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17. oct., 2018

Madagascar, la lente déliquescence de l’Etat et de l’autorité, un pays qui se délite progressivement…

Chronique de Vanf: Dire les choses comme elles sont

Un fait divers qui pourrait passer inaperçu. Mais, qui ne le doit pas. Cette agression d’une jeune lycéenne de 15 ans par des «jeunes» d’une troupe de militaires à Antsahabe, à l’heure de la rentrée des écoles. Plus personne ne serait donc en sécurité, nulle part, n’importe quelle heure.

Il est l’heure que la peur change de camp : que le soudard qui se croit tout puissant dans l’anonymat du petit matin, sente murmurer sur sa nuque le souffle froid de la guillotine. C’est que, dans mon arsenal pénal de futur président de la République, j’ai en bonne place la castration avant décapitation pour tous les agresseurs sexuels. Et tant pis pour mes amis bons penseurs, avocats plaidoyeurs pour sauver la pire engeance de la seule sanction que cette racaille récidiviste mérite. Exemplaire. Définitive. Fascisme ? Même pas peur. 

L’État-major de l’armée dispose absolument du nom des unités qui parcourent la ville à telle ou telle heure, sinon à quoi pourrait servir un putain d’État-major ! Le commandement se demande encore si ce sont de vrais militaires : mais, qui emmerdent la circulation aux heures déjà ouvrables de leur footing, si ce ne sont pas les troupes ! Levée des couleurs, à l’aube. Et hop, allez trottiner dans le noir pour supprimer cette bedaine si mal venue, et tellement disgrâcieuse le «Jour des officiers».

Dans une autre vie, les Anciens auraient dit qu’il leur faudrait une «bonne guerre». Outre qu’il ne peut y avoir de «bonne guerre», ce genre de brutes se seraient défoulées sur les femmes et filles d’en face maintenant qu’ils auraient dû renoncer à brutaliser les lycéennes de chez eux.

Le problème reste donc entier, et devient quotidien, sinon existentiel. Que recrute-t-on à faire partie de nos dites «forces armées» ? Quel quotient intellectuel ? Quelle probité morale ? Quel être ?

L’uniforme, l’arme, les munitions : quel, quoi, qui, devrait en être muni si c’est pour en arriver à agresser, à plusieurs, une lycéenne ? Et dès lors, si la lycéenne, même pas besoin d’un uniforme dévoyé, mais avec un beau calibre et de vraies munitions, se serait défendue ? L’agression sexuelle aurait été muée en assassinat... La victime devenant bourreau dans un système dont tous les concepteurs se complaisent dans la paresse, aussi bien intellectuelle que financière, à accepter purement et simplement les idées, adaptées à un temps et à une situation qui ne sont pas (encore) les nôtres, de ceux qui nous colportent leurs conceptions subventionnées des droits de l’homme.

Il suffit de leur demander : Qu’en avait-il été en 1789 ? Qu’en avait-il été à Nuremberg après 39-45 ? Et qu’en est-il encore dans de nombreux États fédéres des États-Unis d’Amérique en 2018 ? Où est la barbarie ? Quelle est la barbarie ? Quand est la barbarie.

En matière des droits de l’homme, j’ai une prédilection pour ceux des victimes. À être entendues, à être écoutées, à être crédibles. Avant d’invoquer la présomption d’innocence pour les soudards et leurs avocats commis d’office.

2. oct., 2018

Ces gens-là, Monsieur... J’ai encore croisé un cortège ululant. La moto ouvreuse à l’avant-garde, signaleur avant-coureur et force gesticulations péremptoires, avertisseur très sonore de l’armada qui allait déferler à toute vitesse vers une urgence qui n’a jamais encore rattrapé la chute libre du pays. Cette fois-ci, à Ampandrianomby, ils n’étaient pas en sens interdit. Et aucun enfant n’a été harponné par des chauffards très officiels. Quand on sait désormais, mais on le savait depuis 1972 et la chasse à courre aux «FRS» («forces», absolument ; «républicaines», si peu ; «de sécurité», du seul régime), qu’une foule en colère peut mettre le feu à un véhicule de police, quelle sécurité représente finalement cette escouade de bodyguards engoncés dans une importance dont ils sont les seuls dupes, si demander poliment son chemin ferait sans doute mieux l’affaire ?

Le fils d’un ancien Premier Ministre raconte comment il avait pu conduire à moto son Chef de Gouvernement de père, parce que les embouteillages rendaient la circulation impossible. C’était, il est vrai, au début des années 1990. Ce devait être ce Premier Ministre dont on disait qu’il n’hésitait pas à prendre un café dans les gargottes. Autres temps, autres moeurs.

On se souvient du grotesque de ces gardes-du-corps en équilibre précaire, et pourtant encombrés de lance-roquette, à l’arrière de pick-ups : roulant derrière, j’avais gardé une distance prudente, supputant à chaque cahot, ce qu’une roquette perdue occasionnerait au blindage de la limousine Mercedes que ces guignols étaient censés protéger. Ce devait être sous la Transition de triste mémoire. On en a tourné la page, mais pas les moeurs.

Ici, une voiture de police incendiée parce que prise en flagrant délit d’excès de vitesse dans un sens interdit. Là, un officier de police se rendant à ses collègues après un braquage éventé. Ici et là, policiers, gendarmes, militaires, pris dans des associations de malfaiteurs. Forces de l’ordre, dit-on. Milices de désordre, mercenaires d’insécurité. J’avais pu lire les regrets éternels de ces généraux déplorant qu’un de leurs éléments, pris en flagrant délit de banditisme, ait encore été abattu par l’anti-gang alors qu’il était déjà désarmé. C’est ce qui arrive quand les uns et les autres savent comment fonctionnent les réseaux d’impunité. Et quand les uns et les autres savent la corruption de la sévérité exemplaire par des considérations droits-de-l’hommistes anachroniques.

Ces gens-là, Madame... Apprendront-ils jamais de leurs erreurs et de celles de leurs prédécesseurs ? Comprendre pourquoi la confiance a déserté les relations de sociabilité. Progressivement mais inexorablement. Policiers ripoux, gendarmes vendus, militaires à la solde, magistrats à l’encan, journalistes à la soupe, politiciens auto-reverse... Chez ces gens-là, on ne pense pas, on triche et on compte. Heureusement, tous ces gens-là ne sont pas tous les gens.

9. févr., 2018

L’insécurité urbaine ne cesse de prendre de l’ampleur dans la capitale. Manarintsoa Centre, un fokontany au cœur des quartiers les plus défavorisés de la capitale est qualifié de zone rouge pour  cause d’insécurité.

Infréquentable. Dans le quartier de Manarintsoa Centre, situé entre le grand canal Andriantany et la route en pavée reliant Andavamamba au pont de Bekiraro, l’insécurité prévaut jour et nuit. Le nombre de plaintes déposées au sein du bureau de fokontany ou celles enregistrées par le comité de vigilance local en dit long. «Plus d’une vingtaine de cas de vol à la tire par semaine s’y produit, mis à part les cambriolages, les vols avec agression ou de violence dans les ménages, qui finissent le plus souvent en bagarre générale dans les rues».

C’est ce qu’a informé l’un des membres de ce comité de vigilance, Guy Rakotomihaja, hier lors de la cérémonie de lancement d’un projet visant à inverser cette tendance. Cette zone est également une plaque tournante du trafic de drogues, de marchandises volées, de dépôt d’armes et de refuge de malfaiteurs de tous genres. S’ajoute à cela l’insalubrité des quartiers et la pauvreté de la majorité des ménages et le chômage… Bref, le contexte socio-économique local est alarmant, voire désespérant.

Le président de ce fokontany, Simon Ramangason, reconnaît que ces paramètres sont interdépendants, en soulignant qu’il n’y a pas de développement possible avec ce contexte d’insécurité.

   « Mafi » compte changer la donne

Quelques habitants de Manarintsoa Centre croient en un avenir meilleur de ce quartier, malgré le fait que tous les indicateurs sont au rouge. Ces derniers, réunis au sein de l’ONG «Miombona antoka ho fampandrosoana ifotony», en abrégé «Mafi», comptent inverser la situation, en apportant une stratégie de développement innovante. «Le principe consiste à trouver avec la population locale un modèle territorial de développement efficace et productif, et de le mette en œuvre.

Un principe qui sort de l’esprit d’assistanat, qui sera accompagné d’un renforcement des capacités des bénéficiaires , a soulevé la présidente de cet organisme, le Dr Viviane Ravelojaona. Cette dernière a fait appel aux partenaires techniques et financiers locaux et internationaux, publics et privés qui œuvrent dans le domaine de l’éducation, la santé, l’aménagement du territoire, l’accès à l’emploi, la gestion de l’eau, la sécurité publique… à prêter main forte à l’ONG Mafi et à la population de Manarintsoa Centre. Cet organisme espère voir d’ici 5 ou 10 ans ce fokontany devenir un modèle de développement réussi.

Les Nouvelles

Le 03/02/18

Fahranarison