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8. avr., 2020

UFE monde

Covid-19 - Conseils en cas de difficulté sur le règlement des pensions alimentaires

Le Covid-19 a touché de plein fouet des millions d’emplois et a un impact négatif sur les revenus des parents et leur capacité à assumer leurs obligations alimentaires. Que se passe t’il si l’autre parent, résidant en France ou à l’étranger ne verse plus la pension alimentaire mensuelle mise à sa charge ou décide unilatéralement d’en baisser le montant ?

Le monde entier est désormais touché par la pandémie du Covid-19. Les mesures de confinement se généralisent, bouleversant le quotidien de millions de personnes et l’économie de tous les pays.

Nous avons précédemment émis des recommandations permettant de préserver au mieux l’exercice conjoint de l’autorité parentale durant cette période exceptionnelle et surtout d’éviter le recours au juge de l’urgence pour des questions relatives au droit de visite et d’hébergement, à la résidence alternée ou la communication entre parents.

Voici nos conseils et les informations à avoir en tête concernant le recouvrement de la pension alimentaire.

1/ Privilégier le dialogue 

La pandémie Covid-19 affecte la vie professionnelle de chacun. Le chômage partiel, les arrêts maladies voire même l’impossibilité totale de poursuivre son activité professionnelle pour les travailleurs indépendants, peuvent entrainer une diminution ou une suppression de revenus.

Face à cette baisse soudaine de revenus, certains débiteurs d’une obligation alimentaire pourraient décider unilatéralement de supprimer ou de réduire le versement de la pension alimentaire.

Dans cette hypothèse, il faut toujours privilégier le dialogue entre les deux parents et rechercher une solution amiable, le but étant de préserver l’intérêt de votre ou de vos enfants. 

La recherche d’un accord peut être tentée par des discussions soit directes soit entre avocats, via une médiation à distance ou tout mode de règlement amiable permettant de débloquer la situation.

Si les discussions n’avancent pas, il est préférable d’échanger par mails ou autres messages afin de conserver une trace écrite du différend et des arguments de chacun.

Si vous parvenez à trouver un accord sur le montant de la pension alimentaire ou les modalités de versement, il est fortement conseillé de matérialiser cet accord par écrit, afin de constituer une preuve et de détailler au maximum les éléments qui ont conduit à cette modification ainsi que les nouvelles modalités temporaires de règlement tel qu’un échéancier de règlement.

2/ Eviter au maximum les procédures d’exécution forcée 

Le jugement de divorce, le jugement statuant sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale ou la convention de divorce par consentement mutuel constituent un titre exécutoire permettant d’engager une procédure ; il est néanmoins indispensable de favoriser une voie amiable avant toute tentative de recouvrement forcée.

En cas d’échec du règlement amiable, les procédures de recouvrement demeurent envisageables y compris pendant la période de confinement. Elles sont toutefois plus difficiles à mettre en œuvre.

En France, la Chambre nationale des commissaires de justice, section huissiers de justice, a transmis les premières directives professionnelles aux huissiers de justice. A ce jour, la chambre nationale recommande de reporter au maximum les procédures d’exécution forcée. 

Il est très probable que les pays étrangers, notamment les pays situés en Europe, épicentre de la pandémie, aient pris des mesures similaires ou vont en prendre dans les jours à venir. 

C’est pourquoi, il est de votre intérêt mais surtout de l’intérêt de vos enfants pendant cette période de confinement, d’instaurer immédiatement un dialogue dès qu’une difficulté survient.
 

Dans l’hypothèse où des voies de recouvrement forcée s’avèreraient nécessaire, voici les différentes situations :

- Si vous résidez en France et que le débiteur réside à l’étranger 

Vous pouvez vous adresser au bureau du recouvrement des créances alimentaires du Ministère des affaires étrangères afin de faire parvenir un dossier de demande de recouvrement de créances alimentaires. Le bureau de recouvrement adressera votre dossier à l’autorité centrale de l’État dans lequel votre ex-conjoint(e) réside.

Les coordonnées du bureau de recouvrement des créances alimentaires sont les suivantes : 
 

Par téléphone : +33 (0)1 43 17 90 01

Par courrier : 

Ministère des affaires étrangères

Direction des Français à l'étranger et de l'administration consulaire

Service des conventions, des affaires civiles et de l’entraide judiciaire

Mission de la protection des droits des personnes

Bureau du recouvrement des créances alimentaires (RCA)

27, rue de la Convention

CS 91533

75732 Paris Cedex 15

Par mail : obligation.alimentaire@diplomatie.gouv.fr
 

Si vous souhaitez suivre une procédure de recouvrement des pensions alimentaires impayées à l’étranger, le lieu de résidence du débiteur de l’obligation alimentaire aura un impact sur votre démarche : 

→Le débiteur réside dans un pays membre de l’Union Européenne

Le recouvrement des pensions impayées sera facilité. En effet, l’exécution forcée de votre titre exécutoire est facilitée dans les pays membres de l’Union Européenne par le règlement européen du 18 décembre 2008 : une décision de justice rendue en France sera automatiquement reconnue dans un pays membre de l’Union Européenne. 

De plus, le règlement prévoit la procédure de recouvrement des créances entre les pays membres de l’Union Européenne

→Le débiteur réside dans un pays non-membre de l’Union Européenne 

Vous devrez faire reconnaître votre jugement dans le pays où réside le débiteur, si cela n’est pas déjà effectué, puis la démarche à suivre dépendra du pays de son lieu de résidence.

- Si vous résidez à l’étranger mais que le débiteur réside en France 

Vous devez saisir l’autorité centrale en matière de recouvrement d’aliments de votre pays de résidence afin qu’il constitue le dossier et le transmette au bureau du recouvrement des créances alimentaires. 

Le bureau des créances alimentaires ne pourra pas traiter directement votre demande et doit, dans un premier temps être saisi par son homologue étranger. 

Une fois saisi il pourra alors s’adresser à un huissier de justice, compétent en matière de recouvrement de créance. 

- Si vous et le débiteur résidez dans un pays étranger 

Le bureau de recouvrement des créances alimentaires n’est pas compétent pour vous aider dans votre démarche. Vous devrez alors vous adresser aux autorités centrales des pays où vous-même et votre débiteur résidez pour connaître la procédure applicable. 

À retenir :  

Dans le contexte de crise sanitaire Covid-19, il convient de davantage privilégier le dialogue avec votre ex-conjoint(e), dans votre intérêt et dans l’intérêt de vos enfants, en cas de survenance d’une difficulté dans le paiement de la pension alimentaire, dans la mesure où le recours à une procédure de recouvrement des créances alimentaires est complexifié, voir suspendu.

 

Le 03/04/2020

Maître Céline Richard 

cr@familynks.fr 

Avocats 

+33 1 56 91 24 24  

Plus d'infos https://www.familynks.fr/

 

 

18. févr., 2016

L’Assemblée des Français de l’Etranger,

 

Vu la loi n°2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes dans ses dispositions relatives à la protection des parents victimes d’impayés alimentaires ;

 

Considérant la nécessaire amélioration pour les finances publiques de recouvrer plus efficacement auprès des débiteurs de créances alimentaires,

 

DEMANDE

  • Qu’une structure nationale unique soit créée pour recouvrer les créances alimentaires,
  • Qu’au sein de cette structure, soit créé un pôle dédié pour le recouvrement des créances alimentaires à l’étranger.

 

REPONSE

 

Le Bureau du recouvrement des créances alimentaires à l’étranger du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI), autorité centrale française pour la recouvrement international d’aliments gère 1800 dossiers avec 54 pays au bénéfice de créanciers résidant en France ou à l’étranger.

 

Conformément à la loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle entre femmes et hommes, compte tenu de la priorité accordée par le gouvernement à la protection des parents victimes d’impayés alimentaires et dans le souci d’améliorer le taux de recouvrement des pensions alimentaires à l’étranger, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI) a largement renouvelé ses pratiques en matière de recouvrement international d’aliments. S’agissant des procédures de recouvrement en France, le MAEDI a en conséquence décidé de suspendre la saisine du Procureur de la République, de raccourcir les délais de la phase amiable passée de 12 mois à 2 à 3 mois, de rationaliser la procédure, d’harmoniser les courriers à chaque étape de la phase amiable et judiciaire du recouvrement, enfin de mettre en place un outil de gestion de suivi des dossiers. Ces changements ont permis une augmentation sensible du taux de recouvrement des créances alimentaires en France au bénéfice des créanciers à l’étranger (de 3 000 euros recouvrés en septembre 2014 à 68 000 euros en juin 2015).

 

Afin d’augmenter le taux de recouvrement à l’étranger au bénéfice d’administrés résidant en France ou leur substitut, comme la Caisse d’allocations familiales, le MAEDI participe activement au projet I-Support de dématérialisation des communications entre autorités centrales européennes. Il a également contribué à la réflexion en cours au niveau européen pour améliorer la compréhension et la mise en œuvre par les 28 États membres concernés du Règlement n°4/2009 en matière d’obligations alimentaires. Il contribue également aux échanges mensuels entre autorités centrales en charge du recouvrement international d’aliments afin de renforcer la collaboration entre elles. Il s’agit notamment du Canada, des États-Unis, du Brésil, de la Norvège et d’une dizaine de pays européens. L’objectif de ces séances mensuelles est d’échanger des bonnes pratiques en vue d’améliorer le taux de recouvrement de leurs dossiers communs. Enfin, un plan d’action est en cours de rédaction afin d’améliorer le suivi conjoint par la France et ses partenaires des dossiers de créanciers en France souhaitant recouvrer à l’étranger.

 

A ce titre, le MAEDI partage la préoccupation de l’Assemblée des Français de l’Etranger sur la nécessité pour les Caisses d’allocations familiales de mieux recouvrer via le MAEDI les pensions alimentaires à l’étranger, afin de réduire la charge financière pour les finances publiques que constitue le paiement de l’Allocation de soutien familial en cas de débiteur défaillant. Le MAEDI et la Caisse Nationale d’Allocations Familiales (CNAF) ont déjà eu plusieurs échanges sur ce point et, dans le souci d’une meilleure collaboration relative aux 500 dossiers transmis tous les ans par la CNAF au MAEDI, plusieurs innovations sont à l’étude telle que la désignation d’une personne référente au sein du service contentieux des Caisse d’Allocations familiales (CAF) en vue d’une amélioration des délais de constitution des dossiers de recouvrement, l’accès à un annuaire des CAF ainsi qu’une collaboration dans le cadre de l’art. 35 du Règlement n°4/2009. En ce qui concerne le projet d’agence unique dédiée au recouvrement des créances alimentaires et en son sein, d’un pôle spécialisé pour le recouvrement des créances alimentaires à l’étranger, il s’agit d’une idée évoquée à plusieurs reprises par le passé soit par le législateur soit par l’exécutif, comme l’indique le rapport sur le recouvrement international d’aliments de Mme Daphna Poznanski-Benhamou. Le ministère des Affaires étrangères et du Développement international est en contact avec le ministère des Affaires sociales à ce sujet. Ce projet doit encore faire l’objet d’échanges notamment avec le ministère de la Justice et le ministère des Finances et des Comptes publics. Ce projet fait l’objet d’une réflexion interministérielle.

 

Origine de la réponse : Ministère des Affaires étrangères et du développement international et Ministère des Affaires sociales, de la santé et du droit des femmes

 

14. déc., 2015

Publié le 29 octobre 2015 par admin_fdmes

 

Selon l’enquête réalisée en 2013 par la Maison des Français de l’Étranger, le taux de divorce des couples expatriés est supérieur de 40 % au taux de divorce hexagonal. De nombreux conflits relatifs aux divorces et au paiement ou au recouvrement des créances alimentaires surgissent, générant des problèmes juridiques et financiers. La Commission des Lois, à l’Assemblée des Français de l’étranger, a chargé l’un de ses membres, Daphna Poznanski-Benhamou, d’un rapport sur le recouvrement des créances alimentaires à  l’étranger, conçu comme un manuel pratique à l’usage des Conseillers consulaires.

 

La France a adhéré dans ce domaine à divers instruments internationaux et communautaires : Convention de New York (1956), Convention de La Haye (2007), Règlement (CE) no°4/2009. Pour les appliquer, elle a désigné pour leur mise en œuvre le Ministère des Affaires étrangères et en son sein, le Bureau du Recouvrement des Créances Alimentaires, qui agit tantôt par voie amiable tantôt par voie judiciaire et qui applique des procédures différentes selon qu’il s’agit de jugements rendus dans des Etats hors Union Européenne ou dans l’Union Européenne et selon les dates d’entrée en vigueur des différents instruments juridiques internationaux. Mais ce Bureau se heurte au problème de l’accès aux données permettant de retrouver les personnes débitrices.

 

Un tournant s’est produit avec la loi du 4 Août 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, qui expérimente dans vingt départements un rôle décisif pour les Caisses d’Allocations Familiales en matière de recouvrement. Pour Laurence Rossignol, la Secrétaire d’Etat chargée de la famille, seule la création d’une agence de recouvrement, comportant un département dédié au recouvrement à l’étranger, pourra apporter une réponse complète aux problèmes des parents confrontés aux impayés des créances alimentaires. Sur l’échiquier politique, on s’intéresse aux expériences réussies de structures spécialisées en recouvrement, avec des prérogatives étendues, comme en Australie. Les votes à l’unanimité par l’AFE du rapport et d’une résolution proposant la création d’une telle agence en France apportent un soutien consensuel au gouvernement en ce domaine.

 

Aujourd’hui, le regard de la société a changé. Celle-ci ne peut plus ignorer l’existence de deux millions de familles monoparentales. Via le miroir des créances alimentaires impayées, c‘est la place de la femme dans la société qui nous est renvoyée. L’espoir réside dans une meilleure prise en compte des droits des enfants qui sont les premières victimes du non-recouvrement des créances alimentaires tant sur le territoire national qu’à l’étranger, et plus encore à l’étranger, où les créancières d’aliments ne bénéficient pas du soutien d’un Etat-Providence.

 

Daphna Poznanski-Benhamou conseillère AFE pour Israël et les Territoires palestiniens

 

http://www.fdm-es.org/recouvrement-des-creances-alimentaires-a-letranger/