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12. nov., 2018

Une opération de certification foncière groupée baptisée « Hetsikaratany » a été lancée depuis la fin de 2017, dans le cadre de la mise en œuvre du projet CASEF ou projet de Croissance Agricole et de Sécurisation Foncière sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Elevage. En moins d’un an, 116 500 parcelles de terrain appartenant aux petits producteurs ont été sécurisées. Les droits de propriété sur ces parcelles de terrain sont entièrement reconnus légalement et l’édition des certificats fonciers sont en cours. C’est ce qu’on a appris lors d’une conférence de presse organisée par le projet CASEF hier à l’hôtel Colbert.

Agriculture contracturelle. Notons que ce projet est financé par la Banque mondiale à hauteur de près de 53 millions USD. « Cette sécurisation foncière groupée permettra de réaliser la stratégie du ministère sur la mise en relation entre les paysans et les investisseurs intéressés dans l’agrobusiness dans le cadre d’une agriculture contractuelle. L’objectif de cette facilitation d’accès au foncier via la délivrance de certificats fonciers pour le statut de propriété privée non titrée vise à accroître la production », a annoncé le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Harison Randriarimanana. Il faut également savoir que cette opération « Hetsikaratany » est menée dans les 20 guichets fonciers communaux se trouvant dans les régions d’intervention du projet CASEF, et ce, via la collaboration avec les ministères en charge de l’Agriculture et en charge de l’Aménagement du Territoire. On peut citer notamment, Analanjirofo, Atsinanana, Analamanga, Itasy et Vakinankaratra.

Objectif final. Par ailleurs, le projet CASEF a doté divers fournitures et matériels informatiques des communes bénéficiaires toujours dans le cadre de cette opération, sans oublier l’appui à l’amélioration du logiciel PLOF et le renforcement de capacité des responsables des guichets fonciers. L’objectif final d’inscrire 500.000 certificats fonciers au terme du projet sera atteint en 2021 à ce rythme, a-t-on conclu.

Midi Madagascar

Le 15/09/18

Navalona R.

22. oct., 2018

RFI AFRIQUE

Madagascar: des riverains manifestent contre leur expropriation

Une centaine de Malgaches se sont réunis pour protester contre l'expropriation de leur terrain pour la construction d'une route reliant une grande entreprise de l'île à l'aéroport, dans la commune d'Andrianotapahana le 10 octobre 2018.
© RFI/Sarah Tétaud

Par RFI Publié le 11-10-2018

En pleine campagne électorale, c’est une affaire dont le candidat et président sortant se serait bien passé. Mercredi, en banlieue de la capitale, une centaine de riverains en passe d’être expropriés ont manifesté leur colère face à un projet présidentiel pour le moins douteux. Une route reliant une grosse entreprise de l’île à l’aéroport est en train d’être construite. Cinq kilomètres ont déjà été remblayés sur des rizières de petits propriétaires. La suite ? Personne ne le sait vraiment. Aucun tracé ne figure sur aucun document officiel. Si les travaux continuent, les prochaines victimes devraient être des agriculteurs et des entreprises artisanales qui emploient plusieurs centaines de personnes. En tout, ce sont plus de 2 500 familles qui vivent dans la peur et se demandent chaque matin si les pelleteuses n’auront pas détruit leur maison ou leur terrain le soir.

A quelques dizaines de mètres, les caravanes des candidats en campagne crachent de la musique, mais les riverains n’ont pas le cœur à la fête. Cette semaine, les travaux de remblai ont commencé au pied de la maison de Mirana.

« Vous voyez, ces deux maisons-là et ce petit étang, c’est à ma famille. Un monsieur de l’Etat est venu nous dire qu’on allait nous donner 4 millions d’ariarys. C’est même pas ce que nous avons dépensé pour construire les maisons ! En partant il a dit  :"Que ça vous aille ou pas, peu importe, c’est un projet d’Etat" »

Père Innocent, le directeur de l’école Don Bosco, est lui aussi remonté. Il s’est retrouvé il y a quelques mois avec des piquets de délimitation plantés dans le jardin de sa congrégation. « Ni l’Etat, ni l’entreprise chinoise CRBC ne nous a contactés pour faire cette route : pas de permis légal, pas de dialogue, pas d’indemnisation. Si la route est construite, évidemment, ça va détruire la moitié de l’école, on ne saura plus où mettre nos jeunes. Mais le plus grave, c’est pour les simples gens, qui ont des maisons, des rizières qui font vivre les Malgaches. C’est comme si tu allais au marché, que tu prenais la marchandise de quelqu’un sans payer, en lui disant  : "Je te paierai quand je voudrai et combien je voudrai" ».

Maître Olala défend les riverains expropriés. Il accuse l’Etat de compromission avec la société qui d’après lui, serait l’unique bénéficiaire du tracé de la route. « L’Etat malgache n’a pas notifié cette décision aux villageois. Il n’a pas non plus demandé leur avis : pas de cahier de doléances, pas d’affichage ! Rien n’a été respecté dans le droit ! Et tout ça, c’est pour servir les intérêts d’une société qui s’appelle Filatex. Et qui accapare tous les biens des petites gens. Filatex a pris plein de terrains, dans la légalité, ou en dehors de toute légalité suivant les cas. Et ça, tous les Malgaches le savent ! »

Quel est le lien réel entre cette entreprise privée et l’Etat ? Mercredi soir, ni le ministère des Travaux publics ni la société pointée du doigt n’a donné suite à nos demandes d’interview. L’avocat exhorte les autorités à faire changer le tracé et préférer la réhabilitation d’une ancienne route. Une requête a été déposée au Conseil d’Etat, seule institution habilitée à gérer les litiges fonciers impliquant l’Etat.

 

1. juil., 2014