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6. avr., 2018

Sans surprise et comme il fallait s’y attendre,  Madagascar a de nouveau reculé…de 10 places dans le classement de l’Indice de perception de la corruption (IPC) pour 2017. Pas étonnant, répond le Bianco qui déplore le manque de volonté politique du pouvoir public à lutter contre ce fléau.

Madagascar ne cesse de régresser depuis 2012. Comparé à l’année 2016, la Grande île a perdu deux points dans l’IPC 2017 et obtient un score de 24/100, la note zéro affichant le plus haut niveau de corruption. Il se classe ainsi à la 155e place sur 180 pays dans le monde en matière après avoir occupé la 145e place sur 176 pays en 2016.

« Madagascar est désormais perçu comme plus corrompu que les Comores, le Cameroun, l’Ouganda ou encore le Kenya, ce qui n’était pas le cas en 2016 », a précisé le conseiller en développement organisationnel à Transparency International-Initiative Madagascar (TI-IM), Frédéric Lesne, lors de la présentation de l’IPC 2017 au Café de la Gare Soarano.

Manque de volonté politique

Pour le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), le classement tombe sous le sens. « Ce résultat est normal avec tous les scandales financiers de l’année dernière », a fait savoir le DG de l’organe, Jean-Louis Andriamifidy, durant la présentation d’hier, dont l’affaire Claudine Razaimamonjy.

Mais l’absence volonté politique des dirigeants semble être l’une des principales raisons de cette régression.

« La Justice ne peut poursuivre correctement les auteurs d’infractions car beaucoup s’immiscent dans l’affaire », a-t-il ajouté en appuyant sur le fait qu’il y a réellement un « manque de volonté politique du pouvoir public et du pouvoir central dans la lutte contre la corruption ».

Une fois encore, la défaillance du système juridique est pointé du doigt. « Le système juridique est inefficace et il faut dépasser cela en réformant les textes », a-t-il expliqué en donnant l’exemple de la Chaîne pénale qui semble être un cimetière de dossiers. Cependant, plusieurs lois sont encore en attente d’adoption, dont la coopération avec les autres Etats sur la poursuite des infractions.

Le Bianco reste ferme sur le sujet, une réforme s’impose et elle commence par la volonté politique puis l’amélioration des textes en vigueur. « Nous avons déjà commencé et nous pensons que tout sera fonctionnel à partir de cette année », a indiqué Jean-Louis Andriamifidy.

De son côté, TI-IM opte pour l’accès à l’information au public grâce à l’adoption d’un texte sur l’accès à l’information et à un contrôle démocratique des dirigeants par la société civile.

Les Nouvelles

Le 23/02/18

Tahina Navalona

15. mars, 2018

Madagascar a récemment participé au 30e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba dont le thème a été axé sur la lutte contre la corruption. Cela implique ainsi l’engagement du chef de l’Etat à lutter contre le fléau. Mais un mois après le sommet, la situation du pays ne semble pas s’améliorer, au contraire.

Jusqu’ici, Madagascar fait toujours partie des pays les plus rongés par la corruption, il se retrouve à la 145e place sur 175 pays en 2016, selon le rapport de Transparency international sur l’Indice de perception de la corruption (IPC).

La confiance de la population envers ses dirigeants tend à régresser et les derniers évènements ne font qu’accentuer cet écart. Cela pour ne citer que la publication des dossiers liés aux marchés publics sur les réseaux sociaux. Outre le mécontentement de la population, l’Etat doit également faire face aux doutes des investisseurs qui hésitent à poursuivre leurs activités à Madagascar.

La question de la bonne gouvernance revient ainsi au tapis. Les rencontres internationales, nationales ainsi que les différents engagements ne sont-ils donc inscrits que sur papier ?

Les Nouvelles

Le 16 /02/18

Rakoto

12. mars, 2018

L’insuffisance de volonté politique est avancée comme raison du recul de Madagascar dans le classement de l’Indice de perception de la corruption.

Insuffisant. Les conditions pour lutter efficacement contre la corruption ne sont pas encore réunies. Classé 155e sur 180 pays, Madagascar perd dix places dans le classement de l’Indice de perception de la corruption.
Au-delà du score et le classement obtenu par Mada­gascar sur l’IPC, ce fléau est vécu au quotidien. Chaque semaine, de nouveaux scandales liés à des faits de corruption sont révélés dans les réseaux sociaux et les médias en général.
« L’insuffisance de la volonté politique de la part des responsables entrave la lutte contre la corruption. Cette situation a un impact direct sur les résultats », déplore Jean Louis Andriamifidy, directeur général du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) en marge de la cérémonie de présentation de l’IPC 2017, hier au Café de la Gare.
L’absence de volonté politique se manifeste dans l’application ou la non-application de la loi. Le système judiciaire est ainsi particulièrement critiqué. « Si les personnes travaillant dans la Chaîne pénale anticorruption ont assumé pleinement leur rôle et que les personnes en dehors du système judiciaire respectent l’indépendance de la justice, les résultats auraient été meilleurs. Certains qualifient même la CPAC de cimetière de procès », continue Jean Louis Andriamifidy. Cela favorise l’impunité, car faute de sanctions, les auteurs de corruptions peuvent continuer leurs activités poursuit-il.
Une position partagée par maître Alex Rafamanta­nantsoa, président de Trans­parency international lors de son allocution.

Pas d’impunité
Faisant allusion aux gros dossiers, le président de la TI-IM martèle que les actions fortes entreprises en 2017 (…) doivent être intensifiées. (…) Il est indispensable que le processus judiciaire aille à son terme pour les faits de grande corruption, et que les coupables soient condamnés.
Plusieurs scandales financiers ont éclaté en 2017. Étant des observateurs externes, les organisations en charge de noter Madagascar ne retiennent que les faits relatés. Ôtés de leur contexte, les faits révélés dans les médias sont perçus comme une manifestation de la corruption au niveau des sources de Transparency International. Hormis l’affaire impliquant Claudine Razaimamonjy, les médias et la société civile ont soulevé entre autres la vente de la villa Elisabeth, l’exploitation du visa électronique à l’aéroport d’Ivato.
« Nous ne sommes pas étonnés  classement de Madagascar. Avec le début de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC), plusieurs scandales ont éclaté en 2017. Cela n’excuse en rien le recul de Madagascar dans le classement, car nous sommes tous conscients que les efforts doivent être intensifiés », poursuit le DG du Bianco.
La lutte contre la corruption figure parmi les priorités définies lors du team building gouvernemental à Mantasoa. Certains départements ministériels en font également leur cheval de bataille. Il s’agit entre au­tres de la Gendarmerie dans laquelle plusieurs agents ont été révoqués pour corruption en 2017.
Avec la mise en place prochainement du Pôle anticorruption, l’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites et la loi anti-blanchiment des capitaux, l’amélioration du score de Madagascar pour 2018 est attendu, pourvu que la volonté politique les accompagne.

L'Express de Madagascar

Le 23/02/18

Andry Rialintsalama

8. mars, 2018

Transparency international a publié le classement de l’Indice de perception de la corruption hier. Avec 24 points, Madagascar accuse un recul de dix places.

Coup de semonce. La Grande île est classée dans la zone rouge en termes de corruption, selon le classement d’Indice de perception de la corruption (IPC). Diffusé sur le site internet de Transparency international (TI) hier, Madagascar est relégué à la 155ème place en 2017. Avec un score de 24 points contre 26 en 2016, la Grande Île se trouve désormais derrière le Cameroun et le Mozambique.

Les efforts fournis pour intensifier la lutte contre la corruption dans la Grande île ne semblent donc pas suffisants pour améliorer le classement de Madagascar en 2017. Dans l’avant dernier épisode de son rendez-vous hebdomadaire sur sa page Youtube, Hery Rajaonarimampianina, président de la République, avait pourtant, réaffirmé sa volonté d’éradiquer la corruption dans la Grande île.

L’indice de perception de la corruption est une consolidation de données collectées par Transparency international. À Madagascar, l’IPC est construit à partir de huit sources. Les avis sur l’évolution de la corruption à Madagascar tendent à l’unanimité vers le rouge. « TI prend ces différentes sources d’informations qui sont à chaque fois des perceptions de la corruption dans les pays du monde, et va simplement en faire une moyenne standardisée et comparable », explique le docteur Frédéric Lesné, conseiller à Transparency international.

Occulté

À part la Banque mondiale  et la Banque africaine pour le développement, six organisations non-gouvernementale, associations et fondations contribuent à la détermination de l’IPC pour Madagascar. S’agissant d’organisations « étrangères », la perception de la corruption est donc relative. « Il n’est pas possible de mesurer directement la corruption. Toutefois, les indices reflètent en partie la situation dans le pays », continue Fréderic Lesné.

Un acteur de la lutte contre la corruption à Madagascar déplore justement cette relativité des critères d’évaluation de l’IPC. « Déjà, parler de perception est relatif », soutient-elle. Cette source regrette que, comme « les acteurs nationaux ne sont pas consultés », l’IPC ne reflète pas réellement la situation de la lutte contre la corruption à Madagascar. L’Indice tendrait plus à donner le point de vue d’entités financières internationales et de potentiels investisseurs sur le climat des affaires dans le pays, explique-t-elle.

« Ce qui est regrettable, c’est que la note et le classement IPC influent grandement sur le point de vue de l’opinion publique vis-à-vis de l’efficacité de la lutte contre la corruption dans le pays. Ils occultent complètement les efforts fournis, et lorsque comme ici, le classement recule, c’est comme si les entités comme le Bianco [Bureau indépendant anti-corruption] sont inefficaces. Il faudrait plus consulter les acteurs nationaux, car l’IPC sert aussi de référence pour les investisseurs directs étrangers (IDE) », explique la source.

Avec la nouvelle loi sur la lutte contre la corruption, une nouvelle stratégie pour intensifier la guerre contre le fléau a été lancée. La mise en place des Pôles anti-corruption, l’élaboration du projet de loi contre le blanchiment des capitaux et le recouvrement des avoirs illicites qui sont à l’ordre du jour de la prochaine session extraordinaire du Parlement entrent, notamment, dans cette nouvelle stratégie. L’arrestation de hautes personnalités, l’année dernière, a par ailleurs concentré les débats publics autour de la lutte contre la corruption.  « Ce genre de débat fait du bien à la lutte. Certes, plus d’effort et de volontés collectives et individuelles restent à fournir. Mais les choses avancent », soutient la source.

L'Express de Madagascar

lE 22/02/18

Andry Rialintsalama et Garry Fabrice Ranaivoson