2. sept., 2017

Gendarmerie

Trois cents révocations en six mois

Un chiffre qui parle de lui-même. Durant le premier semestre, trois cents gendarmes ont été radiés pour divers délits… outre des motifs disciplinaires. 

Un discours qui sonne comme un coup de balai. « Les statistiques enregistrées durant le premier semestre de cette année font état de trois cents gendarmes révoqués. Certains d’entre eux sont encore en prison », a signifié hier le général de division Jean de Dieu Daniel Ramiandrisoa,  commandant de la gendarmerie nationale, à l’occasion d’une cérémonie d’adieu aux armes qui s’est  tenue dans la matinée au Toby Ratsimandrava. N’y allant pas de main morte, il souligne que ces éléments radiés ont fait l’objet de prises de mesures disciplinaires et/ou de poursuites pénales.
Pour le volet judiciaire, des gendarmes ont été traduits devant la justice pour corruption, extorsion de fonds, trafic d’armes, escroquerie, association de malfaiteurs et autres. Des gendarmes ont été, entre autres, jetés en prison pour rapt contre rançon. Arracher la traduction d’un gendarme devant le tribunal n’est, par contre, pas évident, sauf en cas de flagrant délit. Sur demande du parquet, un ordre de poursuite signé par le secrétaire d’État en charge de la gendarmerie est incontournable.

Trop de verrouillage
Mais encore, c’est une autre paire de manche pour les actes commis dans le cadre d’un service commandé en tant que militaire, où la signature du président de la République en personne est nécessaire pour donner suite aux poursuites judiciaires. Un véritable bouclier quasiment impénétrable.


Pour ce qui est des sanctions disciplinaires, les gendarmes frappés de retour de manivelle ont été, pour leur parts traduits devant le conseil pour des manquements graves, liés à l’éthique de la gendarmerie nationale, qui trouvent son ancrage autour de la devise « professionnalisme et loi ».


De tous les motifs de révocation mentionnés, le commandant de la gendarmerie semble faire de la lutte contre la corruption une affaire personnelle. Avec un peu de fanfaronnade, il serre la vis là où son prédécesseur, le général de division François Rodin Rakoto a échoué deux ans plus tôt. «J’ai la certitude qu’il n’y a pas de corruption pour le recrutement d’élèves gendarmes 2017. Nous avons fait le nécessaire », lance général  Ramiandrisoa.


Alors que le parachutage à l’école d’Ambositra de près de soixante-dix candidats malheureux  lors du concours, à coûté sa fonction en 2015 au général Rodin François Rakoto, son successeur semble avoir rectifié le tir en surveillant de près la tenue et l’organisation du concours 2017, quitte à rester jusqu’à une dizaine de jours à l’école de la gendarmerie, lors des examens et des préparatifs.


Et puis, un peu de philosophie. «C’est par la poussière qui s’en dégage qu’on sait qu’il y a ménage, autrement, personne de l’extérieur n’en saura rien », conclut Jean de Dieu Ramiandrisoa.

L'Express de Madagascar

Le 02/09/17

Seth Andriamarohasina