6. févr., 2018

Enième kidnapping : défi contre l’Etat ou protection en haut lieu ?

Encore un kidnapping dans la Grande île. Il s’agit cette fois encore d’un opérateur qui a été enlevé hier dans la Commune urbaine de Toamasina. Les circonstances de l’enlèvement sont encore un peu floues, a affirmé une source auprès des forces de l’ordre contactée, hier dans la nuit.

  Ce énième rapt a été enregistré aux environs de 18h15 selon les premiers éléments d’information recueillis. La victime, Akil Cassam Chenaï, a été interceptée par ses ravisseurs, selon des sources locales, devant son domicile à Salazamay.

Selon les mêmes sources, ils étaient trois individus armés de kalachnikovs et à visage découvert à avoir enlevé l’opérateur économique qui est toujours entre les mains de ses ravisseurs, du moins jusqu’à l’heure où nous mettons sous presse. Les trois agents de sécurité issus d’une société privée qui auraient accompagné l’homme n’ont donc pu rien faire.

La victime aurait ensuite été conduite vers une destination inconnue. Des témoignages affirment avoir cependant reconnu le véhicule des ravisseurs, une Renault Express blanche. L’on ne sait pour l’heure pas si une demande de rançon a été reçue par la famille de l’otage.Il s’agit d’un énième kidnapping enregistré dans la Grande île depuis l’avènement de ce phénomène. Le dernier rapt remonte à peine à deux semaines lorsque le patron de Kalidas a été enlevé à Antanimena dans le centre ville d’Antananarivo et ce, en plein jour.  D’ailleurs, jusqu’à hier, en tout cas, cet opérateur serait toujours entre les mains de ses kidnappeurs.  La plaie ne s’est même pas encore refermée.

Que ce soit la même bande que celle qui a perpétré le kidnapping de Kalidas ou une autre, force est de constater que les kidnappeurs font preuve d’assurance à toute épreuve.

Ces derniers ne prennent plus la peine de se cacher et opèrent en plein jour. Par ailleurs, après l’enlèvement du patron de la bijouterie Kalidas, le dispositif de vigilance anti-kidnapping des autorités, (s’il y en avait…) ne devrait pas encore être levé.

Pour les observateurs, de deux choses l’une : soit, les auteurs de ces kidnappings défient littéralement le pouvoir étatique malgache, étant conscient des défaillances de l’Etat en matière de sécurité.
Soit, et ce serait pire, les  auteurs de ces rapts seraient protégés par des personnes en haut lieu qui pourraient d’ailleurs se servir de ces enlèvements contre rançons pour se constituer un fonds de propagande. En tout cas, la sécurité des opérateurs économiques est plus que jamais en péril à l’heure actuelle car il s’agirait d’un racket déguisé si cette seconde option est avérée.
En outre, ce énième enlèvement conforte la position exprimée par les groupements professionnels de Madagascar. La semaine dernière dans un communiqué, ces derniers ont fustigé la faiblesse de l’Etat malgache face à la répétition des cas de kidnapping.

« Tout le monde est en danger, trop c’est trop ! » avaient crié ces professionnels issus de différents secteurs pour qui ces rapts sont une plaie pour le secteur des affaires à Madagascar. 

La Vérité

Le 03/02/18

La Rédaction