Blog

12. mars, 2019

La situation est plus qu’inquiétante pour Madagascar qui enregistre, ces dernières années, ses plus grandes pertes en couverture forestière.

Rien qu’en 2017, d’après les constats de Globel Forest Watch, 510.000 hectares de forêts sont partis en fumée, suite aux activités de défrichement. Ce qui place la Grande île à une quatrième place peu enviable des pays où l’ampleur du phénomène de déforestation est la plus étendue. Parmi les dernières données disponibles auprès du ministère en charge de l’environnement, figure le taux de défrichement de près de 80%. Une véritable catastrophe pour le pays.

La question du défrichement a été abordée tout récemment par la Coalition Nationale de Plaidoyer Environnemental (CNPE) lors d’une rencontre à la Résidence d’Ankerana où le sujet a été au centre des débats, réunissant plusieurs acteurs du domaine de l’environnement – dont les ministères en charge de l’environnement et de l’agriculture – des représentants des organisations de la société civile ainsi que les communautés de base. Une occasion saisie par Emile Rakotoarison, vice-président de la fédération « Miaradia » regroupant des communautés qui gèrent les forêts autour de Moramanga, pour porter à la connaissance de tous, lors de cette rencontre, les bonnes pratiques en matière de lutte contre la déforestation dans cette localité de la région Alaotra Mangoro. En font partie les séances de sensibilisation et les patrouilles menées par les communautés, afin de freiner les défrichements. Faut-il rappeler que cette zone de la partie centre-Est de l’île est, par ailleurs, connue pour les exploitations forestières et la fabrication de charbon de bois, ravitaillant une bonne partie des consommateurs de la capitale.

 Législation. L’autre frein à la lutte contre la déforestation se trouverait au niveau de la législation. Abordée lors du débat, la question fait état de l’existence des lois déjà en vigueur, dont l’application connaît de sérieuses lacunes. Une défaillance qui laisse souvent impunis les auteurs des actes de défrichement, quand bien même les structures de contrôle déjà en place, parviennent à en appréhender quelques-uns. S’y ajoute le phénomène de corruption qui ne facilite pas l’application des réglementations et des sanctions, en cas d’infraction. Par ailleurs, la mise en œuvre de la nouvelle politique forestière malgache, adoptée en 2017, tarde à se concrétiser. Un ensemble d’éléments contribuant à l’accélération de la déforestation, phénomène galopant auquel il faut mettre enfin un cran d’arrêt. La CNPE, pour sa part, encourage la conduite d’une action nationale en faveur de la réduction des défrichements, permettant par ricochet de ralentir la déforestation, en particulier dans les aires protégées.

Midi Madagascar

Le 29/01/19

Hanitra R.

12. déc., 2018

A Madagascar, la forêt disparait et les espèces endémiques avec elle. La revue Biological Conservation, via un communiqué de presse publié par la Cirad le 17 mai 2018 dernier, a fait savoir que « 44% des forêts naturelles ont disparu depuis ces 60 dernières années ». Une déforestation manifeste qui a été notée par l’étude effectuée par la revue Biological Conservation le mois de juin dernier. « Les massifs forestiers restant sont extrêmement fragmentés, 46% des zones forestières se situent désormais à moins de 100 mètres d’une lisière ou d’un espace ouvert » pouvait-on y lire. L’inquiétude concerne également la biodiversité de l’île étant donné que 90% des espèces y sont endémiques. Les outils et stratégies pour une gestion durable des forêts sont toutefois « irréprochables » sur le papier. Notamment dans la politique forestière. Formant un tout, ladite politique englobe toutes les actions devant permettre « d’endiguer le phénomène de déforestation par des actions concrètes de conservation des ressources et de reforestation,et de lutte contre la déforestation ». Les outils de contrôle et de suivi, ainsi que les programmes prioritaires sont également clairs et nets dans ladite politique. Il ne reste donc plus que les actions… mais quand ?

Reboisement. La campagne de reboisement 2018-2019 a officiellement été lancée hier dans la commune rurale de Mandrombondrombotra, district de Tolagnaro, région Anosy. A cette occasion, 5 500 plants (dont des baies roses et des acacias) ont été mis en terre sur 10 ha de terrain par les acteurs gouvernementaux, du secteur privé et des OSC présents sur les lieux. Une action qui entre dans le cadre de l’objectif fixé par la Grande Île de reboiser 40.000 ha chaque année.

Midi Madagascar

Le 08/12/18

José Belalahy

24. juin, 2015

L’accès à l’énergie est peu développé dans les pays du Sud. A Madagascar, l’électricité est seulement accessible dans les villes et les gros bourgs de provinces, et encore avec beaucoup de difficultés car les délestages tournant sans fréquents, y compris à Tananarive. Les campagnes sont très peu « électrifiées ». On estime que le niveau d’électrification des ménages stagne autour de 30% des familles. L’utilisation du gaz en bouteille pourrait représenter une alternative, mais son prix reste prohibitif, près de 30€ dans un pays où le salaire minimum dépasse à peine les 40€.

 

Les familles utilisent donc, à 95%, le charbon de bois comme combustible pour la cuisine et le bois pour le chauffage. L’hiver est cependant court (trois mois dans l’année de juin à septembre) et peu rigoureux. Cette situation entraine une surexploitation des forêts principalement pour la fabrication du charbon de bois qui arrive en grande quantité par camion dans la capitale et génère une véritable économie de transport-revendeur dans les quartiers.

 

Les bois dit précieux, comme l’ébène, le palissandre, le bois de rose…font l’objet d’un commerce peu contrôlé avec une exportation « sauvage », situation qui défraye régulièrement la chronique dans les journaux depuis des années sans que cela ait d’effet sur l’intensité des trafics.

 

Si l’on ajoute la tradition de la culture sur brulis et des feux de brousse en fin de saison sèche qui embrase, chaque année, des millions d’hectares, brulant les jeunes pousses et gênant considérablement le renouvellement des forêts, on a ainsi rassemblé les composantes d’un coquetel dramatique, coquetel ayant pour conséquence la progression continuelle de la déforestation dans la grande île. Les opérations médiatiques de replantations d’arbres de la part des ministères ou des entreprises ne sont que des opérations de communication masquant une tragique réalité.

 

Le problème est donc double, d’ordre économique (développement et pauvreté) et culturel (tradition). Une piste de réflexion serait que le pouvoir politique fasse preuve de volonté pour éradiquer les trafics et punir sévèrement les incendiaires, et que les bailleurs s’attaquent sérieusement au problème énergétique de la grande île en finançant la construction de barrage hydraulique (le pays regorge de sites) et en subventionnant le gaz pour la consommation courante des ménages.

 

http://www.zinfos974.com/Madagascar-La-deforestation-continue-a-gagner-du-terrain-dans-la-Grande-Ile_a85612.html