12. févr., 2018

Santé de la reproduction : l’avortement thérapeutique prohibé

Les articles portant sur l’avortement thérapeutique ont été supprimés dans la loi sur le planning familial. Les parlementaires l’ont adopté.

Aucune excuse. Le personnel médical est défendu d’effectuer l’interruption volontaire de la grossesse (IVG) thérapeutique à Madagascar. Les articles 22 et 23 sur l’interruption médicale de grossesse ont été supprimés de la loi sur le planning familial. Ceci a été adopté par les parlementaires à l’Assemblée nationale de Tsimbazaza, hier, durant la séance plénière.
Au départ, le ministère de la Santé publique a voulu légiferer l’IVG thérapeutique en l’inscrivant dans le projet de loi portant sur le planning familial. Les députés l’ont voté le 19 juin. Les sénateurs, quant à eux, se sont retenus à l’adopter et ont recommandé la suppression de ces deux articles, au même mois. « L’avortement n’est pas conforme à la culture malgache. Notre bénédiction incite même aux jeunes mariés à donner naissance à sept filles et sept garçons. Si l’avortement est autorisé, les jeunes en profiteront », avait expliqué le sénateur Olivier Rakoto­vazaha, à l’époque.
Cette décision affirme qu’un agent de santé qui commet un avortement, thérapeutique ou pas, est répréhensible.

Répréhensible

Les médecins sont sidérés. « Mais cela va coûter la vie à certaines mères ! », se sont exprimés quelques gynécologues. L’un de préciser: « certaines maladies, comme la néphropathie, la maladie de marfan, nous obligent à faire sortir le bébé du ventre de sa mère, pour éviter qu’elle n’en perde la vie. Imaginons qu’une femme qui va accoucher de son quatrième enfant fait une hémorragie sévère. Qui allez-vous sauver ? Le bébé ou la mère, qui a derrière elle trois enfants ? ». D’autres médecins signalent qu’un avortement est aussi prescrit, lorsque le fœtus présente une malformation grave.
Le secrétaire général du ministère de la Santé publique, le Dr Joséa Ratsi­rarson, tente de calmer la tension. « Nous allons étudier, plus tard, le fait de légiférer sur cet avortement thérapeutique, mais aussi, l’euthanasie et d’autres sujets sensibles de la santé », indique-t-il. Ce ne sera pas pour bientôt. La conception même de ce projet de loi sur le planning familial a pris au ministère 2 ans.

L'Express de Madagascar

Le 14/12/17

Miangaly Ralitera