18. sept., 2019

Ecoles françaises à l'étranger, que penser des mesures annoncées ?

Le point de vue de l'UFE

Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean Yves Le Drian, a annoncé un certain nombre de mesures concernant le réseau des écoles françaises à l’étranger à l’occasion de la Conférence des ambassadeurs, le 29 août 2019.

Il confirme le rôle de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE), qualifiée de « colonne vertébrale de notre offre d’enseignement dans le monde », qui « disposera de 25 millions d’euros supplémentaires dès 2020 ».

Il annonce l’accroissement du nombre de professeurs, « avec 1000 enseignants titulaires supplémentaires détachés à l’étranger dans les prochaines années ».
 

Il indique que « le niveau de participation des familles aux frais de scolarité qui avait dû être augmenté en 2017 reviendra à son niveau de 2016 ».

Il confirme la volonté des pouvoirs publics de doubler le nombre d’élèves scolarisés, comme l’avait affirmé le Président de la République qui avait annoncé en 2018 sa volonté de « doubler le nombre d’élèves accueillis » dans les lycées et écoles françaises d’ici à 2030.
 

Pour ce faire, il souligne son intention de faciliter les « homologations » d’établissements partenaires, qui sont reconnus comme établissements français à l’étranger.
 

Avant de porter un jugement, il convient de savoir que les écoles et lycées français à l’étranger accueillent aujourd’hui environ un quart des enfants français d’âge scolaire dont les parents résident hors de nos frontières. Ceci signifie que les trois quarts des enfants français ne sont pas scolarisés dans le réseau des établissements français, soit par choix de leurs familles, soit pour des raisons financières compte tenu du coût particulièrement élevé de la scolarité, soit tout simplement parce qu’il n’existe aucune école française à proximité. L’incapacité des établissements à accueillir les élèves français va s’aggravant, compte tenu de l’augmentation sévère des frais de scolarité et de l’accroissement très significatif du nombre de jeunes Français à l‘étranger accompagnés d’enfants d’âge scolaire. 
 

Le résultat est que beaucoup de ces enfants ne recevront pas un enseignement français et que le lien avec la France, la langue et la culture française se trouvera affecté. 
 

L’Union des Français de l’Etranger alerte les pouvoirs publics français depuis des années sur ce phénomène.


 Dans ce contexte, que penser des annonces du 29 août 2019 ?

Après des années de baisse (moins 14% depuis 2012), les crédits de l’AEFE vont connaitre une remontée de 25 millions d’euros. Cette bonne nouvelle sera malheureusement loin de compenser les baisses constatées depuis 8 ans.
 

De même, après des années de diminution, le nombre de professeurs détachés va remonter « dans les prochaines années ». Dont acte.
 

En ce qui concerne la participation des familles aux frais de scolarité, qui est passée de 40% à 73% entre 1990 et 2019, elle va repasser à son niveau de 2016, aux alentours de 70%. Excusez du peu !
 

L’annonce du doublement du nombre d’élèves est une bonne chose en soi, mais personne ne sait si ces nouveaux élèves seront français ou non. De deux choses l’une : si la qualité de notre enseignement demeure attractive, ce que l’on peut espérer (mais ce qui ne va pas de soi) la probabilité est que les familles françaises se trouvent évincées au profit de familles étrangères plus fortunées, capables de payer des frais de scolarité considérables. Dans l’hypothèse malheureuse où la qualité de l’enseignement laisserait à désirer, les familles françaises pourront sans doute plus facilement accéder à un enseignement … dévalué. Maigre consolation.
 

Perspectives inquiétantes, qui ne sont pas apaisées par la moindre annonce en ce qui concerne la politique des bourses scolaires. Celles-ci sont toujours réservées aux familles les plus démunies, laissant les classes moyennes se débrouiller toutes seules. Or dans certains pays d’Asie et d’Amérique du Nord, il faut avoir de gros revenus pour payer les frais de scolarité. 

L’extension de l’homologation, donc des établissements partenaires est une bonne mesure, réclamée depuis longtemps par l’UFE. Il est en revanche dommage qu’aucune annonce ne soit faite en ce qui concerne la coopération éducative, qui est une autre façon d’augmenter l’offre scolaire en français. 
 

Au total, ces annonces ne sont pas négligeables et vont dans la bonne direction, mais trop peu et trop lentement. Trop peu au regard du nombre de Français qui s’installent chaque année à l’étranger ; trop lentement au regard de l’accroissement des besoins.
 

C’est très bien d’encourager les étrangers en France et les naturalisés à maitriser la langue française. Ce serait bien aussi d’aider les Français de l’étranger à élever leurs enfants dans la langue et la culture de leur pays.

17. sept., 2019

AEFE : 3éme édition de la Semaine des lycées français du monde

Du 18 au 22 novembre 2019

Publié le 16 septembre 2019 Par Français à l'étranger

 La première édition de la “Semaine des lycées français du monde“, qui s’était ouverte au Salon du livre francophone de Beyrouth et fermé au Salon européen de l’éducation à Paris, faisait un focus quotidien sur des thématiques différentes, marqueurs important de l’enseignement français, en France comme à l’étranger (mathématiques et sciences, arts et cultures, école maternelle, valeurs et pratique sportives, philosophie et éducation à la citoyenneté, éducation à l’orientation…). Le deuxième opus de cet événement multiforme a eu un fil rouge unique : plurilinguisme et pluralité culturelle, atouts du réseau AEFE.

Pour la troisième édition, le thème général « De la maternelle au baccalauréat, l’enseignement français pour réussir » permet à chaque zone et établissement du réseau de choisir les atouts de l’enseignement français à mettre prioritairement en relief pour mieux se faire connaître.

De nombreuses animations au sein des établissements du réseau scolaire mondial, une programmation audiovisuelle coordonnée et des publications sur les réseaux sociaux mettront ainsi en lumière le dynamisme, la qualité, la cohésion en même temps que la diversité des lycées français du monde et la valeur de leur offre éducative. Un événement à suivre ! #SemaineLFM

 

2. sept., 2019

Paris débloque 25 millions d'euros en 2020 pour l'enseignement français à l'étranger

Richard Yung  30 août 2019

Paris va débloquer 25 millions d’euros supplémentaires en 2020 pour l’enseignement du français à l’étranger et les frais de scolarité seront rabaissés, a annoncé jeudi le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

« L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE, ndlr), colonne vertébrale de notre offre d’enseignement dans le monde, disposera de 25 millions d’euros supplémentaires dès 2020 », a déclaré le ministre lors de la conférence des ambassadeurs de France organisée chaque année à Paris.

Parallèlement, « nous allons accroître le nombre de professeurs », avec 1.000 enseignants titulaires supplémentaires détachés à l’étranger dans les prochaines années », a-t-il confirmé. Enfin, « le niveau de participation des familles aux frais de scolarité qui avait dû être augmenté en 2017 reviendra à son niveau de 2016 », a-t-il promis.

Dans le cadre des mesures d’austérité annoncées en 2017, le budget de l’AEFE avait été réduit de plus de 8%, pour le ramener à 354,5 millions d’euros en 2017, ce qui avait suscité plusieurs mouvements de grève.

Mais le gouvernement avait promis à l’AEFE qu’elle retrouverait en 2019 son budget d’avant les coupes.

Dans son discours sur la Francophonie du 20 mars 2018, le président Emmanuel Macron avait annoncé son intention de « doubler le nombre d’élèves accueillis » dans les quelque 500 lycées français à l’étranger, d’ici à 2030.

Dans un rapport diffusé en 2018, la Commission des finances du Sénat avait estimé cet objectif « pas réaliste » à budget constant, évaluant à 14% depuis 2012 la baisse des crédits publics consacrés à l’AEFE, alors que les charges ont augmenté de 19,5% entre 2012 et 2017, en raison d’une hausse du nombre des élèves (+11,4% depuis 2012) et des dépenses de personnel (+15,5%).

Les établissements enseignant le français à l’étranger, communément appelés « lycées français », accueillent près de 350.000 jeunes, dont 60% ne sont pas français. Les lycées de l’étranger ne sont pas seulement des établissements pour les quelque deux millions d’expatriés français mais bien plus un outil de rayonnement culturel, linguistique, voire diplomatique.

« Nous devons consolider nos instruments de diplomatie d’influence », a fait valoir jeudi M. Le Drian pour justifier cet investissement.

« Il n’y a plus aujourd’hui de soft power. On est partout, si vous permettez l’expression, dans le hard », a-t-il développé. « J’en suis de plus en plus convaincu : la culture, l’information et le développement sont bien les nouveaux attributs de la puissance ».

Afp le 29 août19 à 17 18.

 

26. juil., 2019

Baccalauréat 2019 : excellents résultats pour les lycéens du réseau AEFE

Publié le 22 juillet 2019  Par

Français à l'étranger

 

97,2 % : c’est le taux de réussite des candidats au baccalauréat pour l’année 2018-2019 dans les lycées français du monde. Un excellent cru attesté par un autre chiffre : celui des mentions obtenues, qui s’élève à 76,7 %. L’obtention du précieux sésame est souvent l’occasion pour les établissements d’organiser de belles cérémonies célébrant le parcours scolaire des jeunes bacheliers et leur premier pas vers les études supérieures.

 

10. juil., 2019

Vers une réforme du dispositif de financement des projets de développement scolaire à l'étranger

Richard Yung, 13 juin 2019

Le 24 octobre dernier, j’avais adressé un courrier au ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, afin de lui faire part de mon inquiétude s’agissant de la suspension de l’octroi de la garantie de l’État aux emprunts réalisés pour le compte des établissements scolaires français de l’étranger par l’Association nationale des établissements français à l’étranger (ANEFE).

Créée en 1975, l’ANEFE a pour mission de permettre aux établissements scolaires français à l’étranger d’obtenir des prêts garantis par l’État pour l’acquisition, la construction ou l’aménagement de leurs locaux. La garantie de l’État est octroyée après avis consultatif d’une commission interministérielle présidée par un magistrat de la Cour des comptes et comprenant des représentants des ministères chargés de l’économie, de l’éducation nationale et des affaires étrangères et européennes. Depuis la création de ce dispositif « souple et peu coûteux », 166 prêts ont été garantis en faveur de 112 établissements dans 95 pays. L’ANEFE n’a enregistré que deux sinistres d’origine politique (Abidjan et Damas), qui ont chacun trouvé une issue favorable.

Dans sa réponse en date du 3 juin, M. Le Maire m’informe que « l’augmentation importante, ces dernières années, des encours des prêts souscrits ou cautionnés par l’ANEFE et, in fine, garantis à 100% par l’État (l’encours des prêts directs et indirects garantis par l’État est passé de 217 millions d’euros au 31 décembre 2014 à 340 millions d’euros au 31 décembre 2017, soit une augmentation de 57% sur trois exercices) a conduit à s’interroger sur la robustesse de la participation de l’ANEFE au dispositif public de financement des lycées français de l’étranger actuel et à solliciter un audit du Contrôle général économique et financier ».

Les conclusions de cet audit ont été rendues en juillet 2018. Elles « militent pour une réforme en profondeur du dispositif de financement des projets de développement scolaire à l’étranger pour permettre une mise en œuvre efficace de l’engagement du Président de la République de doublement des effectifs de l’enseignement français à l’étranger d’ici 2025 ». Des travaux interministériels ont été engagés à cette fin. Le ministre a demandé à son cabinet de m’informer de l’état d’avancement de ces travaux.