6. déc., 2017

Faux visas Schengen : trois membres d’une mafia arrêtés

Trois démarcheurs d’une mafia spécialisée dans la falsification des visas Schengen ont été pris au piège de la police, à Anosibe, mardi.

Fraudes aux documents. Trois colporteurs dont une femme d’un gang expert en trucage des visas Schengen ont été interpellés, mardi à Anosibe. Après quarante-huit heures de garde à vue, le service central des enquêtes spécialisées et de lutte contre les fraudes documentaires les ont transférés au parquet. Une source judiciaire révèle pourtant que leur dossier a été encore passé au juge d’instruction pour étude. Lundi, la police a saisi un faux visa Schengen sur une jeune fille à l’aéroport international d’Ivato. « Nous avons obtenu un renseignement sur la suspecte et avons dans la foulée procédé à une fouille. L’on a découvert ce type de visa dénaturé », a signalé un enquêteur. Soumise à un interrogatoire à Anosy avec sa mère, cette dernière a indiqué ceux qui confectionnent le visa dans les environs d’Anosibe.

Agissant sur des signalements, les forces de la police se sont rendues sur place pour leur tendre un piège. Trois resquilleurs dont une femme ont été attrapés dans les mailles du filet. « Ils ne sont que courtiers dans cette mafia. La tête pensante de l’affaire déjà identifiée court toujours, mais une chasse à l’homme est maintenant en cours », a rapporté une source policière auprès du service d’enquête spécialisée. Cet homme faisant l’objet des recherches des forces de l’ordre opère également dans d’autres fraudes sur les documents administratifs, selon les informations recueillies, au niveau du service de l’information, de la communication et des relations avec les institutions (SICRI) de la police nationale.

Part de gâteau

D’après les premiers éléments de l’investigation, les trois faussaires soutirent un million quatre cent mille ariary à un demandeur de visa dont un million leur revient comme part du gâteau. La police saisie de l’enquête est actuellement aux trousses du commanditaire de ce réseau délictueux. « C’est au mois d’avril que cette mafia a eu l’idée de pirater des visas Schengen pour s’en mettre plein les poches », rapporte un fin limier de la police.
Une source proche du consulat général de France, interrogée sur les faits affirme qu’aucun entremetteur n’est habilité, reconnu ou autorisé à intervenir pour la délivrance et obtention de visa, surtout de type Schengen.

L'Express de Madagascar

Le 20/10/17

Hajatiana Léonard