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6. mars, 2019

Le Jazz Club du Cercle germano-malagasy (CGM) a été créé le 17 novembre 2009, suite à l’aspiration des jeunes musiciens de jazz qui n’ont pas pu monter sur les grandes scènes, et grâce à la motivation et à l’enthousiasme du département culturel du Centre Germano-Malagasy ou CGM à Analakely. Le club marque ses dix ans d’existence, cette année.

Aujourd’hui, le Club regroupe une centaine de membres composés d’artistes amateurs, semi-professionnels mais aussi de simples fans de la musique jazz. Rendre celle-ci accessible à tous est l’un des principaux objectifs du Jazz Club. Mais éduquer les jeunes musiciens est également un autre objectif très important ; les façonner à avoir une bonne image en général en tant qu’artistes, plus précisément leur comportement et leur prestation scénique ; mais aussi savoir apprécier le jazz en tant que spectateurs. Le respect, le partage et l’écoute font partie des nombreuses valeurs partagées au sein du Jazz Club du CGM.

Chaque troisième dimanche du mois, ses membres se retrouvent au sein même du CGM à Analakely pour assister à des mini-concerts durant lesquels plusieurs groupes de formation des membres du club y participent. La plupart des participants sont jeunes et talentueux. Ils ont parfois besoin d’un encadrement. Le public professionnel ou amateur de cette musique y est invité à assister gracieusement à partir de 15 h. Un nouveau rendez-vous hebdomadaire y a été aussi initié chaque lundi après-midi afin d’encadrer ces jeunes membres, non seulement pour étudier ou peaufiner leur prestation scénique mais aussi approfondir les bases techniques que requiert le jazz. Il s’agit surtout de leur apprendre à avoir confiance en eux,donc à bannir tout stress, complexes et surmonter le trac.

Depuis ses dix années d’existence, le club est toujours une vraie pépinière pour forger la carrière des grands noms du jazz local.

L'Express de Madagascar

Le 16/01/19

Ricky Ramanan

21. févr., 2019

La génération dite « Y » d’Antsiranana crée l’ambiance et maîtrise bien tous les styles ou presque. Elle regroupe des musiciens et chanteurs talentueux de Diana.

Une vingtaine de membres composent le groupe d’animation « Y-Vazo », un nom tiré de la génération à laquelle ils appartiennent, des années 1980 à 2000. Ce n’est pas l’année de leur naissance, mais celle où la musique commençait à prendre une proportion importante dans leur vie. Cette passion commune pour la musique les a réunis pour vivre une belle et merveilleuse aventure depuis 2013, l’année de la création du groupe. « À notre époque, faire carrière artistique s’est avéré impossible. Avoir un travail honorable était d’abord notre priorité. Puis, on a songé à notre passion pour la musique. Et nous avons pensé à la bonne formule pour combiner les deux. C’est pour cette raison qu’on est si nombreux. Pour chaque rôle sur scène, nous avons deux ou trois éléments qui maîtrisent ce qu’on veut jouer. Au cas où certains sont retenus par leur boulot, d’autres peuvent les remplacer sans problème », confie Willison le fondateur du groupe Y-Vazo. Cinq musiciens assurent malgré tout la base de leur formation. Stéphane Zaralahy et Andry pour les percussions. Ils utilisent les basses, les toniques, les congas, les rouleurs, les caisses, et les Hazo’lahy. Tsiry s’occupe des accessoires comme le triangle, le shaker, les maracas, et autres. Dol et Willison se chargent des guitares et du chant. Être polyvalent est le seul critère que le groupe impose à ses membres. Et chacun apprend aux autres les techniques qu’il maîtrise bien.

 Répertoire riche et varié

 Le groupe Y-Vazo ne se limite pas à un seul style. « Nous faisons du sur mesure en fonction de la demande. Nous avons nos propres compositions, et pouvons aussi interpréter. Notre répertoire est riche sans aucune prétention. Variétés, jazz, folk, de l’Afro, et aussi et surtout le style musical de la partie Nord de Madagascar. Partout où l’on se produit, nous privilégions le côté malgache, du moins par notre style vestimentaire », explique Willison. Ce dernier, en tant que promoteur de la culture nordique de Madagascar et responsable d’un hôtel de haut standing à Antsiranana, connaît bien la formule qui plaît. Salegy, Trotrobe, Antsa be, Sigôma, autrefois joués par les instruments traditionnels prennent une autre sonorité sous les talents du groupe Y-Vazo. Leurs chansons parlent d’amour, de paix, de sagesse, d’environnement, du respect de la tradition, d’unité nationale, ou encore de l’art de vivre des Malgaches qu’Y-Vazo développe bien dans leur premier opus « Tanindrazako ». Ce cachet, hors du commun, les transporte hors de nos frontières. Y-Vazo va se produire à Nosy-Be vers la fin du mois d’août pour une belle ambiance.

L'Express de Madagascar

Le 21/08/2018

Ricky Ramanan
 

5. févr., 2019

Madagascar, l'opéra du peuple: anthropologie d'un fait social total: l'art "Hira Gasy" entre tradition et rébellion

Les mpihira gasy perpétuent depuis plus de cinq siècles une expression artistique unique au monde. C'est un art populaire : tous sont paysans autant qu'artistes, autodidactes et solidaires.

Le public est d'abord composé des riziculteurs et éleveurs de zébus des campagnes malgaches (où vit la majorité de la population), et aussi des travailleurs de l'économie informelle, des habitants des quartiers défavorisés des villes. Leur scène est avant tout la terre malgache, rouge sombre, au centre des rizières.

L'espace scénique est défini par le cercle emblématique que forme le peuple dont ils sont issus, assis autour d'eux.Cet art est aussi un art sacré : les plus majestueux et les plus festifs des spectacles ont lieu lors des famadihana, ces cérémonies par lesquelles les ancêtres de la famille, du lignage étendu aux consanguins et affins, sont sortis des tombeaux lors de grandes fêtes à l'occasion desquelles un suaire neuf, le lambamena, leur est offert. Un famadihana sans le concours de troupes de Hira Gasy est inconvenant. Cet art est un art national depuis qu'à la fin du XVIIIe siècle le monarque Andrianampoinimerina concçut le desein d'unir tous les paysans qui perpétuaient un art sutrcuturé dès le XVe siècle au rang de Mpihira'ny andriana, les chanteurs du Roi, les artistes royaux.

Consacré au Hira Gasy et contribution à l'anthropologie sociale de cet art, cet ouvrage est le résultat de recherches, entreprises de 1989 à 2001, par une étude ethnographique menée dans les villages d'artistes-paysans auprès de la troupe la plus prestigieuse de Madagascar : Tarika Ramilison Fenoarivo. Se référant principalement aux travaux et analyses de G. Balandier, J. Copans, M. Godelier, C. Levi-Strauss, C. Meillassoux, P.-P. Rey, et constestant les paradigmes néo-évolutionnistes de "pays les moins avancés", et de "sous-développement", ce livre propose une contributon à l'anthropologie rebelle. Tout comme, au début du XXe siècle, Jean Paulhan avait fait éditer pour la première fois les Hain Teny, avec cet ouvrage Karthala édite le premier Cahier d'oeuvres de Hira Gasy traduites en langue française.

Didier Mauro est anthropologue et cinéaste documentariste spécialisé en anthropologie visuelle, diplômé d'ethnologie générale et sociologie comparative, docteur ès lettres (option cinéma), docteur ès théâtre et arts du spectacle de l'université de la Sorbonne nouvelle - Paris III, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer. Ses travaux ont pour objet les contextes culturels et artistiques du monde subtropical. Depuis 1977 des missions de terrain l'ont amené à étudier les sociétés caraïbéennes, andines, africaines et asiatiques et à leur consacrer de nombreux filsm. Spécialiste de Madagascar, ses recherches portent sur le thème : La mort, l'art, kl'amour à Madagascar. Membre du Laboratoire d'ethnoscénologie (UFR d'arts de l'Université de Paris VIII), il enseigne à l'Université de la Sorbonne nouvelle.

Midi Madagascar

Le 18/12/18

Recueillis par

Maminirina Rado

 

17. janv., 2019

Bien au-delà d’être un simple genre musical, le reggae est désormais un patrimoine culturel à part entière. Il renforce ainsi sa popularité pour les générations à venir.

C’est un jour historique pour tous ceux qui prêtent allégeance à l’étendard vert, jaune et rouge, symbole de la culture rastafari mais surtout de la musique reggae. Hier, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a inscrit le reggae de la Jamaïque dans la prestigieuse liste du patrimoine culturel de l’humanité. C’est dans le cadre de la 13e session inter-gouvernementale pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’Unesco qui se tient actuellement à Port Louis, à l’île Maurice que la proclamation a été officialisée. Une nouvelle qui n’a pas manqué de réjouir tous les fans de reggae de tous âges et de tous horizons, qui à la suite de cette nouvelle, n’ont pas tardé à afficher leur joie.
A l’unisson, qu’ils soient simples mélomanes ou acteurs culturels émérites, ont salué cette initiative. Une musique aux fortes résonnances sociales, illustrant avec ferveur la richesse culturelle et identitaire de tout un pays, qu’est le Jamaïque. Le reggae qui fut popularisé par l’icône Bob Marley vient ainsi d’acquérir de nouvelles lettres de noblesse dans la scène culturelle et artistique.


Une musique fraternelle


Dans son communiqué officiel, l’Unesco tient à souligner la contribution du reggae dans la prise de conscience internationale sur les questions d’injustice, de résistance, d’amour et d’humanité, ainsi que sa dimension cérébrale, sensuelle et spirituelle. À Madagascar, le reggae compte toute une communauté, voire presque toute une petite nation d’adeptes. Très férus du genre, les mélomanes nationaux ont été fiers d’accueillir la nouvelle. La scène culturelle et artistique malgache est d’ailleurs très friande de reggae, avec comme autres fers de lance, les fameux Backom le Rasta ou encore Sammy Rastafanahy.
Depuis les années 80, cet amour intarissable pour le reggae se perpétue chez les artistes nationaux.

L'Express de Madagascar

Le 30/11/18

Andry Patrick Rakotondrazaka

11. janv., 2019

La représentante de Nosy Be s’est démarquée par sa brillante prestation. Elle a remporté la coquette somme de trois millions d’ariary et divers lots.

Sacrée cham­pionne. Le titre de « Graines de star 2018 » est gagné par Elisabeth Zafitsanga à l’issue de la finale nationale du concours « Graines de stars » qui s’est tenue à la discothèque Le Taxi Be à Antanimena dans la nuit du mercredi. Ses efforts ont été couronnés de succès avec une récompense de trois millions d’ariary et divers lots offerts par les partenaires de l’événement.
La finaliste de Nosy Be a impressionné par sa brillante prestation en interprétant quatre morceaux imposés et bien calibrés. Vêtue d’une tenue traditionnelle de sa région d’origine, un tissu fluide blanc avec des motifs fleuris pour interpréter « Tsy hirenireny » de Jaojoby, Elisabeth Zafitsanga crée l’étonnement en apportant une touche personnelle à l’œuvre du roi du salegy. Avec son charme, le morceau a séduit l’assistance venue en masse. Sa puissance vocale a été mise en valeur quand elle a chanté « J’irai où tu iras » de Céline Dion, imposant sa touche de séduction dans une combinaison rouge. L’appréciation du public s’est fait sentir par les applaudissements intenses à la fin du morceau. Puis, une touche de romantisme lors de son interprétation de « Breathless » de The Corrs. Le clou du spectacle a été gardé pour la fin avec un duo qu’elle a interprété avec Jazz MMC en chantant «’Zah Chef’nao ».

Promotion


Toute la salle a été conquise par son talent et son charisme. Mais le suspense a tenu en haleine le public en constatant la performance des quatre autres candidates qui se sont démenées pour remporter la victoire. À la proclamation du résultat, Elisabeth Zafitsanga a récolté le maximum de points de la part du jury composé de Black Nadia, Farah Jones, Taa’Tense, Tsiliva, Big Mj, Jazz MMC, et de Nicolas Dupuis, l’entraîneur des Barea.
« Je ne trouve plus les mots pour marquer ma joie. Je remercie l’organisation et tous ceux qui m’ont soutenue dans cette belle aventure. Remporter ce concours me motive d’aller plus loin dans cette discipline », formule, avec émotion, la championne de 19 ans.

Ouvert à tous les passionnés de chant de plus de 18 ans, le concours « Graines de stars » a débuté le mercredi 9 mai dernier à la discothèque Taxi Be Tana, pour la capitale. Il s’est déroulé à Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Antsiranana et Nosy Be où sont implantées les discothèques Taxi Be, avec la participation de nombreux jeunes. Il y a eu la présélection pour tester la qualité vocale des participants pour ne retenir que les trente-six meilleurs dans chaque ville. Les sélectionnés ont passé différentes étapes pour ne retenir qu’un(e) gagnant(e) pour chaque ville. Les finalistes de chaque ville ont reçu une somme de deux millions d’ariary. Les
quatre représentantes des provinces ont rejoint la capitale par avion pour un séjour d’une semaine, à la charge de l’organisation. « Promouvoir les jeunes talents est l’objectif principal de ce concours », martèle Alain Huchet, le premier responsable des discothèques Le Taxi Be.

L'Express de Madagascar

Le 23/11/18

Ricky Ramanan