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5. févr., 2019

Madagascar, l'opéra du peuple: anthropologie d'un fait social total: l'art "Hira Gasy" entre tradition et rébellion

Les mpihira gasy perpétuent depuis plus de cinq siècles une expression artistique unique au monde. C'est un art populaire : tous sont paysans autant qu'artistes, autodidactes et solidaires.

Le public est d'abord composé des riziculteurs et éleveurs de zébus des campagnes malgaches (où vit la majorité de la population), et aussi des travailleurs de l'économie informelle, des habitants des quartiers défavorisés des villes. Leur scène est avant tout la terre malgache, rouge sombre, au centre des rizières.

L'espace scénique est défini par le cercle emblématique que forme le peuple dont ils sont issus, assis autour d'eux.Cet art est aussi un art sacré : les plus majestueux et les plus festifs des spectacles ont lieu lors des famadihana, ces cérémonies par lesquelles les ancêtres de la famille, du lignage étendu aux consanguins et affins, sont sortis des tombeaux lors de grandes fêtes à l'occasion desquelles un suaire neuf, le lambamena, leur est offert. Un famadihana sans le concours de troupes de Hira Gasy est inconvenant. Cet art est un art national depuis qu'à la fin du XVIIIe siècle le monarque Andrianampoinimerina concçut le desein d'unir tous les paysans qui perpétuaient un art sutrcuturé dès le XVe siècle au rang de Mpihira'ny andriana, les chanteurs du Roi, les artistes royaux.

Consacré au Hira Gasy et contribution à l'anthropologie sociale de cet art, cet ouvrage est le résultat de recherches, entreprises de 1989 à 2001, par une étude ethnographique menée dans les villages d'artistes-paysans auprès de la troupe la plus prestigieuse de Madagascar : Tarika Ramilison Fenoarivo. Se référant principalement aux travaux et analyses de G. Balandier, J. Copans, M. Godelier, C. Levi-Strauss, C. Meillassoux, P.-P. Rey, et constestant les paradigmes néo-évolutionnistes de "pays les moins avancés", et de "sous-développement", ce livre propose une contributon à l'anthropologie rebelle. Tout comme, au début du XXe siècle, Jean Paulhan avait fait éditer pour la première fois les Hain Teny, avec cet ouvrage Karthala édite le premier Cahier d'oeuvres de Hira Gasy traduites en langue française.

Didier Mauro est anthropologue et cinéaste documentariste spécialisé en anthropologie visuelle, diplômé d'ethnologie générale et sociologie comparative, docteur ès lettres (option cinéma), docteur ès théâtre et arts du spectacle de l'université de la Sorbonne nouvelle - Paris III, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer. Ses travaux ont pour objet les contextes culturels et artistiques du monde subtropical. Depuis 1977 des missions de terrain l'ont amené à étudier les sociétés caraïbéennes, andines, africaines et asiatiques et à leur consacrer de nombreux filsm. Spécialiste de Madagascar, ses recherches portent sur le thème : La mort, l'art, kl'amour à Madagascar. Membre du Laboratoire d'ethnoscénologie (UFR d'arts de l'Université de Paris VIII), il enseigne à l'Université de la Sorbonne nouvelle.

Midi Madagascar

Le 18/12/18

Recueillis par

Maminirina Rado

 

17. janv., 2019

Bien au-delà d’être un simple genre musical, le reggae est désormais un patrimoine culturel à part entière. Il renforce ainsi sa popularité pour les générations à venir.

C’est un jour historique pour tous ceux qui prêtent allégeance à l’étendard vert, jaune et rouge, symbole de la culture rastafari mais surtout de la musique reggae. Hier, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a inscrit le reggae de la Jamaïque dans la prestigieuse liste du patrimoine culturel de l’humanité. C’est dans le cadre de la 13e session inter-gouvernementale pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’Unesco qui se tient actuellement à Port Louis, à l’île Maurice que la proclamation a été officialisée. Une nouvelle qui n’a pas manqué de réjouir tous les fans de reggae de tous âges et de tous horizons, qui à la suite de cette nouvelle, n’ont pas tardé à afficher leur joie.
A l’unisson, qu’ils soient simples mélomanes ou acteurs culturels émérites, ont salué cette initiative. Une musique aux fortes résonnances sociales, illustrant avec ferveur la richesse culturelle et identitaire de tout un pays, qu’est le Jamaïque. Le reggae qui fut popularisé par l’icône Bob Marley vient ainsi d’acquérir de nouvelles lettres de noblesse dans la scène culturelle et artistique.


Une musique fraternelle


Dans son communiqué officiel, l’Unesco tient à souligner la contribution du reggae dans la prise de conscience internationale sur les questions d’injustice, de résistance, d’amour et d’humanité, ainsi que sa dimension cérébrale, sensuelle et spirituelle. À Madagascar, le reggae compte toute une communauté, voire presque toute une petite nation d’adeptes. Très férus du genre, les mélomanes nationaux ont été fiers d’accueillir la nouvelle. La scène culturelle et artistique malgache est d’ailleurs très friande de reggae, avec comme autres fers de lance, les fameux Backom le Rasta ou encore Sammy Rastafanahy.
Depuis les années 80, cet amour intarissable pour le reggae se perpétue chez les artistes nationaux.

L'Express de Madagascar

Le 30/11/18

Andry Patrick Rakotondrazaka

11. janv., 2019

La représentante de Nosy Be s’est démarquée par sa brillante prestation. Elle a remporté la coquette somme de trois millions d’ariary et divers lots.

Sacrée cham­pionne. Le titre de « Graines de star 2018 » est gagné par Elisabeth Zafitsanga à l’issue de la finale nationale du concours « Graines de stars » qui s’est tenue à la discothèque Le Taxi Be à Antanimena dans la nuit du mercredi. Ses efforts ont été couronnés de succès avec une récompense de trois millions d’ariary et divers lots offerts par les partenaires de l’événement.
La finaliste de Nosy Be a impressionné par sa brillante prestation en interprétant quatre morceaux imposés et bien calibrés. Vêtue d’une tenue traditionnelle de sa région d’origine, un tissu fluide blanc avec des motifs fleuris pour interpréter « Tsy hirenireny » de Jaojoby, Elisabeth Zafitsanga crée l’étonnement en apportant une touche personnelle à l’œuvre du roi du salegy. Avec son charme, le morceau a séduit l’assistance venue en masse. Sa puissance vocale a été mise en valeur quand elle a chanté « J’irai où tu iras » de Céline Dion, imposant sa touche de séduction dans une combinaison rouge. L’appréciation du public s’est fait sentir par les applaudissements intenses à la fin du morceau. Puis, une touche de romantisme lors de son interprétation de « Breathless » de The Corrs. Le clou du spectacle a été gardé pour la fin avec un duo qu’elle a interprété avec Jazz MMC en chantant «’Zah Chef’nao ».

Promotion


Toute la salle a été conquise par son talent et son charisme. Mais le suspense a tenu en haleine le public en constatant la performance des quatre autres candidates qui se sont démenées pour remporter la victoire. À la proclamation du résultat, Elisabeth Zafitsanga a récolté le maximum de points de la part du jury composé de Black Nadia, Farah Jones, Taa’Tense, Tsiliva, Big Mj, Jazz MMC, et de Nicolas Dupuis, l’entraîneur des Barea.
« Je ne trouve plus les mots pour marquer ma joie. Je remercie l’organisation et tous ceux qui m’ont soutenue dans cette belle aventure. Remporter ce concours me motive d’aller plus loin dans cette discipline », formule, avec émotion, la championne de 19 ans.

Ouvert à tous les passionnés de chant de plus de 18 ans, le concours « Graines de stars » a débuté le mercredi 9 mai dernier à la discothèque Taxi Be Tana, pour la capitale. Il s’est déroulé à Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Antsiranana et Nosy Be où sont implantées les discothèques Taxi Be, avec la participation de nombreux jeunes. Il y a eu la présélection pour tester la qualité vocale des participants pour ne retenir que les trente-six meilleurs dans chaque ville. Les sélectionnés ont passé différentes étapes pour ne retenir qu’un(e) gagnant(e) pour chaque ville. Les finalistes de chaque ville ont reçu une somme de deux millions d’ariary. Les
quatre représentantes des provinces ont rejoint la capitale par avion pour un séjour d’une semaine, à la charge de l’organisation. « Promouvoir les jeunes talents est l’objectif principal de ce concours », martèle Alain Huchet, le premier responsable des discothèques Le Taxi Be.

L'Express de Madagascar

Le 23/11/18

Ricky Ramanan

4. déc., 2018

Le groupe Donné Andriambaliha revient d’un séjour en Nouvelle Calédonie où il a donné un concert, et a effectué une série d’ateliers sur la musique et la culture malgache.

C’était un enchantement, tant pour les artistes, Donné Andriambaliha et son groupe, que pour le public  venu assister à la représentation musicale lors de l’inauguration du nouveau centre culturel à Hienghène au Nord de la Nouvelle-Calédonie, le 8 octobre dernier. La réouverture du Centre Culturel Provincial « Goa Ma Bwarhat » a été organisée par l’association culturelle DOO HUNY de Jean-Marie Tjibaou et à cette occasion, le groupe Donné Andriambaliha a été invité pour animer la soirée. Donné Andriambaliha, Edmond le violoniste et luthiste, Holiseheno la chanteuse et percussionniste ainsi que Bruno, chorégraphe, danseur et chanteur, ont fait découvrir la culture malgache à l’autre bout du monde à travers leurs talents. Avec leurs instruments malgaches, dont la Valiha ou encore le Sodina, ils ont transporté le public dans un voyage musical exotique et très typique. Véritable showman, Donné Amdriambaliha n’a pas laissé le public de marbre.

Promotion culturelle:Outre le concert de l’inauguration de ce centre culturel, le groupe Donné Andriambaliha a participé à de nombreux ateliers pour promouvoir la danse et la musique malgache pendant toute la semaine qui a suivi l’ouverture du centre. L’association « Ravinala », mécène de la culture malgache en Nouvelle Calédonie, leur a permis de se représenter également lors d’un concert indépendant au conservatoire de Koné le 17 Octobre. « Vision Madagascar » une société leader dans le secteur de l’immobilier, l’exploitation de bois, le service et l’organisation d’évènements, a contribué au financement du voyage du groupe et a rendu leur expédition possible en perpétuant une relation de longue date entre l’artiste, Donné Andriambaliha, et l’entreprise. D’ailleurs, à travers ses valeurs et ses actions, le groupe « Vima » vise un impact positif sur la société malgache. La promotion de la culture et de l’éducation est pour elle essentielle à l’amélioration des conditions de vie à Madagascar. Aussi, la mise en avant d’artistes locaux et de la culture contribue à créer un nouveau Madagascar.

Midi Madagascar

Le 26/11/18

Anjara Rasoanaivo

23. nov., 2018

Le temps d’un concert inédit, organisé par la radio-télévision Analamanga (RTA), trois chanteurs de renom, nous reviennent sous les traits de trois chanteurs talentueux.

Un évènement qui promet d’être chaleureux et jovial à la fois, annonce une bonne ambiance fraternelle. Tel un vibrant hommage des plus mélodieux à trois immortels de la musique, c’est tout un concert, voire tout un spectacle que la radio-télévision Analamanga (RTA) peaufine actuellement pour les mélomanes de la capitale. Cet hommage à Elvis Presley, Johnny Hallyday et Charles Aznavour, prenant déjà une allure des fête de fin d’année en effet, c’est tout un cabaret-concert, dansant et interactif, qui égayera le Dôme RTA à Ankorondrano dans la soirée du 7 décembre à partir de 19 heures.
A l’affiche, trois artistes, à la fois chanteurs et musiciens d’exception. Lumène et Rolly, seront accompagnés de la jeune Koloina, lauréate du concours « Feo tokana, gitara iray » produit par la RTA elle-même. Jouant de leur voix et de leur personnalité, ils revisiteront ensemble les grands standards de ces monstres sacrés de la musique que sont, Elvis, Johnny et Aznavour. En outre, quelques invités surprises seront aussi de la partie dont un que le public reconnait déjà pour sa passion intarissable pour Johnny Hallyday.-

Comme à l’accoutumée, les organisateurs seront aux petits soins pour vous, tout au long de la soirée. Outre l’atmosphère mélodieuse qui sublimera le Dôme RTA tout au long de cette soirée, il y aura de quoi vous rassasier amplement sur place. Agrémenté d’une ambiance cosy et familiale à la fois, cet antre de la fête de la capitale s’affirmera comme des plus accueillants pour l’occasion. De plus, la soirée sera aussi propice à de belles rencontres ou à de bons moments romantiques. De « Can’t help falling in love» de Elvis Presley au « Que je t’aime » de Johnny Hallyday, en passant par « Je n’ai rien oublié » de Charles Aznavour, Lumène, Rolly et Koloina vous envoûteront par leur prestation. Un grand moment de nostalgie, autant pour les afficionados de ces trois géants que pour la jeune génération, ce concert-hommage au Dôme RTA Ankorondrano, reste à savourer sans aucune modération avec ce qu’il nous propose au menu. Laissez-vous séduire !

L'Express de Madagascar

Le 16/11/18

Andry Patrick

Rakotondrazaka