30. sept., 2020

VANF ANTRANONKALA

VANF ANTRANONKALA : Anarchie provisoirement définitive

 

Chaque fois qu’un effort d’ordre et de discipline s’organise, on entend la même rengaine. Des éléments de langage qui tournent en boucle : «Laissez-nous vendre sur la chaussée et sur les trottoirs. Nous avons des bouches à nourrir et des enfants à scolariser». 

À Mahazo, à Ambohimangakely, à Mandroseza, à Namontana, à Ivato, des places de marché existent. Mais, les récalcitrants trouvent toujours prétexte à refuser les emplacements dédiés. Ils ne peuvent pas reprocher l’absence de mesure d’accompagnement, parce que cet aménagement en est une. Ils veulent simplement continuer raccoler sur les trottoirs et colporter sur la voie publique. 

L’autre antienne de l’éducation préalable est à l’oeuvre depuis plusieurs décennies. Mais, combien de siècles de délai de grâce pour acquérir ce triptyque élémentaire mais déjà fondamental : les «tsena» aux marchands, les trottoirs aux piétons, la chaussée aux automobiles. Il y aura toujours un scrupule socialo-humanitaire à ceci ou cela. Ailleurs, la même mansuétude a eu des conséquences catastrophiques : forêts primaires en péril, flore et faune endémiques en voie de disparition, Madagascar en voie de désertification. Faute de «répressif», il faudrait prier que les multi-récidivistes des crimes environnementaux rencontrent le «Fanahy Masina» de la Pentecôte. 

Le laisser-faire invoque un problème de timing. Le Covid-2020, bien sûr. Mais, également les crises 2009 et 2002, voire 1991. Avant 1972, ç’aurait donc été le moment idéal.  Décentralisation inachevée, exode rural et régional, explosion démographique, infrastructures saturées, ressources épuisées. Le sursis consacre le provisoirement définitif de l’anarchie.