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27. août, 2018

Article avocat Naturalisation

Nationalité-Naturalisation: Pensez à bien informer la Préfecture de vos changements de situation familiale intervenant pendant le traitement de votre demande de naturalisation

Par Annabel RIDEAU, Avocat - Modifié le 22-08-2018

n en a déjà parlé et la règle est claire : lorsque vous faites une demande de naturalisation (ou de réintégration d’ailleurs), il est notamment mentionné dans le formulaire de demande d’acquisition que vous vous engagez sur l’honneur : () à signaler, outre mon changement d'adresse, toute modification de ma situation personnelle et familiale intervenue en France ou à l'étranger durant la procédure d'instruction de mon dossier () »

Cet engagement n’est pas anodin puisqu’une absence de communication d’un changement de situation familiale peut entraîner un retrait (annulations) de votre nationalité française fraîchement acquise par application de l'article 27-2 du code civil, ce qui est clairement indiqué sur ledit formulaire!!

C’est ce que rappelle la plus Haute Juridiction administrative dans un cas banalement classique...

En l’espèce, M.C..., ressortissant tunisien, avait déposé une demande de naturalisation le 02 juillet 2013 par laquelle il avait indiqué être divorcé.  Au vu de son dossier et de ses déclarations, il avait alors été naturalisé par un décret du 03 décembre 2014.

Or, le 15 avril 2015, le Ministre des Affaires Étrangères et du Développement International avait informé le Ministre chargé des Naturalisations que M. C...avait épousé en Tunisie, le 12 août 2014, une ressortissante tunisienne résidant habituellement en Tunisie.

Le Premier ministre avait alors rapporté (annulé) le décret prononçant la naturalisation de M. C... au motif qu'il avait été pris au vu d'informations mensongères délivrées par l'intéressé quant à sa situation familiale.

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d’État, M. C a donc demandé au Conseil d’État d'annuler pour excès de pouvoir le décret du 03 avril 2017 rapportant le décret du 03 décembre 2014 lui ayant accordé la nationalité française.

Comme on sait ou pour information, aux termes de l'article 21-16 du code civil: " Nul ne peut être naturalisé s'il n'a en France sa résidence au moment de la signature du décret de naturalisation ".

Pour faire clair, il résulte de ces dispositions que la demande de naturalisation n'est pas recevable lorsque l'intéressé n'a pas fixé en France de manière durable le centre de ses intérêts; c’est le cas notamment quand les enfants mineurs ou les époux résident à l’étranger...

En l’occurrence, il est ressorti des éléments de ce dossier que le requérant s’était marié avec une ressortissante tunisienne après avoir déposé une demande de naturalisation et avant l’acquisition de la nationalité française. Il est également ressorti des éléments du dossier qu’il parlait parfaitement le français et qu’il ne pouvait donc se méprendre sur la portée de l'engagement sur l'honneur qu'il avait signé en déposant sa demande de naturalisation.

En conséquence et très logiquement, il a été décidé que le requérant avait sciemment dissimulé la réalité de sa situation familiale et qu’en rapportant le décret ayant prononcé sa naturalisation, le Premier ministre n'avait pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 27-2 du code civil.

Source : Conseil d'État, 2ème chambre, 26/07/2018, 412882

 

8. nov., 2017

Compétences : Droit des étrangers et de la nationalité, Droit de la famille, divorce, séparation

Barreau : Paris

Adresse : 72 BOULEVARD MALESHERBES 75008 PARIS

Publié le 11/09/2017

Perte de la nationalité par non usage ou désuétude - Panorama de jurisprudence

Article juridique - Droit des étrangers et de la nationalité

Par Me Julie MADRE

Les Français établis à l'étranger et la nationalité française – Panorama de jurisprudence concernant la perte de la nationalité française par non usage ou désuétude (articles 30-3 et 23-6 du Code civil)


La loi française instaure une limite à la transmission de la nationalité française dans le temps pour les Français établis à l'étranger :

  • l’article 30-3 du Code civil prévoit une fin de non recevoir à l’action déclaratoire de nationalité
  • l’article 23-6 du Code civil prévoit les modalités de la constatation de la perte de la nationalité dans le cas où cette fin de non recevoir serait retenue

Quelles sont les personnes concernées?

La désuétude ne concerne que les personnes de nationalité française par filiation – ne sont donc pas concernées les Français dont la nationalité aurait un autre fondement par exemple un titre (Cour d’appel de Paris, 6 mars 2008, RG 06/21913)

Quelles sont les conditions ?

La réunion de quatre conditions cumulatives est nécessaire. Deux concernent le demandeur et deux concernent son ascendant dont il tient la nationalité française.

  • concernant le demandeur :
    • il doit résider ou avoir résidé habituellement à l'étranger
    • et ne pas avoir eu la possession d'état de français
  • concernant son ascendant dont il tient la nationalité française :
    • il doit être demeuré fixé à l'étranger durant plus de 50 ans
    • et ne pas avoir eu la possession d'état de français

Quels sont les points discutés ?

  • Le point de départ du délai de 50 ans

La jurisprudence considère que c'est le jour de fixation de l'ascendant à l'étranger - déménagement de France vers l'étranger ou accession à l'Indépendance des territoires anciennement français (voir, par exemple, Tribunal de Grande Instance de Paris, 27 avril 2017, RG 15/14626).

  • L'écoulement de ce délai de 50 ans

La jurisprudence considère que l'écoulement de ce délai de 50 ans s'apprécie au jour de l'action déclaratoire de nationalité et non à compter de la demande de certificat de nationalité française (Cour d’appel de Paris, 6 septembre 2016, RG 15/13630).

  • Les conditions d'application de ce délai de 50 ans

Contrairement aux réponses ministérielles données à des membres élus de l'Assemblée des français de l'étranger (AFE) (par exemple, question écrite numéro 6 de la session de juin 2012 de l’AFE), la jurisprudence actuelle considère que la condition relative à la possession d'état s'entend également durant la période de 50 ans (Tribunal de Grande Instance de Paris, 10 février 2017, RG 16/00165 et Tribunal de Grande Instance de Paris, 31 mars 2017 RG 15/15400).

Par conséquent, l'ascendant peut s'être vu reconnaître la nationalité française par jugement, si son action déclaratoire de nationalité française est postérieure à la période de 50 ans, l'action déclaratoire de son enfant sera déclarée irrecevable (Tribunal de Grande Instance de Paris, 17 mars 2017, RG 15/18183).

Seules les personnes dont l'ascendant a fixé sa résidence en France ou est décédé avant l'écoulement de la période de 50 ans ne peuvent se voir opposer la fin de non recevoir tirée de la désuétude (Cour d’appel de Paris, 21 juin 2016, RG 15/16104 et Cour d’appel de Paris, 21 juin 2016, RG 15/16092).


Il sera observé que l’article 21-14 du Code civil permet à la personne dont la nationalité française est tombée en désuétude d’effectuer une déclaration pour réclamer la nationalité française, en apportant la preuve :

  • soit qu’elle a conservé ou acquis avec la France des liens manifestes d’ordre culturel, professionnel, économique ou familial,
  • soit qu’elle a accompli des services militaires ou combattu dans les armées françaises ou alliées par temps de guerre 

 

9. mars, 2017

Le certificat de nationalité française (CNF) est un document officiel qui sert à prouver la nationalité française. Il peut notamment être demandé lors d'une 1ère demande de titre d'identité sécurisé (carte d'identité ou passeport) ou pour une candidature dans la fonction publique.

Pour se faire la demande pour les Français de l’étranger :
Service de la nationalité des Français nés et établis hors de France
30 rue du Château des Rentiers
75647 Paris Cedex 13
le service de la nationalité – Paris
par notre sénatrice Claudine LEPAGE


En résumé :
beaucoup de choses ont changé.


-       le service de la nationalité tente constamment de se rationaliser et de s’adapter au nombre sans cesse croissant de demandes de CNF.


-       un filtre a été mis en place dès la réception du courrier pour répartir plus justement la charge de travail et éviter de transmettre aux rédacteurs des dossiers manifestement infondés.


-       Par ailleurs, une refonte du service a été conduite dans le but d’augmenter le nombre de rédacteurs et, à terme, d’augmenter le volume de dossiers traités.


-       accueillir le public au mieux avec, notamment, la mise en place de rendez-vous à partir du 1er mars 2017.


-       le délai moyen de traitement d’un dossier : 24 mois dès lors que le dossier est complet,


Voir l’article complet :


http://claudinelepage.eu/?p=16234#.WK7taT9tqCI.facebook

28. févr., 2017

Depuis ma dernière visite au service de la nationalité en 2009, beaucoup de choses ont changé. La rencontre avec Monsieur Grasswill, directeur du service, a permis d’apporter un éclairage intéressant sur le délai de traitement des dossiers et sur la manière envisagée d’améliorer la performance de ce service.

En effet, le service de la nationalité tente constamment de se rationaliser et de s’adapter au nombre sans cesse croissant de demandes de CNF. La structure du service a été modifiée, un filtre a été mis en place dès la réception du courrier pour répartir plus justement la charge de travail et éviter de transmettre aux rédacteurs des dossiers manifestement infondés. Du point de vue des usagers, cela favorise une réponse plus rapide et ils peuvent, par la suite, saisir directement les voies de recours ou reformuler leur demande. Par ailleurs, une refonte du service a été conduite dans le but d’augmenter le nombre de rédacteurs et, à terme, d’augmenter le volume de dossiers traités.

Enfin, une réflexion a été menée pour accueillir le public au mieux avec, notamment, la mise en place de rendez-vous à partir du 1er mars 2017. Ce changement laissera aux usagers la possibilité de rencontrer directement le rédacteur de leur dossier afin de faciliter la compréhension de la situation par leur interlocuteur et donc favoriser une communication plus fluide.

En outre, le directeur du service de la nationalité nous a rappelé tous les défis relevés, du fait par exemple de la suppression des filtres consulaires en 2005, ce qui avait contribué à engorger le service.

Bien heureusement, en parallèle, les agents ont pu acquérir au fil des ans une expertise et des échanges avec les services étrangers qui leur permettent aujourd’hui de lutter plus efficacement contre la fraude.

Si le délai moyen de traitement d’un dossier se situe autour de 24 mois dès lors que le dossier est complet, cela s’explique notamment par les délais inhérents aux vérifications faites par le service de la nationalité et notamment les échanges avec les services d’état civil à l’étranger mais également par le nombre de dossiers traités. En effet, actuellement le service de la nationalité est en cours d’analyse d’environ 35 000 situations. En sous-effectif permanent, la résorption du retard accumulé n’est pas chose facile mais, chaque jour, l’ensemble des agents affectés au service de la nationalité s’emploient à accomplir cette tâche ardue du mieux possible avec les moyens qui leur sont alloués.

Claudine Lepage

Sénatrice des Français hors France

Le 23/02/17