10. janv., 2019

EAH dans l’Androy : 13, 53% de taux d’accès à l’eau potable

La situation de l’eau est toujours aussi critique dans le sud de Madagascar. Pour l’Androy, la notion de développement ne constitue pas forcément la priorité pour la population, l’eau pour la survie est encore à trouver.

Loin. C’est le terme pour Madagascar, concernant l’atteinte des ODD ou Objectifs du Développement Durable, en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène selon le dernier constat du Ministère de l’Eau, de l’Energie et des Hydrocarbures. Un constat qui a été appuyé par des statistiques aussi révélatrices qu’inquiétantes. « Au niveau national, 24% de la population malgache seulement ont accès à l’eau potable, et 6,9% ont accès aux latrines améliorées » peut-on lire dans une publication effectuée par le même département ministériel. L’inquiétude monte d’un cran lorsque l’on parle de la région Androy. Considérés par certains Malgaches et étrangers comme des clichés, le fait pour des milliers de personnes habitant ladite région, de parcourir des kilomètres pour trouver de l’eau est belle et bien une « réalité ». Un voyage de presse organisé dans cette partie de l’Île a d’ailleurs confirmé que « le manque d’eau a encore frappé cette année ». Les conséquences se sont manifestées par « l’incapacité de la population à être résiliente malgré les actions humanitaires d’urgences menées par divers acteurs ». Lesdites actions consistant à approvisionner de l’eau auprès des CSB (Centre de Santé de Base) afin d’en faire bénéficier aux femmes et aux enfants, et de les privilégier. Aussi, le Ministère de l’Eau, de l’Energie et des Hydrocarbures a fait savoir que « 13,53% de la population de l’Androy seulement ont accès à l’eau potable ». Le même Ministère de rapporter également que « 29,52% ont accès aux latrines familiales ».

Défis. La région Androy dispose toutefois d’infrastructures en eau, devant permettre d’améliorer la situation. La dernière situation dressée par le Ministère de l’Eau en la matière fait savoir que ladite région « a 1 303 Forages Equipés d’une Pompe à Motricité Humaine (FPHM) ; 15 Puits Pompes à Motricités Humaines (PPMH) ; 24 AEPP ou Adduction d’Eau Par Pompages (thermique ou solaire) ; et enfin de deux Réservoirs d’Eau Enterré Pleine de Sable (REEPS) ». Outre lesdites infrastructures, les efforts menés dans l’acheminement de l’eau dans les zones les plus reculées continuent malgré les difficultés techniques y afférentes. En effet, la facilitation de l’accès à l’eau par le développement d’infrastructures dans tous les recoins de la région Androy se pose comme l’un des grands défis du Ministère de tutelle. Défis qui devraient être réalisés en fonction d’une synergie des actions de tous les acteurs d’un côté, mais surtout par la mise en place d’un système de gestion intégrée des ressources en eau, de l’autre. La problématique de l’accès à l’eau dans le sud n’est pas une fatalité. Les solutions existent. Tout est question de volonté des décideurs politiques à faire de la problématique une priorité. Si le Ministère projette de relever le défi à l’horizon 2030, beaucoup d’observateurs pensent qu’il aurait fallu la réaliser bien avant. L’avenir nous en dira surement plus sur la question. Jusque-là, des enfants souffrent et meurent parfois, faute d’eau. La saison agricole n’ayant pas pu produire assez de vivres, la faim continue de nuire.

Midi Madagascar

Le 27/12/18

José Belalahy