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22. déc., 2016

À deux reprises, à deux événements différents, le Président français a mis l’accent sur la sécurisation de ses ressortissants.

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Avec insistance. Certes il l’a fait de ma­nière diplomatique mais, François Hollande, président de la République française, a mis l’accent sur la situation sécuritaire à Madagascar. Une insécurité dont les ressortissants français, à l’entendre, sont, particulièrement, victimes.
Du point de vue de l’Hexagone, la situation est, visiblement, assez « préoccupante », pour que le locataire de l’Élysée, évoque le sujet dans deux allocutions qui ont vu la présence de hauts responsables étatiques malgaches. « Je ne peux ne pas évoquer la question de la sécurité. (…) Je sais que vous y travaillez monsieur le Président », a-t-il déclaré durant son temps de parole, lors d’un point de presse conjoint avec Hery Rajaonari­mampianina, président de la République, samedi, au Centre de conférence internationale (CCI), Ivato.
Bien qu’en toute vraisemblance, certains optent pour une diplomatie de complaisance, pour sa première et, probablement, dernière visite à Madagascar, avant la fin de son quinquennat, François Hollande, en a profité pour aborder de vive voix avec les premiers respon­sables locaux, la presse locale, une question qu’il affirme avoir « profondément marqué », les ressortissants français. Rappelant les cas de  Nosy-Be, en 2013, ou de Toliara, en 2014, et plus récemment, en août dernier, à Sainte-Marie, le Chef d’État français soutient que ses compa­triotes sont, également, victimes de l’insécurité dans la Grande île.
Pour finir d’alerter les responsables malgaches de son « inquiétude », le locataire de l’Élysée a avancé que l’insécurité risque de doucher l’engouement des touristes et investisseurs français, notamment, pour la destination Madagascar.

Coopération judiciaire
« Je suis conscient que beaucoup de Français veulent venir à Madagascar (…) Autant, nos opérateurs sont mobilisés, autant, nous voulons même qu’il y ait des  facilités en matière de transport aérien, autant, ces touristes qui seront nombreux puissent avoir les conditions de séjourner en toute sérénité », a-t-il soutenu, hier, lors d’un discours, à la résidence de France, Ivandry, hier, en présence de Solonan­drasana Olivier Mahafaly, Premier ministre.
Argument inmanquable pour réveiller les décideurs, le fait que l’insécurité soit un repoussoir aux ressortissants étrangers n’en est pas moins une réalité à ne pas minimiser. Les attentats dont elle est la cible depuis l’année 2015, a décidé la France à élever ses exigences en matière de sécurité. Un niveau qui, vraisemblablement, prévaut pour celle de ses ressortissants et investisseurs. Afin de pouvoir s’investir plus sur le sujet à Madagascar, François Hollande a évoqué l’idée d’une coopération judiciaire et, visiblement, policière, aussi, entre la France et Madagascar.
« J’ai abordé cette question de la protection et de la sécurité avec le président Hery Rajaonarimampianina. J’ai voulu que nous puissions définir les coopérations judiciaires à mettre en place de façon à ce que les autorités malgaches puissent assurer la sécurité de ses compatriotes, ainsi que, celles des Français installés dans l’île. Une coopération judiciaire qui permette que des procès puissent se tenir et qu’il n’y ait plus d’impunité », a déclaré le Président Hollande, lors de la rencontre avec la diaspora française, à Ivandry.
Durant la réception d’hier, un journaliste français a déclaré : « Si l’on regarde les statistiques, nos ressortissants ne sont pas plus en danger à Madagascar que dans d’autres pays, même occidentaux. Les Malgaches, selon moi, sont les premières victimes de l’insécurité dans le pays ». L’inter­pellation de François Hollande indique, toutefois, que le rôle des responsables étatiques est de rechercher tous les moyens pour assurer la sécurité de ses administrés, ses compatriotes « sans distinction ». À bon entendeur salut.

Pour une relation excellente

Excellente. Tel est l’adjectif affirmé par le président Hollande pour qualifier la qualité escomptée des relations entre la France et Madagascar. Un but qu’il a soutenu lors de la récéption à la résidence de France, à Ivandry, hier. « Les relations entre nos deux pays, selon les événements politiques et les alternances politiques ont été parfois bonnes, parfois difficiles. Nous devons tout faire pour qu’elle soit excellente, pour que règne une confiance mutuelle », a déclaré le locataire de l’Elysée.
Le Président français a, ainsi, indiqué que c’est dans ce sens qu’il a rendu hommage aux victimes « des événements tragiques », durant l’insurrection d’indépendance de 1947, lors du dépôt de gerbes de fleurs sur la stèle des tirailleurs malgaches morts durant la Grande guerre, samedi, à Anosy. Un événement qui a souvent été source de divergeance entre les deux nations conçoit-il. À lui d’ajouter qu’une « relation exemplaire », entre la France et Madagascar qu’il qualifie de « voisin », devrait assurer une paix dans la zone océan Indien.
Dans cette optique un soutien à la stabilité a été formulé par François Hollande. Un sujet concernant les liens historiques et de ce « voisinage », entre l’Hexagone et la Grande île n’a, cependant, pas été évoqué tout le long du séjour du locataire de l’Elysée. Ni lui, ni les responsables étatiques malgaches, le président Rajaonarimampianina en première ligne ont tenu au silence la question des îles éparses.

Garry Fabrice Ranaivoson

L'express de Madagascar

Le 28/11/16