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28. nov., 2018

Sous format de poche, « Le calepin polyglotte » s’adresse aux férus de lecture pratiquant plusieurs langues. Il raconte en cent trente-six pages les extraits d’histoires et des poèmes.

Des romans initialement écrits en malgache mais qu’elle a traduits en d’autres langues, en français ou en anglais composent « Le calepin polyglotte », en plus des poèmes écrits par elle-même et ceux des célébrités qu’elle a pris le grand plaisir de traduire.

« The roofless house », la traduction parfaite de « Trano rava », une œuvre d’Esther Rasoloarimalala Randria­mamonjy occupe la première partie du livre. Extrait d’une histoire qui relate la triste réalité qu’endure un jeune docker dans l’enfer de la capitale retrouve toute sa splendeur dans la langue de Shakespeare. L’auteure traite les droits de l’homme et des enfants sur un fond d’histoire captivante. Une autre œuvre, « Ho avy ny maraina» raconte le retour au pays de deux jeunes gens au lendemain de l’Indépendance. Un extrait occupe quelques pages en français et en anglais.


« Promesse », un roman d’amour palpitant, fera la joie des lecteurs dans ce nouvel ouvrage avec un petit extrait des moments forts. « The metamorphose » aiguisera la culture des anglophones avec cette traduction de « Miara-miofo ».Les dernières pages du livre présentent la traduction en d’autres langues des poèmes des grands auteurs tels que Victor Hugo, Rudyard Kipling, Sergey Esenin, et autres, ainsi que quelques-uns de l’auteure. « Le calepin polyglotte » donne un aperçu du monde littéraire de la Grande île.


« En ces périodes d’active mondialisation, qui nous encouragent à pratiquer une ou deux langues étrangères, en plus de notre propre langue, nous pensons qu’il est utile de mettre entre les mains des lecteurs étrangers de plus en plus de textes en malgache pour toujours mieux enrichir nos rencontres, pour les insulaires que nous sommes. Depuis toujours et partout, nous nous sommes nourris de nombreux livres, d’origines diverses, des récits, des romans, des contes, des textes scientifiques ou philosophiques traduits des langues étrangères. Nous voudrions aussi permettre à certains lecteurs parlant d’autres langues de faire bénéficier de rencontres intéressantes par ces échanges à travers quelques textes », expliquent Esther Rasoloarimalala Randria­mamonjy et l’équipe des éditions TPFLM.
« Le calepin polyglotte » s’ajoute à la longue liste des œuvres écrites par cette personnalité bien connue du paysage littéraire malgache.

L'Express de Madagascar

Le 28/09/18

Ricky Ramanan

27. nov., 2018

La signature de convention entre l’OIF et le Ministère de la Culture, portant sur l’appui de l’OIF aux CLAC à travers la dotation de tablettes numériques, s’est tenue hier au siège de l’OIF à Antaninarenina.

Des routeurs pour les connexions internet, 140 tablettes numériques dernier cri et la possibilité d’y effectuer des milliers de téléchargements de documents pédagogiques. Les CLAC (Centres de lecture et d’animation culturelle) se dotent de nouveautés hi-tech, qui s’ajoutent à celles qui sont déjà opérationnelles. Il s’agit en réalité de bibliothèques numériques où l’on peut tout consulter, des livres pédagogiques aux contes, mais aussi des encyclopédies. Elles abritent aussi le fond patrimonial malgache numérisé en langue française. La remise officielle de ces nouveaux outils s’est tenue hier au siège de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) à Antaninarenina, en présence de SEM l’Ambassadeur de la Francophonie à Madagascar, Malik Sarr, et de la ministre de la Culture et du Patrimoine, Eléonore Johasy. Une occasion pour la presse de découvrir les fonctionnalités de ces applications et des contenus, qui seront évidemment actualisés et auxquels s’en ajouteront d’autres.

Modèle

Les CLAC ont pour objectif de faciliter la lecture publique et l’accès des populations défavorisées aux informations en général. Véritables lieux de savoir, d’information et d’échange regroupant une bibliothèque, une salle polyvalente, un équipement audiovisuel et même informatique, les CLAC sont installés dans les régions rurales. Et l’Ambassadeur de l’OIF Malik Sarr n’a pas manqué de souligner que les CLAC malgaches sont très dynamiques et sont souvent cités comme modèles dans l’Afrique francophone. Le programme CLAC a été initié il y a plus de 20 ans par la Francophonie. En développant les centres en réseau, l’OIF vise à accompagner les pays dans la mise en place d’une véritable politique nationale de lecture publique. C’est le cas de Madagascar qui, après avoir expérimenté dès 2001 un premier réseau de 10 CLAC, s’est doté en 2004 d’un cadre législatif approprié et du Centre national malgache de lecture et d’animation culturelle, CEMDLAC.

Midi Madagascar

Le 23/11/18

Anjara Rasoanaivo

22. nov., 2018

Le père Pedro et sa cité « Akamasoa » continue encore de fasciner les écrivains français. Le dernier livre en date, ayant pour titre « La cité d’espérance du Père Pedro » vient de paraître le 1er novembre aux éditions du Rocher. L’auteur se nomme Pierre Lunel et les illustrations ont été fournies par le photographe Rijasolo. Entre témoignage et reportage, cet ouvrage tient à montrer les destins des laissés pour compte et des sans domicile fixe « réparés » par le père Pedro. Les photos sillonnent la cité et capte le quotidien des habitants de la cité  « Akamasoa ». Apparemment, l’auteur n’a pas voulu en faire un livre d’éloge, mais surtout un livre qui raconte avec le recul nécessaire. Pierre Lunel est un historien français qui a occupé de grandes fonctions durant sa carrière professionnelle. Il a déjà occupé un poste de cadre dans la chaîne France 3.  Actuellement, il enseigne à l’université de Paris VI-Pierre-et-Marie-Curie. Par ailleurs, le 6 mai 2014, il a été condamné pour détournement de fonds concernant la gestion de l’université de Paris VIII durant sa présidence. Cet écrivain a toujours semblé être fasciné par les grands personnages. Il a par exemple écrit un livre intitulé  « Bob Denard, le roi de fortune » ou « Les trois princesses de Monaco ».

Midi Madagascar

Le 05/11/18

Maminirina Rado

15. juin, 2018

Une «Foire du Livre» s’est tenue cette semaine sur l’esplanade d’Antaninarenina. Et l’impression rapide d’un forte présence des livres religieux. D’ailleurs, lors de mon passage, sur scène l’on jouait un cantique. Certes, une maison d’édition comme Ambozontany, fondée par les Jésuites, s’ouvre à des publications laïques voire scientifiques (livres sur Raombana, le premier historien malgache ; fascicule sur l’élevage porcin ; série des documents historiques de Madagascar, etc.), mais, persiste l’image marquante de cette omniprésence d’ouvrages bibliques, évangéliques, apostoliques. 

 Quoique, s’agissant d’éditions chrétiennes, elles sont strictement dans leur rôle : L’Ambozontany des Jésuites, la TPFLM des Luthériens, le Book Center des Adventistes, la Ligue pour la lecture de la Bible... Oui, mais voilà, j’ai appris à aimer cette citation latine : «Timeo hominem unius libri», je crains l’homme d’un seul livre. Ce «livre seul», qui se suffirait à lui-même, est celui de la parole révélée, de la parole qu’on ne discute pas, d’une «vérité» qui ne souffre aucun doute. 

 N’oublions pas que, pour sa plus large diffusion, le Verbe avait d’emblée su se faire écriture : gravée dans la pierre des Tables de Moïse, dupliquée à la main par les copistes du Moyen-âge ou typographée par Gütenberg, l’inventeur de l’imprimerie. Le premier livre que Gütenberg produisit sur sa presse fut la Bible, en 1455. Bien plus tard, en 1835, les missionnaires-artisans de la London Missionary Society feront également de la Bible le premier ouvrage imprimé en malgache, fixant une certaine orthographe ce qui ne fut pas sans conséquence sur la prononciation de la langue.  

 Best-seller universel, le «seul livre seul» a donné son nom aux trois «Religions du Livre», le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les 95 thèses de Martin Luther contre les Indulgences, en 1517, connurent le retentissement qui allait créer la Réforme parce qu’elles furent imprimées. L’affaire des placards contre l’église catholique en 1534 aboutit à la prohibition de l’imprimerie et à la fermeture des librairies en France. L’imprimerie, l’écriture, le livre, ont impacté les mentalités et changé le monde. 

 Tsipika, Prediff (Presse Édition et Diffusion), Mille-Feuilles, et le survivant CMPL (centre malgache pour la promotion du livre) ont complété la liste des exposants. Un petit carré d’activistes de la Culture majuscule. Dans nos pays de tradition orale, on dit souvent que la mort d’un vieillard est pire que la fermeture d’une bibliothèque. Mais, quand on a de vraies bibliothèques et de vivantes librairies, et qu’on les laisse mourrir dans l’indifférence générale, et surtout celle d’autorités qui peuvent venir inaugurer un réfectoire dans les locaux de ce qui fut une bibliothèque qu’on a oublié de convertir en café-littéraire, on prépare le génocide culturel d’une génération et de toute une nation.