7. juil., 2017

Fabricant de brouettes artisanales

Parmi les moyens de locomotion les plus anciens, la brouette constitue un principal outil de travail non négligeable dans les travaux aussi bien domestiques que d’intérêt général. Ce petit véhicule à une roue et muni de deux brancards qui sert à transporter des fardeaux à bras d’homme, comme l’a définie le dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française « Le Petit Robert 1 », a fait son apparition au XIVe siècle. Grâce à simplicité, la fabrication de brouette de manière artisanale devient un métier à part entière dans la société malgache. Elle crée des entreprises familiales comme celle de Ravaosoa Jacqueline ayant son atelier à Ampefiloha-Ambodirano. «Dans le quartier, au moins 20 familles puisent leur principale source de revenu dans la fabrication de brouettes », confie Ravaosoa Jacqueline. Ce qui l’amène à dire que vu le nombre de concurrents sur le marché, ce métier n’arrive pas du tout à faire vivre ses hommes. A cela s’ajoute le coût des matières premières qui ne cessent d’augmenter du jour au lendemain. Le kilo du fer qui constitue les matières de base s’achète à 2 000 ariary. Or, il faut au moins 6 kg de fer pour fabriquer une brouette robuste et de qualité. Puisque la recherche de la perfection oblige, l’entreprise de Ravaosoa Jacqueline utilise de roue en caoutchouc dont le prix de l’unité varie de 7 000 à 14 000 ariary.  Elle affirme qu’en plus des dépenses allouées aux accessoires et peintures, le prix de revient d’une brouette s’élève à 35 000 ariary au minimum. Par contre, une brouette dont la fabrication nécessite une journée entière se vend à 40 000 ariary sur le marché.

Abat les « vita malagasy ». Selon Ravaosoa Jacqueline, les entrepreneurs des bâtiments et travaux publics sont les principaux clients potentiels des marchands de brouettes. « Le problème est de voir que ces derniers n’achètent pas les« vita malagasy » au profit des produits importés dont les matériaux sont de mauvaise qualité si l’on ne parle qu’en matière d’alliages utilisés », mentionne-t-elle. Elle ajoute que comme dans tous les secteurs d’activité, la morosité de l’économie nationale engendrée par la crise a infecté aussi les artisans de la brouette. « Puisque l’Etat n’a pas d’argent, les grands travaux qui devraient constituer de débouchés pour nos produits se font rares », déplore-t-elle pour conclure qu’avec le contexte actuel, la fabrication de brouettes n’est qu’un métier de survie.

Midi Madagascar

Le 13/05/17

T.M.