16. avr., 2020

Coronavirus

VANF ANTRANONKALA

Le pari de l’immunité collective

J’attendais l’annonce de la Chancelière allemande, mais c’est l’Union Européenne qu’on entendit d’abord. Message fort : l’Union Européenne prend acte de la nécessité de «préserver à la fois les intérêts de santé publique et ceux liés au fonctionnement de notre société».

La Commission européenne recommande aux États membres le respect de trois conditions avant un déconfinement qui devra être européen et coordonné : 1) des critères épidémiologiques démontrant une dimunition importante et une stabilisation de la propagation sur une longue durée ; 2) une capacité suffisante du système sanitaire en taux d’occupation des unités de soins intensifs et en disponibilité du personnel soignant et du matériel médical ; 3) une capacité de dépistage rapide à grande échelle ainsi qu’une capacité de suivi et de traçage.

Revendiquant 10.000 lits encore disponibles en soins intensifs, l’Allemagne donc rouvrira ses écoles le 4 mai, tout en maintenant le 1m50 de distanciation sociale et l’interdiction de se réunir à plus de deux personnes à moins d’habiter ensemble. Certains commerces pourront reprendre dès le lundi 20 avril, tandis que les barbiers attendront début mai, mais les manifestations sportives, les cultes religieux et les festivals culturels demeureront suspendus.

Ce 15 avril, le Danemark fut le premier pays européen à rouvrir les écoles. Mais, pourquoi les écoles maternelles et les classes primaires quittent le confinement près d’un mois avant les collèges et les lycées qui n’iront que le 10 mai ? Suppose-t-on les plus jeunes enfants immunisés naturellement contre le Covid-19, alors qu’ils devront être encadrés par des adultes ?

Avec les annonces d’assouplissement du confinement qui se multiplient, l’Europe semble avoir fait le choix de l’immunité collective : se laisser contaminer, tant qu’on n’est pas sujet à comorbidité et complications sanitaires, et attendre que la contamination du plus grand nombre immunise tout le monde.