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17. janv., 2019

Le frais d’inscription pour le niveau Licence est passé de 170 à 2 770 euros. Tandis que celui pour les niveaux Master et Doctorat a atteint les 3 770 euros contre les 240 euros  auparavant.

Les temps changent. Déjà que du point de vue procédure, étudier en France n’est pas une mince affaire, avec la hausse des frais d’inscription au niveau des universités, la difficulté sera encore plus renforcer. Les tarifs ont été décidés par le gouvernement  français et ont été annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe le 19 novembre 2018 dernier. Pour les Malgaches  qui préfèrent continuer leurs études en France, la facture sera davantage salé. Ainsi, les nouveaux tarifs seront appliqués dès la rentrée scolaire 2019 selon toujours les explications du gouvernement français. Ce dernier d’expliquer que l’objectif de la décision consiste à attirer plus d’étudiants étrangers. Par ailleurs, le gouvernement français entend rassurer les étudiants étrangers en leur promettant un allègement des procédures administratifs. Facilitation de l’obtention des visas, plus de bourses, ouverture de campus à l’étranger et augmentation des frais de scolarité, telles sont les contreparties avancées par la France.

Réactions. Une pétition a été lancée par des associations d’étudiants africains en France. Pétition qui a vu la participation massive de jeunes Malgaches. Les partages effectués par ces derniers sur les réseaux sociaux en sont de manifestations. Les Malgaches ne seront pas épargnés par cette décision. Interrogée sur la question, Holy, nouvelle bachelière donne son avis: « J’ai toujours rêvé d’aller poursuivre mes études en France mais avec cette hausse des frais d’inscription j’ai peur pour mon rêve. Mes parents n’étant pas fortunés, je peux faire une croix sur ce rêve« . Les révoltes à la décision du gouvernement français sont appuyées par l’impossibilité des étudiants issus du continent africain de s’acquitter des frais d’inscription. Pour le cas malgache, pouvoir continuer ses études en France relève depuis toujours – avec les anciens tarifs – du privilège. Les nouveaux tarifs vont limiter davantage l’accès à l’enseignement universitaire aux étudiants malgaches. En effet, les étudiants issus du continent africain voient en la décision du gouvernement  français une restriction de cet accès aux étudiants étrangers. Pour l’heure, même si les frais d’inscription annoncés par le gouvernement français ne sont pas à la même hauteur de ceux des autres de l’Union  européenne, ils font déjà l’unanimité sur la mise en place de barrières aux étudiants étrangers.

Midi Madagascar

Le 28/11/18

José Belalahy

4. janv., 2019

Les nouveaux bacheliers ont dû bien choisir les universités privées qui les intéressent à l’issue de l’organisation des deux salons de l’Etudiant dernièrement dans la Capitale.

Pour l’ES-DES (Ecole Supérieure de Développement Economique et Social), une université privée qui a participé activement à ces deux événements, le bilan a été positif. En effet, « une forte affluence des visiteurs y a été observée. En plus, les parcours Travail social et Agronomie ont été les plus attirants pour les jeunes. Ceux-ci méritent d’ailleurs d’avoir une bonne orientation pour pouvoir poursuivre leurs études universitaires », a expliqué déclaré Hanitriniaina Eléa Chilo, la directrice de cette école de développement.

Insertion en stage. Ce n’est pas tout ! « Bon nombre de gens qui sont déjà en activité nous demandent de mettre en place un système de télé-enseignement pour le parcours Travail Social. Et pour satisfaire leurs besoins, ce sera effectif à compter du mois de mars 2019 en commençant dans la Capitale. Quant à la formation à distance lancée à Antsirabe pour la même filière, la rentrée de la 2e vague de la formation a eu également lieu », a-t-elle poursuivi. Rappelons que, cette école de développement est appuyée par l’ONG ACDM (Actions Concrètes pour le Développement de Madagascar) dont elle est également la présidente. Elle se démarque par l’orientation des jeunes à monter leurs propres projets de développement. Et ce sera facilité par la proposition des formations pratiques qualifiées de pré-emplois pour ses étudiants. L’ES-DES travaille d’ailleurs en partenariat avec des entreprises privées ou des organismes internationaux par le biais de l’ONG ACDM en vue de leur insertion en stage.

Orientation spéciale. A titre d’illustration, l’école de développement vient de nouer un partenariat avec l’association FISA (Fianakaviana Sambatra ) et la congrégation religieuse Filles de Marie Auxiliaire dans le dessein d’accueillir des stagiaires en Travail Social. « Et à part les différentes matières enseignées aux étudiants de l’ES-DES, une orientation spéciale est instaurer afin de guider les étudiants à devenir des entrepreneurs. Il s’agit notamment de la formation en entrepreneuriat et en création d’entreprise ainsi que de la formation en leadership, en informatique, en management et en montage et conduite de projet », a conclu Hanitriniaina Eléa Chilo.

 Midi Madagascar

Le 26/12/18

Navalona R.

4. janv., 2019

Tribune 

Explosion des frais d’inscription dans les universités françaises pour les étudiants non-européens !

Une décision maladroite et inopinée !

Dans son allocution du 19 novembre 2018, lors des Rencontres universitaires de la francophonie, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé l’augmentation substantielle des droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union Européenne. D’après l’annonce faite par le  Premier ministre, ce montant serait porté à 2770€ en licence et DUT et à 3770€ en master et en doctorat, alors qu’une inscription en licence coûte aujourd’hui 170€ et 243€ en master. Les étudiants déjà inscrits dans l’établissement et ne changeant pas de cycle ne seraient pas concernés par cette augmentation en 2019. Selon le Premier ministre, l’objectif affiché est d’attirer 500 000 étudiants internationaux à l’horizon 2027 alors que ce nombre est actuellement de 324 000.

Une mesure antisociale

Cette mesure apparaît comme visant principalement les étudiants africains et malgaches qui forment les gros bataillons des étudiants non-européens. Or ce sont les étudiants les plus fragiles. De nombreux étudiants renonceront à leurs projets d’études en France à cause du montant des frais d’inscription devenus trop élevés pour une population peu fortunée. Cette éviction concernera ainsi les étudiants issus des pays les plus pauvres.

Une mesure qui ne respecte pas les fondements du service public français

Cette discrimination par l’argent dans le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche est contraire aux principes de notre république. Cette mesure remet en cause les fondements de l’Université française ouverte à tous et le principe d’égalité de traitement des étudiants. La sous-dotation des Universités françaises ne peut être compensée par une augmentation démesurée des droits d’inscription des étudiants étrangers. De plus, l’argent récolté représentera  une somme non significative pour l’avenir des universités.

Une mesure contre-productive et incohérente

Cette mesure privera les universités françaises de nombreux talents. Elle s’oppose à l’attractivité des études en France et au développement de la Francophonie. Elle fragilisera de fait le réseau des établissements scolaires français à l’étranger, puisque le renchérissement important des droits d’inscription à l’enseignement supérieur français éloignera des familles du choix des études en France. Enfin elle présente une incohérence fondamentale entre l’annonce du Président de la République française de doubler les effectifs des établissements scolaires à programme français à l’étranger et la volonté d’accueillir plus d’étudiants étrangers ! Elle met en danger les fondements du « soft power » francophone. La France est en effet, aujourd’hui, le quatrième pays d’accueil d’étudiants étrangers dans le monde.

Une mesure mal fondée

Si l’on met à part les grandes écoles non-concernées par cette tribune, les universités françaises, pour être de bonne qualité sont cependant moins valorisées que les universités américaines ou anglaises. Leur succès repose en grande partie sur un rapport qualité-prix attractif. Cette mesure met à mal cet équilibre.

Une mesure décalée par rapport aux responsabilités de la France

La France a, avec les pays francophones africains et Madagascar, une histoire partagée, parfois douloureuse. Ceci induit, à mon sens, une relation et une responsabilité particulière. Cette relation passe par une attention affirmée et ouverte et non une démarche discriminante et négativement sélective comme l’emploi des termes étudiants non-européens.

Pour l’ensemble de ces raisons, Français du Monde Madagascar demande au gouvernement français de renoncer à cette mesure. Français du Monde Madagascar n’exclut pas d’initier une pétition dans la grande île sur le sujet. Suivez-nous sur facebook : FdMM.Madagascar et notre blog francaisdumonde-madagascar.com.

Tananarive, le 17/12/2018

Jean-Daniel Chaoui, Président de Français du Monde Madagascar

 

26. déc., 2018

Augmentation des Frais d’inscription dans les universités françaises pour les étudiants étrangers non-européens

L’analyse de Christophe Courtin

En novembre 2017 à l’université de Ouagadougou en s’appuyant sur la jeunesse, le président Macron se posait en héraut d’un partenariat nouveau entre la France et l’Afrique. Il allait renouveler les relations entre la France et son pré carré africain francophone autour de la formation et de l’entrepreneuriat. « La France est bien souvent la première destination, je veux qu'elle soit la première destination, non pas par habitude, mais par choix, par désir, pas nécessairement pour l'ensemble des études, mais pour nourrir les échanges entre nos pays, pour cela, je veux que la France vous accueille mieux, cela veut dire offre des places et des formations dans les filières qui correspondent à vos besoins, cela veut dire aussi, offrir les conditions d'une véritable circulation dans la durée. Et j'en prends devant vous l'engagement aujourd'hui ».

Une année plus tard, son gouvernement annonce que les frais d’inscriptions dans les universités françaises pour les étudiants non communautaires passeront de 170 euros à 2770 euros en licence et 3770 euros en master. L’argument central de cette politique tarifaire est que les étudiants qui viennent en France appartiennent à des milieux aisés qui peuvent payer cette hausse de 2200 % des frais de scolarité en master. Les autres arguments sont du même tonneau cynique : la quasi gratuité des études universitaires dégrade l’image de la formation et trop souvent les filières choisies ne proposent pas des formations utiles dans les pays d’origine des étudiants, comme la sociologie . Cette mesure touchera d’abord les étudiants africains et malgaches (142 000, essentiellement francophones, sur 280 000 extra européens et 53 000 européens) dont la démocratisation de leurs pays est au point mort. Beaucoup de ceux qui payent déjà ces tarifs dans les écoles payantes sont les enfants des élites qui participent de la désorganisation de leurs pays et profitent aussi de nos services de santé publique.

On reste sidéré devant la brutalité de cette décision et l’indécence de l’argumentation. L’augmentation du nombre de bourses (7000 aujourd’hui, 20 000 annoncées) qui viendrait compenser l’effet sur les étudiants défavorisés est une réponse bureaucratique largement insuffisante. Les recteurs d’université, les syndicats d’enseignants et d’étudiants, plusieurs partis politiques (opposition de gauche, 11 députés LREM et même Alain Juppé), se sont déclarés contre cette mesure. Dans la tourmente des gilets jaunes, la circulaire n’est pas passée inaperçue mais n’a pas réellement mobilisée et sera certainement appliquée avec quelques concessions comme sa mise en œuvre pour les seuls nouveaux étudiants à partir de la prochaine rentrée. Comme souvent dans les politiques budgétaires du gouvernement on voit bien l’argument financier à court terme qui n’est pas négligeable (850 millions d’euros sur un budget des universités de 24 milliards, 3,4%), mais toujours au détriment des autres considérations de long terme. Le cap est fixé comme dans tous les autres domaines : moins de solidarité, moins de politiques redistributives. En l’occurrence pour les étudiants africains, l’accès au droit à la formation et à l’émancipation par la connaissance est octroyé en fonction des moyens financiers et du capital social dont ils disposent. L’argument de la dévalorisation des formations peu chères ne tient pas la route un instant, il procède du pur syllogisme utilitariste ultra libéral : ce qui est rare est cher ; même les États-Unis reviennent sur cette logique. On reste abasourdi avec le dernier argument qui relève de la pensée raciale : les Africains n’ont pas besoin de penser leur développement. La réalité montre que les sciences sociales françaises dans le domaine de l’aide au développement gardent encore un prestige scientifique et une influence sur les politiques publiques grâce à ce brassage entre étudiants du Nord et du Sud que l’université française permet.

Au fond cette décision reflète la représentation du monde que le gouvernement partage avec les pouvoirs africains dont les objectifs sociétaux portés par cette vision sont en passe d’être atteints : l’Etat est aux mains des classes dominantes. Il est un syndicat d’intérêts privés mus par l’enrichissement, la répression politique perdure, la marginalisation des parlements est achevée, l’arbitraire judiciaire est le quotidien du justiciable pauvre, les services publics de l’enseignement et de la santé sont moribonds, l’information est verrouillée, les régressions identitaires et religieuses saturent l’espace public et l’accumulation des biens pour quelques familles nanties s’accélère sans autre contrôle que celui du syndic au pouvoir. Les habitants de ces pays, les jeunes surtout, partent et veulent traverser la méditerranée. La perspective d’une formation en France est encore un motif d’espérance pour ceux qui ont pu mener leur scolarité jusqu’au bac. Les jeunes Africains aux faibles ressources sont les nouvelles victimes de cet apartheid financier à l’échelle de la planète. N’en doutons pas, les jeunes Français aux revenus modestes suivront.

 

10. déc., 2018

Communiqué de Français du Monde Madagascar

Explosion du montant des droits d'inscription dans les universités françaises pour les étudiants étrangers non-européens

Brutale car s'appliquant dès l'année 2019 y compris pour les étudiants en cours d'étude en France, démesurée car cette augmentation revient à multiplier le montant ordinairement payé par 16, malsaine car se basant sur des critères dit non-européens dont on sait très bien qu'ils désignent naturellement les étudiants africains et malgaches qui forment le gros des bataillons visés par cette mesure, injuste car notre pays entretient avec ces pays une relation particulière du fait d'une histoire partagée ce qui donne à la France une responsabilité particulière, contre-productive et incohérente avec l'affichage de la volonté de développer l'influence de la francophonie dans le monde, cette décision apparait comme contraire aux intérêts de tous.

Français du Monde Madagascar dénonce une mesure néfaste pour l'attractivité des études en France et rejoint le mouvement qui se crée pour demander au gouvernement Français de revenir sur cette décision.

 

Le 10 déc. 2018

Jean-Daniel CHAOUI

Président de Français du Monde Madagascar