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1. févr., 2018

Le taux de bancarisation des fonctionnaires malgaches est des plus faibles en Afrique. L’e-administration sera dynamisée.

Mondialisation oblige. Les fonctionnaires sont astreints à suivre la vague de la modernisation via la technologie. C’est ce qui ressort de la séance d’information donnée conjointement par la Bank of Africa (BOA) Madagascar et le ministère de la Fonction publique, de la réforme de l’Administra-tion, du travail et des Lois sociales (MFPRATLS), hier.  Le secrétaire général de ce ministère a avancé un taux de bancarisation, des fonctionnaires de l’État malgache avoisinant les 10%. La Banque centrale de Mada-gascar présente, sur son site, un chiffre de 4% pour le taux global de bancarisation dans le pays. «Des études sur la bancarisation des fonctionnaires ont été menées par des Congolais et il en ressort que le taux est très faible. D’où il convient de dynamiser le système de bancarisation pour atteindre à moyen terme 40 à 50% des fonctionnaires» précise Alisoa Christophe Randriamanantena, secrétaire général du MFPRALTS. Une convention de partenariat sera alors signée ce jeudi avec la BOA lors de la journée porte ouverte au ministère, organisée pour informer et appeler les fonctionnaires du MFPRALTS à entrer dans le système bancaire. «Les agents de la BOA viendront dans les locaux du MFPRALTS pour faire connaître les avantages d’une ouverture de compte, du fonctionne- ment des épargnes et des crédits ainsi que d’autres pivilèges spéciaux pour les fonctio- nnaires» souligne Vololo-manitra Rakotondralambo, directeur général adjoint de la BOA Madagascar.

Réforme

Le MFPRALTS  a déclaré être en plein chantier de la réforme de l’Administration. «La bancarisation assurera la sécurisation des salaires et sera un moyen de lutte contre les fonctionnaires fantômes» précise le secrétaire général. «L’e-administration ou l’administration via électronique s’avère être un des meilleurs moyens de mise aux normes de l’administration malgache» précise-t-il. La BOA a souligné qu’elle appuiera le MFPRALTS dans la mise en oeuvre effective de cette e-administration en s’inspirant du modèle marocain. «Le groupe BMCE (Banque marocaine du Commerce extérieur), auquel appartient la BOA Madagascar en a fait l’expérience en partant d’un taux de bancarisation de 5% et qui a atteint 45% en une courte période» indique le directeur général adjoint de la banque.  L’État marocain a sorti un décret obligeant les fonctionnaires à entrer dans le système bancaire. À Madagascar, ce genre de loi existe mais est apparemment, peu suivie. La banque a affiché une certaine confiance en espérant que 50% des fonctionnaires seront bancarisés bien avant 2025. Avec ses quatre vingt treize agences dans toute l’île, présentes dans les vingt-deux régions, elle servira de relais à l’effectivité de cette e-administration.  Du matériel sera également octroyé par la BOA jeudi, à la journée porte-ouverte.

L'Express de Madagascar

Le 07/11/17

Mirana Ihariliva

29. déc., 2017

Les faux fonctionnaires engendrent une perte de près de soixante huit milliards d’ariary par an pour l’Etat. La bancarisation est préconisée pour y remédier.

Opportunité. La bancarisation des fonctionnaires est une occasion de repérer les fonctionnaires fantômes qui sont actuellement chiffrés à quelques dix-sept mille. Le ministre de la Fonction publique, de la réforme administrative, du travail et des lois sociales (MFPRATLS), Jean de Dieu Maharante, lors de la journée porte-ouverte sur la sensibilisation à la bancarisation des fonctionnaires, hier, a avancé ces chiffres tout en émettant quelques réserves. « Les statistiques font état de ces chiffres. Mais il pourrait y avoir de hausse ou de baisse rendant difficile  l’obtention du nombre exact vu l’impossibilité de le mettre à jour fréquemment. Les décédés, ceux qui sont partis en congé ou en retraite peuvent être inclus comme des fonctionnaires fantômes lors des recensements », a-t-il précisé.  « L’Etat perd six milliards huit cent millions d’ariary environ  tous les mois », a-t-il concédé. « La bancarisation aidera à distinguer les faux des vrais », a estimé le ministre responsable. En outre, le nouveau matériel informatique octroyé au MFPRATLS par la banque BOA Madagascar appuiera  les efforts de réforme lancés par ce département.

Bancarisation

La convention de partenariat signée entre le MFPRATLS et la banque BOA Madagascar permettra de remédier à ce nombre non évident. « Le pack fonctionnariat où dix privilèges sont proposés aux fonctionnaires, de même que les autres offres,  aideront à motiver les fonctionnaires à se lancer dans le système de bancarisation », a expliqué Alphonse Ralison, président du Conseil d’administration de la BOA Madagascar.  «La bancarisation des salaires aidera le MFPRTALS à distinguer les fonctionnaires de ceux qui ne le sont pas réellement. Elle constitue également une opportunité d’accès à des crédits pour pouvoir améliorer leur niveau de vie », a-t-il rajouté

La journée porte ouverte d’hier a été une occasion de faire connaître les différentes directions du MFPRALTS au public et une opportunité pour les fonctionnaires d’avoir de plus amples informations sur le système bancaire. « Tout ce qui concerne les crédits, entre autres, les intéresse. Et on leur fait savoir que les abonnés Airtel et Orange peuvent être reliés directement à leur compte BOA via SMS pour connaître leur situation de compte ou d’autres services », a précisé un agent commercial de la BOA Madagascar dans les locaux du MFPRATLS aux 67ha.

L'Express de Madagascar

Le 10/11/17

Mirana Ihariliva

7. sept., 2017

Anomalie. À Madagascar, comme dans la plupart des pays en développement, les marchés publics présentent d’importantes faiblesses. « On fait face à une recrudescence des mauvaises pratiques visant à entraver la libre concurrence dans l’achat public », selon un communiqué de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) paru dans plusieurs journaux de la capitale, hier. D’après un rapport présenté par la Commission nationale des marchés (CNM), plusieurs cas d’anomalies touchant le respect des normes de procédure des marchés publics ont été identifiées, 75% des passations seraient irrégulières selon cette commission. D’autre part, « Plus des deux tiers (69%) des dirigeants d’entreprises soumissionnant à des marchés publics à Madagascar considèrent comme inéquitable le processus de passation des marchés dans leur secteur d’activité », selon l’enquête Corruption in Antananarivo’s Public Services (CAPS), réalisée par Transparency Interna­tional – Initiative Madagascar en novembre 2014.
Consécutive à de telles situations, l’ARMP a fait savoir que l’organe procèdera dorénavant à l’application des sanctions: « des mesures appropriées seront prises à l’encontre des auteurs de ces pratiques condamnables. Ces mesures concernent notamment toutes manœuvres, sous quelques formes que ce soit, contraires aux principes de la liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, et qui sont institutionnellement destinées à priver certains participants de leur droit à l’information ».

Apport


Achat de biens et de services, de commande ou encore de concessions octroyées par l’Admi­nistra­tion, les marchés publics représentent un marché important pour les entreprises. Ils contribuent à hauteur  de 9 à 10% du PIB et les marchés publics représentent une part très importante dans les dépenses publiques. Ils peuvent être considérés parmi les principaux vecteurs de croissance d’un pays. Selon une publication de l’Organisation Internationale de Droit du Développement : « Une bonne gestion des marchés publics permet de réaliser des économies sur les dépenses de l’État, de contribuer efficacement à la lutte contre la pauvreté et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ». À Madagascar,  le paiement d’un montant moyen correspondant à 25% de la valeur du marché est nécessaire pour arriver à décrocher une commande publique, selon les chiffres de Transparency Interna­tional.

L'Express de Madagascar

Le 02/09/17

Par Soa-Mihanta Andriamanantena

29. août, 2017

Des prestataires ont détourné les fonds des pharmacies publiques. Des poursuites et demandes de remboursement ont été lancées.

La gestion des pharmacies publiques passée au peigne fin. Plus de 760 millions d’ariary se seraient évaporés depuis 2009, au profit des prestataires qui ont été appelés à gérer ces services des hôpitaux ou des centres de santé publique. “Des audits établis ont mis à nu ces vols et détournements de fonds. Ce phénomène a été constaté dans presque toutes les régions”, explique le Dr Nicole Mahavany, directeur de la Pharmacie, des Laboratoires et de la Médecine Traditionnelle. C’était à l’hôtel le Pavé Antaninarenina, hier, dans le cadre de la clôture de l’atelier de plaidoyer sur la gestion des intrants de santé.
Ces détournements ont engendré la diminution des fonds utilisés pour le ravitaillement de médicaments dans les pharmacies publiques. Le ministère de la Santé publique a lancé les poursuites des présumés auteurs et une demande de remboursement, pour mettre un terme à ce fléau. Malheureusement, il sort souvent perdant. “Des fois on gagne, d’autres, fois, on perd, faute de preuves. Certains ont été déjà condamnés,  la plupart n’ont pas remboursé la somme qu’ils ont volée”, déplore le Dr Nicole Mahavany.

Manque de pharmacien

Le manque crucial de pharmaciens fonctionnaires aurait donné de l’élan à cette pratique malsaine. L’État était obligé d’avoir recours au service des prestataires pour gérer les pharmacies. Seulement 6% des unités de pharmacie sont gérées par des agents du ministère de la Santé publique, actuellement. “Les étudiants ont poursuivi des études en pharmacologie à l’étranger vers l’an 2000, faute de département de formation de pharmacien. En revenant à Madagascar, ils refusent de travailler pour le public, à cause du maigre salaire”, poursuit ce directeur.
La tendance commencerait à changer. L’université d’Antananarivo forme des pharmaciens, depuis quelques années. Ils sont incités à intégrer le corps des fonctionnaires. Malgré cela, le ministère ne peut pas encore se passer du service des prestataires. Il n’y a que douze pharmacies des hôpitaux sur les soixante treize existantes qui soient tenues par des pharmaciens fonctionnaires.


Ce détournement devrait baisser énormément, au premier trimestre de l’an 2018. “Chacun prendra ses responsabilités. Des évaluations seront effectuées, et le renouvellement du contrat entre le ministère et le prestataire ne s’effectuera qu’après des audits”, révèle une source. Le partenaire du ministère de la Santé publique, à savoir l’Agence des États-Unis pour le développement interantional (USAID) recommande à ce que les directeurs régionaux de la Santé publique sensibilisent les responsables à leur niveau pour que la gestion soit plus efficace.

L'Express de Madagascar

Le 19/08/17

Miangaly Ralitera