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24. juin, 2015

L’accès à l’énergie est peu développé dans les pays du Sud. A Madagascar, l’électricité est seulement accessible dans les villes et les gros bourgs de provinces, et encore avec beaucoup de difficultés car les délestages tournant sans fréquents, y compris à Tananarive. Les campagnes sont très peu « électrifiées ». On estime que le niveau d’électrification des ménages stagne autour de 30% des familles. L’utilisation du gaz en bouteille pourrait représenter une alternative, mais son prix reste prohibitif, près de 30€ dans un pays où le salaire minimum dépasse à peine les 40€.

 

Les familles utilisent donc, à 95%, le charbon de bois comme combustible pour la cuisine et le bois pour le chauffage. L’hiver est cependant court (trois mois dans l’année de juin à septembre) et peu rigoureux. Cette situation entraine une surexploitation des forêts principalement pour la fabrication du charbon de bois qui arrive en grande quantité par camion dans la capitale et génère une véritable économie de transport-revendeur dans les quartiers.

 

Les bois dit précieux, comme l’ébène, le palissandre, le bois de rose…font l’objet d’un commerce peu contrôlé avec une exportation « sauvage », situation qui défraye régulièrement la chronique dans les journaux depuis des années sans que cela ait d’effet sur l’intensité des trafics.

 

Si l’on ajoute la tradition de la culture sur brulis et des feux de brousse en fin de saison sèche qui embrase, chaque année, des millions d’hectares, brulant les jeunes pousses et gênant considérablement le renouvellement des forêts, on a ainsi rassemblé les composantes d’un coquetel dramatique, coquetel ayant pour conséquence la progression continuelle de la déforestation dans la grande île. Les opérations médiatiques de replantations d’arbres de la part des ministères ou des entreprises ne sont que des opérations de communication masquant une tragique réalité.

 

Le problème est donc double, d’ordre économique (développement et pauvreté) et culturel (tradition). Une piste de réflexion serait que le pouvoir politique fasse preuve de volonté pour éradiquer les trafics et punir sévèrement les incendiaires, et que les bailleurs s’attaquent sérieusement au problème énergétique de la grande île en finançant la construction de barrage hydraulique (le pays regorge de sites) et en subventionnant le gaz pour la consommation courante des ménages.

 

http://www.zinfos974.com/Madagascar-La-deforestation-continue-a-gagner-du-terrain-dans-la-Grande-Ile_a85612.html