13. févr., 2018

Des conditions carcérales inhumaines

Les prisons de la Grande Ile sont surtout connues pour la surpopulation carcérale. Une situation qui trouve son origine dans le recours à la détention préventive  devenue monnaie courante dans le pays.

La Grande Ile compte actuellement 82 prisons où sont incarcérés environ 20 000 détenus. La situation est préoccupante étant donné que lesdites prisons ont une capacité d’accueil maximale de 10 000 personnes. Une surpopulation carcérale qui a été tant criée par les médias (aussi bien locaux qu’internationaux), mais qui ne semble pas avoir des solutions jusqu’à présent. Les conséquences d’une telle situation sont nombreuses. Outre la précarité des infrastructures carcérales, la malnutrition – car chaque personne emprisonnée ne peut consommer que 250 grammes de manioc par jour et ce, faute de moyen – les problèmes liés “ au manque de soins “ figurent également dans la liste des mauvaises conditions de vie des détenus malgaches. Les problèmes psychologiques viennent également alourdir la liste des conséquences de ces conditions. Une étude effectuée en 2010 de noter que “ 50% des détenus souffrent de stress psychologique à cause de cette surpopulation carcérale “.

Table ronde. Une dizaine de hauts responsables d’administration pénitentiaire des Comores, des Seychelles et de Madagascar participent actuellement à une table ronde à Port-Louis Maurice. Organisé conjointement par la République de Maurice et le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), l’évènement consiste en “des séances de partage d’expériences et de bonnes pratiques pour une amélioration des conditions de vie des personnes détenues dans la région”. Les responsables d’administration pénitentiaires œuvrent, de ce fait, en commun – bien qu’ils affrontent  des réalités différentes – afin de trouver comment procéder à cette amélioration. La situation précaire à laquelle font face de nombreux Malgaches actuellement favorise pourtant le banditisme et la délinquance. Résoudre le problème des conditions de vie de la population carcérale devrait dans ce cas passer par la résolution des conditions de vie de la partie libre de la population.

Midi Madagascar

Le 13/12/17

José Belalahy