4. juil., 2017

Ici donc, se pose le problème de la nuisance sonore (karaoke sauvages, sectes évangéliques et apocalyptiques hystériques, pétarades de scooter, vacarme des marchands de «musique», racolages geignards des aide-chauffeurs de taxibe, caravane publicitaire de tout et n’importe quoi). Manque de base légale fixant les normes décibels. Absence de savoir-vivre. Malentendu sur le «vivre ensemble».

Ailleurs, une certaine population continue de vivre sur le mode de la sorcellerie : émasculation doublée de décapitation à Ambatondrazaka pour satisfaire aux mânes d’un dieu mercure eunuque avide d’un kit pénis avec ses testicules... Un foetus énucléé après éventration de sa mère enceinte sur la recommandation de quelque «dadarabe» débile, mais surtout criminel, pour s’assurer de la fécondité d’un filon de pierres précieuses... Et la peine de mort toujours pas rétablie. Peine de mort assortie d’une interdiction d’ensevelissement dans la tombe familiale. Vraiment afflictive. Et à jamais infamante. Pour les commanditaires, pour les exécutants, pour les sorciers.

Ici, comme ailleurs : quel droit de vote conscient et critique peut-on attendre de gens qui croient encore à ces stupidités moyenâgeuses ? Sacrifier un nouveau-né, offrir un pénis, voler un foetus : au-delà de l’atteinte à la personne, c’est le ressort psychologique qui me pose le plus problème. Peut-on réellement envisager un «vivre ensemble» avec des gens ayant ce type de comportement ? Appartient-on à la même Humanité ? Et on irait voter pour le même Président, pour le même Parlement, pour les mêmes lois ? Une personne, un vote : vraiment !

L’État malgache est en train de perdre sa raison d’être, «la maîtrise d’une population et de son territoire» : kidnappings, rackets mafieux, braquages en plein jour, trafics aux ports et aéroports, lynchages populaires, «dahalisation» des populations rurales, immigration incontrôlée. Le «Fanjakana» a échoué à assurer l’équité de bon sens, la solidarité par prudence, la redistribution du bonus et la péréquation du malus. Notre société achèverait de se suicider s’il lui fallait s’accommoder d’obscurantismes, que certains revendiqueraient encore «fomba», alors qu’on se situe déjà dangereusement à la frontière, «on the edge», entre «leur» barbarie et «notre» volonté de civilisation.

 

15. juin, 2017

Ce sentiment de qui-vive anxieux devait être celui des populations somaliennes, avant que ne l’État somalien ne se délite chaque jour un peu plus jusqu’à devenir un État failli aux mains des groupes armés et des milices terroristes.

Trois kidnappings en un peu plus d’un mois viennent de se produire dans les rues d’Antananarivo. Chaque fois, les criminels étaient armés de fusil de guerre. Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne rapporte des attaques en plein jour : assassinat à Mangasoavina, braquage au revolver à Andohatapenaka, détroussement au sabre à Analakely, etc. Les embouteillages permanents d’Antananarivo et de sa banlieue deviennent de véritables pièges pour les automobilistes.

Loin de la Capitale, les routes nationales sont, tout aussi régulièrement, coupées par des «dahalo» qui s’en prennent aux taxis-brousses, pourtant organisés en convois, sinon aux voitures particulières que les gendarmes prennent parfois la précaution de dissuader de continuer leur route.

Depuis la Capitale, nous sommes mal informés de ce qui se commet quotidiennement dans les villes de province. On imagine le pire quand, de tournées ponctuelles dans la campagne d’Imerina, la province autour d’Antananarivo, nous apprennent les exactions dont sont victimes les populations de la part de «dahalo» parfois alliés à des gendarmes corrompus.
Pendant ce temps, le PNUD lance un avis de recrutement pour «mener une enquête sur l’accès des civils aux armes à feu» : «contribuer au renforcement du contrôle et de la gestion des armes par l’État dans le but ultérieur de combattre la prolifération et le trafic d’armes illicites et de réduire l’incidence de violence armée à Madagascar», «identifier des points d’entrée pour le renforcement du contrôle et de la gestion des armes de la population civile par l’État et la répression du commerce illicite des armes légères à Madagascar».
Cette enquête attestera-t-elle la pratique de «location» de leurs armes par certains militaires ? Cette enquête débusquera-t-elle les noms des «protecteurs» à col blanc des «dahalo» poussiéreux sur le terrain ? Cette enquête établira-t-elle la filiation de l’insécurité actuelle avec l’essaimage d’armes, lors des crises de 2002 et 2009 ?

Pendant ce temps, aucune communication officielle, jamais, pour tenter de rassurer la population sur la recrudescence des rapts, kidnappings, banditisme urbain. Aucune annonce de démantèlement des réseaux mafieux. Aucune production de criminels à traduire éventuellement en justice.

Les autorités ne font rien pour fluidifier la circulation en faisant sauter les verroux de carrefours d’étranglement identifiés de longue date : Ampasampito, Anosizato, Andohatapenaka, Ambodivona, Ambohibao ? Les mêmes autorités sont promptes à légiférer sur l’interdiction d’apposition de film teinté sur les vitres des voitures, mais oublient d’assurer l’éclairage de la voie publique. Surtout, rien ne nourrit l’optimisme d’une amélioration des conditions de vie de la population malgache. Cette absence d’équité dans la nécessaire redistribution des richesses fournit les bataillons de plus en plus touffus de va-nu-pieds montant à l’assaut des villas et des voitures particulières.

Et si le PNUD faisait mener une enquête sur l’opportunité, ou non, de libéraliser l’accès aux armes à feu pour que la population puisse se défendre elle-même quand les forces de l’ordre sont aux abonnés absents ? Et si le PNUD faisait mener une enquête sur l’opportunité, ou non, de libérer Madagascar de certains engagements internationaux proprement suicidaires, comme l’abolition de la peine de mort ? Et si le PNUD faisait mener une enquête sur l’imminence, ou non, de la faillite redoutée d’un État malgache incapable d’assurer la sécurité de ses villes et de sa campagne, comme incapable de maîtriser ses frontières régulièrement perméables aux exportations illicites de tortues endémiques à ses aéroports ou de départ pirate de bois de rose à ses ports ?

14. déc., 2016

Les charrettes et pousse-pousse sont totalement bannis de la capitale. La préfec­ture de police d’Antananarivo a sorti un arrêté mentionnant cette décision.

 MOTO-CHARRETTE-

La circulation des charrettes et des pousse-pousse est désormais interdite dans la ville d’Antananarivo, « Nuit et jour », comme l’a bien  précisé le préfet de police d’Antananarivo, Robert Randrianjarisoa, hier. C’est le contenu de l’arrêté n°40 de la préfecture de police d’Antananarivo-ville, sorti en octobre. « Aucun texte ne régit la circulation de ces moyens de transport en ville, ils sont réservés au milieu rural. Antananarivo, c’est une capitale », a expliqué Robert Randrianjarisoa.


Cette nouvelle mesure défie l’ancien texte qui stipule l’interdiction de circulation des charrettes et des pousse-pousse en centre ville, entre 6 heures et 19 heures. Fin 2014 et 2015, les locataires de l’hôtel de ville à Analakely, ont tenté de mettre cette loi en vigueur, en mettant en fourrière les matériels de ceux qui s’y ont opposés. Ceci a fini par un affrontement entre les tireurs de pousse-pousse et les charretiers contre les éléments de la police municipale, en décembre 2014. Et le laisser-aller est revenu.

Intriguer


La mise en application de cet arrêté est floue. Ces moyens de transport envahissent encore les rues du centre ville. Mercredi, des éléments de la police de circulation à Soanierana, ont laissé une charrette tirée par deux bœufs continuer sa route vers le centre-ville.
Une réunion entre la commune urbaine d’Antana­narivo (CUA) et la préfecture de police a été prévue hier, pour étudier l’application de cette disposition, mais elle a été reportée à une date ultérieure.


Cette initiative de la préfecture de police intrigue, par ailleurs, quelques riverains. « Je suis sûr que c’est un ordre de l’État pour fluidifier la circulation pendant le sommet de la Francophonie », lance Fabien Tsimanova, un habitant de la capitale. Cette mesure est, toutefois, saluée par les automobilistes qui sont les principales victimes de l’embouteillage, souvent causées par ces charrettes et ces pousse-pousse.
L’État devrait, par ail­leurs, penser à la création d’emploi pour les milliers de personnes qui dépendent de ce métier « Informel », pour survivre.

 

Miangaly Ralitera

7. mars, 2016

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Flambée des loyers : plusieurs locataires contraints de déménager