24. janv., 2018

Les zadistes ont gagné. Ils le disent, la droite le dit, les premiers pour triompher, la seconde pour se lamenter. La décision est sage : le gouvernement évite un débordement de violence et la France, désormais en première ligne dans la défense de la planète, pouvait difficilement imposer un projet voué aux gémonies par le courant écologiste. Mais la question de principe reste entière. La construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avait été décidée par des gouvernements légitimes, approuvés par l’immense majorité des élus des régions concernées, confortés par une consultation locale au résultat clair et net. C’est donc une minorité qui s’est imposée à la majorité, par une action illégale, assortie de manifestations violentes.

Personne ne peut écarter ce problème d’un revers de main, même une main verte. Les mêmes qui approuvent l’abandon du projet seraient probablement intraitables si une minorité défendant une cause à leurs yeux détestable voulait imposer ses vues à la majorité. Si des activistes «prolife» excités occupaient une clinique où l’on pratique des avortements, les progressistes ne seraient pas long à demander son évacuation par la police, quitte à risquer des violences. Vérité dans une sphère idéologique, erreur au-delà.

Comment rester cohérent ? Peut-on récuser la légalité d’un côté, l’exiger de l’autre ? En fait, les démocraties n’obéissent pas seulement à la loi de la majorité. Quand une minorité de forte conviction exprime une opposition radicale en mettant en jeu la vie de certains de ses membres, un gouvernement démocratique n’envoie pas aussitôt la police. Il est souvent conduit à négocier. Faiblesse ? Peut-être, mais aussi humanité.

Aussi bien, certaines causes minoritaires sur l’instant sont ratifées après coup. Quand les défenseurs des droits civiques aux Etat-Unis usaient de moyens illégaux (mais non-violents), ils anticipaient sur des changements qui paraissent aujourd’hui élémentaires. De même les suffragettes au XIXe siècle, Gandhi en Inde, ou encore Nelson Mandela quand il contestait l’apartheid avec violence. Il est possible que les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, aujourd’hui minoritaires dans leur région, soient absous à l’avenir parce qu’il auront décelé avant les autres le caractère dépassé du projet d’aéroport. Quand des éleveurs désespérés attaquent des préfectures, on cherche à composer, sans envoyer immédiatement la troupe... Bien sûr, la décision de la majorité doit rester la règle. Mais elle souffre des exceptions. Il arrive que les minorités aient raison contre la majorité. Tout démocrate doit garder en tête cette hypothèse, avant d’exiger sur l’heure que l’on déploie canons à eau et escadrons de gendarmes. On dira que c’est une ligne de conduite incertaine et sinueuse. Certes. Mais la démocratie est un régime humain, et donc imparfait. »

8. janv., 2016

CHRONIQUE DE VANF

Le scénario-cauchemar d’un Madagascar islamisé.

 

Mettre en scène l’émotion, raconter son traumatisme à une cellule psychologique, faire son deuil de manière aussi spectaculaire que des hommages nationaux. Il y a un temps pour tout. Soit. Mais, quinze jours suffisent pour qu’on puisse passer à autre chose.

 

Ne pas faire d’amalgame. N’est-ce pas. Refuser de se mettre en colère. Tendre l’autre joue sans doute. Ravaler sa haine. Et puis quoi encore. Surtout qu’en face, nulle place à la compassion. Aucune trace de regret. Rien qui ressemble à de la contrition. Au contraire. Les islamistes exultent. Allah akbar. Rien de plus glorieux que de mourrir pour sa cause. Surtout si on peut assassiner gratuitement Juifs, Chrétiens, Infidèles et autres mécréants avant d’aller à la rencontre des houris vierges du paradis islamiste.

 

C’est quoi l’islam si ce n’est pas canarder des gens tranquillement attablés à la terrasse d’un café ? C’est quoi l’islam si ce n’est pas se faire exploser dans un train bondé à l’heure de pointe ? C’est quoi l’islam si ce n’est pas tuer des touristes dans un musée ou sur la plage ?

 

C’est quoi l’islam si ce n’est pas enfermer la femme dans la camisole de force du voile intégral ? C’est quoi l’islam si ce n’est pas refuser aux filles toute fenêtre sur le monde et interdire aux garçons la fréquentation d’autres lieux qu’une école coranique ? C’est quoi l’islam si ce n’est pas un livre du 7ème siècle qu’on doit prendre au pied de chaque lettre au 21ème siècle et pour tous les millénaires à venir ?

 

C’est quoi l’islam si ce n’est pas bombarder des statues de Bouddha, concasser au marteau-pilon des chefs d’oeuvre de l’Antiquité, détruire des manuscrits anciens, prétendre raser les pyramides pharaoniques ?

 

C’est quoi l’islam si des imams confisquent toute réflexion et censurent tout sens critique ? C’est quoi l’islam si des mollahs décretent quel vêtement mettre, comment porter la barbe et combien de fois par jour se prosterner quitte à squatter la voie publique ?

 

C’est quoi l’islam si ce n’est pas Oussama Ben Laden, Mohammed Aqmi, Youssef Daech, Abdallah Boko Haram ?

 

Chrétiens, juifs, bouddhistes, hindouistes, confucéens, athées, nous sommes fatigués de répondre à la place du musulman. Où est-il le musulman pour expliquer, surtout à ses coreligionnaires, cet islam qui ne serait ni obtus, ni rétrograde, ni jihadiste, ni intolérant, ni totalitaire ? 

 

Le scénario-cauchemar d’un Madagascar islamisé est à nos portes, sinon déjà dans nos murs. Le scénario-cauchemar des shebabs islamistes débarquant de Kenya Airways. Le scénario-cauchemar de ceux qui renoncent au kémalisme laïc arriver par Turkish Airlines. Le scénario-cauchemar de ceux qui ont financé le sunnisme fondamentaliste sortir du cheval de Troie Emirates.

 

Les généreux financements de l’Arabie Saoudite wahabite ne sont jamais aussi efficaces que sur le triple terreau de la pauvreté, de l’ignorance et d’un État déficitaire. Les trois conditions sont réunies à Madagascar au bout de cinq décennies de maximisation à court terme, de prédation à outrance et de corruption généralisée.

 

Le scénario-cauchemar de six mille mosquées autorisées contre des millions de dollars. Le scénario-cauchemar de niqabs et burqas à chaque coin de rue, sans qu’on sache seulement si c’est une femme victime ou un homme pervers. Le scénario-cauchemar de fous d’Allah prétendant régimenter notre quotidien jusqu’ici de liberté.

 

Le scénario-cauchemar de nos paisibles campagnes, que se partagent pacifiquement l’église et le temple, tout d’un coup emplies de muezzins appelant à la prière permanente. Le scénario-cauchemar de Rova démantelés pierre après pierre, pour chasser ceux qui rendent grâce aux mânes des ancêtres et faire table rase des nécropoles de nos rois pré-islamiques.

 

Dans le documentaire «Zone interdite», on a vu des islamistes menacer ouvertement : aucun respect pour le christianisme, aucun respect pour la démocratie libérale, aucun respect pour la mixité des genres, aucun respect pour la liberté de la femme, aucun respect pour la science ni la raison. Leur ouvrir la porte, c’est un visa sans retour pour un califat islamique, rien qui ressemble à notre liberté oeucuménique. Et nous n’en voulons pas.