15. mai, 2017

Visa pour la France : quand le refus s’accompagne

Ce n’est pas la première fois que le Consulat français d’Antananarivo s’illustre par sa manière quelque peu cavalière de signifier son refus d’accorder un visa à un demandeur malgache. Néanmoins, pour le cas relaté ci-après, non seulement la raison avancée est pour le moins cocasse étant donné la situation des requérantes, mais il se trouve également qu’Ambatomena s’est permis de faire tourner en bourrique une personnalité malgache, à qui il a été demandé de se porter garant des demandeurs.

Les faits : Deux dames de la même famille, qui avaient l’intention de rendre visite à leurs proches (de nationalité française) établis dans l’Hexagone, avaient essuyé un premier refus de leur visa avec le motif suivant : « votre volonté de quitter le territoire des Etats membres avant l’expiration du visa n’a pu être établie ». Ceci, en dépit du fait que les requérantes avaient fourni toutes les pièces qui leur avaient été demandées prouvant qu’elles n’avaient absolument aucun intérêt à quitter définitivement Madagascar en y ayant toutes leurs attaches, notamment professionnelles. Sans compter que, étant donné leur âge, il est clair qu’il ne viendrait jamais aux concernées l’idée de partir à l’aventure et grossir les rangs des sans-papier en France ou quelque part ailleurs en Europe.

Ayant appris qu’elles avaient la possibilité de formuler de nouvelles demandes, les intéressées avaient choisi d’appuyer leur requête avec la caution d’une personnalité étatique malgache. Face à la sollicitation de cette dernière, la réponse du Consulat est on ne peut plus claire : « (…) vos proches peuvent déposer de nouvelles demandes de visa dans lesquelles vous pourrez joindre les justificatifs démontrant que vous vous portez garant pour eux. Des justificatifs financiers de votre part devront également figurer aux dossiers » (voir fac-similé). Des exigences qui vont être entièrement satisfaites, voire au-delà, par la personnalité étatique malgache en question.

Grande fut cependant la surprise lorsque la réponse aux nouvelles demandes - constituées conformément aux instructions d’un responsable du Consulat -  s’est avérée être, non seulement un refus mais, aussi et surtout, avec exactement le même motif que précédemment, à savoir, « votre volonté de quitter le territoire des Etats membres avant l’expiration du visa n’a pu être établie ». La conclusion qui vient tout de suite à l’esprit est que la caution morale et financière d’un officiel malgache - et partant l’Institution à laquelle ce dernier appartient - ne pèse pas lourd aux yeux de la France, les actes d’un Consulat étant censés être ceux du pays qu’il représente. Par ailleurs, on ne peut que se demander pourquoi diable avoir exigé les justificatifs sus-cités si c’est pour, au final, s’en torcher ? C’est à croire qu’Ambatomena n’avait aucunement l’intention de donner une suite favorable aux secondes demandes, mais avait juste émis les exigences en question pour faire tourner en bourrique la personnalité malgache dont il s’agit.

Certes, l’octroi de visa de séjour relève de la souveraineté du pays concerné. Néanmoins, lorsque le refus s’accompagne d’un foutage de gueule, on en arrive à s’interroger s’il ne s’agit pas là d’un mépris total vis-à-vis du pays hôte. C’est à se demander, dans ce cas, sur la raison d’être des relations diplomatiques entre les deux Etats concernés.

La vérité

Le 13/05/17

R.L.