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16. juil., 2019

Interview RFM

Déplacement à Majunga du 30 juin au 2 juillet 2019

RFM / Après un premier déplacement à Diégo-Suarez début juin 2019, vous vous êtes rendu à Majunga dans le cadre de votre mandat de Conseiller consulaire élu représentant les Français de Madagascar. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est un Conseiller Consulaire.

 JDC/ Les Français de Madagascar élisent, tous les 6 ans, 5 Conseillers consulaires qui les représentent dans les instances délibératives concernant l’administration des Français résidents auprès de l’Ambassade et du Consulat de France. Le mandat actuel des Conseillers consulaires se termine en mai 2020. Il est à noter que les Conseillers consulaires sont des élus totalement indépendants du Consulat. Le nom de Conseiller consulaire entraine, en effet, des confusions. Notons que le rôle des Conseillers consulaires est consultatif, ils émettent des avis auprès de l’administration. Ils n’ont donc aucun pouvoir décisionnel.

RFM/ Après Diégo-Suarez début juin 2019, vous vous êtes déplacé à Majunga du 30 juin au 2 juillet. Pourquoi ces déplacements ?

JDC/ Cela fait partie du mandat de Conseiller Consulaire. Je m’efforce de me rendre une fois par an dans les principales villes de province, c’est-a-dire Tamatave, Diégo-Suarez, Majunga, Antsirabe, Fianarantsoa, Tuléar. C’est indispensable pour garder le contact avec la réalité des structures françaises dans ces villes qui hébergent une population française importante.

RFM/ En quoi consiste ces déplacement ?

JDC/ Cela consiste à rencontrer les responsables des structures françaises sur place et à visiter les installations, principalement l’Agence consulaire, le Collège Français et l’Alliance Française. Puis j’organise une rencontre avec les Français résidents pour les écouter et répondre à leurs questions. Je reviens à Tananarive avec les dossiers à traiter.

RFM/ Racontez à nos auditeurs votre mission à Majunga. Qu’avez-vous fait le dimanche 30 juin ?

JDC/ Le dimanche, j’ai participé à 2 assemblées générales associatives : l’Assemblée générale de l’AEFM (Association d’Entraide des Français de Majunga). Cette association de solidarité loue un local fonctionnel en ville, local où elle reçoit le public tous les vendredis matin. La fréquentation est grande puisqu’elle reçoit entre 15 et 20 personnes chaque vendredi. L’AEFM apporte des aides ponctuelles en matière de santé, de difficultés passagères, de réparation de maison, de démarrage d’activités économiques, et relaie les actions du service social du Consulat général de Tananarive. Cette Assemblée générale s’est tenue en présence du Consul honoraire Ikbalhoussen Karim qui est intervenu pour se féliciter des excellentes relations de travail que l’Agence consulaire entretient avec l’AEFM. Tous mes encouragements au bureau et à la Présidente Annick Raharimanana.

RFM/ Quelle était la seconde association ?

JDC/ L’Assemblée générale de Français du Monde (FdMM) section Majunga. La section de Majunga de Français du Monde Madagascar comporte une trentaine de membres et une vingtaine de sympathisant. Les personnes la sollicitent surtout pour des renseignements et une aide administrative concernant principalement l’état civil, mais aussi l’aide sociale, les bourses scolaires, les dossiers de visas. Annick Raharimanana dirige cette section de FdMM. Section dynamique qui rassembla une quarantaine de personnes autour d’un barbecue brochette et poissons grillés très conviviaux.

RFM/ Et le lundi ?

JDC/ Le lundi 1er juillet, j’ai d’abord rendu visite à l’Agence consulaire où je me suis entretenu avec le Consul honoraire et l’agent consulaire. L’Agence consulaire est installée dans le même bâtiment que l’Alliance Française où elle occupe un espace modeste mais satisfaisant avec deux bureaux et un local de rangement. Un bureau est dévolu au Consul honoraire, Ikbalhoussen Karim et l’autre à Judith,  l’agent consulaire. Cette dernière reçoit tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, le Consul reçoit chaque jours en fin d’après midi.

L’impression d’un suivi administrative de qualité de la part de l’agent consulaire est prégnante. Le Consul assume une grande disponibilité accompagnée d’une vraie compétence acquise avec l’expérience puisqu’il effectue son second mandat. Les deux personnes sont satisfaites de leurs relations de travail avec le Consulat général. Mon ressenti de cette visite est très positif et j’adresse mes encouragements à l’équipe. Rappelons que la fonction de Consul honoraire est bénévole.

Notons cependant une fréquence de valise diplomatique interne entre le Consulat général et l’Agence consulaire trop espacée car toutes les 3 semaines. Or les dossiers administratifs concernant nos compatriotes transitent par ces valises.

RFM/ Donc très bonne impression ?

JDC/ Oui, mais j’ai noté qu’une seule mission est effectuée concernant la délivrance de documents d’état civil, passeports et cartes d’identité, ceci pouvant amener à ne pas pouvoir répondre à l’ensemble des demandes. Je suggère que la durée des missions soit proportionnelle aux nombres de demandeurs et non l’inverse. J’avais déjà noté cette difficulté lors de ma visite à l’Agence consulaire de Diégo-Suarez.

RFM/ Et après l’Agence consulaire ?

JDC/ J’ai rendu visite à l’Alliance Française de Majunga. L’AFM appartient au réseau des Alliances Françaises à Madagascar, réseau très dense puisqu’il dépasse les 25 représentations et couvre un grand nombre de ville de la grande île. L’AFM a déménagé depuis une année du bâtiment qu’elle occupait sur le bord de mer pour s’installer dans les locaux anciennement dévolus au Consulat avant que celui-ci ne soit remplacé par une Agence consulaire.

Une nouvelle construction avec près d’une dizaine de salles de classe et un hall ouvert en rez-de-chaussée complète l’édifice de l’ex-consulat de France. Cela donne un espace conséquent pour les activités de l’AFM. Rappelons que les Alliances Françaises sont investies dans la diffusion de la langue et de la culture françaises. L’AFM développe d’importantes  activités d’enseignement du Français auprès des enfants et des adultes ainsi que des activités de lecture et de diffusion de documents AV. A cet effet, elle a aménagé un « culture bus » qu’elle déplace une fois par mois dans des écoles publiques malgaches avec lesquelles elle entretient une relation suivie. Un travail culturel et social très intéressant mis en place par l’actuelle Directrice, Madame Tassin-Marrie Sabine.

RFM/ L’Agence consulaire, l’Alliance Française et ensuite ?

JDC/ La ville de Majunga est dotée d’un établissement scolaire Français offrant une possibilité de scolarisation pour les enfants, de la maternelle à la troisième. Il n’y a pas de lycée. Rappelons que l’établissement est ouvert à toutes les familles sans distinctions de nationalité. Seules les familles françaises sont éligibles aux bourses scolaires données par l’Etat Français. Se renseigner, auprès de l’établissement scolaire ou de l’Agence consulaire.

L’établissement est implanté dans un grand espace qui offre aux enfants un confort remarquable pour leurs études. L’effectif est stable autour de 470 élèves, ce qui en fait le premier Collège de province par comparaison avec les autres villes. Les coûts d’écolage sont en rapport avec la qualité de l’enseignement et de l’équipement pédagogique.

L’établissement semble donc « en bonne santé », sous la Direction de la Principale Madame Drouot. Le seul point de difficulté concerne le bâtiment de la restauration scolaire qui montre des fissures d’affaissement dues à une insuffisance de fondation. Ceci va nécessiter des travaux importants à brève échéance.

RFM/ C’est tout pour le 1er juillet. Passons au lendemain.

JDC/ Le mardi 2 juillet, j’ai d’abord rencontré, en matinée, l’Association EMTH qui met en place des formations de deux ans pour former des jeunes aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration. L’EMTH gère aussi un espace de cinq chambres de qualité, ce qui lui permet de générer des recettes pour financer les différentes activités. Ce projet a bénéficié à sa mise en place d’un financement AFD (Agence Française du Développement).

Puis, l’après-midi, j’ai reçu les Français de Majunga. A chaque déplacement, j’invite les compatriotes qui veulent me rencontrer pour me soumettre un dossier, une difficulté ou solliciter un avis. J’ai ainsi reçu, en entretien individuels,  onze familles, ce mardi 2 juillet, au complexe hôtelier des Roches rouges, à Majunga. Les sujets furent variés : transcription d’un divorce effectué à Madagascar, transcription d’un mariage, acte de reconnaissance, tutelle pour un enfant, demande de nationalité par naturalisation…

RFM/ Que retenez-vous de ce séjour ?

JDC/ Le dispositif Français à Majunga est de qualité et mes compatriotes doivent en prendre conscience. Une Agence consulaire, une école française, une Alliance Française, deux associations d’aide sociale et administrative ! Tout cela est remarquable. Majunga est une ville qui parait assez dynamique. Une remarque, il y a vraiment trop de BAJAJ. Vous connaissez les BAJAJ ?

RFM/ Oui………Concernant votre rôle de Conseiller consulaire, avez-vous adressé des recommandations à l’administration française ?

JDC/ Oui, J’ai fait parvenir aux autorités françaises principalement deux propositions :

La première concerne l’optimisation des crédits de déplacement : Afin d’optimiser le budget dédié aux missions consulaires, je suggère que les agents prennent le transport avec le Bus « Premium » qui offre un transport de grande qualité de confort en direction de Majunga, Antsirabe, Tamatave à un coût très inférieur à l’avion. Cela permettrait d’augmenter le nombre de missions du Consulat général en matière d’Etat civil notamment mais aussi dans le domaine social.

RFM/ Et la seconde ?

JDC/ La seconde concerne les transcriptions d’actes d’état civil qui sont aujourd’hui une difficulté non résolue et ceci depuis plus d’une décennie. La durée moyenne d’une transcription d’acte de mariage avoisine les 6 à 8 mois, la durée moyenne de transcription d’un acte de naissance approche les 2 ans. C’est un handicap important pour les usagers. En cause la quasi-obligation de vérification des actes « in situ » dans les mairies malgaches, vérifications effectuées dans  les mairies malgaches par les agents consulaires. L’absence de personnels en nombre suffisant ne permet pas au Consulat général d’effectuer les missions de vérification des actes « in situ » dans des délais acceptables. Notons que les dossiers de demande de transcription lorsqu’ils concernent des contrées éloignées et difficiles d’accès, tombent en désuétude et ne sont pas traités si les familles n’insistent pas pour « maintenir en vie » la demande. On peut alors atteindre des délais de transcription avoisinant les 5 années.

Chacun convient que cette situation est déplorable mais aucune solution véritablement efficiente n’est mise en œuvre. Je suggère d’externaliser la partie vérification « in situ » auprès d’un opérateur privé, l’administration consulaire conservant la responsabilité de la transcription des actes. Ceci à été mis en place pour les visas avec TLS contact, pourquoi ne pas l’étendre aux relevés des données « in situ » concernant les actes d’état civil ! Le coût supplémentaire pourrait être pris en charge par l’usager.

RFM/ Merci d’avoir réservé cette communication en exclusivité pour RFM.