivement reçu.

Après discussion avec le créateur de la cryptomonnaie et une rapide investigation, la raison trouvée était que Paypite utilise plusieurs interfaces différentes (portefeuille, interface système, interface agence, etc.) et que chacune d’elles affiche actuellement un taux différent. Ces différents taux viennent de la volatilisé de la PIT. Rien d’extraordinaire ici, les cryptomonnaies étant infâmement connu pour leurs cours instables. Juste qu’à ce stade du projet, beaucoup reste encore à faire.

Monsieur Vincent Jacques a ainsi voulu rassurer : une fonctionnalité de prix garanti est en développement et devrait figer le prix à la revente de paypites achetées un jour J jusqu’à J+7. De quoi empêcher de telles surprises à l’avenir.

Il faut reconnaître tout de même que, même en l’état actuel des choses, le transfert d’argent via Paypite coûte moins cher qu’ailleurs avec non seulement un taux de change juste (sans commissions), mais aussi la possibilité de faire une (petite) plus-value grâce à la volatilité du cours (à double tranchant, faut pas l’oublier).

L’achat de paypites n’est aujourd’hui disponible qu’en France, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et, tout récemment, à Madagascar. Pour l’instant, une seule agence de change permet de transformer ses PIT en Ar et c’est Noor Change, situé à Tsaralalàna, Antananarivo. Une deuxième devrait ouvrir cette année dans la ville de Majunga.

Payoneer

Terminons avec Payoneer, la compagnie qui offre des services bancaires, mais qui n’est pas une banque !

Pour l’utiliser, il faudra d’abord s’inscrire soit directement sur leur site, soit via un service qui utilise Payoneer comme moyen de paiement (AirBnB par exemple). Cette phase d’inscription gratuite passée, il vous sera demandé de fournir des documents et informations personnelles pour confirmer votre identité. Dans la foulée, Payoneer vous enverra également une carte MasterCard à l’adresse que vous lui avez indiquée lors de l’inscription. Oui, une vraie MasterCard gratuite, par la poste. Il vous faudra par la suite l’activer depuis votre compte.

Voici la
 Mastercard PayoneerVoici la Mastercard Payoneer

C’est cette carte qui vous permettra de retirer de l’argent à Madagascar alors que son expéditeur l’aura envoyé sur votre compte Payoneer (un compte bancaire américain tout ce qu’il y a de plus classique). Cette carte vous permettra aussi de faire des achats en ligne. Par contre, Payonner n’accepte pas les versements effectués par des personnes physiques. Seules les sociétés pourront donc y faire des virements.

La carte est disponible en dollars comme en euros, tout en sachant que le montant affiché sur les GAB locaux sera en ariary. Des frais annuels existent pour la tenue de la carte et elle a une durée de vie de deux ans.

Pyaoneer, moyen de paiement international disponible à MadagascarPyaoneer, moyen de paiement international disponible à Madagascar

Attention toutefois aux frais annexes que peut facturer Payoneer sur les transactions comme les frais de retraits, frais de chargement, frais de change et autres. De même, même s’ils mettent à disposition des outils permettant un suivi plutôt fin de son compte, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une société étrangère qui n’est pas une banque. Prudence donc sur les montants.

Un frein au développement ?

Outre l’oligopole des banques et des institutions spécialisées que sont Western Union et MoneyGram, le choix est mince. C’est marrant, quand on y pense, de voir à quel point la Grande île a fait du sur place quand tout le monde avançait.

Ok, si on reste sur du classique vanille, girofle et huiles essentielles, on peut s’en sortir même si on engraisse surtout les banques (mais ça, c’est un autre débat). Mais quand on met ce bilan face aux nouveaux besoins dans le pays, on se rend compte que les moyens de paiement disponibles ne sont pas adaptés.

Des frais bancaires mal justifiés (surtout pour les entreprises), des délais souvent exagérés (mais là, c’est dépendamment des banques) et une quasi-absence d’ouverture au marché mondial (cartes Visa International chères et rares, ou encore impossibilité de lier Paypal à un compte bancaire malgache ou même à une carte Visa émise par une banque malgache), tout cela forme une barrière qui empêche l’entrepreneuriat d’avancer vers là où le reste du monde est déjà : le numérique.

Parce que oui, si les produits miniers et autres grands produits d’exportation ont porté l’économie depuis toujours, il ne faut pas oublier qu’il s’agit là de ressources limitées, épuisables et qui ne profitent qu’à une minorité (ah ben, appelons un chat, un chat hein). De leur côté, les compétences portées par le numérique comme le développement informatique (web, logiciel, intelligence artificielle, jeux vidéo, etc.), la science des données, ou tout simplement l’animation 3D ont un potentiel plus élevé, apporte plus de valeur ajoutée tout en étant plus facile d’accès (toute proportion gardée bien entendu).

La rédaction web, un secteur porteur qui appelle à un nouveau mode de paiementLa rédaction web, un secteur porteur qui appelle à un nouveau mode de paiement

Alors, peut-être est-il temps d’investir dans le numérique ? Peut-être est-il temps de trouver une économie alternative à celle traditionnelle que l’on a connue jusqu’ici et qui ne saurait être viable pour les générations futures ? On parle ici de long terme, mais c’est maintenant qu’il faut faire les bons choix. Voyez l’île Maurice, 1,3 million d’habitants : condamnée à la banqueroute dès son indépendance par un économiste prix Nobel, elle a su pourtant faire fructifier sa terre et ses compétences avec le sucre de canne et le textile. Aujourd’hui, 50 ans après et alors que son modèle s’essouffle, elle a déjà prévu la relève de son économie avec le tourisme et l’offshore. Comme dit tout au début, le marché du service est en demande.

Il est temps pour Madagascar d’investir dans son avenir numérique et cela passe forcément par des moyens de paiement plus facile d’accès, d’utilisation et à juste coût.

14. juin, 2018

L’élection présidentielle s’approche (les dates n’ont toujours pas été fixées mais le premier tour devrait être en octobre avant les pluies). Le Parlement a voté des lois organiques controversées qui ont provoqué la crise politique actuelle. Ces lois doivent encadrer le régime général des élections et des référendums, l’élection présidentielle et l’élection des députés. Elles ont été « revisitées » par la HCC pour faire consensus. De ces lois dépendront les critères de candidature ainsi que de nouvelles mesures, sur le financement des campagnes par exemple. Aux termes de la Constitution de 2010, le Président actuel, candidat à sa propre succession, démissionnera 60 jours avant le premier tour, la vacance de la présidence étant assurée par le président du Sénat, un proche du Président et membre fondateur de son parti HVM.

L’élection présidentielle (qui devrait être suivie des élections législatives) verra s’affronter Marc Ravalomanana, élu en 2002 et renversé par un coup d’Etat en 2009, Andry Rajoelina, auteur de ce coup d’Etat et Président de la transition jusqu’en 2013 et Hery Rajaonarimampianina, élu en 2013 avec le soutien d’Andry Rajoelina mais qui s’en est éloigné par la suite. Il est communément admis que l’élection se jouera entre ces 3 candidats.

Depuis son indépendance en 1960, Madagascar a connu une série de crises politiques, une longue détérioration de son économie, une baisse constante du pouvoir d’achat, un affaiblissement préoccupant du système de santé, du système scolaire et des infrastructures qui en fait aujourd’hui  un des pays les plus pauvres au monde. L’arrivée au pouvoir en 2013 d’un président élu démocratiquement a permis de retrouver une relative stabilité et de créer une dynamique économique positive qui ne profite cependant qu’à unefrange très étroite de la société. La persistance de la corruption, la mauvaise gouvernance, le délitement de l’administration entretiennent des situations de non droit, d’insécurité grandissante et pèsent sur une population dont la grande majorité lutte quotidiennement pour sa survie. 90 % des habitants vit avec moins de 1$par jour, plus de la moitié des enfants est en sous-alimentation chronique.

M. Jean Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a effectuer à Madagascar la première visite d’un membre du gouvernement français depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Il a rappelé à ses interlocuteurs l’ambition de valoriser notre coopération de long terme dont l’objectif est la stabilisation du pays, et son ancrage dans l’espace régional (Réunion, Mayotte) et dans son environnement francophone.

Dans son discours devant les étudiants de Tananarive, le 14 mars, M. Lemoyne a notamment déclaré que « ma conviction après près de 6 jours passés dans la région entre la Réunion française, l’Ile Maurice et Madagascar est que le potentiel est unique et qu’un vrai « pôle de compétitivité » de l’Océan indien peut émerger. Un pôle de compétitivité francophone qui se distinguera aussi par un modèle de stabilité et de démocratie dans la région ». Le ministre a ajouté que « l’Océan Indien a tous les ingrédients, pour devenir un pôle de référence démocratique, être une force d’entrainement pour le continent Africain mas aussi un laboratoire francophone sur la manière dont nous pouvons tous ensemble gérer avec tous les pays partenaires de la région. Les Seychelles, les Comores, Maurice, Madagascar, un certain nombre d’enjeux et de défis communs ».

La France est l’un des principaux bailleurs de fonds bilatéral à Madagascar.  Au titre de l’année 2017, l’aide bilatérale française (ADF/SCAC) à Madagascar s’est élevée à 42 ME. Les projets soutenus par la France couvrent de nombreux domaines. Le succès des Assises de la coopération décentralisée (du 5 au 7 mars) est le signe d’une grande proximité, comme l’est la présence de près de 4000 étudiants malgaches actuellement en France. Le retour des grands bailleurs (BM, UE, BAD) a ouvert d’importantes perspectives pour les entreprises françaises qui sont déjà bien implantées localement (2ème fournisseur, derrière la Chine). L’année 2017 a été marquée par un accroissement très significatif de nos échanges avec Madagascar dont nous sommes le premier client (+10 % à 353 ME d’exportations françaises et +30 % à 620 ME d’importations françaises).

Une crise politique qui s’éternise aurait pour conséquence de mettre un coup d’arrêt brutal à un début de renouveau économique. Globalement, les indicateurs économiques sont au vert, même si 4,1 % de croissance en 2017 ne s’avère pas suffisant pour que les fruits de cette croissance soient visibles (l’inflation est à 9 %) pour l’immense majorité de la population. D’où une insatisfaction très forte de la part des populations, une montée de l’insécurité, des vindictes populaires, un renforcement généralisé et à tous les nouveaux de la corruption avec l’incapacité du pouvoir politique à expliquer ses options et ses politiques.  

Jean-Daniel Chaoui, Conseiller consulaire Madagascar.

Sources Ambassade de France, Juin 2018

 

25. mai, 2018

Amélioration de la visibilité !

Au vu du succès constaté du stand du CEOI à l’édition 2018 de la FIM, nous pouvons être fiers, au vu des multiples manifestations d’intérêt, de la visibilité renouvelée du carrefour. Du sang neuf et de la motivation évidente vont être au rendez-vous de nos prochains afterwork. Ainsi, au moins 130 nouveaux adhérents ont émis le désir de rejoindre nos rangs validant et exprimant ainsi leur souhait de pouvoir rencontrer dans la détente professionnelle et la bonne humeur les différents acteurs du secteur privé et nos amis du secteur public.

Rendez-vous le 31 mai 2018 à l’hôtel Colbert

En dessous l' Article paru dans le Memento Avril 2018

Rindralalaina Razaiharivony - Secrétaire administratif du Carrefour des Entrepreneurs de l'Océan Indien

Bureaux : c/o Première Ligne - 13 rue Ratsimilaho - Antaninarenina 

                 101 ANTANANARIVO – Madagascar

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