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5. janv., 2021

Agirc-Arrco, salariés expatriés et retraite complémentaire

Travailler à l’étranger tout en conservant ses régimes de retraite français, dont le régime Agirc-Arrco, c’est possible. À condition de cotiser auprès d’une caisse de retraite complémentaire. Selon votre statut, détaché(e) ou expatrié(e), vous continuerez à obtenir des points de retraite complémentaire.

Publié le 2 janvier 2021 Par Français à l'étranger

Selon le principe de territorialité de la protection sociale, le salarié en poste à l’étranger ne devrait plus relever du système de retraite français. Néanmoins, des mesures protectrices ont été adoptées. Celles-ci diffèrent en fonction du statut de celui qui travaille à l’étranger : salarié « détaché » ou salarié « expatrié ». Un salarié est détaché quand son entreprise est implantée en France et l’envoie temporairement en mission hors de France. Il conserve alors sa protection sociale française. Le salarié et son employeur continuent donc à cotiser comme si le salarié travaillait en France.

Un salarié est expatrié quand il est envoyé à l’étranger par son entreprise pour une mission de longue durée, ou quand il a quitté la France pour travailler pour une entreprise implantée hors de France. Il reste affilié à l’Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire auxquels cotisent 23 millions de salariés du secteur privé. Un salarié expatrié doit d’abord être affilié aux régimes de retraite obligatoires de protection sociale du pays dans lequel il travaille, au même titre que ses ressortissants. Il a cependant la possibilité de conserver en plus si nécessaire tout ou partie de la protection sociale française en souscrivant des assurances volontaires auprès de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) et, pour la retraite complémentaire, auprès, soit de son institution de retraite Agirc-Arrco actuelle, soit auprès de Malakoff Humanis International Agirc-Arrco dédiée à l’expatriation. En tout état de cause, il obtiendra des points Agirc-Arrco en contrepartie de ses cotisations aux mêmes conditions d’acquisition que sur le territoire français.

Retraités à l’étranger : la nécessité du certificat de vie

La retraite Agirc-Arrco, une fois à la retraite, est calculée selon le nombre de points acquis au cours de sa carrière et elle est perçue quelle que soit sa nationalité et son pays de résidence. Pour les allocataires résidant hors de France, il est nécessaire toutefois de régulièrement informer ses caisses de son existence (les droits étant interrompus en cas de décès). Au cours de sa carrière, un assuré cotise généralement à 3 ou 4 régimes de retraite différents, d’où l’importance pour les organismes de travailler à une mutualisation des données de leurs assurés et de travailler aux moyens d’automatiser le partage d’informations avec les administrations étrangères en charge de l’enregistrement des décès : ces dispositifs se mettent en place progressivement en Europe. Grâce à un nouveau service lancé en octobre 2019, les retraités à l’étranger qui sont interrogés n’ont plus à fournir qu’un seul certificat de vie par an pour l’ensemble de leurs régimes de retraite et peuvent également faire cette démarche en ligne. A savoir, en cas de décès, le conjoint survivant, à condition de ne pas se remarier, perçoit une réversion à sa demande. Pour mieux informer et orienter, l’Agirc-Arrco a renforcé son service en ligne des Experts retraite, ouvert à tous et très utile pour les expatriés, via lequel ils peuvent poser leurs questions à des conseillers retraite pour notamment s’informer sur les règles et démarches à suivre. Ce service a été particulièrement sollicité lors de la crise du Covid-19. En effet, les résidents à l’étranger, soit environ 1,6 million de personnes, ont été dans l’impossibilité de retourner leur certificat de vie : un délai supplémentaire leur a été accordé entre mars et juin pour la présentation de ce justificatif, qui demeure aujourd’hui impératif pour continuer à verser des retraites. Ainsi les formulaires reçus par les expatriés en juillet sont attendus en octobre prochain.

 

16. déc., 2020

Français de l’étranger .fr

Retraités : la transmission des certificats de vie en question

L’envoi du certificat de vie est un rendez-vous annuel indispensable pour les retraités français à l’étranger, dans l’obligation d’attester de leur existence pour toucher leur pension. Tour d’horizon des évolutions numériques du service et des difficultés rencontrées par certains usagers, en particulier avec l’envoi par courrier.

Publié le 9 décembre 2020 Par Pénélope Bacle

Actuellement, un million et demi de personnes touchent des pensions de retraite à l’étranger, soit 10 % de l’ensemble des retraites françaises. Parmi ces pensionnés figurent, entre autres, des Français établis à la retraite à l’étranger. Or, pour ces personnes, depuis fin 2019, sous l’impulsion du gouvernement, le dispositif d’envoi de leur certificat d’existence a été largement refondé.

Il est désormais géré par le GIP Union Retraite, qui réunit les 35 régimes de retraite français et qui en assure l’émission, la réception, et la validation. La relation directe avec les assurés reste toutefois, selon le groupement, à la charge des régimes.

La numérisation, le fer de lance du dispositif d’Union Retraite

Afin de reprendre en main la gestion de ces certificats de vie, l’Union Retraite s’est donnée pour mission première de numériser le processus. « Au moment de la mutualisation, nous avons mis en place un service en ligne sur www.info-retraite.fr : Ma retraite à l’étranger, raconte Stéphane Bonnet, directeur de l’Union Retraite, grâce auquel la personne est informée que l’enquête est en cours, qu’elle peut récupérer en ligne son certificat de vie déjà pré-rempli et qu’elle peut le re-déposer une fois que celui-ci a été validé et tamponné par l’autorité locale. Ce service lui évite des échanges postaux entre son pays de résidence et la France, qui sont toujours compliqués en terme de délais, voire en terme de qualité de l’expédition ».

 Pour ce faire, les retraités doivent impérativement créer un compte retraite directement sur le site Info Retraite, sans utiliser FranceConnect. L’organisme a en outre mis à disposition des usagers un lien pour qu’ils puissent contrôler eux-même la conformité de leur certificat et un guide pour effectuer l’envoi en ligne. Une carte interactive a également été créée pour connaitre localement les autorités compétentes pour compléter les certificats de vie.

Europe : davantage d’échanges automatisés avec les autorités

En Europe, un système d’échange direct avec certains Etats est en cours de déploiement afin de permettre aux usagers de ne plus avoir à envoyer leur certificat. Ce dispositif, progressivement étendu, a été lancé pour les assurés de la Cnav, la retraite de base des salariés du secteur privé, en Allemagne, en Belgique, en Italie et au Luxembourg. Si ce système ne concerne pas, à l’heure actuelle, l’intégralité des usagers, suite à des problèmes d’identification entre les pays, selon l’Union Retraite, il va néanmoins bientôt être élargi à toutes les caisses : « Les conventions sont en voie d’être signées pour que cela concerne tous les régimes de retraite à compter de 2021 » assure Stéphane Bonnet.

Deux autres Etats devraient en outre être ajoutés à la liste des pays concernés : l’Espagne et le Portugal, qui représentent actuellement les 2/3 des pensionnés en Europe. « En Espagne, les travaux de finalisation sont en cours, cela devrait être mis en place dans les prochains mois. Il y a également des discussions très préliminaires avec le Portugal » déclare le directeur de l’Union Retraite.

Bientôt le contrôle par biométrie ?

Autre chantier de l’Union Retraite : la biométrie. La nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2021 devrait permettre à l’organisme de déployer un nouveau service de contrôle, via la biométrie, pour les résidents étranger. Cette évolution, qui pourrait être lancée d’ici fin 2021 resterait, selon Stéphane Bonnet, optionnelle. « Ce sera facultatif, papier ou biométrie, déclare-t-il. Vous aurez un document biométrique, type passeport dont nous utiliserions uniquement la partie photo. La personne se prendrait en photo, et cette photo serait comparée, via une application, avec la photo qui est dans la pièce biométrique ».

 Et… en cas de problème avec l’envoi par courrier ?

Cependant, malgré tous ces nouveaux services déployés depuis un an, l’envoi de certificats par courrier reste, pour le moment, le mode d’envoi le plus populaire chez les usagers retraités, pour certains en difficulté avec les évolutions numériques. Stéphane Bonnet l’admet lui-même, 80 % des pensionnés continuent d’envoyer leur certificat par la poste.

Or, un certain nombre d’usagers, selon nos sources, pointeraient du doigt des problèmes avec ce type d’envoi les empêchant de percevoir leur retraite. Si l’Union Retraite assure ne pas avoir identifié de problème majeur, l’organisation reconnait cependant ne pas disposer de plateforme téléphonique pour gérer ces questions directement avec les usagers.

La gestion de la relation client est, en effet, selon l’organisme, intégralement sous la houlette des caisses de retraite, qui souhaitent en conserver la responsabilité. « La relation client est restée le périmètre des régimes de retraite. C’est pour cela qu’il n’y a pas de numéro de téléphone centralisé sur la thématique des certificats d’existence. Les intéressés doivent impérativement appeler les plate-formes de leur régime pour les questions directes. Nous ne sommes pas habilités, côté régime Union Retraite, à traiter des appels directs » explique Stéphane Bonnet.

Une situation qui peut s’avérer problématique pour certains retraités. D’après une note interne envoyée aux parlementaires par la conseillère socialiste des Français de l’étranger à Bruxelles, Cécilia Gondard, des dysfonctionnements seraient ainsi apparus ces derniers mois pour des milliers de pensionnés avec l’envoi de certificats par la poste, les usagers ne trouvant pas d’interlocuteur à Info Retraite. Et le problème deviendrait encore plus complexe lorsque les certificats se montreraient introuvables sur la plateforme interne partagée entre l’Union Retraite et les caisses de retraite. « Plusieurs cas sont remontés concernant la non prise en compte de certificats envoyés par la poste par Info-retraites, qui avaient pourtant fait l’objet de retours d’accusés de réception » écrit l’élue.

La Cnav, interrogée sur d’éventuels problèmes avec l’envoi de certificats papiers, nous a déclaré pour sa part : « Nous relevons en effet des inquiétudes chez les assurés, sans doute pour partie liées au confinement. Nos agences ont eu des consignes de bienveillance, du fait de la situation sanitaire ».

De son côté, Stéphane Bonnet indique que, faute de pouvoir gérer les relations téléphoniques, l’Union Retraite était « en train de travailler avec les caisses sur le volet «  e-mail », pour voir si nous pourrions mettre en place une adresse e-mail dédiée, pour faciliter des interventions par ce biais là ».

 Toutefois, le dépôt en ligne reste, selon lui, la voie la plus sécurisée : « Nous sommes dans des flux mensuels d’à peu près 130 000 dossiers, cela peut arriver qu’il y ait certains cas qui passent à travers, je reste prudent là-dessus. C’est de la production de masse. Pour notre part, nous militons beaucoup pour que les assurés passent par les services en ligne pour déposer leur certificat. L’envoi par la poste est la séquence la plus fragile. Il reste une incertitude pour ceux qui envoient leurs certificats en papier. Cela dépend de plein de facteurs, pour la plupart des facteurs postaux, sur lesquels nous n’avons aucune prise ».

 

2. déc., 2020

UFE Monde

Et si je pensais à ma retraite ?

Le contexte de pandémie nous amène à réfléchir à nos finances personnelles et à notre retraite. Alors que la réforme des retraites initialement annoncée pour 2025 marque le pas, pourquoi ne pas profiter de cette période d’attente pour se préparer : maximiser ses droits acquis et optimiser ses droits futurs ?

Christophe et Isabelle expatriés depuis 8 ans à Philadelphie

Jusqu’à présent, Christophe ne pensait pas à sa retraite ! Né en 1973, il pensait continuer à travailler jusqu’à 67 ans, l’âge de la retraite sans minoration aux États-Unis (Full Retirement Age). 2040 lui semblait donc bien loin !

Mais la crise sanitaire et économique pourrait modifier ses plans. Christophe fait le bilan de sa carrière : il a travaillé 17 ans en France avant de s’expatrier. Il se demande s’il serait possible et dans son intérêt de demander ses retraites françaises plus tôt. 

Bon à savoir ! Vous pouvez demander votre retraite française dès le 1er jour du mois qui suit la date anniversaire de vos 62 ans. Le fait de continuer à travailler et à cotiser localement, comme  Christophe, aux États-Unis, ne vous empêche nullement de le faire.

Comment optimiser ses retraites françaises ?

Christophe se demande ce qu’il peut attendre des 17 années cotisées en France. Pour toucher sa retraite sans minoration, il devra justifier de 172 trimestres ; il craint que sa carrière à l’étranger n’ait réduit ses droits. 

Confinés ou non, vous êtes dans une situation similaire à celle de Christophe et vous vous interrogez sur vos retraites ? Nous vous conseillons un plan d’action en 4 étapes : 
 

ÉTAPE 1 : RECONSTITUER LES DROITS ACQUIS EN FRANCE

• Retrouver son numéro de sécurité sociale 

• Aller sur le portail Info Retraite qui permet d’obtenir ses relevés en ligne 

• Vérifier attentivement ces relevés. Ils retracent les droits acquis en France dans les régimes de retraite obligatoires

• Prendre note des périodes manquantes sur le relevé du ou des régime(s) de base : service militaire ou coopération, chômage indemnisé ou non, période de maladie…

• Vérifier la cohérence des informations entre régime de base et régimes complémentaires

• Sur le relevé de l’Agirc-Arrco, s’assurer que les droits cadres (points Agirc) sont correctement reportés

Bon à savoir ! Les régimes de retraites obligatoires sont organisés en France autour de deux piliers : un régime de base et un régime complémentaire). Quel que soit votre statut professionnel, ces deux piliers doivent figurer sur vos relevés. Par exemple, pour les salariés, l’Assurance Retraite et l’Agirc-Arrco.

Christophe suit ces conseils et revoit ses relevés d’un œil critique : jobs d’été, premiers salaires, périodes de chômage… tous les employeurs semblent bien là. 

Cependant, la période de coopération en Italie manque ainsi que les points Agirc de certaines périodes de cadre. Il se promet de faire corriger ces erreurs en apportant les pièces justificatives nécessaires.

 

ÉTAPE 2 : TENIR COMPTE DES EVENTUELS TRIMESTRES ETRANGERS 

Christophe se demande si les 8 ans passés aux États-Unis pourraient compter pour sa durée de carrière. Il peut être rassuré, l’Assurance Retraite (le principal régime de sécurité sociale en France) déterminera bien sa durée de carrière en additionnant les trimestres américains aux trimestres français.
 

Mais attention ! 
 

• Ce dispositif n’est possible que parce que la France et les États-Unis ont signé une convention bilatérale de sécurité sociale. Ce qui n’est pas le cas pour tous les pays

• De plus, si vous avez travaillé dans plusieurs pays, il ne sera pas nécessairement possible de cumuler les conventions

Bon à savoir ! L’ensemble des pays de l’Espace économique européen et la Suisse ont part aux accords communautaires de Sécurité sociale. Si vous avez sillonné l’Europe, les trimestres de tous ces pays seront donc bien cumulés. Toutefois, si vous quittez ensuite l’Europe pour travailler dans un autre pays, la règle de non cumul des conventions risque d’empêcher d’ajouter ces derniers trimestres pour le taux plein.
 

Avant de poursuivre votre analyse et de suivre le plan d’action, vérifiez donc bien l’existence d’une convention entre votre pays d’accueil et la France.

 

ÉTAPE 3 : ÉVALUER LA DATE OPTIMALE DE SA RETRAITE

Pour ce faire, il vous faudra :
 

• Évaluer le nombre de trimestres acquis en France en tenant compte des corrections

• Ajouter les éventuels trimestres étrangers 

>• Ne pas compter plus de 4 trimestres par année

>• Évaluer le nombre de trimestres qui restent à acquérir avant vos 62 ans

• Déterminer le nombre de trimestres acquis, tous pays confondus, à la date d’ouverture des droits (62 ans) et le nombre de trimestres manquants pour le droit à une retraite au taux plein

Bon à savoir ! Si vous demandez votre retraite à 67 ans, soit 5 ans après la date d’ouverture des droits, le taux plein vous est garanti même si vous avez trop peu de trimestres.

 

ÉTAPE 4 : COMPRENDRE L’IMPACT DES DECISIONS FUTURES 

Christophe songe à quitter les États-Unis pour s’installer en Australie. Cette décision risque de modifier sa date du taux plein. En effet, l’Australie n’ayant pas signé de convention avec la France, les trimestres futurs ne seront pas reconnus. Et en cas de convention,  ils ne l’auraient pas été non plus, en application de la règle de non-cumul.

S’il venait vraiment à changer de pays Christophe devrait évaluer l’intérêt d’une cotisation volontaire aux régimes de retraite français.

Bon à savoir ! Pour la sécurité sociale, vous êtes expatrié si vous cotisez auprès d’un régime de sécurité sociale étranger. Dans ce cas, que vous soyez salarié ou indépendant, il vous est possible de cotiser volontairement en France. Salarié, vous pourrez choisir de cotiser indépendamment au régime de base ou au régime complémentaire ou aux deux.

En respectant ces étapes, vous ne serez pas pris au dépourvu le moment venu et vous saurez quand vous aurez intérêt à demander vos retraites françaises.

Le cas d'Isabelle est différent : elle a arrêté de travailler à son arrivée aux États-Unis et elle a renoncé à ses retraites françaises. Nous verrons que des solutions existent pour elle. La suite au prochain numéro.
 

Convention fiscale, carrière étrangère plus ou moins longue, possibilité de racheter dans de bonnes conditions... chaque cas est unique. Faites-vous aider !

Partenaire de l'UFE depuis 2009, Novelvy Retraite accompagne et conseille les expatriés sur tous les aspects de leur dossier de retraite tant en cours de carrière qu'au moment de l’obtention des pensions.


Contact :

Email : contact@novelvy.com

Téléphone : + 33 (0) 1.41.37.98.20

Plus d’information sur : www.novelvyexpat.com

 

16. sept., 2020

Si vous voulez visionner l'article intitulé : "Evolution du service de contrôle des certificats d' existence"; cliquer ici

10. août, 2020

Le Net, l’outil indispensable de la retraite des expatriés

 

Comment gérer sa retraite à distance et en quelques clics ? Cette question centrale pour les expatriés a pris une dimension générale en France du fait du confinement mis en place début mars. Frédéric Roullier, Directeur de cabinet de l’Agirc-Arrco, recense pour nous l’ensemble des moyens offerts en ligne pour tout savoir de sa retraite française, à tout âge, en tout lieu.

Publié il y a 3 semaines le 15 juin 2020 Par Français à l'étranger

Comment l’Agirc-Arrco a-t-elle pu garder le lien avec ses assurés pendant la crise de la Covid-19 ?
Frédéric Roullier : L’Agirc-Arrco, à la demande des partenaires sociaux, s’est mobilisée, comme l’ensemble des institutions dotées d’une mission d’intérêt général, pour assurer la continuité de ses services. Les entreprises, y compris à l’expatriation, frappées par des difficultés de trésorerie, ont eu la possibilité de reporter les paiements des cotisations en s’adressant à leur caisse d’adhésion et les majorations de retard de paiement n’ont pas été appliquées en la circonstance ; les expatriés qui, à titre individuel, continuent à cotiser en France dans le cadre d’un forfait, ont pu demander à leur caisse un réajustement, de façon à alléger leur cotisation retraite. Quant aux 13 millions de retraités Agirc-Arrco, ils ont été notre priorité pour recevoir en temps et en heure leur virement, sur le territoire et hors frontière. Pour les plus fragiles également, y compris parmi les salariés, des solutions immédiates concrètes ont été mises en place en action sociale. Quels que soient les profils de nos clients, nous avons tout mis en place pour qu’ils soient accompagnés, et tous nos dispositifs ont été suivis de près par nos instances, réunies à distance, à un rythme hebdomadaire.

Avez-vous mis en place, ou renforcé, des dispositifs spécifiques ?
F. R. : Nous nous sommes appuyés sur l’existant et nous avons adapté immédiatement nos services, de concert avec les groupes de protection sociale qui sont en relation de proximité avec nos clients, entreprises, salariés, retraités. Pour mieux informer et orienter, nous avons renforcé notre service des « Experts Retraite », un service en ligne ouvert à tous, très utile pour les expatriés qui sont régis par des règles particulières et dont les démarches sont de fait plus complexes. Présents sur Facebook, Twitter ou notre site, nos experts, avec le télétravail, ont été présents en ligne pour des réponses personnalisées sur les problématiques de retraite, à tout âge. Au cours de cette crise, ce service en ligne a été très sollicité sur la question des démarches rendues impossibles du fait de la fermeture des administrations et des difficultés d’acheminement des courriers. L’allègement en urgence des procédures, qu’il s’agisse des délais pour les attestations de vie des expatriés ou des pièces justificatives pour les demandes de retraite ou de réversion, a permis de payer les prestations dans nos délais et sans interruption.

Par ailleurs, nous avons fait « pivoter » nos dispositifs modélisés d’action sociale afin de répondre à l’urgence pour les personnes isolées par le confinement. Notre action sociale repose sur nos réseaux partout en France. Immédiatement, dès l’annonce officielle du confinement, nous les avons tournés vers l’assistance aux courses aux plus de 75 ans et des appels de convivialité ont été lancés par nos centres de prévention vers les plus fragiles, soit près de 1200 bénéficiaires par semaine ; mal connues des expatriés, notre action sociale peut pourtant rassurer certains d’entre eux vis-à-vis de leurs aînés restés sur notre territoire, et les aider, au travers de notre service en ligne Orizea, à trouver à distance des solutions en cas de possible perte d’autonomie de leurs parents. Pour venir en aide aussi aux actifs, y compris les plus jeunes, fragilisés par la crise, les partenaires sociaux ont décidé de dégager une enveloppe de 200 millions d’euros : une aide ponctuelle, d’un montant pouvant aller jusqu’à 1 500 euros, est versée par son institution Agirc-Arrco, après examen rapide, en cas d’absence brutale de revenus du fait de la crise sanitaire, y compris à un expatrié, dès lors qu’il a un compte de retraite Agirc-Arrco.

C’est une tendance générale de votre organisme, cette recherche permanente de solutions, non ?
F. R. : Absolument. Notre objectif reste de longue date de simplifier le plus possible les démarches, en particulier pour des formalités et preuves demandées par de multiples organismes et pour lesquelles nous défendons le « Dites-le nous une fois ! ». Nous savons que c’est un facteur majeur de maintien de la confiance dans notre système de retraite. A l’Agirc-Arrco, nous avons une longue histoire d’unification et de simplification de la retraite complémentaire, portée par des accords négociés au fil des ans entre les partenaires sociaux (les organisations d’employeurs et de salariés). Ce savoir-faire, nous l’apportons dans de nombreux chantiers que nous menons aujourd’hui avec l’Etat et nos partenaires publics. Nous avons une démarche conjointe avec nos collègues de l’Assurance retraite (la Cnav) pour simplifier les démarches de nos clients qui sont en quasi-totalité affiliés concomitamment à nos deux structures, en retraite de base d’une part, complémentaire d’autre part. La crise sanitaire a bien sûr accentué l’exigence de simplification et d’immédiateté du service à distance.

Quels sont les sujets spécifiques pour les expatriés ?
F. R. : Pour avoir travaillé au sein du groupe Malakoff Humanis, spécialisé sur la protection sociale des expatriés, je sais à quel point il est compliqué pour eux de s’y retrouver, loin du territoire. En ouvrant gratuitement son compte retraite en ligne sur notre site www.agirc-arrco.fr, un expatrié peut retrouver l’ensemble de son historique de carrière accomplie en France et tous ses droits retraite correspondant ; il peut bien sûr trouver quelle institution Agirc-Arrco lui est rattachée et la joindre ; il peut faire plusieurs simulations de sa retraite future sur la base de ses droits actuels avec M@rel et nous travaillons pour qu’il puisse accéder à un rendez-vous en distanciel avec un conseiller in vivo. Cette démarche peut être accomplie à tout âge, dès la première année suivant une première cotisation aux régimes de retraite français et nous serions bien sûr ravis de pouvoir dialoguer avec de très jeunes cotisants !

Que diriez-vous à un salarié choisissant l’expatriation ?
F. R. : La retraite à la française est très protectrice. Il faut rappeler aux Français expatriés, y compris aux plus jeunes sur le départ, qu’ils peuvent avoir un intérêt, selon le pays de départ, à conserver cette couverture pendant leur absence en expatriation pour éviter les déconvenues au moment de la retraite mais aussi être conseillé pour soi ou ses proches restés en France. Nous savons aussi que des expatriés peuvent « oublier » qu’ils ont des droits enregistrés au cours de leur carrière, lors d’un job en France, avant de partir à l’étranger : or, des points de retraite Agirc-Arrco sont inscrits dès le premier euro de cotisation et sont conservés en sécurité dans notre Data Center parmi 55 millions de comptes retraite individuels. De même, des expatriés peuvent s’inquiéter de la façon dont leur conjoint survivant, parfois étranger, pourra faire valoir ses droits à réversion. Or, notre réglementation prévoit une réversion pour le conjoint survivant non remarié (bien sûr exportable comme la retraite) à partir d’un certain âge, voire à tout moment s’il y a des enfants à charge, et sans condition de ressources. En tout état de cause, les expatriés qui ont cotisé à l’Agirc-Arrco ont des besoins spécifiques d’accompagnement par nos conseillers.

— Les certificats de vie ont été difficiles à obtenir pour les retraités expatriés durant les périodes de confinement…
F. R. : Oui, nous savons que dans la plupart des pays confinés, il a été (même encore aujourd’hui dans certains pays) difficile d’obtenir les attestations de l’administration nécessaires aux certificats de vie, indispensables pour le maintien du versement des pensions. Depuis cette année, nous avions considérablement simplifié les opérations en mutualisant les contrôles annuels avec les autres organismes de retraite : « Dites-le-nous-une fois ! ».  Cela a permis, dès le début de la crise, en mars, d’interrompre immédiatement et collectivement tous les contrôles et d’assouplir les délais de réponse pour l’ensemble des retraites françaises. Car chacun reçoit souvent des retraites de 2 à 3, voire plus, régimes français différents, d’où l’importance de cette mutualisation entre organismes pour un dialogue unique. L’idéal serait de ne rien avoir à demander aux quelques 1,6 million de retraités résidant à l’étranger en étant informés directement par l’administration étrangère en charge de l’enregistrement des décès : ces dispositifs se mettent en place progressivement en Europe.

Vous deviez organiser en juin des rencontres d’information pour les assurés qui souhaitent s’informer sur leurs droits à la retraite. Comment se déroulent-elles ?
F. R. : Les partenaires sociaux nous demandent d’aller au-devant de nos concitoyens sur le territoire au plus près : aussi, nous organisons régulièrement, depuis deux ans, des Rendez-vous Retraite sur une semaine dédiée à l’information personnalisée. En octobre dernier, près de 25 000 personnes ont bénéficié, en une semaine, d’entretiens en face à face avec des conseillers retraite de l’Agirc-Arrco et de l’Assurance retraite. Du fait des mesures de précaution sanitaire encore en vigueur, nous avons modifié la réédition prévue en juin en lançant des Rendez-vous de la retraite en ligne : du 22 au 26 juin, nous avons prévu s environ 12 000 entretiens en distanciel sur rendez-vous pris sur notre site. Je pense que cette opération « portes ouvertes », que nous avons organisé pour la première fois de cette manière, à distance, est parfaitement adaptée à la situation des expatriés.