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16. avr., 2018

Après la convocation de Christian Bader, l'ambassadeur de France en Centrafrique, révélée par JA (no 2983), c'est au tour d'Éric Bosc, le premier conseiller, et d'Anton Bialecki, le consul, de faire cette fois l'objet d'un retour en « vol bleu » (fin de mission anticipée, en langage diplomatique). Le premier rentrera à Paris le 10 avril, le second le 13. Motif: une politique de délivrance de visas que le ministère français des Affaires étrangères qualifie de laxiste. Cette affaire est liée à celle qui, en 2015-2016, avait valu à Charles Malinas, l'ambassadeur de l'époque, et à Romain Vuillaume, son premier conseiller, de faire l'objet d'une procédure disciplinaire. Selon un document interne du Quai d'Orsay, l'inspection générale des Affaires étrangères avait constaté des « dysfonctionnements graves au sein du poste de Bangui », ainsi que la « délivrance de visas en situation de conflit d'intérêts ». Cette inspection avait été dépêchée dans la capitale centrafricaine du 28 octobre au 1er novembre 2016, à la suite d'un signalement de Christian Bader, qui venait de prendre ses fonctions. Fin 2017, Malinas a été mis à la retraite d'office. Vuillaume, pour sa part, est aujourd'hui l'adjoint du porte-parole chargé de l'Afrique et de l'Océan indien, de la coopération de sécurité et de défense.

Des défaillances au sein des services de délivrance de visas ont déjà été déplorées. Dès 2007, un rapport d'information remis par AdrienGouteyron, alors sénateur, établissait dans certains pays « une fraude et une corruption généralisée », une situation appréhendée selon lui « avec trop de naïveté et de légèreté ». Il rappelait par ailleurs qu'à l'époque « 30 % à 80 % des actes vérifiés [étaient] frauduleux dans des pays tels que le Sénégal, la Côte d'Ivoire, les deux Congos, le Togo, Madagascar ou les Comores ». Selon nos informations, c'est ce même constat qui a poussé l'ambassade de France en Algérie à licencier, début 2017, douze employés locaux. Contactés par JA, ni Éric Bosc ni Romain Vuillaume n'ont souhaité faire de commentaires.

Jeune Afrique - dimanche 8 avril 2018

22. févr., 2018

Alors que la polémique autour du permis biométrique reste vivace, une autre  est déjà en train de se créer concernant les visas touristiques.

Un nouveau scandale en perspective. En effet, d’après «La Lettre de l’océan Indien» (LOI), l’Etat a décidé de confier la gestion des visas à une firme française. En fait, depuis le début de l’année, les touristes étrangers envisageant de se rendre dans le pays doivent se procurer un visa électronique (eVisa).

L’information rapportée par LOI fait état de l’existence d’une sous-traitance malgache de ce visa par la société de droit malgache Ametis. «Celle-ci est une filiale de la firme française Surys, anciennement connue sous le nom d’Hologram industries, spécialisée dans la sécurisation et l’identification des documents imprimés et fondée dans les années 1980 par Hugues Souparis», note la LOI. Et de poursuivre que cette initiative a été promue auprès du locataire d’Iavoloha par deux des conseilleurs dont Mbola Rajaonah et Gilbert Dailly. Ce qui suscite davantage des interrogations.

Coût exorbitant

A cela s’ajoute un tarif plus qu’exagéré pour un visa alors que le pays veut attirer le plus de touristes possibles. Selon «La Lettre de l’océan Indien» (LOI) , en effet, un eVisa pour une durée de trente jours coûte 115 000 ariary ou 35 € (contre 80 000 ariary dans le code des impôts).  Pour 31 à 60 jours, il se monte à 135 000 ariary ou 40 (contre 100 000 ariary dans le code des impôts, et pour 61 à 90 jours il s’élève à 175 000 ariary ou 50 (contre 140 000 ariary dans le code des impôts). Comme c’est déjà le cas avec le passeport biométrique.

 En effet depuis janvier dernier, les droits d’acquisition du passeport a connu une

augmentation sans précédente. Désormais, le coût est à

190 000 ariary, donc près de 50 euros, alors qu’auparavant l’acquisition d’un passeport était de 110 000 ariary, donc une hausse du tarif initial de 72%.

En tout cas, à la veille des élections, cette initiative intrigue. Des observateurs se demandent si le régime veut renflouer ses caisses en vue de préparer la campagne électorale à venir. Cela rappelle à bien des égards la situation en République démocratique du Congo où le prix étonnamment élevé du passeport a créé une polémique sans précédent. Et pour cause, le plan gouvernemental de mise en place des passeports biométriques a servi l’intérêt d’un particulier. Ainsi, avec le coût exorbitant de la carte grise, du permis de conduire et du passeport biométrique, beaucoup de points d’interrogation planent sur la véritable intention du régime.

Les Nouvelles

Le 13/01/18

Rakoto

25. janv., 2018

Dans la mise en œuvre de son programme visant à moderniser la procédure de délivrance de visa de séjour sur le territoire malgache, le gouvernement estime que la sensibilisation de la population à s’adapter à la modernité constitue une priorité. Ce serait la raison pour laquelle, le ministère de la Sécurité publique a convoqué la presse hier, pour apporter des décisions des précisions sur l’application du visa électronique (e-visa) que le gouvernement compte appliquer à partir de cette année. Un nouveau système qui n’a pas tardé à susciter la polémique de la part des observateurs avisés dans la mesure où beaucoup soupçonnent la possibilité d’une sorte de népotisme dans le choix de la société privée qui devrait travailler avec l’Etat dans la mise œuvre de ce projet. Partie prenante dans ce programme avec le Ministère du Tourisme, celui de la Sécurité publique souligne que ce programme a été conçu depuis le mois d’octobre 2014. La communication verbale y afférente a été validée par le conseil des ministres du 17 novembre 2014. Depuis, les deux ministères se sont penchés à la préparation technique qui a pris fin le 31 octobre 2016. Ainsi, l’appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner l’entreprise qui devra se charger de sa mise en application a été lancée le 21 octobre 2016. Plusieurs entreprises y ont répondu, mais la société Ametis a été choisie car elle a rempli les conditions requises. Lors de ce point de presse tenu au siège du ministère de la Sécurité publique hier, le directeur de cabinet de ce ministère, le Commissaire principal de Police Jean Rostand Rabialahy tient a souligné que dans ce programme, son département ne fait qu’exécuter la loi.

Midi Madagascar

Le 20/01/18

T.M

12. janv., 2018

A titre d’illustration de certaines mésaventures dont sont victimes nos compatriotes, le cas ci-dessous que j’ai rendu anonyme avant publication.

Jean-Daniel Chaoui

Président de Français du Monde Madagascar

 

A l’attention du Consulat Général de France à Tananarive, consulfrance-tananarive@orange.mg

 - des Services de TlsContact – (via leur site)

 - du Service des Visas – Consulat Général de France à Tananarive visas.tananarive-fslt@diplomatie.gouv.fr

 - de Mr Jean Daniel CHAOUI (pour soutenir cette demande) – Conseiller consulaire Madagascar et conseiller AFE - j.chaoui@assemblee-afe.fr - francaisdumonde.madagascar@gmail.com

  Objet : Recours administratif hiérarchique - Demande de régularisation urgente de dossier de Visa suite à des erreurs et indications erronées de Tls Contact.

Reference dossier TLS Contact……….

Monsieur,

 Je soumets à votre bienveillante attention cette demande de recours pour permettre de redresser une situation due à une succession d’erreurs de Tls Contacts.

 Madame R ………..  a pris rendez vous à ……le ….. décembre 2017 auprès de TLS Contact via internet afin d’obtenir un visa de longue durée (conjointe d’un ressortissant français) pour retrouver son époux ……… (moi-même) afin de fêter Noël ensemble en compagnie de sa fille et de ses petits enfants sur l’ile de La Réunion et, dans un deuxième temps, se rendre en France métropolitaine pour rejoindre le domicile conjugal à ……….

 Après renseignements pris auprès des sites du Consulat de France et du site TLS Contact, il lui est prescrit de faire une demande de visa « longue durée de type D », ce visa, une fois obtenu, lui permettant de se rendre dans les DROM et CTOM.

 En arrivant à son RDV à TLS Contact, Mme R. dépose son dossier de demande de visa et explique qu’elle souhaite faire escale à La Réunion pendant les fêtes avant de se rendre en France métropolitaine avec son époux.

La personne qui la reçoit, après s’être renseignée auprès d’une autre collègue, lui explique qu’il lui faut demander à la fois un visa longue durée (pour entrer dans l’espace Schengen) conjointement à un visa de courte durée pour la visite à sa fille sur l’ile de La Réunion. !! ??  en contradiction avec les informations du site Tls Contact. Les justifications de Mme R. sont vaines face à la personne de Tls Contact qui modifie d’elle même des dates sur le document de demande de visa.

De plus, il lui est indiqué que dans son dossier il manque des copies d’actes de naissance !! ??. (qui ne sont pas demandées dans la liste des documents de demande de visa).

Il lui est alors réclamé deux fois 93 000 ariarys (une par demande de visa !!??) et pour pouvoir revenir de nouveau déposer la demande de court séjour et les actes de naissance manquants, il lui est proposé de prendre un rendez-vous PREMIUM à 186 000 Ariarys. (pour qu’elle ne perde pas de temps lui dit-on « gentiment »). Elle revient donc une deuxième fois déposer les documents demandés à tort.

Pour obtenir deux visas, il lui est donc demandé environ 280 000 ariarys, soit l’équivalent de 3 fois un petit salaire malgache.

Imaginez qu’on demande 4 000 euros en frais de services (en sus des frais de visa) à un ressortissant français pour obtenir deux visas (dont un qu’il ne demande pas et qu’on ne lui fournit pas non plus !!).

Ces demandes de frais en cascade et en espèces pourraient être perçus par les usagers comme suspects …

Comprenez-vous l’image que donne la France dans l’esprit des malgaches…. !!

Hélas, ce n’est pas fini.

Madame R…….. est avisée le ….. décembre 2017 que son passeport avec Visa a été retourné au centre de TLS Contact et qu’elle peut venir en prendre possession munie de la fiche récapitulative de demande.

Elle reçoit alors son passeport muni du seul Visa Long séjour type D, très heureuse de savoir qu’elle va pouvoir rejoindre son mari et ses enfants pour les fêtes. Mais, attendant deux visas, dont un pour se rendre à La Réunion, elle demande de se faire préciser si avec le visa longue durée de type D elle peut se rendre à la Réunion sans problème. La personne de Tls Contact regarde son visa et lui confirme que oui.

Mme R. ne voit pas qu’une erreur a été faite par TLS Contact qui a modifié les dates de validité de sa demande de visa : il a été indiqué sur le passeport que le visa était valide à compter du ….. février 2018. !!?

Sur sa demande de long séjour, Mme R. avait demandé un début de validité au ….. décembre 2017.

Mme R., confiante dans les services de l’administration française, achète alors le billet d’avion pour rejoindre sa famille à La Réunion pour le soir de Noël.

 Conséquences directes de l’erreur de Tls Contact :

 Mme R. n’a pas été admise à embarquer dans l’avion pour La Réunion le …. décembre pour rejoindre sa famille compte tenu que son visa n’était valide qu’à partir du …. février 2018.

Elle perd l’argent dépensé pour son billet d’avion.

Elle revient chez elle désemparée (à Antsirabé) après avoir séjourné plus d’une semaine à Antananarivo, dépensé des frais de transport entre Antsirabé et Antananarivo.

Les fêtes en famille avec son époux et ses petits enfants sont annulées.

Elle ne pourra partir de Madagascar qu’à partir du ….. février 2018 si rien n’est rectifié par l’administration, soit deux mois plus tard que la date demandée pour y rejoindre son époux.

Son mariage religieux prévu mi-février en France doit être annulé et reporté.

 Je demande votre haute bienveillance afin qu’une régularisation rapide soit faite pour que Mme R puisse se rendre auprès de sa famille et son conjoint dans les délais les plus brefs, en rectifiant la date erronée de son visa long séjour.

Il est profondément injuste et douloureux d’en arriver à de telles situations à la suite d’un service mal effectué malgré les sommes d’argent importantes versées à Tls Contact.

Un accusé de réception de votre part pour ce courriel sera le bienvenu.

 Dans cette attente, recevez Monsieur, mes respectueuses salutations avec mes souhaits de bonne année pour 2018.

 

6. déc., 2017

Trois démarcheurs d’une mafia spécialisée dans la falsification des visas Schengen ont été pris au piège de la police, à Anosibe, mardi.

Fraudes aux documents. Trois colporteurs dont une femme d’un gang expert en trucage des visas Schengen ont été interpellés, mardi à Anosibe. Après quarante-huit heures de garde à vue, le service central des enquêtes spécialisées et de lutte contre les fraudes documentaires les ont transférés au parquet. Une source judiciaire révèle pourtant que leur dossier a été encore passé au juge d’instruction pour étude. Lundi, la police a saisi un faux visa Schengen sur une jeune fille à l’aéroport international d’Ivato. « Nous avons obtenu un renseignement sur la suspecte et avons dans la foulée procédé à une fouille. L’on a découvert ce type de visa dénaturé », a signalé un enquêteur. Soumise à un interrogatoire à Anosy avec sa mère, cette dernière a indiqué ceux qui confectionnent le visa dans les environs d’Anosibe.

Agissant sur des signalements, les forces de la police se sont rendues sur place pour leur tendre un piège. Trois resquilleurs dont une femme ont été attrapés dans les mailles du filet. « Ils ne sont que courtiers dans cette mafia. La tête pensante de l’affaire déjà identifiée court toujours, mais une chasse à l’homme est maintenant en cours », a rapporté une source policière auprès du service d’enquête spécialisée. Cet homme faisant l’objet des recherches des forces de l’ordre opère également dans d’autres fraudes sur les documents administratifs, selon les informations recueillies, au niveau du service de l’information, de la communication et des relations avec les institutions (SICRI) de la police nationale.

Part de gâteau

D’après les premiers éléments de l’investigation, les trois faussaires soutirent un million quatre cent mille ariary à un demandeur de visa dont un million leur revient comme part du gâteau. La police saisie de l’enquête est actuellement aux trousses du commanditaire de ce réseau délictueux. « C’est au mois d’avril que cette mafia a eu l’idée de pirater des visas Schengen pour s’en mettre plein les poches », rapporte un fin limier de la police.
Une source proche du consulat général de France, interrogée sur les faits affirme qu’aucun entremetteur n’est habilité, reconnu ou autorisé à intervenir pour la délivrance et obtention de visa, surtout de type Schengen.

L'Express de Madagascar

Le 20/10/17

Hajatiana Léonard