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21. févr., 2019

Entretien avec le président de Français du Monde Madagascar (FdMM), représentant des Français résidant dans la Grande île. Après un long moment loin des médias, il aborde tous les sujets du moment, FdMM, le Billet des Entreprises, le grand débat national en France et à Madagascar, le mouvement des Gilets jaunes, les Affaires consulaires et la délivrance des visas à Madagascar… Tous les sujets sont abordés…en toute liberté…

 

Exp : On ne vous entend plus beaucoup ! Vous nous aviez habitués à une plus grande présence dans les médias. Que devenez-vous ?

JDC :Il est vrai que j’ai pris du recul après l’échec de la Présidence de François Hollande. Je me suis détaché de l’engagement politique pour m’intéresser à l’aspect citoyen et associatif. Aujourd’hui, je ne suis plus dans aucun parti politique. Je me consacre au développement de Français du Monde Madagascar. C’est une petite start-up avec six employés, au bénéfice des citoyens Français comme Malgaches, pour les aider dans leurs démarches administratives. Nous recevons près de mille cinq cents visites par an. C’est considérable pour une petite structure associative.

Exp : Plus précisément, que propose Français du Monde Madagascar ?

JDC : Nous fonctionnons comme un Cabinet de conseils. Nous renseignons les personnes sur les démarches qu’elles veulent entreprendre et nous les guidons : transcriptions d’actes, mariages mixtes, certificats de nationalité, assurance santé, retraite, inscription consulaire, bourses scolaires…. Les sujets sont multiples. Nous proposons aussi notre expertise pour préparer les dossiers de demandes de visa pour la France. Nous avons aussi créé le « Parte­nariat associatif » destiné à aider les très nombreuses associations basées en France et qui interviennent à Madagascar mais qui n’ont pas de représentant. Nous proposons d’assurer le suivi de leurs actions.

Exp : Je crois que vous avez aussi développé une publication. N’est-ce pas ?

JDC : Oui, toujours dans le cadre associatif, nous avons créé un magazine pour établir un lien avec les acteurs de la société, qu’ils soient de la société civile ou de l’économie. « Le Billet des Entreprises » est le premier magazine numérique gratuit de Madagascar. Il se présente comme une sélection d’articles de presse et un dossier central sur un thème. Le dernier numéro, le n°14, s’intéressait aux automobiles et aux deux roues, le n°13 présentait l’enseignement français à Madagascar, le n°15 qui sortira dans les jours prochains traite de la restauration rapide et des Food court, donc un choix éditorial entre l’économie et la citoyenneté, avec pour lien la relation France-Madagascar. Pour recevoir gratuitement le Billet des entreprises, écrire à billetdesentreprises-fdmm@gmail.com. Le magazine paraît tous les deux mois et il est ouvert aux annonceurs.

Exp : Venons-en à la vie des Français de Madagascar. L’Express a publié la semaine dernière un article intitulé : « Grand débat national, Mobilisation des Français de Madagascar ». Votre point de vue ?

JDC : Vous me ramenez vers la politique. Parler de mobilisation des Français de Madagascar n’est pas exact ! Ecrire que « les conseillers consulaires français veulent impliquer leurs compatriotes » non plus. Je suis moi-même conseiller consulaire français et je ne suis pas impliqué dans cette opération. Je connais au moins une autre collègue conseiller consulaire français qui ne l’est pas non plus.

Exp : Qu’en est-il dans ce cas ?

JDC :C’est très simple. Un seul conseiller consulaire s’exprime dans cet article et qui représente la majorité présidentielle. Il s’agit donc d’une démarche politique au demeurant très respectable mais soyons précis, c’est la mobilisation de La République en Marche,
pas celle des Français de Madagascar.

Exp : Que pensez-vous du Grand débat et est-ce que vous y participez ?

JDC :Notez que je m’exprime ici en qualité de Président de FdMM. Cela fait plus de 10 ans que je participe au Grand débat avant même qu’il existe dans le sens où, à l’Assemblée des Français de l’étranger où je siège, nous informons régulièrement le gouvernement des attentes et des besoins des Français résidant à Madagascar comme dans les autres pays. Point n’est besoin d’un Grand débat pour cela. Pour répondre précisément à votre question, je ne participerai pas au Grand débat car cette démarche n’est pas sincère. Le Grand débat est organisé par le gouvernement et le parti présidentiel qui se sont auto-désignés pour en faire la synthèse et en extraire les conclusions. Le Président Macron a indiqué que, de toute façon, il ne changerait pas de politique alors que c’est précisément la remise en cause de sa politique qui est à l’origine du Grand débat. En vérité, le pouvoir, débordé par « le mouvement des Gilets jaunes », a créé le Grand débat pour se sortir de la pression de la crise sociale. Habilement, le Président Emmanuel Macron transforme d’ailleurs ce Grand débat en campagne électorale payée par les contribuables Français en faisant son tour de France des débats. C’est une pure mystification.

Exp : Quel est votre avis sur le mouvement Gilets jaunes ?

JDC :La crise que vit la France est la conséquence de plus d’une décennie de négligence et d’abandon d’une partie de la population, de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron en passant par François Hollande. Tous ont laissé les inégalités se creuser en France. Emmanuel Macron, une fois élu, a multiplié les mesures favorables aux classes aisées de la société française en alourdissant les charges pesant sur les classes défavorisées. Il s’est ainsi vu affublé par l’opinion publique du titre de « Président des riches ». Ce n’est pas rien ! Il a multiplié les petites phrases arrogantes voire blessantes et méprisantes pour cette partie la plus fragile de la population. Ses provocations, ajoutées à l’accumulation des augmentations fiscales, ont mis en mouvement une population jusque là résignée. Ce mouvement ne s’éteindra pas de lui-même. Une réponse sérieuse à l’exigence de justice sociale et de réduction des inégalités est attendue. Le Grand débat permet simplement de reculer l’échéance. Pour répondre précisément à votre question, comme la très grande majorité des Français, je pense que le
mouvement des Gilets jaunes et les revendications qu’il porte sont légitimes. Mais je réprouve les violences qui l’accompagnent.

Exp : Revenons à Mada­gas­car. Quelles sont les difficultés que rencontrent les Français par rapport aux services publics français présents dans la Grande île ?

JDC : Notons bien à nouveau que je m’exprime en qualité de Président de FdMM. Les difficultés sont identifiées et nous en avons régulièrement informé les responsables. J’en décrirais trois qui m’apparaissent comme les plus importantes. Il y a d’abord une trop grande « distance» entre administration et administrés. Le Consulat général est vécu comme une forteresse difficilement accessible. Pourquoi cette perception s’est-elle installée ? C’est un vrai sujet de réflexion pour tous ! Deuxième difficulté, l’état civil. Les services sont depuis longtemps submergés et ne font plus face à la demande dans des délais raisonnables. Des dossiers restent en souffrance plusieurs années et les familles en sont victimes dans leur droit. Les maux sont connus : inadéquation des procédures face à la demande et insuffisance de personnel. L’état civil est identifié comme un domaine en difficulté depuis plus d’une décennie sans qu’aucune solution ne soit apportée.

Exp : Quel est le troisième point ?

JDC :Le troisième point concerne les visas pour la France. C’est un sujet difficile car les autorités françaises contestent aux élus et aux responsables associatifs la légitimité de s’intéresser à ce domaine. De ce fait, le service des visas se présente comme une zone de non droit puisque incontrôlée, zone qui s’étend à l’officine TLS Contact située au village des jeux à Ankorondrano. Or je reçois de nombreux Français ou Françaises dont le conjoint est Malgache et qui se plaignent des conditions d’accueil et de traitement de cette officine. Il est par exemple inadmissible que les conjoints ne puissent accompagner leur époux ou épouse et qu’ils se voient interdire l’entrée. C’est aussi vrai lorsqu’il s’agit des parents accompagnant un jeune et l’on peut multiplier ainsi les situations. Il est encore plus choquant que cette interdiction soit levée moyennant 20 euros alors que cette officine a une délégation de service public. Français du Monde Mada­gascar instruit près de trois cents dossiers de visas par an et nous avons pu ainsi rassembler des témoignages qui seraient utiles à TLS Contact pour améliorer son service au public. Nous finalisons un rapport sur le sujet que nous rendrons public dans quelques semaines, peut-être dans votre journal. C’est une question d’intérêt général.

Exp : je vous remercie pour nous avoir accordé cet entretien… en toute liberté.

JDC : C’est moi qui vous remercie.

L'Express de Madagascar

Le 20/02/2019

Propos recueillis par Elise Nandrasana


 
17. juil., 2017

Français de Madagascar

Tour d’horizon avec le Président de Français du Monde Madagascar (FdMM)

Jean-Daniel Chaoui (JDC)est Président de FdMM et Représentant des Français résidant dans la Grandeîle. Il vient de faire deux déplacements en Province. Midi Madagascar (MM) l’a rencontré (interview).

MM : Où vous êtes vous rendu récemment ?

JDC : Je me suis déplacé en mai et juin  à Antsirabe puis à Diégo-Suarez dans le cadre de mon mandat de Conseiller consulaire. Il est important, en tant qu’élu,  d’aller à la rencontre des compatriotes.

MM : Pouvez-vous nous décrire votre programme à Antsirabe ?

JDC : Je me suis entretenu avec le Consul honoraire. Puis j’ai tenu une réunion avec les adhérents et les sympathisants de FdMM dans la ville d’eaux. Nous avons essentiellement parlé des affaires consulaires et d’éducation ou encore de retraite, sujets qui intéressent les familles. Ensuite je me suis rendu au Collège Français Jules Verne. J’aiensuite fait la connaissance de la nouvelle Directrice de l’Alliance Française (AF) ainsi que de la nouvelle Présidente du Comité. L’AF d’Antsirabe s’est profondément transformée avec la construction d’un beau bâtiment à l’architecture moderne. Puis j’ai eu un entretien avec les dirigeants de l’Association locale de solidarité qui œuvre en faveur des Français en difficulté. C’est le parcours habituel des déplacements.

MM : Quels sont les objectifs de ces rencontres ?

JDC : Il est essentiel de connaître ce dont on parle lorsque l’on estdans les réunions consulaires au Consulat général. La seule façon de bien maîtriser la réalité est d’aller « sur le terrain ». C’est ce que je fais.

MM : Parlez-nous de votre déplacement à Diégo-Suarez.

JDC : Je vais dans le grand port du Nord une fois par an. J’ai fait les mêmes visites qu’à Antsirabe. Restant près d’une semaine à Diégo-Suarez, j’ai élargi mes rencontres auprès de deux opérateurs économiques, du médecin référent et d’autres acteurs de la société civile ainsi que le maire de la localité. C’était aussi pour moi l’opportunité de participer à l’inauguration du restaurant scolaire et de l’internat du Collège Français Sadi Carnot, deux remarquables nouvelles réalisations de cet établissement.

MM : Quelles conclusions retirez-vous de ces deux déplacements ?

Le dispositif consulaire Français fonctionne bien. Seule l’obligation pour tous de se rendre à Tananarive pour faire un visa (dépôt du dossier et retrait du visa) est une difficulté pour les familles, difficulté qui entraîne des frais importants et beaucoup de fatigue pour les personnes âgées. Il est dommage que le consulat général  ne soit pas à l’écoute de FdMM sur ce point. Concernant les établissements scolaires Français, ils ont été affectés par la crise avec une diminution des effectifs. Il semble que l’on soit arrivé à un seuil et que les effectifs soient aujourd’hui stabilisés.Concernant les Alliances Françaises, elles sont le plus souvent le principal vecteur culturel de la ville. Ce sont les trois pieds de la France à Madagascar et dans le Monde.

MM : Comment se porte Français du Monde Madagascar?

JDC : FdMM se porte bien. Nous avons des bureaux à Ampandrianomby qui sont très fréquentés et du personnel formé et expérimenté pour recevoir le public français et malgache dans les domaines qui nous concernent : nationalité, transcription d’actes, mariage, couverture santé, retraites, imposition, écrivain public, recherche sur internet… Nous avons ouvert, depuis plus d’une année, un service d’aide à la confection de dossier de visas. Beaucoup de visas sont en effet refusés par le fait que les dossiers sont mal préparés.  Six personnes accueillent le public chaque matin de 8h30 à 12h30. Pour l’accès aux bureaux de FdMM, téléphoner au 22 597 96. Rappelons que Français du Monde Madagascar est une association à but non lucratif reconnue d’utilité publique en France.

MM : Avez-vous des projets particuliers d’activités et d’expansion?

JDC : Question projet, nous développons notre publication « Le Billet des entreprises », le magazine de FdMM. Nous sortons le sixième numéro cette semaine. Je vous offre la primeur de la couverture en photo jointe. Rappelons que « Le Billet des entreprises » est un magazine numérique gratuit. Vous pouvez le recevoir en le demandant à l’adresse suivante : billetdesentreprises.fdmm@gmail.com

MM : Votre commentaire s’agissant de l’élection du nouveau Président de la République française, Emmanuel Macron ?

JDC : E Macrona saisi avec beaucoup d’intelligence l’opportunité du moment pour finalement l’emporter et devenir le nouveau Président de la République. L’homme m’apparait brillant, compétent, déterminé. Ses premiers pas sont intéressants. Je serai de ceux qui soutiendront ce qui semblera aller dans le bon sens,  en s’opposant à ce qui m’apparaîtrait néfaste pour les Français.

MM : Un dernier mot.

JDC : Je souhaite que le gouvernement malgache s’attaque avec plus de détermination, d’efficacité et de résultats au phénomène des enlèvements dont sont victimes de nombreux Français d’origine indienne. Les autorités Françaises locales et le gouvernement malgache doivent prendre à son juste niveau l’urgence d’une solution pour éradiquer ce phénomène et doivent se donner les moyens pour y parvenir.

Midi Madagascar

Le 12 juillet 2017

8. mai, 2017

Bourses scolaires, affaires sociales, CFE, sécurité, enseignement… Les élus et l’administration consulaire française étaient mobilisés dans la semaine du 10 au 14 avril pour répondre aux attentes de la communauté française résidente dans la Grande Ile. Nous avons interrogé Jean-Daniel Chaoui, Président de Français du Monde Madagascar et Conseiller consulaire, sur le contenu de cette semaine intense et quelques autres sujets.

Midi Madagascar (MM) : Pourquoi avoir concentré ainsi le traitement de tous ces sujets ?

Jean-Daniel Chaoui (JDC) : Nous sommes cinq Conseillers consulaires élus représentant les Français de Madagascar dont trois habitent en provinces. Il est donc important de regrouper nos réunions de travail afin que nos collègues n’aient pas à effectuer trop fréquemment des déplacements coûteux en temps et en argent. Je rappelle que la fonction de Conseiller consulaire est « bénévole », ce qui implique que les Conseillers consulaires ont une activité professionnelle.

M M : Parlez-nous de l’objet de la première réunion du lundi 10/04/2017.

JDC : Dans le « jargon » administratif, les réunions qui regroupent l’administration et les Conseillers consulaires sont appelés « Conseils consulaires ». Celui du lundi était consacré aux affaires sociales : nous étudions l’évolution de la consommation du budget alloué par le Ministère français pour ce domaine. Les aides concernent principalement les secours occasionnels et les allocations attribuées aux Français âgés et sans ressource ainsi qu’aux Français handicapés. Les dossiers sont présentés par l’administration pour adoption par le Conseil consulaire. De même, nous étudions les dossiers présentés pour l’aide à l’adhésion à la Caisse des Français de l’Etranger (CFE). La CFE est une assurance Santé volontaire donc payante, affiliée à la sécurité sociale française. Toutes les aides sont accordées « sous conditions de ressources ».

MM : Vous avez aussi abordé la question de l’enseignement français à Madagascar ?

JDC : C’est exact, nous avons tenu une réunion avec la conseillère-adjointe de Coopération et d’Action Culturelle, personne qui a en responsabilité le réseau des établissements Français à Madagascar. Il y a 25 écoles françaises dans la Grande Ile, certaines avec seulement une scolarisation maternelle et primaire, d’autres avec en plus un collège comme c’est le cas dans les capitales provinciales, d’autres encore avec des sections lycées. La qualité de l’enseignement de ces établissements est reconnue. L’évolution de ce réseau fait l’objet d’un échange entre les élus et l’administration. J’ai récemment écrit au Directeur de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) pour lui faire part de mon analyse. Je lui demandais notamment de préserver la présence et le statut des collèges dans les six capitales ou grandes villes de provinces. Pour information l’AEFE est une agence sous tutelle du Ministère des Affaires étrangères qui a la responsabilité du réseau mondial d’établissements scolaires français et affiliés.

MM : Les bourses scolaires qui sont attribuées par les services consulaires sont-elles liées à ce réseau d’établissements ?

Oui. On ne peut obtenir une bourse scolaire de la part du Consulat que si l’enfant est scolarisé dans un établissement affilié au réseau AEFE. La famille doit alors constituer un dossier auprès de l’agence consulaire en provinces et du Consulat général à Tananarive. Les bourses scolaires sont attribuées sous conditions de ressources pour aider les familles françaises ayant des revenus qui ne leur permettent pas de faire face financièrement au coût des frais de scolarité. Cette aide est variable, sous forme de quotité allant de 100% à « quelques % » en fonction des ressources estimées des familles à partir du traitement de leur dossier. C’est une mesure d’aide et de promotion sociale remarquable. Le Conseil consulaire traitant de l’attribution des bourses s’est réuni sur deux jours, mardi 12 et mercredi 13 avril, toute la journée. Une journée est consacrée à l’étude des dossiers des établissements de provinces et une seconde journée à celle des établissements de Tananarive. Le nombre de bourses scolaires attribuées approche les 2200 élèves. C’est un effort considérable de la part de l’Etat français. Les élus sont particulièrement vigilants à ce que les crédits permettant de faire face à la demande soient disponibles, ce qui est parfois difficile en cette période de restriction de financement.

MM : Dernier volet, la sécurité. Nous avons perçu une certaine insatisfaction sur ce sujet de votre part à la lecture des différents communiqués de presse de Français du Monde Madagascar de ces dernières semaines.

JDC : La sécurité est devenue un problème important pour la communauté française à Madagascar, cette préoccupation ayant atteint son apogée ces derniers jours avec l’enlèvement d’un jeune élève du Lycée Français de Tananarive, le jeune Firoze. Les enlèvements récurrents de Français sont un souci majeur, surtout quand ils s’attaquent à des adolescents. Tout ceci met en lumière l’insuffisance de prise en compte de la sécurité de la part des autorités françaises en liaison avec les autorités malgaches souveraines. Il appartient à nos représentants exécutifs qui représentent notre pays de trouver une solution avec les autorités malgaches pour que cesse l’activité mafieuse des enlèvements avec rançons. Il est noté, en effet, que quasiment aucune de ces affaires d’enlèvements n’a été élucidée, l’immunité étant la règle. J’ai écrit à Madame l’Ambassadeur de France et au Ministre Français des Affaires étrangères et du Développement international, Monsieur Jean-Marc Ayrault, pour leur demander d’agir pour trouver, au plus vite, auprès des autorités malgaches souveraines, une solution permettant de mettre fin à ces enlèvements. Le Sénateur Richard Yung, sollicité par mes soins, doit prochainement rencontrer Jean-Marc Ayrault sur ce sujet.

MM : Un dernier mot concernant l’élection présidentielle française.

JDC : Le verdict du premier tour est tombé. Ma première satisfaction est que le Front National ne soit pas arrivé en tête. La politique de repli sur soi avec le retrait de l’Union Européenne et de l’euro, que prône Marine Le Pen, serait très néfaste et aventureuse pour la France. Son discours sur le rejet de « l’autre », l’étranger qui serait responsable de tous les maux de notre pays, est insupportable. Je soutiens donc sans réserve la candidature d’Emmanuel Macron pour ce deuxième tour et j’invite les électeurs Francais de la Grande Ile à se déplacer pour voter. La participation au premier tour à Madagascar fut d’un peu plus de 42%, c’est insuffisant au regard des 78% du vote en France. Montrons que nous sommes aussi des citoyens de devoir, puisque j’ai démontré dans cette interview que la France octroie à ces ressortissants une aide réelle.

Midi Madagascar

Le 03/05/17

Recueillis par P.R.