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27. juin, 2019

Demande de visa pour la France

 Rallongement du délai de rendez-vous de juin à septembre

S’il suffisait de monter dans un avion, s’envoler pour la France serait un jeu d’enfant. Seulement voilà, dans la vraie vie, c’est plus compliqué. Pour un Malagasy, partir pour l’Hexagone ressemble parfois au parcours du combattant. Car avant d’embarquer à l’aéroport d’Ivato, il faut obtenir le droit d’entrer sur le territoire français en décrochant le fameux et précieux visa pour la France. Or, beaucoup ont déjà connu des difficultés sur cette étape obligatoire qui n’a rien d’une simple formalité. Les plaintes sur Internet et sur les réseaux sociaux ne cessent aujourd’hui de se multiplier. Plusieurs demandes sont refusées. Et pourtant, les dossiers fournis sont déjà en règle.

« Comme si la France est le seul pays qu’on peut visiter ! Il y en a plusieurs, mais quand même, si c’est notre choix, il faut le respecter et c’est le devoir de l’ambassade de France à Madagascar ainsi que toutes les autres branches s’occupant de l’octroi du visa de bien vérifier et d’étudier chaque dossier. Trop c’est trop ! Quand on veut aller dans un pays, ce n’est pas toujours pour le visiter ou pour les vacances, mais nous avons des choses à faire là-bas, point final… C’est exactement comme les Français qui viennent à Madagascar pour des raisons bien précises », râle un utilisateur de Facebook sur la page de l’Ambassade de France à Madagascar.

Même ceux qui voulaient se faire opérer en France n’ont pas obtenu leur visa. Enfin, c’est ce que certaines personnes écrivent, en voulant montrer leur colère. « On remplit beaucoup de papiers et paie des frais de dossier pour au final ne rien avoir. Il ya trop de procédure pour un simple visa. Je trouve que les formalités ne doivent pas être trop compliquées car voyager est un droit pour chaque individu. Quand quelqu’un dispose de tous les papiers et des moyens financiers pour pouvoir quitter le pays, qu’on lui accorde son visa », explique un autre interlocuteur. Quoi qu’il en soit, l’Ambassade de France à Madagascar a annoncé que de juin à septembre, la forte affluence des demandes de visas conduit au rallongement du délai de rendez-vous et du traitement des dossiers par le service des visas. Les gens qui souhaitent déposer une demande de visa durant cette période sont ainsi invités à prévoir un délai de 2 semaines pour la prise de rendez-vous auprès de TLS Contact, ainsi qu’un délai de traitement correspondant au type de visa demandé et précisé sur le portail France-visas. Tout le monde se demande alors si avec ce délai, les dossiers seront-ils traités comme il faut. En tout cas, les demandeurs de visa pour la France espèrent qu’il y aura prochainement un grand changement au niveau de l’administration pour faciliter la validation d’une demande.

La Vérité

Le 23 mai 2019

T.A.

11. juil., 2018

Ambassades et consulats

Recettes générées par la délivrance des visas: réponse du ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Richard Yung

29 juin 2018

Le 28 mars dernier, j’avais interrogé le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves LE DRIAN, sur le mécanisme permettant d’attribuer au Quai d’Orsay une partie des recettes générées par la délivrance des visas.

Créé en 2015, ce mécanisme poursuit un double objectif : le recrutement de vacataires supplémentaires dans les services des visas et la promotion du tourisme.

L’année dernière, compte tenu de la baisse de la demande de visas en 2016, les services des visas et l’opérateur de l’État chargé de la promotion du tourisme, Atout France, n’ont bénéficié d’aucune attribution de produits.

Plusieurs indicateurs montrent une nette reprise du tourisme, qui va au-delà d’un simple effet de rattrapage. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la fréquentation touristique a fortement cru au quatrième trimestre 2017 (+7,8% sur un an, après +4,1% au trimestre précédent). Cette reprise s’est notamment traduite par une augmentation du nombre de visas demandés et délivrés.

Partant, j’ai demandé au locataire du Quai d’Orsay si le Gouvernement envisage de réactiver le mécanisme d’attribution d’une part de la recette additionnelle des droits de visa.

Dans sa réponse, en date du 29 mai, M. LE DRIAN m’informe de la « réactivation du mécanisme », ce dont je me réjouis. En 2018, le montant du produit attribué à son ministère s’élève à 5,5 millions d’euros. Cette somme bénéficiera à hauteur de 1,45 million d’euros au recrutement de vacataires supplémentaires dans les services des visas. Elle viendra également abonder la subvention d’Atout France à hauteur de 4 millions d’euros.

M. LE DRIAN m’a également informé de la pérennisation du mécanisme à compter de 2019. Partant du constat qu’il est « paradoxal de ne pas pouvoir bénéficier de crédits complémentaires en période de baisse du tourisme nécessitant une action plus forte de la part des acteurs publics », le Gouvernement a décidé de fixer à 3% du montant total des recettes perçues en année n-1 la part des recettes qui sera systématiquement reversée au ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Pour ce qui concerne la répartition des crédits, « 75% seront reversés à Atout France et 25% seront dédiés au recrutement de vacataires dans les services des visas»

4. juil., 2018

Nous vous invitons à prévoir un délai minimum de 25 jours pour vos demandes de visa Schengen pour cause de perturbations liées à l’affluence des demandes en haute saison (délais de rendez-vous et temps d’instruction plus longs)

16. avr., 2018

Après la convocation de Christian Bader, l'ambassadeur de France en Centrafrique, révélée par JA (no 2983), c'est au tour d'Éric Bosc, le premier conseiller, et d'Anton Bialecki, le consul, de faire cette fois l'objet d'un retour en « vol bleu » (fin de mission anticipée, en langage diplomatique). Le premier rentrera à Paris le 10 avril, le second le 13. Motif: une politique de délivrance de visas que le ministère français des Affaires étrangères qualifie de laxiste. Cette affaire est liée à celle qui, en 2015-2016, avait valu à Charles Malinas, l'ambassadeur de l'époque, et à Romain Vuillaume, son premier conseiller, de faire l'objet d'une procédure disciplinaire. Selon un document interne du Quai d'Orsay, l'inspection générale des Affaires étrangères avait constaté des « dysfonctionnements graves au sein du poste de Bangui », ainsi que la « délivrance de visas en situation de conflit d'intérêts ». Cette inspection avait été dépêchée dans la capitale centrafricaine du 28 octobre au 1er novembre 2016, à la suite d'un signalement de Christian Bader, qui venait de prendre ses fonctions. Fin 2017, Malinas a été mis à la retraite d'office. Vuillaume, pour sa part, est aujourd'hui l'adjoint du porte-parole chargé de l'Afrique et de l'Océan indien, de la coopération de sécurité et de défense.

Des défaillances au sein des services de délivrance de visas ont déjà été déplorées. Dès 2007, un rapport d'information remis par AdrienGouteyron, alors sénateur, établissait dans certains pays « une fraude et une corruption généralisée », une situation appréhendée selon lui « avec trop de naïveté et de légèreté ». Il rappelait par ailleurs qu'à l'époque « 30 % à 80 % des actes vérifiés [étaient] frauduleux dans des pays tels que le Sénégal, la Côte d'Ivoire, les deux Congos, le Togo, Madagascar ou les Comores ». Selon nos informations, c'est ce même constat qui a poussé l'ambassade de France en Algérie à licencier, début 2017, douze employés locaux. Contactés par JA, ni Éric Bosc ni Romain Vuillaume n'ont souhaité faire de commentaires.

Jeune Afrique - dimanche 8 avril 2018