13. févr., 2018

Kidnapping a répétition : les condamnations se multiplient

Seulement en l’espace de quelques semaines, deux cas d’enlèvement ont eu lieu. La dernière en date est celui  Akyl Cassam Chenaï, kidnappé et à Salazamay Toamasina,  vendredi dernier. Face à cette fréquence alarmante de ce phénomène, les réactions fusent de partout.

Après le secteur privé et la société civile et dernièrement, l’ambassadeur de l’Inde à Madagascar, le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), au cours d’une rencontre avec la presse, samedi, au siège de l’association, a interpellé les autorités.

Par la même occasion, elle a énergiquement condamné la suite sans fin de kidnappings. Jean-Michel Frachet, directeur exécutif du CFOIM, a indiqué : « 2018 débute comme s’est achevée l’année 2017, c’est-à-dire, sur fond d’insécurité ».

« L’année commence bien mal. Deux nouveaux cas de kidnapping ont eu lieu depuis le début de l’année. Ce phénomène s’accélère depuis quelques mois et touche particulièrement la communauté des ressortissants d’origine indienne ».

Il a aussi ajouté que ces gens représentent une partie importante de l’économie du pays.

« Par leur travail, ils sont également et surtout, contributeurs de création de richesses et d’emplois pour Madagascar. Par contre, des gens estiment qu’il faut stigmatiser, martyriser et harceler cette communauté en développant de plus en plus fréquemment les actes de kidnapping. Cela n’est pas acceptable ni humainement ni légalement. Trop, c’est trop ! Tout cela doit cesser », a-t-il lancé.

L’on sait que depuis un an, plus de dix kidnappings ou tentatives d’enlèvement ont eu lieu. Jean-Michel Frachet a souligné que c’est une accélération incroyable, inacceptable et intolérable. Il a aussi fait savoir que le sujet dépasse largement la communauté des ressortissants d’origine indienne.

« Pendant longtemps, j’ai entendu dire que c’est une affaire entre Indiens. Non ! C’est, je crois, la meilleure façon de dire, on ne va pas regarder ce phénomène en face et c’est la meilleure façon de dire, on ne va pas s’en occuper », a déclaré Jean-Michel Frachet. Pour étayer ses propos, il a précisé que l’actualité récente montre que d’autres communautés sont victimes de ces enlèvements. Il a cité, entre autres, le rapt d’un directeur français, celui d’un Chinois et dernièrement, d’un enfant d’origine malgache.

Drame économique

Tout en dénonçant la dégradation de la situation sécuritaire au pays, il a évoqué les effets néfastes du kidnapping. « Aujourd’hui, ce drame humain se double d’un drame économique. Dans les mois qui sont passés, on me dit qu’un certain nombre de familles relevant de la communauté indienne de Madagascar ont fait le choix de quitter le pays. D’abord, pour mettre les familles à l’abri des kidnappeurs, les femmes et les enfants. Mais les maris, dans certaines familles, ont fait le choix  de faire des voyages pour revenir et continuer de travailler à Madagascar. Mais, on peut facilement imaginer que si tout cela continue, un jour ou l’autre, ces mêmes familles vont décider de relocaliser leurs entreprises, leurs activités, leurs actifs dans d’autres pays. Madagascar n’a pas besoin de cela. Nous devons être tous solidaires pour aller vers la voie du développement, en assurant une sécurité pour tout le monde », a expliqué Jean-Michel Frachet.

Il a terminé son intervention en indiquant que l’image du pays est écornée par ce fléau. Sur ce, il a rappelé l’alerte récemment lancée par le secteur privé. « Le secteur privé, dans sa globalité, dans sa diversité, dans sa puissance, est en train de s’élever avec force. Il a alerté les autorités sur les risques immédiats que présente la situation sécuritaire pour leurs activités, pour leurs employés, pour le développement de leurs investissements et au-delà de ça, l’attractivité du pays. Quel investisseur voudrait venir investir à Madagascar lorsqu’il sait que le risque de se voir kidnapper un jour existe ?», a-t-il conclu.

Les Nouvelles

Le 05/02/18

Mparany