18. déc., 2017

Petite pêcherie : une importante partie de la production halieutique

Le secteur de la pêche est encore dominé par des petits pêcheurs en difficulté. Alors qu’à Madagascar, 60% de la valeur ajoutée du secteur (pêche, transport, transformation…) provient de la petite pêche.

Spore, le magazine trimestriel du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) des pays ACP, vient de dresser, dans son édition n° 186 (Septembre – Novembre 2017), un état des lieux du secteur de la pèche dans l’océan Indien. Selon les analyses effectuées sur le sujet, l’on note qu’à l’instar des pays ACP, notamment sur les îles de l’océan Indien, les petits pêcheurs sont des acteurs majeurs.

Le secteur de la pêche représentait 6,7% du PIB de Madagascar en 2016, selon les données de Smartfish, un programme de la Commission de l’océan Indien  (COI), financé par l’Union européenne, visant à développer la pêche en Afrique. Pourtant, le secteur demeure dominé par des petits pêcheurs en difficulté. Ils produisent beaucoup avec peu de moyens. Et selon les estimations de Spore, parmi les 85.000 pêcheurs malgaches recensés, seule une dizaine d’entre eux possède une vedette motorisée. La sécurité en mer et les moyens de conservation des produits de la pêche sont quasi inexistants.

Des acteurs majeurs et légitimes

Le Code de la pêche, adopté en février 2016, fait néanmoins des petits pêcheurs des acteurs majeurs du secteur en leur donnant plein pouvoir relatif à la gestion des ressources halieutiques, laquelle n’est plus l’apanage de l’Etat. Par ailleurs, le Code de la pêche ainsi amendé et le plan d’aménagement de la pêche, encouragent l’implication des organismes non gouvernementaux.

Le mode d’exploitation des aires marines et les disciplines y afférentes sont confiés aux «Vondrona olona Ifotony (VOI)», des communautés locales de pêcheurs qui se sont associées en groupement formel pour prendre en main la gestion des ressources halieutiques. Résultat, le stock de poissons est bien géré, l’environnement protégé, la production augmentée. De leur côté, des ONG forment les pêcheurs et les aident à accéder à des financements pour le renouvellement de leur matériel, tandis que l’Etat est en charge du suivi et du contrôle des activités.

Reste que la majeure partie des petits pêcheurs est encore peu armée pour se défendre. A Madagascar, plus de 75% d’entre eux ont à peine un niveau scolaire primaire.

Et le magazine rapporte les propos de Roginah Rafidison, directeur général de la pêche de Madagascar qui affirme que : «Outre la volonté politique, le problème est plus d’ordre économique que technique. Mais une fois la petite pêcherie consolidée, il conviendra de renforcer les collecteurs exportateurs professionnels en vue de booster la filière».

Les Nouvelles

Le 21/09/17

Arh.