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7. sept., 2017

Anomalie. À Madagascar, comme dans la plupart des pays en développement, les marchés publics présentent d’importantes faiblesses. « On fait face à une recrudescence des mauvaises pratiques visant à entraver la libre concurrence dans l’achat public », selon un communiqué de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) paru dans plusieurs journaux de la capitale, hier. D’après un rapport présenté par la Commission nationale des marchés (CNM), plusieurs cas d’anomalies touchant le respect des normes de procédure des marchés publics ont été identifiées, 75% des passations seraient irrégulières selon cette commission. D’autre part, « Plus des deux tiers (69%) des dirigeants d’entreprises soumissionnant à des marchés publics à Madagascar considèrent comme inéquitable le processus de passation des marchés dans leur secteur d’activité », selon l’enquête Corruption in Antananarivo’s Public Services (CAPS), réalisée par Transparency Interna­tional – Initiative Madagascar en novembre 2014.
Consécutive à de telles situations, l’ARMP a fait savoir que l’organe procèdera dorénavant à l’application des sanctions: « des mesures appropriées seront prises à l’encontre des auteurs de ces pratiques condamnables. Ces mesures concernent notamment toutes manœuvres, sous quelques formes que ce soit, contraires aux principes de la liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, et qui sont institutionnellement destinées à priver certains participants de leur droit à l’information ».

Apport


Achat de biens et de services, de commande ou encore de concessions octroyées par l’Admi­nistra­tion, les marchés publics représentent un marché important pour les entreprises. Ils contribuent à hauteur  de 9 à 10% du PIB et les marchés publics représentent une part très importante dans les dépenses publiques. Ils peuvent être considérés parmi les principaux vecteurs de croissance d’un pays. Selon une publication de l’Organisation Internationale de Droit du Développement : « Une bonne gestion des marchés publics permet de réaliser des économies sur les dépenses de l’État, de contribuer efficacement à la lutte contre la pauvreté et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ». À Madagascar,  le paiement d’un montant moyen correspondant à 25% de la valeur du marché est nécessaire pour arriver à décrocher une commande publique, selon les chiffres de Transparency Interna­tional.

L'Express de Madagascar

Le 02/09/17

Par Soa-Mihanta Andriamanantena

29. août, 2017

Des prestataires ont détourné les fonds des pharmacies publiques. Des poursuites et demandes de remboursement ont été lancées.

La gestion des pharmacies publiques passée au peigne fin. Plus de 760 millions d’ariary se seraient évaporés depuis 2009, au profit des prestataires qui ont été appelés à gérer ces services des hôpitaux ou des centres de santé publique. “Des audits établis ont mis à nu ces vols et détournements de fonds. Ce phénomène a été constaté dans presque toutes les régions”, explique le Dr Nicole Mahavany, directeur de la Pharmacie, des Laboratoires et de la Médecine Traditionnelle. C’était à l’hôtel le Pavé Antaninarenina, hier, dans le cadre de la clôture de l’atelier de plaidoyer sur la gestion des intrants de santé.
Ces détournements ont engendré la diminution des fonds utilisés pour le ravitaillement de médicaments dans les pharmacies publiques. Le ministère de la Santé publique a lancé les poursuites des présumés auteurs et une demande de remboursement, pour mettre un terme à ce fléau. Malheureusement, il sort souvent perdant. “Des fois on gagne, d’autres, fois, on perd, faute de preuves. Certains ont été déjà condamnés,  la plupart n’ont pas remboursé la somme qu’ils ont volée”, déplore le Dr Nicole Mahavany.

Manque de pharmacien

Le manque crucial de pharmaciens fonctionnaires aurait donné de l’élan à cette pratique malsaine. L’État était obligé d’avoir recours au service des prestataires pour gérer les pharmacies. Seulement 6% des unités de pharmacie sont gérées par des agents du ministère de la Santé publique, actuellement. “Les étudiants ont poursuivi des études en pharmacologie à l’étranger vers l’an 2000, faute de département de formation de pharmacien. En revenant à Madagascar, ils refusent de travailler pour le public, à cause du maigre salaire”, poursuit ce directeur.
La tendance commencerait à changer. L’université d’Antananarivo forme des pharmaciens, depuis quelques années. Ils sont incités à intégrer le corps des fonctionnaires. Malgré cela, le ministère ne peut pas encore se passer du service des prestataires. Il n’y a que douze pharmacies des hôpitaux sur les soixante treize existantes qui soient tenues par des pharmaciens fonctionnaires.


Ce détournement devrait baisser énormément, au premier trimestre de l’an 2018. “Chacun prendra ses responsabilités. Des évaluations seront effectuées, et le renouvellement du contrat entre le ministère et le prestataire ne s’effectuera qu’après des audits”, révèle une source. Le partenaire du ministère de la Santé publique, à savoir l’Agence des États-Unis pour le développement interantional (USAID) recommande à ce que les directeurs régionaux de la Santé publique sensibilisent les responsables à leur niveau pour que la gestion soit plus efficace.

L'Express de Madagascar

Le 19/08/17

Miangaly Ralitera

22. août, 2017

L’atelier de restitution des résultats et de recueil des recommandations sur le projet « Pour une Transparence des Rémunérations des Agents Publics à Madagascar » ou TRAP, conduit par Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM), a eu lieu hier au DLC Anosy en présence de quelques sénateurs, des représentants de la société civile, de la communauté internationale, de la Cour des Comptes et du Secrétaire général du ministère de la Fonction Publique. Le constat est un peu amer : les données sont incomplètes faute d’accessibilité des sources. A cet effet, Claude Fanohiza, directeur exécutif de TI-IM explique : « Nous avons travaillé pendant cinq mois. Ce qui fait que le délai qui nous a été imparti est loin d’être suffisant. De surcroît, certaines données n’ont pas été divulguées, car il fallait l’aval des supérieurs hiérarchiques des responsables que nous avons interrogés ».

Néanmoins, l’atelier a intéressé plus d’un et de nouvelles recommandations ainsi que quelques pistes de réflexions ont été lancées. A ce sujet, la fiabilité des données en question a été discutée. Landy Rakotondrasoa, responsable juridique au sein de TI-IM a répondu qu’elles sont « fiables mais incomplètes ». Et elle d’ajouter qu’ « un rapport y afférent sortira d’ici peu ».

Recommandations. Quoi qu’il en soit, TI-IM a pu fournir quelques chiffres importants. On a su, par exemple que le président de la République perçoit sa rémunération suivant l’indice 4 500. Celle du Premier ministre suit l’indice 3 700. Les deux bénéficient respectivement de 60 000 Ariary et 8 000 Ariary d’indemnités de représentation. Aussi ont-ils droit respectivement à 8 et 6 gens de maison. Par ailleurs, TI-IM a également informé que le ministère des Affaires étrangères est le ministère le plus payé, si le ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement Numérique est le moins payé. Toutefois, quelques recommandations ont été avancées. Il s’agit, entre autres, de mettre en place le système de la méritocratie au niveau de la Fonction publique, de renforcer le contrôle des finances publiques en étoffant le nombre des inspecteurs généraux de l’Etat ou encore d’établir une cartographie de la fonction publique pour une harmonisation des recrutements. Pour asseoir la transparence, Claude Fanohiza a appelé les partenaires techniques et financiers de TI-IM à ce que « ce projet continue ».

Midi Madagascar

Le 14/06/17

Aina Bovel