9. avr., 2018

Chronique de Vanf : ce chiffre-là : de 4020 FMG à 4020 Ariary

Ce devait être en 2002. Presque la préhistoire. Le prix de l’essence (dit ordinaire) était de 4020 FMG. 

Sachant que les prix à la pompe empruntent l'ascenseur dans le sens unique de la montée, malgré quelques atermoiements hypocrites, j’avais vicieusement attendu ce moment où le chiffre de 4020 s’afficherait à nouveau. Pas de manière aussi précise, mais dans une fourchette proche. 

 Entretemps, 2003-2005, l’unité monétaire est passée du FMG à l’Ariary avec un taux d’échange de 5 pour 1 que maniaient depuis longtemps avec grande aisance les marchandes d’Anjoma-Analakely. 

 Je fus donc servi avec cette annonce d’un prix à 4020, Ariary cette fois-ci. La dernière hausse ayant été rapportée presque aussi précipitamment qu’elle avait été hâtivement annoncée, je me dépêche de figer ici ce chiffre que j’ai crû avoir aperçu quelque part. 

En seize ans, le prix du carburant aura donc quasiment quintuplé. À cette époque, je me souviens avoir établi le parallèle entre le prix d’une baguette de pain (dont le rétrécissement n’a d’égal que l’amochissement), le prix d’un journal quotidien (laissons au lecteur le soin de juger de la bonification ou de la décadence du contenu) et le tarif du taxibe. Il fut un temps où ces trois s’affichaient uniformément à 1000 FMG. Depuis, le prix de L’Express de Madagascar a triplé. Le pain bâtard a pris un embonpoint de deux points et demi. Le billet de taxibe menace de repartir à la hausse sans que la qualité du service ni la sécurité des passagers (pas plus que celle des autres usagers de la route) aient jamais été le souci de transporteurs qui prennent en otage la circulation automobile tananarivienne. 

 Mon propos n’est pas celui, sérieux et austère, de la structure des prix ; ni de l’entente manifeste entre les pétroliers ; ni d’une souhaitable découverte de pétrole à Madagascar ; ni d’une encore plus souhaitable production d’un carburant alternatif au tout pétrole ; ni d’une encore plus infiniment souhaitable conversion aux énergies renouvelables. Non, je m’amuserais presque de retrouver mon chiffre mnémonique derrière deux unités monétaires différentes, l’Ariary qui fait cinq Iraimbilanja.