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14. sept., 2018

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L'Express de Madagascar

Le 01/09/18

Hajatiana Léonard

22. juin, 2018

C’était un lundi Matin. Kessaria Houssenaly était sur le point de rejoindre son bureau, du côté de Toamasina, quand des hommes armés ont essayé de le kidnapper. La tentative a pourtant échoué suite à la résistance de la victime, quoi que celle-ci ait fini par des blessures et un traumatisme. Trois années plus tard, la victime se porte mieux et a décidé de foncer dans l’humanitaire.

« Des hommes armés ont surgi de nulle part pour tenter de me kidnapper, le 19 janvier 2015 vers 9h du matin, quand je venais à mon bureau. Mon premier instinct était la résistance. Du coup, les kidnappeurs ont paniqué et ont pris la fuite. Ils ont quand même pu tirer deux balles venant d’un fusil Kalacknikov sur ma jambe », nous confie cet opérateur œuvrant dans le commerce à Toamasina. Au lendemain de sa tentative de kidnapping, la victime a été évacuée à La Réunion, où il fut hospitalisé pendant 5 mois. « Je ne pouvais pas bouger du lit pendant cette période, avec 4 opérations sous anesthésie générale. J’ai dû porter un fixateur externe pendant un bon bout de temps », précise notre interlocuteur. Après 6 mois d’hospitalisation et de soins dans cette île sœur, Houssenaly est revenu à Madagascar où il vit depuis sa naissance avec sa famille. « Je me suis dit que tout être humain a déjà vécu l’une des pires conditions au moins une fois dans sa vie, mais ce n’est pas une raison pour reculer », souligne t-il. Quant à la suite de cette affaire, aucune enquête n’a été menée dans l’immédiat, à en croire la victime. « Avec mon évacuation sanitaire d’urgence, il n’y avait pas d’enquête, quoique j’étais par la suite interviewé par le CFOIM (Collectif français d’origine indienne à Madagascar) », renchérit-il.

Foncer dans l’humanitaire

6 mois après la tentative ratée de kidnapping de Kessaria Houssenaly, l’opérateur d’origine indienne est revenu à Madagascar pour s’y réinstaller et poursuivre ses activités dans le commerce. Il fait quand même des allers-retours à La Réunion pour des contrôles médicaux, même après avoir été libéré des appareils orthopédiques qu’il a dû porter pendant 2 ans. « Je suis natif de ce pays, où j’ai grandi. J’y ai pris la relève de mon activité familiale. J’aime Madagascar, j’ai côtoyé des Malagasy et j’ai des amis malagasy. Les Malagasy sont gentils et généreux, ayant de l’hospitalité dans le sang. De plus, il y a beaucoup de choses à faire dans ce pays, que ce soit en termes d’économie, social ou humanitaire. Malgré mes traumatismes physiques et psychologiques suite au kidnapping, je me suis dit que je ne vais pas baisser les bras. Je vais revenir et contribuer à l’amélioration des conditions de vie de mes compatriotes. Désormais, je fonce davantage dans l’humanitaire et j’essaie de rendre plus utile et agréable la vie des gens nécessiteux », témoigne-t-il. D’ailleurs, l’opérateur fait partie des sponsors de la 62e mission des « Médecins de l’océan Indien », laquelle se tiendra à Marovoay du 19 au 28 juin prochain. Dans tous les cas, des précautions s’imposent face à la fréquence des cas de kidnapping de ces derniers temps. Pour la famille de Houssenaly, la vigilance est de mise. « C’est désolant mais on n’y peut rien. Le kidnapping reste dramatique non seulement pour la victime mais aussi pour sa famille, voire la communauté », évoque-t-il. « On a peur. On prend des précautions, mais que faire ? », se demande Danil Ismael, Président-directeur général du groupe SMTP et dont le fils a été kidnappé récemment. La communauté « karàna » ne cesse d’interpeller les autorités à tenir compte de cette situation d’insécurité.


La Vérité

Vendredi 15 juin 2018

Patricia Ramavonirina