3. juil., 2019

Métier

Le notariat encore méconnu

Primordial et pourtant évité de tous, le notariat est parfois sous-estimé malgré son importance.

 

 Rija Razanadrakoto (à g.) répondant aux questions des journalistes, hier.

Stratégique, la fonction notariale est pourtant peu consi­dérée dans le paysage malgache. Situation qui a poussé la chambre nationale des
notaires de Madagascar à se réunir, depuis hier, à Anosy dans une tentative de revalorisation de leur corps de métier. Les membres de cette chambre se penchent sur leur rôle dans l’efficacité de la procédure de saisie immobilière à la suite des actes d’hypothèques notariés sous la forme d’un atelier de deux jours qui s’achèvera donc aujourd’hui.

À travers l’évènement, la chambre nationale des notaires de Madagascar se fixe comme objectif de contribuer à améliorer les conditions de transaction immobilière dont la plupart revêtent un caractère authentique et conforme à la législation en vigueur.

« La majorité si ce n’est la totalité des notaires malgaches ont déjà rencontré des difficultés pratiques concernant le traitement des dossiers d’hypothèque. La principale raison étant que les principaux concernés dans un litige de saisie immobilière n’ont pas su faire appel à un service notarial au préalable qui aurait pu leur éviter ce litige, par manque de connaissance des avantages de ce genre de service », déplore Rija Razanadrakoto, président de la chambre nationale des notaires. Ce dernier qui avance qu’un grand nombre de Malgaches est à présent disposé à recourir à un système de crédit pour développer leurs activités. Crédits qui nécessitent, cependant, des garanties de leur part et qui poussent les établissements préteurs à opter pour le système d’hypothèque. Et c’est à ce stade que le service notarial doit impérativement intervenir afin d’éviter aux deux parties d’éventuels recours en justice en cas de mésentente.

Force exécutoire
Cependant, le nombre est très insuffisant si l’on dénombre soixante treize dans tout Madagascar. Pour les dix-neuf mille sociétés et les quatre millions d’habitants de la capitale, on ne compte que huit notaires. Sans parler de la population en province. « Notre objectif est de mettre un notaire par localité où un tribunal de première instance prévaut. En effet, la fonction notariale est un métier étroitement liée au ministère de la Justice. Il confère un caractère authentique et une force exécutoire aux actes qui sont soumis au notaire. Il est donc primordial que ce corps de métier communique mieux ses spécificités pour le grand public qui en a cruellement besoin », argue Maharo Rakotoarison, directeur de l’administration des juridictions du ministère de la justice. Une façon pour cette responsable d’encourager vivement la chambre nationale des notaires de Madagascar à vulgariser davantage la profession.
Peu de titulaires de master II en droit songent à emprunter la voie du notariat. La plupart des étudiants se bousculent vers le métier d’avocat.

 L'express de Madagascar

Le 21 juin 2019