4. mars, 2019

Divers

Ambaninampamarinana: des rochers tombent et tuent quatre personnes

D’importants éboulements de trois grands blocs de rochers survenus hier vers 10h 20 à Ambaninampamarinana, ont tué quatre personnes et blessé dix autres.

 C’est effrayant ce qui vient de se reproduire à Ambaninam­pamarinana, hier aux environs de 10h 20. En fait, trois grands blocs de rochers, se sont détachés et ont déboulé jusqu’à défoncer six maisons en brique et en bois. Le bilan de ce terrible éboulis s’est établi à quatre morts dont un garçon de 2 ans et dix blessés. Parmi ces derniers figurent quatre personnes jugées dans un état grave, selon les informations d’un médecin du centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andria­navalona où sont admises les victimes. Les frais de tous leurs soins seront entièrement pris en charge par l’État, suivant les explications du professeur Julio Rakotonirina, ministre de la Santé Publique, hier lors d’une visite à l’Hjra, vers 11h 50.

Les premiers soins ont été suivis d’examen radiologique. Parmi les dix blessés, une femme n’a aucune famille pour l’accompagner. Un quadragénaire qui avait déjà été victime pendant la chute des rochers au même endroit a, cette fois-ci, subi un traumatisme fermé, d’après l’avis médical. Ce récent effondrement a anéanti sa maison, comme l’a indiqué une proche au ministre Rakotonirina.

Tiana Marie Claudia Rahaingomalala, blessée au genou et assise sur un fauteuil roulant a raconté : « j’étais en train de me laver dans notre cour quand soudain, j’ai entendu un craquement et vu les blocs tomber de haut. En deux temps trois mouvements, je me suis échappée et ai sauté une ruelle près d’un canal. Je m’en suis sortie avec des égratignures et j’ai aussi mal aux jambes ».

Dislocation rapide

C’était déjà l’hécatombe qu’a causé un éboulement similaire le samedi 19 janvier 2018 où sept personnes ont péri. Cette fois et presque au même lieu, à une distance de quelques mètres, l’affaissement a fait quatre morts. Selon un expert géologue, la succession d’humidité et l’élévation brusque de tempé­rature peuvent provoquer la dislocation rapide du rocher.

Appelés à intervenir, des sapeurs-pompiers se sont rendus sur les lieux avec un véhicule de secours. Des gendarmes et policiers sont également venus en aide. Avant leur arrivée, les habitants ont presque réussi l’évacuation des personnes sinistrées. À la suite de cette tragédie, certains d’entre eux ont plié bagage et rejoint leur famille élargie pour se procurer provisoirement un logement. Plusieurs dizaines de maisons environnantes sont condamnées. Des responsables étatiques et des membres du gouvernement se sont rendus sur place pour inciter leurs occupants à quitter les lieux. Des solutions de relogement ont été envisagées.

Les falaises autour du Rova sont des terrains accidentés et inconstructibles. Certains habitants ont déjà tiré des leçons après les glissements de terrain du 19 janvier à Tsimialonjafy et à Andoharano Tsimbazaza, faisant en tout quinze morts. D’autres y sont toujours restés et ne savent plus à quel Saint se vouer.

L'Express de Madagascar

Le 04/02/19

Hajatiana Léonard