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4. mars, 2019

Tolérance zéro pour les gendarmes tentés par la corruption sur les routes nationales. Vingt-quatre gradés ont été jetés en prison.

Fin d’avertissement. Après quelques mois de sensibilisation et de persuasion au sein du corps de la gendarmerie nationale (GN), le commandement passe maintenant à la chasse aux militaires corrompus. « Osez dénoncer avec une preuve ceux qui cherchent toujours à soutirer de pot-de-vin aux automobilistes. Mais pour tous usagers de la route, soyez aussi en règle », a conseillé le général de brigade Manassé Jean Mananga, directeur de l’organisation et de l’emploi, près du commandement de la gendarmerie nationale, hier, lors d’une conférence de presse au toby Ratsiman­drava.

Depuis 2016 où le service anti-corruption de la GN dirigé par le lieutenant-colonel Haja Ralaikoto a été mis en place, trois cent trente-neuf cas de corruption impliquant des gendarmes ont été enregistrés, suivis d’une enquête judiciaire.

Parmi les suspects, vingt-quatre d’entre eux ont été dépouillés de leurs grades et placés sous mandat de dépôt jusqu’à ce qu’ils comparaîtront à la barre du tribunal. « La lutte contre la corruption suivant les ordres donnés par le secrétaire d’Etat chargé de la GN est renforcée afin d’atteindre l’objectif fixé qui est une gendarmerie propre. Cette lutte figure parmi les points de la politique générale de l’Etat (PGE) », a précisé l’officier général.

« Donc, pour nos militaires, abandonnez dorénavant les mauvaises habitudes, les comportements déviants et les incivilités », a-t-il tonné. Le service en question reçoit les dénonciations et plaintes des victimes ou témoins des actes de corruption épinglant des hommes de la GN.

Responsabilité partagée

Toute information, dont la source est entièrement protégée, doit être signalée au numéro vert 119 qui joindra directement la brigade ou compagnie la plus proche. Elle peut également être transmise aux 034 14 013 88, 034 14 006 85 ou 034 14 014 85. «Ces numéros sont surtout disposés à donner des conseils s’il y a des questions », a indiqué le lieutenant-colonel Haja.
Ce nouveau concept de tolérance zéro concerne à la fois la police de la route, les transporteurs, les routiers et les automobilistes. La corruption implique deux personnes, le corrupteur et le corrompu.

« Pour les voyageurs, ils ont droit de recommander au chauffeur la loyauté. Si celui-ci donne un pot-de-vin à un gendarme, c’est parce que son véhicule n’est pas en règle. Cela pourrait provoquer un accident. Un fait que les passagers auraient pu éviter, à ce moment-là, le pire », a expliqué le directeur de la sécurité et des renseignements (DSR) de la GN, le colonel Ravoavy Zafisambatra.

Cette lutte incombe à tous et la gendarmerie a franchi le Rubicon sur ce point là.

L'Express de Madagascar

Le 15/02/19

Hajatiana Léonard

19. févr., 2019

Ketakandriana rafitoson "c'est à cause de la corruption que l'égalité de tous entre en rupture"

Directrice exécutif de Transparency International, Ketakandriana Rafitoson donne son point de vue sur la corruption.

– Peut-on savoir un peu plus sur votre personnage assez médiatique ?

Je suis directrice exécutive au sein de Transparency International Initiative. Je suis notamment passionnée des idéaux de justice sociale, de démocratie, et des droits de l’homme. Je suis convaincue que la bonne gouvernance et l’État de droit sont nécessaires afin d’assurer une société favorable à l’égalité de tous. Je suis attachée à l’idée selon laquelle des droits existent pour tous sans exception, mais est-on prêt à valoriser ces droits et à les faire valoir ?

– Quels sont les obstacles qui entravent la jouissance des droits par les individus ?

La corruption. C’est à cause de la corruption que l’égalité de tous entre en rupture. Beaucoup de personnes ignorent leurs droits et recourent à des moyens inacceptables pour se les attribuer ces droits. Devant la naïveté et la passivité des citoyens qui restent dans l’ignorance de leurs droits, les dirigeants et surtout les élites au pouvoir profitent. C’est à travers les abus que les formes de corruption se développent. Là où on ignore ses propres droits, on arrive à déployer des moyens pour en disposer ; en même temps les élites en connaissance de cause profitent de la situation pour exploiter la majorité ignorante. Ce n’est pas étonnant si en conséquence, le pays plonge dans une situation permanente de pauvreté dans laquelle se perpétue la corruption.

– Est-il envisageable de réussir à éradiquer la corruption ?

Certainement, par la mobilisation de tous. Les citoyens sont nombreux par rapport aux élites qui dirigent. En agissant ensemble, changer le mal qui persiste et qui mine la société est possible. Les élites tirent profit de l’inertie, de l’indifférence et de l’insouciance du plus grand nombre. Or, les citoyens sont majoritaires et sont en droit de réclamer la transparence et la justice. En tenant compte du nombre, pourquoi se laisser abuser là où agir est possible ? On peut toujours se mobiliser à partir des moyens même les moindres. En célébrant la journée internationale de lutte contre la corruption, on alerte les citoyens sur le fléau que présente la corruption par exemple même sans financement, ici au sein de Transparency International.

– A quoi sert-il de s’en prendre aux élites ?

Les élites détiennent le pouvoir politique, économique, médiatique. S’ils agissent convenablement, assument leurs obligations correctement, travaillent véritablement pour le bien de tous, pourquoi en est-on là s’agissant de la situation du pays ? Même la société civile est polarisée. De grands noms de la société civile émigrent vers la classe politique et des éléments des groupements politiques manipulent une partie de la société civile. Celle-ci devait pourtant être un rassemblement de citoyens, une société de citoyens. Au final, il reste aux simples citoyens de prendre les affaires en main afin de dénoncer puis mettre fin à toutes les mauvaises pratiques nuisibles à la société.

L'Express de Madagascar

Le 13/12/18

Tsiory Fenosoa Ranjanirina

27. déc., 2018

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Les trafiquants n’ont pas compris la leçon ! Grâce aux informations recueillies par le bureau du cantonnement forestier, les autorités de la région ont effectué une descente dans un hameau de Tongobory, au nord-est de Toliara. Et 7 347 tortues radiées y ont été retrouvées vivantes, tandis que 32 autres étaient déjà mortes, probablement en raison de leurs mauvaises conditions de détention. Selon les informations fournies par la WWF, « trois personnes ont été arrêtées dont une femme et deux hommes ayant nourri les tortues ». Ces trafiquants ont alors avoué que cela faisait plus de quatre mois qu’ils ont séquestré ces tortues dans cette localité. Toutefois, la collecte de cette espèce s’est faite dans la Région Androy, plus précisément entre Toliara et Taolagnaro.


Une grande organisation


Sur les lieux, les autorités régionales ont également pu découvrir des dizaines de caisses en bois préfabriquées pour transporter ces animaux. Certains caissons ont déjà même été utilisés mais également marqués par des codes chiffrés, surement pour faciliter les reconnaissances durant les différents déplacements. Selon les explications reçues, une collecte de cette envergure nécessite une grande organisation. Et si, jusque-là, ces malfaiteurs ont réussi à échapper aux différents contrôles, c’est qu’il y a déjà tout un système bien organisé mis en place assurant chaque déplacement. Effectivement, seuls quelques membres du cartel ont été arrêtés. Donc, le trafic continue encore de tourner. C’est tout le réseau qu’il faudra démanteler pour stopper toute cette situation.


Malheureusement pour les tortues radiées, l’ampleur du trafic connait actuellement une véritable hausse. Depuis  le mois d’avril, on compte approximativement 19 000 tortues saisies avec le concours du réseau d’acteurs luttant contre le trafic illicite des ressources naturelles dans l’Atsimo Andrefana. Pour rappel, le réseau d’acteurs est composé de la société civile, la direction régionale de l’environnement, de l’écologie et des forêts, le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), le  Tribunal de Toliara, la Région Atsimo Andrefana, la Police, la Gendarmerie, la direction régionale de la communication, la direction régionale des mines, Madagascar National Parks et WWF.
 

La Vérité

Le 16/11/18

Rova R.