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1. juil., 2015

Le Consulat général de France à Tananarive dispose d’un gros dispositif pour Madagascar du fait du "profil social" très modeste d'une partie de la communauté française, essentiellement binationale. Actuellement, le service social "occupe" 10 personnes à temps plein : 3 personnes au CMS (Centre médico-social avec deux médecins et une infirmière, dont un médecin expatrié), 3 personnes au service des bourses, 2 assistantes sociales expatriées et une VIA assistante sociale (Volontaire Internationale Administrative) plus un agent local. Le budget dépasse les 600 000€/annuel, mais il fut proche de 800 000€ dans les années 2009-2010.

 

La réduction des crédits se fait ressentir sur la diminution de la fréquence des « missions en province », donc un engagement moins important et une aide en déclin auprès des populations « hors capitale » (la moitié de la communauté française vit en province, hors de Tananarive). Cette diminution se traduit aussi par une exigence plus forte de « participation » demandée de la part des bénéficiaires concernant le remboursement des  frais engagés dans les différents domaines où s’exerce l’aide sociale, particulièrement dans le domaine de la santé.

 

L’utilisation du concept de « famille élargie » pour restreindre l’accès à l’aide sociale est aussi utilisée plus fréquemment (comme pour les bourses scolaires). Ce concept ayant une part d’interprétation subjective malgré les VAD (Visite A Domicile) des assistantes sociales, les désaccords sont réels avec les élus et les associations. Sur les grands domaines de versement d’allocation de solidarité, d’handicapés, nous avons près de 450 allocataires. L’allocation versée est de 165€ mensuelle, diminuée de revenus éventuels ou des aides familiales. Chaque dossier est donc un cas particulier.

 

Globalement, la gestion plus « stricte » que j’ai décrite permet au service social de faire face à une diminution de l’enveloppe sans que celle-ci apparaisse « officiellement » comme une diminution. C’est aussi le cas pour les bourses scolaires où la diminution du nombre de demandeurs et la dévaluation de la monnaie locale ne sont pas satisfaisants pour justifier une diminution de l’enveloppe de 1 000 000€ sur les 6 000 000€ de l’an passé. Cette analyse est contestée par l’administration, mais je reçois suffisamment de personnes depuis 7 ans à ma permanence hebdomadaire pour avoir les éléments permettant de la valider.

 

Tananarive, le 26/06/2015

17. oct., 2013

Plan de modernisation des services consulaires, derrière les mots, quelle réalité ?

 

Il est des mots "manipulateurs" dont le sens est trompeur. Prenons  "modernisation" et "réforme". Ces deux mots sont appropriés et employés par les dirigeants dès qu'ils arrivent à la direction d'un organisme ou d'un ministère. L'ambigüité de ces mots vient du fait qu'on les associe quasi naturellement au concept de "positivité".  Moderniser et réformer, c'est la nécessaire adaptation à l'évolution des pratiques et des  techniques.

 

La RGPP (Réforme générale des Politiques Publiques) de Nicolas Sarkozy était, à juste titre, violemment dénoncée par la gauche. Jean-Marc Ayrault l'a prudemment remplacée par "La Modernisation de l'Etat" ; les mots, toujours les mots ; Sur le fond, entre la RGPP et la Modernisation de l'Etat, une seule différence, la sanctuarisation de quelques secteurs dans la diminution des effectifs de la fonction publique (Enseignement, Police, Hôpitaux). Bon c'est mieux !

 

 

Pour les Consulats, je vous invite à rechercher dans ce blog       http://conseiller-afe-madagascar-ocean-indien.jdchaoui.com/     . Madagascar doit fermer entre 2 et 3 consulats et "rendre une bonne douzaine de poste" (rendre=supprimer). Ce sont des villes où résident entre 1500 et 2000 Français et le Consulat général est à 1500 Km.  Les mots masquent trop souvent une réalité inverse.

 

 

Jean-Daniel Chaoui

Président de l'UESRE

Mars 2013