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2. mars, 2017

LITCHIS

Les litchis malgaches sont très demandés sur le marché européen en ce moment. Les offres n’arrivent plus à satisfaire les demandes.

Une situation à péren­niser. Les offres malgaches n’arrivent plus à satisfaire les demandes des consommateurs sur le marché international. « Les premiers conteneurs réceptionnés en fin de semaine dernière n’ont pas suffi à satisfaire les commandes des centrales de la grande distribution », rapporte le Centre technique et horticole de Tamatave(CTHT) dans La lettre du Litchi en date du 5 janvier.
C’est une situation que la filière litchi n’a jamais rencontrée lors d’une campagne de commercialisation. Deux conteneurs de 1 180 tonnes qui devaient débarquer en Europe les 8 janvier et 13 janvier ont déjà été pré-vendus. Les cargaisons de 16 415 tonnes déjà expédiées sur le marché européen se sont écoulées sans problème.  Et les grandes distributions en redemandent.

Qualité
Les fruits malgaches affichent d’ailleurs un prix très concurrentiel par rapport aux produits d’autres pays comme l’Afrique du Sud, l’île Maurice, La Réunion, Mozambique. Le litchi en provenance de Madagascar est vendu entre deux à trois euros le kilo sur le marché européen alors que ceux de l’île Maurice et La Réunion sont vendus respectivement à 7 euros et 6 euros le kilo sur le marché français. Des prix avantageux du fait que la plupart des exportations se font par bateau conventionnel contrairement aux autres pays qui ont choisi de les expédier par avion.
La fin de campagne s’annonce donc positive pour le litchi malgache. Cette situation est due à la bonne tenue et la qualité des fruits malgache. Les fruits ont relativement bien répondu aux qualités requises, en termes de maturité et de calibrage, pour l’exportation. « La concurrence est fortement ressentie par les fruits Sud africains qui peinent à se commer­cialiser face aux produits de Madagascar. De calibres globalement inférieurs à ceux des campagnes précédentes, les fruits sud africains ne bénéficient pas cette année d’une comparaison flatteuse vis-à-vis des litchis de Madagascar », selon le CTHT.

L'Express de Madagascar

Le 11/01/2017

Lova Rafidiarisoa

29. déc., 2015

Vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous pour visualiser l'article intitulé: "l'agriculture urbaine encouragée"

 

L'agriculture urbaine encouragée

11. déc., 2014
5. déc., 2014

Témoignage

 

Reportage sur la campagne 2014 d'exportation des litchis

La campagne 2014 d’exportation des litchis est terminée. Très heureux d’avoir vécu ce temps fort, pour l’économie Malgache, de l’intérieur qui fait vivre 30.000 familles dans la région de Tamatave.

 

Je travaillais chez le plus important exportateur de litchis et précurseur, voilà 30 ans, de ce marché vers l’Europe au moment des fêtes de fin d’année. A Tamatave, il possède 3 sites de traitement et a employé 2600 personnes pour cette campagne. Nous étions 7 ou 8 vazaha (français) dans l’encadrement sur les différents sites. Bien évidement nous avions suivi une formation.

 

Les litchis sont amenés à Tamatave par des collecteurs qui chargent les fruits jusqu’à 100 km au Nord et au Sud de Tamatave. Les litchis sont récoltés jusqu’au fin fond de la brousse, et transportés dans des paniers en écorce de bambou, tapissés, pour la conservation des litchis, de feuilles de Ravinala (l’arbre du voyageur). Chaque panier ou Garaba pèse environ 25 kg. Les garaba sont amenés, y compris en pirogue, aux abords des routes où les véhicules peuvent rouler. Certains véhicules, dont beaucoup venant de la capitale, sont des mini-bus débarrassés de leurs sièges. Notre centre pouvait recevoir de gros camions.

 

Mon rôle était la surveillance, l’organisation et la bonne exécution d’un certain nombre de taches qui allaient de la réception des garaba, au triage des litchis, puis en sortie de tapis se déversaient dans des bacs et enfin poser les bacs de 20 kg sur des palettes (30 bacs par palette) avant qu’elles rentrent dans un des 5 box de soufrage pour 1 heure (16 palettes par box). Je m’occupais de 8 tapis de triage sur les 14, soit au total, entres les différents postes, 90 personnes avec 2 assistants malgaches (étudiants). En plus, une personne était chargée de la traçabilité des litchis, plus une autre gérant le soufrage, extrêmement réglementé.  

 

Faisant parti de l’équipe de jour je travaillais de 6h à 18h. J’avais de quoi m’occuper et ne voyait pas les 12h passées. Toujours debout, à courir d’un tapis de triage à un autre, surveillant le triage, le bon remplissage des bacs, vérifiant que l’espace travail soit propre, répétant sans cesse les mêmes paroles, anticipant l’approvisionnement en bacs et palettes. J’aidais parfois à porter les bacs de 20 kg, pousser les lourdes palettes dans les box, ravitailler en bacs etc…. Donc malgré tout, je rentrais sur les rotules à la maison.

 

Après le soufrage, se trouvait le conditionnement avec le pliage des cartons, un nouveau triage des litchis avant le remplissage des cartons sur 18 postes, l’assemblage de 180 cartons par palette, chargement des palettes dans une semi-remorque et enfin transport des palettes au port.

 

Tous ces équipements, tous ces bâtiments, chez tous les exportateurs, ne sont utilisés que 10 jours par an. Le reste de l’année, ils sont fermés.

 

Remarques : La qualité des litchis varie beaucoup, y compris pour un même collecteur qui s’approvisionne chez différents producteurs. Cette différence de qualité se retrouve sur les étales en Europe, y compris pour une même palette. Cette année la récolte est moyenne par manque de pluie, les litchis sont de tailles variables, parfois petits mais très sucrés. Le soufrage est obligatoire pour que le fruit se conserve pendant le transport. Il sort jaune après le soufrage et reviendra rouge après 3 semaines. Dès maintenant en Europe, on trouve des litchis en grappe, non soufrés, arrivant par avion.

 

Quelques chiffres sur les litchis :

- Production de notre centre de traitement par les 800 personnes en 2 équipes : 200 palettes jour de 1200 kg, soit 36.000 cartons de litchis par jour

- Prix d’achat, au collecteur, après le triage et avant le soufrage : environ 1000 ariary le kg, soit 0,37 € (les collecteurs sont payés au bac après le triage)

- Poids d’un carton sorti du conditionnement : 6,3 kg

- Poids d’un carton après 3 semaines de navigation : environ 5,5 kg

- Prix du transport : 0,30 euros par kg

- Exportation, vers l’Europe, pour les fêtes de fin d’année : environ 18.000 tonnes

- 2 navires frigorifiques sont partis et arriveront à la mi-décembre en Europe

- Production annuelle à Madagascar : 100.000 tonnes (4ème ou 5ème pays producteurs)

- Salaire journalier de la main d’œuvre Malgache (hors encadrement) : 8000 ariary (2,50 €) pour l’équipe de jour et 9000 ariary (2,80 €) pour l’équipe de nuit. Soit respectivement 0,21 € et 0,23 € par heure…….