20. nov., 2017

Un début de campagne dans les règles

Une bonne récolte en perspective. La campagne de girofle a commencé officiellement hier, dans les Régions de Vatovavy Fitovinany et d’Atsimo Andrefana. Récolter, collecter et vendre. Ce seront donc les prochaines actions des acteurs de la filière girofle. Toutefois, les règles sont strictes envers les opérateurs.

Les ventes nocturnes sont interdites pour assurer la transparence des échanges commerciaux entre les acteurs. Poursuivant dans cet axe donc, que ce soient les collecteurs ou les exportateurs, tous les acteurs doivent être normalisés pour pouvoir exploiter la filière et assurer une meilleure redevance à la région ou la Commune concernée. Les prochaines dates à retenir pour cette campagne de girofle sont alors le 1er octobre qui scelle l’ouverture de la vente des pousses de girofle et le 15 décembre qui est l’ouverture de la vente des autres parties du giroflier. En tant que 2e producteur mondial, Madagascar doit assurer sa récolte afin de garantir une production de qualité et de quantité pour le marché international. Il faut rappeler que le girofle est une plante reconnue pour ses propriétés antiseptiques et anesthésiques, et il est surtout utilisé dans la dentisterie.

La Vérité

Le 21/09/17

Propos recueillis par Rova R.

6. nov., 2017

Chronique de VANF : laissons faire, laissons aller, il sera toujours temps pour l’urgence

 Le problème, très actuel, de l’endémisme de la peste, sa flambée saisonnière en milieu rural, son intrusion fulgurante en milieu urbain, ne doit pas nous faire perdre de vue d’autres problèmes tout aussi structurels, dont le laisser-aller laisser-faire ne nous épargnera pas indéfiniment. La dernière saison sèche nous avait fait toucher du doigt le lit de l’Ikopa : pour ne citer que cette vision de fin du monde. Dans la tradition austronésienne, l’inhumation d’un souverain, dont la mort sonne la fin d’un monde, pouvait s’effectuer dans un fleuve : les deux pirogues emboitées étaient enterrées dans la terre sous le fleuve, dont on aura préalablement coupé le cours («ma-ito»).

 L’étiage permanent risque de devenir un autre endémisme. Le déboisement sans politique cohérente d’exploitation-reconstitution des forêts en est une cause dont on parle moins. Plus spectaculaires sont les incessants feux de brousse, une autre «fomban-drazana», culture des ancêtres qui a démontré sa nocivité sur la partie indonésienne de l’île de Kalimantan-Bornéo dont les «doro-tanety» asphyxient Kuala Lupur en Malaisie et aveuglent l’aéroport de Singapour, perturbant jusqu’au trafic aérien.   

 Et on ne s’est pas suffisamment demandé pourquoi le premier cas de peste avait été contracté par un visiteur de passage dans le district d’Ankazobe, connu pour les chutes de l’Ikopa à Farahantsana, mais également pour ses formidables feux de brousse qui lèchent la RN4 et montent à l’assaut du château d’eau de Lohavohitra. Si les rats déménagent chez les humains quand les rizières sont inondées, n’agissent-ils pas de même quand le feu détruit leur habitat sylvestre ?

 Cette culture sur «tanety», selon le système du brûlis, est de piètre rendement mais provoque des ravages inversement proportionnels sur le milieu naturel. Il faudrait le faire entrer au burin dans les têtes : si les parents sont déjà trop obtus, une conscientisation précoce des enfants permettrait-elle de faire bouger les mentalités ? Un SMS du Ministère de l’Environnement (à l’instar du SMS du Ministère de la Santé à propos de la peste) rattrapera-t-il le laisser-aller laisser-faire écologique des soixante dernières années ?

L’alarme avait été tirée dans «Régions et Développement, Faritany Antananarivo» (projet du Ministère du Plan, études menées d’août 1990 à mai 1991 par le cabinet Dirasset de Tunisie) : «Les points d’eau commencent à disparaître partout à cause des feux de brousse (p.173), «dans le Fivondronana de Manjakandriana, les eaux de surface sont abondantes, mais les nombreux reboisements d’eucalyptus ont généré le tarissement des sources» (p.164). Si les points d’eau avaient commencé à disparaître et les sources à se tarir en 1990, dans quel état catastrophique de sécheresse peuvent-ils être en 2017 quand, pour restaurer la couverture végétale, on avait surtout planté conifères et eucalyptus ?

 Si Gallieni, Gouverneur Général de Madagascar de 1896 à 1905, et qui avait importé l’eucalyptus, se félicite de son initiative («l’eucalyptus, dont les nombreuses variétés, l’extraordinaire rapidité de croissance et les propriétés assainissantes ont permis de faire un emploi très utile à Madagascar», in «Gallieni, Neuf ans à Madagascar», page 62), un scientifique Edmond François (Revue de Botanique Appliquée et d’Agriculture Coloniale, décembre 1926, volume 6, bulletin n°64, «Le reboisement à Madagascar») est déjà plus critique seulement trente ans après : «Les colons ont planté des essences végétant très rapidement (Eucalyptus Acacia dealbata), et, pour atteindre au plus tôt l’heure de la réalisation du profit, les planteurs ont recherché dans la zone forestière, à proximité de la voie ferrée, les terres disponibles (...) Ces reboisements sont sans utilité pour l’intérêt général : il est inutile de reboiser la forêt. Le peuplement d’eucalyptus consommera la réserve d’humus ; il ne la reconstituera jamais, car sous son couvert très dense, aucune végétation secondaire ne pourra vivre, et le feuillage persistant de l’eucalyptus fournit très peu de débris décomposables. Après l’exploitation à blanc du peuplement, le terrain sera inculte et en tous points semblables à celui des collines dénudées que le feu ravage chaque année» (pp.737-738).

 L’épisode de la peste ne sera pas encore clos (les autorités annoncent sa «saison» jusqu’en avril) que les survivants auront à affronter la crise de l’eau (comme en janvier 2017). La saison des cyclones sera bientôt au rendez-vous : faudra-t-il plutôt saluer leurs trombes d’eau à même de reconstituer la nappe phréatique, alimenter lacs et rivières ; ou maudire leur force dévastatrice (qu’une meilleure approche urbaine et architecturale a cependant permis de relativiser dans d’autres pays...) ; sinon craindre qu’ils n’éparpillent les ordures que nous aurions oublié de ramasser et encore moins éliminer (là encore, une meilleure approche a permis de revaloriser les déchets dans d’autres pays) ? Certains laxismes sont allés tellement loin : il faut espérer que leurs dégâts (sanitaires, écologiques, moraux) ne soient pas irréversibles. 

 

18. oct., 2017

La Vérité

Le 10/08/17

10. oct., 2017