10. avr., 2018

Environnement : les Seychelles protègent leurs océans

Le gouvernement des Seychelles a annoncé la création d’une vaste zone de protection marine. Pour que la génération future se prenne en main.

Le gouvernement des Seychelles a annoncé, jeudi la création d’une vaste zone de protection marine au sein de l’archipel, dans l’océan Indien, pour préserver ses eaux, essentielles au développement de son économie.
Cette réserve, d’une superficie de 210.000 km² – soit approximativement 15% de la Zone économique exclusive (ZEE) seychelloise – s’inscrit dans le cadre du concept d’«économie bleue», dans lequel les Seychelles, très dépendantes de la pêche et du tourisme, veulent baser leur avenir.
«Notre océan engendre des opportunités de développement, mais aussi des responsabilités», a déclaré le ministre seychellois de l’Environnement, Didier Dogley. «Notre océan est central à notre développement et au futur des générations à venir.»Il a décrit la création de cette réserve comme «un changement de paradigme dans la manière dont nous gérons et utilisons nos ressources côtières et maritimes».

Leonardo Di Caprio

Le dispositif a été rendu possible par un accord conclu en 2016 portant sur le rachat de 21 millions de dollars (17 millions d’euros) de dette publique, grâce à l’intervention de l’ONG américaine Nature Conservancy.Celle-ci a prêté de l’argent au gouvernement seychellois et mobilisé des dons privés, dont un de la Fondation Leonardo DiCaprio, pour financer ce rachat. Ce dernier était conditionné à la création de la réserve, qui permet à l’archipel de protéger ses cent quinze îles contre les effets du changement climatique, dont le réchauffement, la montée et l’acidification des eaux.
«Cet effort aidera les Seychellois à protéger leur océan pour les générations futures, et servira de modèle pour les prochains projets de protection marine dans le monde», a déclaré l’acteur américain et défenseur de l’environnement Leonardo DiCaprio, qui préside la Fondation.
«Ces protections signifient que toutes les espèces vivant dans ces eaux ou passant par elles sont désormais mieux protégées contre la surpêche, la pollution et le changement climatique», a-t-il ajouté.

L'Express de Madagascar

Le 23/02/128

© AFP

18. déc., 2017

Chronique de Vanf :  un pas en avant, deux pas en arrière sur les îles éparses

« Pour faire face aux réalités du monde d’aujourd’hui et pour être certain d’aider les pays à rester dans la trajectoire de l’Accord de Paris sur le climat, nous ne financerons plus les projets d’exploitation de pétrole et de gaz à compter de 2019». C’est l’annonce choc faite par Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, au récent One Planet Summit de Paris.

À moins de se tourner vers des «financements parallèles», voilà qui sonne le glas des perspectives mirifiques d’énérgies fossiles dans nos eaux territoriales. Voilà également qui apaisera la querelle entre Madagascar et la France, à propos des îles éparses. C’est un peu la fin d’une époque : l’enjeu énérgétique des îles éparses bientôt vidé de sa substance, ces hydrocarbures, avérées ou supposées, dans les 640.000 km2 de ZEE (zone économique exclusive) autour de ces «confettis». 

Enjeux déjà tardifs aujourd’hui et anachroniques dans le monde de demain. À moins de faire valoir, comme l’avait osé la Chine, l’injustice de voir le reste du monde renoncer à la solution de facilité des énergies fossiles alors que l’Europe et les États-Unis ont justement fondé leur prospérité en puisant à gogo dans le charbon, le sable bitumeux, le pétrole et le gaz. Non sans avoir abondamment souillé les océans et pollué l’atmosphère commune. Comme le rappelle Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, «les pays pauvres émettent le moins de gaz à effet de serre mais en subissent le plus les conséquences».

Avant qu’elles ne retombent doucement dans l’indifférence, et comme je doute qu’un seul écolier malgache (comme bien de Malgaches) connaisse ces îles éparses, autant essayer de les visualiser ici. Déjà, les îles éparses n’ont aucun nom malgache. On les appelle ÎLES GLORIEUSES (superficie de 7km2, ZEE de 48.350 km2 ; située à 220 kms à l’Ouest de Madagascar, à autant de distance de Mayotte ; un détachement de la Légion Étrangère demeure sur place ; une station météo y opère depuis 1955 ; possession française depuis le 23 août 1892) ; JUAN DE NOVA (découverte par un navire portugais en 1501 ; 5km2 de superficie, à 150 kms des côtes malgaches ; ZEE de 61.050 km2 ; un détachement du 2ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine stationne sur place ; une station météo opère depuis 1973 ; dépendance française par l’acte du 31 octobre 1897, en application de la loi du 6 août 1896) ; BASSAS DA INDIA (récifs de 86 km2 mais seulement 200 m2 émérgés à marée haute, 123.700 km2 de ZEE ; aucune présence humaine n’y est possible) ; EUROPA (découverte par le navire anglais «Europa» en 1774 ; située à mi-chemin entre l’Afrique et Madagascar ; dépendance française par l’acte du 31 octobre 1897 en application de la loi du 6 août 1896 ; superficie de 30 km2, ZEE de 127.300 km2  ; un détachement du RPIMA stationne sur place ; une station météo opère depuis 1949 ; une piste d’attérissage aménagée en 1973). 

Longtemps, nous avons été obnubilés par les fameux accords de coopération (quatre signés le 2 avril 1960 et douze signés le 27 juin 1960), dont la renégociation, actée le 4 juin 1973 à Paris, avait forgé la gloire d’un certain Didier Ratsiraka, alors Ministre des Affaires Étrangères. Quand, en 1973, Madagascar a enfin évoqué les îles éparses, on peut raisonnablement croire que la plupart des Malgaches étaient surpris de leur existence. Le 10 février 1976, Didier Ratsiraka, élu entretemps Président de la République, écrivait au Secrétaire Général de l’ONU faisant valoir «les droits historiques de Madagascar sur ces îles». Affirmation quelque peu audacieuse quand on sait qu’aucune prise de possession de notre part, même symbolique, n’a jamais eu lieu.

Le 14 octobre 1958, le Congrès des assemblées provinciales votait, par 208 voix et 26 abstentions, le sort de Madagascar : «État libre, sous la forme républicaine». Le lendemain, le Haut-Commissaire André Soucadaux s’adressait à ce Congrès : «Autorisé par le Gouvernement de la République, je prends acte en son nom du vote intervenu le 14 octobre 1958. Je proclame en son nom que le Gouvernement de la République reconnait solennellement l’institution de l’État malgache, la caducité de la loi (d’annexion) du 6 août 1896». 

Si les îles Juan de Nova et Europa avaient été déclarées «dépendance de la France» par l’acte du 31 octobre 1897, et l’érection du pavillon français, si cet acte avait été pris en application de la loi du 6 août 1896, et si le Haut-Commissaire de la République française déclarait cette dernière loi caduque : CQFD... Sur le terrain, et dans la réalité, on est moins dans des arguties juridiques théoriques que dans la présence physique très militaire sur les îles éparses d’un détachement du 2ème RPIMA : dissout en 1962, ce régiment des parachutistes d’infanterie de marine allait renaître en 1965 à Ivato, où il restera basé  jusqu’en 1973, date de l’évacuation de toutes les troupes françaises.

Le 10 mars 1952, André Soucadaux, le Haut-Commissaire de la France à Madagascar,  accordait au franco-mauricien Hector Patureau une concession de quinze ans sur Juan de Nova. Ce contrat sera modifié en juillet 1961, par le Préfet de la Réunion. Le 1er avril 1960, en effet, la France avait pris la précaution de détacher les îles éparses de la colonie Madagascar. Leur exploitation (coprah, cocoteraie, guano) était confiée à des particuliers. Comme par exemple la SOFIM (société française des îles malgaches) qui employait des ouvriers mauriciens et seychellois. 

Des îles éparses sans appelation malgache donc, mais une «société française des îles malgaches» : voilà sans doute une première idée de la co-gestion sur ces îles éparses évoquée par l’ancien président français François Hollande... Quoique : le concept de co-gestion avait d’abord été avancé par la Commission de l’Océan Indien en 1999. Et c’est ainsi que des négociations bilatérales ont permis à la France et l’île Maurice de conclure le 7 juin 2010 un accord-cadre de «cogestion économique, scientifique et environnemental» sur Tromelin, sans qu’il soit question d’abandon de souveraineté par la France. Cette démarche amiable a évité à la France l’ignominie d’être traitée de pays colonial comme Anerood Jugnauth, ancien Premier Ministre mauricien, a eu l'audace de qualifier la Grande-Bretagne dans le contentieux britannico-mauricien sur l’archipel des Chagos : en obtenant le vote de la résolution du 22 juin 2017, l’île Maurice en a fait une affaire de décolonisation qui ne peut se régler de façon bilatérale.

Depuis le 31 octobre 1897 jusqu’au 1er avril 1960, et depuis cette époque jusqu’à ce jour, en passant par la loi française 2007-224 du 21 février 2007, qui fait des îles éparses le cinquième district des Terres Australes et Antarctiques Françaises ou l’octroi, en décembre 2008, de permis exclusifs d’exploration offshore, la France a maintenu avec rigueur une position de principe. De son côté, Madagascar n’a pas toujours eu cette cohérence dans l’approche des îles éparses : inconnues avant 1896, négligées en 1960, revendiquées pour le principe seulement en 1973. Le 8 novembre 2017, dernier, en Conseil des Ministres, Madagascar incluait les îles éparses dans sa ZEE. Mais, savons-nous seulement que le 5 mai 1962,  le gouvernement malgache transmettait à l’ambassade de France les dossiers administratifs concernant les îles Glorieuses et Juan de Nova ? Un pas en avant, deux pas en arrière...

23. nov., 2017

Le Club Export , les Seychelles et Madagascar en ligne de mire

Soirée d'assemblée générale annuelle hier pour le Club Export. Avec un budget d'environ 770 000 euros, l'association compte 168 membres. Sa mission : aider les entreprises à se développer à l'export dans la zone. Le président de Région, Didier Robert, a annoncé hier que les subventions régionales pourraient doubler en 2018 et passer à un million d'euros. Les moyens humains du Club Export devraient être mutualisés avec ceux des antennes régionales dans la zone. Le point avec son président, Gilles Couapel.

Quel bilan faites-vous de cette année ?

Nous constatons un réel développement du chiffre d'affaires des entreprises à l'export. L'association fait le lien entre les acteurs économiques à La Réunion, mais aussi dans la zone océan Indien. Le Club Export est notamment à l'origine des Rencontres du Développement durable aux Seychelles, à Madagascar, au Mozambique et à Maurice. Il a organisé des missions de prospection collective en Afrique du Sud, en Côte d'Ivoire et au Kenya. Les chargés de mission du Club Export ont accompagné plus de 80 entreprises.

Quels sont les marchés à l'export les plus prometteurs ?

D'abord, les Seychelles qui importent 90% de leurs produits agroalimentaires. Grâce à la levée récente de l'embargo sur huit fruits et légumes en provenance de La Réunion (ananas, tomates, fruits de la passion !) et aux négociations concluantes pour abaisser le coût du fret aérien, cela a permis aux producteurs réunionnais de se positionner. Ensuite, Madagascar qui fait face à des besoins énergétiques conséquents et qui bénéficie de l'appui des bailleurs de fonds internationaux pour y arriver. L'expertise réunionnaise en matière d'énergies renouvelables peut donc y répondre. Enfin, Maurice qui structure actuellement l'accompagnement de ses entreprises. Elle souhaite capitaliser sur les complémentarités entre nos îles sœ“urs pour attaquer ensemble les marchés africains. La sécurité alimentaire est aussi un sujet d'avenir.

Quels sont les secteurs d'activité qui fonctionnent le mieux à l'export pour les entreprises réunionnaises ?

De manière générale, l'export concerne davantage les services et le secteur tertiaire. L'environnement (ingénierie), les énergies renouvelables, le BTP et le numérique sont les secteurs qui fonctionnent le mieux à l'international pour les entreprises réunionnaises.

Comment s'articule votre rôle avec celui de Nexa ?

Nous travaillons de concert avec Nexa pour promouvoir les atouts économiques du territoire réunionnais auprès des opérateurs internationaux. Nous nous appuyons régulièrement sur leurs services. Un rapprochement est envisagé dans le cadre de la structuration d'un guichet unique de l'export pour les entrepreneurs réunionnais, coordonnée par le Plan régional d'Internationalisation des Entreprises (PRIE) à travers l'action de la Maison de l'Export. Nexa gère la promotion du territoire. Nous sommes donc complémentaires.

La Vérité

Le 07/09/17

Source: Clicanoo.re

 

17. nov., 2017

COI : acteurs humains des mangroves

Certains chercheurs en sciences humaines, à l’instar du géographe, Gilbert David de l’Université de Montpellier, considèrent les mangroves comme un socio-écosystème, voire un « éco-socio système ». Un socio-écosystème faisant intervenir des acteurs humains, au niveau social, économique et politique.

Des variations sensibles sont observées selon les zones de l’Océan indien, mais les pressions et les enjeux restent les mêmes, que ce soit à Maurice, à Madagascar ou aux Comores. Au niveau social, les scientifiques, les gestionnaires, comme les décideurs commencent à prendre conscience de l’importance de l’implication des communautés locales dans la préservation et la gestion des mangroves. La tendance générale en est donc à la cogestion, car ces communautés locales sont sensées être les premiers bénéficiaires des mangroves.

Sécurisation financière. Toutefois, des travaux sont à entreprendre sur leur sécurisation financière et la représentation qu’ont les communautés locales de la préservation de la biodiversité en général et des mangroves en particulier. Ceux sont en effet cette représentation et cette sécurisation-là qui conditionnent l’implication conséquente et durable de la population. De plus, les populations locales, engluées dans la pauvreté, attendent en retour, même implicitement, une « sécurisation financière » en échange de leur protection de l’environnement. Ce point explique en grande partie, la tendance de la population à la recherche de gains faciles, d’où « une instrumentalisation facile de la population à des fins pécuniaires », selon Jacques Iltis, géographe de l’IRD, basé à Montpellier.

MOIO. Dans le cadre du colloque Mangroves de l’Océan indien occidental, les gestionnaires d’aires protégées se sont mis d’accord sur le point que pour persuader les populations locales à protéger la biodiversité, il faut plutôt leur parler des services et des biens et services dont elles bénéficient par le biais des mangroves. Cependant, l’éducation environnementale n’est pas à négliger, même si cela relève d’un travail de longue haleine et décourageant au regard de la résistance au changement, parfois vivace dans les mentalités. Une éducation environnementale qui serait plus efficace quand elle est prodiguée dès le plus jeune âge, comme à Pondichéry (Inde) où le projet Mangroves Action Project (MAP) éduque les enfants à la protection de l’environnement et des mangroves en particulier. Travaux à l’issue desquels, C.Proisy, membre initiateur du MAP s’est rendu compte que : « Les enfants sont les meilleurs gestionnaires d’aire protégées ». Une initiative à adapter au contexte malgache.

Midi Madagascar

Le 22/09/17

Luz R.R

9. oct., 2017

 Les baleines à bosse reviennent

Par RFI Publié le 05-09-2017 Modifié le 05-09-2017 à 02:40

Depuis toujours, l'océan Indien est un endroit privilégié pour l'observation des baleines à bosse. Madagascar, la Réunion, les Seychelles, les Comores, de juin à octobre, les baleines qui ont migré de l'Antarctique se retrouvent dans ces eaux plus chaudes pour s'accoupler et mettre bas. Depuis deux ans, les baleines se faisaient moins nombreuses dans la zone. Mais cette saison, elles sont revenues en masse. Un phénomène que les scientifiques, réunis début juillet à la Réunion pour le 2e Humpback Wale World Congress, ont pour la première fois tenté d'expliquer.

Parades amoureuses, sauts, allaitement de baleineaux, si le spectacle que les baleines à bosse offrent en ce moment aux Malgaches et aux touristes est époustouflant, il n'en était pas de même l'an dernier, dans le canal de Sainte-Marie (à l'est de Madagascar) et dans l'océan Indien en général. Les chercheurs ont semble-t-il trouvé une explication.

Henri Bellon, président de Cétamada, l'association de protection de cétacés à Madagascar, était l'un des organisateurs de ce 2e congrès mondial sur le géant des mers. « 2015 et 2016 ont été des années où on a observé moins de baleines à bosse que d'habitude, et où l'eau était plus chaude également, explique-t-il. Environ 2°C au-dessus de la moyenne. Des scientifiques, notamment du Mozambique, ont montré qu'il y avait une corrélation avec la température de l'eau, c'est-à-dire que si l'eau est trop chaude, les baleines ne viennent plus là, ou moins. »

Le phénomène climatique El niño est directement pointé du doigt. C'est lui qui serait à l'origine du réchauffement de l'eau, du blanchiment des coraux, et de l'éloignement des baleines. Ainsi, durant cette période, les mères et leurs baleineaux ne constituaient que 5% des individus observés dans le canal Sainte-Marie. Cette année, avec une eau redescendue à 22°C, une baleine sur deux est accompagnée de son petit. Un lieu exceptionnel d'observation pour les scientifiques du monde entier.

« La génétique a montré que la population du canal Sainte-Marie s'est reconstruite presque totalement après le génocide qu'elle a subit - parce qu'on a tué des baleines pendant 80 ans (NDLR : la dernière chasse à la baleine dans le canal Sainte-Marie date de 1951), plus de 220 000 individus sur la planète, poursuit Henri Bellon. Aujourd'hui, c'est très encourageant. La protection qui a été mise en place dans la zone donne bon espoir pour la survie de l'espèce. »

Aujourd'hui, on estime la population mondiale de baleines à bosse à 80 000, dont 15 000 environ qui viendraient autour de Madagascar. Devant cette concentration, les scientifiques présents au congrès ont proposé de classer au patrimoine mondial, cette « route des baleines ».