Blog

7. juil., 2017

Les derniers chiffres avancent que 93 % des activités économiques sont classées informelles à Madagascar. Trois cent mille jeunes se lancent chaque année sur le marché du travail, mais à peine cinquante mille sont satisfaits et presque les trois quarts exercent dans l’informel. La Grande île  représente, en effet, les caractéristiques d’un pays où fleurit le secteur informel : les traits démographiques notamment où la moitié de la population a moins de 20 ans, le chômage évalué à 6 % mais qui touche les primo-demandeurs, l’inadéquation formation-emploi, le faible taux d’urbanisation (22 %), le sous-emploi (lié à la durée du travail qui est de plus de trente cinq heures par semaine contre le gré des travailleurs), la précarité de l’emploi, les ouvriers payés « à la pièce » ou exerçant plusieurs métiers.  Par ailleurs, les entreprises non formelles ne peuvent accéder aux prêts bancaires et ne peuvent accroître leurs activités. À cela s’ajoutent les impacts des catastrophes naturelles, l’incompétence des dirigeants, la mauvaise gouvernance et un marché du travail dominé par les emplois non salariés.  Il faut également reconnaître le dysfonctionnement du marché de travail qui se traduit par l’exode rural massif.


Arrangement


Le travailleur veut s’adapter aux effets du chômage et du sous-emploi. Nombreux ont l’avantage de bénéficier du non paiement de taxes et d’impôts, mais ils sont aussi soumis aux vicissitudes de l’emploi informel comme la non affiliation à la CNaPS. Près de neuf travailleurs sur dix évoluent dans la sphère de l’économie informelle. Quelque trois millions de petites unités de production ne rentrent pas dans la comptabilité et ne sont pas enregistrées dans les statistiques nationales alors qu’elles pèsent 24 % sur le produit intérieur brut. On n’attribue pas l’économie informelle aux seuls marchands ambulants d’Analakely et d’Isotry, mais également aux petites et moyennes entreprises dans l’import-export, aux ateliers de fabrication, aux agriculteurs, aux hôtels et restaurants, aux casinos qui ne déclarent pas leurs activités alors qu’ils sont imposables. « Les informels sont ceux qui ne respectent pas les lois régissant le travail, c’est-à-dire qu’ils n’ont aucun document officiel mentionnant qu’ils ont une entreprise, qu’ils emploient tels ou tels individus, aucune affiliation à la CNaPS ni à l’Ostie », détaille Christian Ntsay, directeur du Bureau de l’Organisation internationale du travail à Antananarivo pour Madagascar, les Comores, Djibouti, Maurice et les Seychelles, à chaque célébration de la Journée internationale du Travail. La proportion des emplois créés dans le secteur informel hors agriculture est la plus élevée dans les régions Analamanga et Diana. Le taux de salarisation le plus bas se trouve dans la région Sofia avec 2,7% et le plus élevé est de 30% pour Analamanga.

L'Hebdo

Du 19 au 25/05/17

Mirana Ihariliva

6. juin, 2017

La vulnérabilité des jeunes ne cesse de s’empirer. Ces derniers représentent les 70% des chômeurs recensés à Madagascar, évalués à 4 millions de personnes actives. Le ministère de  tutelle, avec l’aide des partenaires techniques et financiers (PTF) conjugueront leurs efforts pour inverser cette tendance.

Manque de qualification. Seule une faible proportion des 500.000 jeunes qui arrivent annuellement sur le marché du travail accède à l’emploi à cause d’un manque de qualification. En 2015, malgré un effectif à la hausse des diplômés, 62,5% des jeunes travailleurs n’ont pas la qualification requise pour les postes qu’ils occupent, selon le «Bulletin d’étude sur la situation des jeunes sur le marché du travail à Madagascar», qui vient d’être présenté officiellement hier lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’hôtel Carlton à Anosy.

 

Un autre résultat d’une enquête portant sur la «transition des jeunes vers la vie active» (ETVA), mené par le Bureau international du travail (BIT) à Madagascar en partenariat avec l’Instat, a été également présenté à cette occasion. «La disposition des bases de données y afférentes, qui permettent d’avoir un Système d’information sur le marché du travail et la formation professionnelle, constitue une étape importante dans la promotion de l’emploi décent et l’adéquation formation-emploi», a souligné le ministre de l’Emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (MEETFP), Toto Marie Lydia Raharimalala.

Enormes défis

Ce constat n’est nullement étonnant vu qu’environ 14% des jeunes ne sont pas scolarisés et près de 70% des jeunes ne dépassent pas le niveau primaire. Ainsi, contraints par le faible revenu du ménage et par l’accès limité à l’éducation, les jeunes se réfugient dans le secteur informel dès leur plus jeune âge, et ils en constituent pour la plupart, la principale ressource en main-d’œuvre. Selon toujours cette étude, 97,2 % des jeunes occupés travaillent dans le secteur informel en 2015, contre 94,8 en 2013.

A la lumière de ces données, les défis relatifs à l’emploi des jeunes sont énormes, selon Christian Ntsay, directeur du Bureau de Pays de l’Organisation internationale du travail (OIT). Selon le rapport de l’OIT «Emploi et questions sociales dans le monde 2016 : Tendances pour les jeunes»,  le chômage des jeunes repart à la hausse en 2016 après plusieurs années d’amélioration pour un taux de 13%. A part le chômage, la qualité de l’emploi, notamment dans les pays en développement, demeure un problème majeur pour les jeunes.

Les Nouvelles

Le 25/04/17

Fahranarison

2. mai, 2017

L’AFD allouera un financement de l’ordre de 6 millions d’Euros pour assurer le démarrage effectif de ce fonds en attendant le versement de la cotisation des partenaires sociaux.

Une cotisation obligatoire de 1% sur la masse salariale des entreprises déclarant leurs employés à Madagascar. Tel est l’engagement des partenaires sociaux tels que le GEM, le FIVMPAMA, le CTM et la FCCIM pour alimenter le fonds de financement de formation professionnelle qui sera opérationnel à compter de janvier 2018. En fait, « le développement de la formation professionnelle est issu de la volonté du secteur privé car les entreprises constatent un manque cruel de main d’œuvre qualifiée. En outre, les jeunes diplômés en quête d’emploi ne disposent pas de compétences réquises pour être opérationnels directement à l’embauche. Raison pour laquelle, cette formation professionnelle est importante afin d’accroître le niveau de qualification et de formation de la population active. Ce qui permettra ainsi à avoir une meilleure adéquation formation-emploi et à réduire le taux de chômage dans le pays », a expliqué Noro Randriamamonjisoa, la présidente du GEM (Groupement des Entreprises de Madagascar), lors d’une conférence de presse hier à la CCIA.  

Protocole d’accord. Notons que la création de ce fonds de financement de la formation professionnelle fait partie des objectifs stratégiques de la politique nationale de l’emploi et de la Formation Professionnelle (PNEFP). « Sur le plan juridique, un protocole d’accord sera signé entre les partenaires sociaux et formalisé par l’adoption d’une loi au niveau des parlements afin de collecter la cotisation obligatoire de chaque entreprise formelle pour alimenter ce fonds qualifié d’utilité publique », a évoqué Noelison Rabearivelo, le président du comité de pilotage du projet. Un conseil d’administration tripartite représentant les employeurs, les syndicats des travailleurs et les pouvoirs publics assurera la gouvernance de ce fonds au niveau national et intersectoriel. « Mais ce sera géré par une direction générale qui mettra ses compétences financière, administrative et technique au service de la bonne gestion des projets de formation », a-t-il poursuivi. 

6 millions d’Euros. Parlant des bénéficiaires, le fonds développera des actions prioritaires  pour les entreprises individuelles qui présentent leurs projets de formation et leur requête de financement. Plusieurs entreprises d’un même secteur telle que la zone franche peuvent également s’unir pour faire face aux mutations technologiques et à la concurrence internationale. Ou bien plusieurs sociétés localisées dans un même territoire bénéficieront des projets de formation visant à dynamiser d’un commun accord le développement de l’économie locale. Il y a également des projets de formation à destination du secteur artisanal et agricole dans le but d’accroître le niveau professionnel des entrepreneurs et des jeunes qui y opèrent. Le premier appel à projet sera que le fonds de financement légalement mis en place. L’Agence Française de Développement (AFD) a déjà financé l’étude de faisabilité de la création de ce fonds. Un financement de l’ordre de 6 millions d’Euros sera alloué pour assurer le démarrage effectif de ce fonds en attendant le versement de la cotisation des partenaires sociaux, selon le directeur général de l’AFD, lors de cette conférence de presse.   

Midi Madagascar

Le 26/04/17

Navalona R.