Les billets de la matinale RFM Fm 102

19. juin, 2019

Babay sy lohavohitrane

«Babay sy lohavohitra » une expression malgache pour parler de « tout et n’importe quoi », mais ce que la majorité d’entre nous ignore, est que le lieu-dit Babay existe vraiment et c’est même un lieu chargé d’histoire, et c’est le sujet du billet de ce matin.

C’est une vraie découverte en effet ! Et c’est où Babay ?

Sur la RN4, à une quarantaine de kilomètre du centre-ville d’Antananarivo, Babay, est un site qui ne manque pas d’histoire. L’origine du village de Babay remonte au temps d'Andrianjaka, et de nombreux vestiges de fossés, de parcs à bœufs, de tombeaux sont encore visibles. Cette localité au long passé historique fut un moment la résidence du Commandant Lyautey, le futur maréchal de France. Lyautey avait été appelé à Madagascar en 1897 par Gallieni qui avait apprécié l'homme placé sous ses ordres au Tonkin. Il lui confia la responsabilité du cercle de Babay, avec pour mission essentielle de protéger la route de Majunga et d'achever la pacification de la région où le chef «fahavalo» Rabezavana tenait encore les troupes françaises en échec.

Ah oui l’histoire, tu nous expliques l’origine de l’expression « babay sy lohavohitra » alors, car l’un ne peut pas exister sans l’autre !

« Lohavohitra » est  une petite montagne en face de Babay. L’expression est utilisée pour parler de quelqu’un qui veut tout avoir, le beurre et l’argent du beurre,  ou de quelqu’un qui veut parler de tout et n’importe quoi.

Qu’est-ce qu’on peut voir d’autre sur ce site alors !

L’autre particularité de cette colline réside dans la couleur de ses «Tamboho » ces clôtures de couleur marron en terre qui ont l’air de sortir tout droit du moyen âge. Les Tamboho sont des clôtures spéciales faites de terre, d’eau et de bouse de vache et composée de blocs empilés à l’horizontal. Ces piles sont  de nombre impair de trois, cinq ou sept. Une technique dont les Malgaches peuvent être fiers. Ces murs sont vraiment très durs et peuvent résister pendant plusieurs centaines d’années.

De beaux paysages donc !

Juste en face, l’aridité du rocher de Lohavohitra favorise la prolifération de plantes adaptées à la sécheresse. La mignonne cohabite ainsi avec des espèces végétales aussi inattendues que curieuses pour la région centrale de Madagascar. À commencer par d’autres plantes carnivores plus abondantes comme les six espèces de Drosera et Urticularia, mais aussi des plantes succulentes de type aloès ou kalanchoés ou reviviscentes comme le mahatambelona (Myrothamnusmoschatus), connu localement pour ses vertus aphrodisiaques. Le circuit Baby en passant par Lohavohitra est disponible à l’ORTANA pour ceux qui sont intéressés.

C’est une idée pour les amateurs de randonnée alors !

13. juin, 2019

L’insécurité dans la capitale est un sujet qui n’étonne plus grand monde. Un mal qui gangrène la capitale et auquel les nouvelles autorités ont décidé de s’attaquer. On en parle dans le billet de ce matin.

Donc, le gouvernement est conscient de ce problème.

Les dirigeants malgaches l’ont reconnu. En conseil des ministres, le président de la République, a constaté que « Malgré les efforts déployés sur le terrain, il semble que les dispositifs et les mécanismes en place trouvent leurs limites pour endiguer et éradiquer ce fléau ». Cela, en rapport notamment à la reprise des attaques à mains armées, les kidnappings récurrents en ville comme dans les campagnes, notamment ces derniers jours. Il s’est alors fixé un objectif de six mois pour qu’il y ait un nouveau visage de la sécurité dans la capitale et à Madagascar en général.

Et comment l’Etat s’y prendra-t-il ?

En attendant la mise en place des nouvelles structures pour lutter contre l’insécurité comme les forces spéciales, qui relève de la promesse présidentielle, le gouvernement entend déployer tous les moyens disponibles pour démanteler les réseaux qui montent de véritables opérations commando en pleine ville et des actes de terrorisme dans les campagnes. Des mesures ont déjà été adoptées et appliquées antérieurement, sous la direction du Premier ministre, pour lutter contre le kidnapping. Des instructions ont été données au ministère de la Justice ainsi qu’aux différentes forces de l’ordre, dans la lutte contre le grand banditisme et la grande criminalité.

Du côté des forces de l’ordre, quels sont les mesures prises ?

Le renforcement des dispositifs et du système de sécurité déjà en place sera effectué. Les ministres de la Défense nationale, le ministre de la sécurité publique ainsi que le secrétaire d’Etat chargé de la gendarmerie nationale ont exposé leurs stratégies respectives et les mesures urgentes qui doivent être prises pour renverser la tendance croissante de l’insécurité à Madagascar d’une manière générale et dans les grandes villes en particulier.

Concrètement, qu’est-ce que ce serait !

Les mesures évoqués sont la mobilisation et coordination de toutes les forces de l’ordre pour la mise en place d’un système de quadrillage des villes particulièrement la nuit et ce, afin de rassurer la population pour instaurer un climat général de sécurité. La création de prisons spécialisées de « haute sécurité » pour incarcérer les auteurs des infractions liées à l’insécurité notamment en matière de crimes de sang, de vols de zébus, d’attaque à mains armées et le démantèlement des réseaux de kidnapping et enfin la mise en place d’un système de renseignements efficace par le renforcement des échanges d’informations entre les forces de l’ordre et le ministère de la Justice, l’adoption d’une politique pénale sévère dans la lutte contre l’insécurité et surtout en matière de kidnapping, de banditisme en ville et en campagnes.

Espérons que tout cela apportera ses fruits. Wait and see comme on dit

3. juin, 2019

Ce matin dans le billet de la matinale, nous allons parler du pentathlon moderne, une nouvelle discipline qui cherche sa voie dans la grande île.

Ça a l’air nouveau, qu’est-ce que c’est ?

Le pentathlon moderne est une épreuve sportive constituée de cinq disciplines d’où le nom de pentathlon. Ces épreuves sont l’escrime, la natation, l'équitation, le tir au pistolet et la course à pied. Il faut le distinguer du pentathlon antique constitué de lancer du disque, de lancer du javelot, de saut en longueur, de course d'environ 192 m et de lutte ; aucune des épreuves du pentathlon moderne ne faisait partie des premiers Jeux olympiques.

Et depuis quand ce pentathlon moderne existe ?

Le pentathlon sous sa forme moderne fut inventé par le baron Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux olympiques modernes. Comme les épreuves de l'ancien pentathlon étaient choisies suivant les compétences du soldat idéal de cette époque, Coubertin créa l'épreuve pour imiter les épreuves d’un soldat de cavalerie du 19ème siècle derrière les lignes ennemies : il doit monter un cheval inconnu, combattre avec un pistolet et une épée, nager et courir.

Cela semble être une belle épreuve d’endurance, et tu as dit qu’elle commence à se frayer un chemin chez nous !

Oui, depuis maintenant 4 ans, le pentathlon est arrivé à Madagascar. En 2017, la fédération malgache du pentathlon entre au comité olympique malgache et ne cesse de multiplier les évènements pour attirer des athlètes et faire connaître cette discipline au grand public.

Avec cinq disciplines, cela ne doit pas être facile de trouver les infrastructures pour développer le pentathlon chez nous !

Certes, mais la direction de la fédération travaille avec les écoles pour que les jeunes puissent pratiquer le pentathlon avec les moyens du bord. C’est surtout en équitation que la recherche de partenaire pour fournir les chevaux et les équipement équestre  est plus compliquée. Avec l’arrivée d’un technicien envoyé par l’union internationale de pentathlon moderne, la fédération espère trouver un nouveau souffle pour développer la discipline tant sur le plan national qu’international à travers toujours plus de collaboration.

Merci de nous avoir parlé de cette discipline très peu connu qu’est le pentathlon.

24. mai, 2019

On parle toujours de la pauvreté à Madagascar, mais ce matin dans le billet de la matinale, on va parler des retombés concrètes des projets de développement mis en place pour endiguer ce phénomène.

On va parler de bonnes nouvelles alors, c’est super !

Mettons-nous en contexte, environ 180 000 ménages dans l’extrême pauvreté, soit 5% des 52,7% de la population malagasy dans cette catégorie, ont bénéficié des activités de protection sociale mises en œuvre depuis 2016.  Les bénéficiaires ont pu améliorer leur niveau de vie grâce au projet « Filets sociaux de sécurité » (FSS). Ce dernier comprend 3 programmes à savoir le « Transfert monétaire pour le développement humain » (TMDH) incluant le « Vatsin’Ankohonana », le « Fiavota »  et « Ndaohianatra » (LUL), l’argent contre travail productif (ACT-P) ou encore les réponses aux crises. Parmi les 5 régions de mise en œuvre de ce programme, les résultats sont palpables pour VatovavyFitovinany.

Peut-on connaître ces résultats palpables ?

Des centaines de familles de Manakara et Vohipeno s’en sortent, après 3 ans de formations, de nouvelles techniques, de mesures d’accompagnement et surtout de pratique. A titre d’exemple, une mère de 6 enfants, bénéficiaires du programme « Argent contre travail productif » ou ACT-P pour Manakara. Elle s’est lancée dans la pisciculture depuis maintenant 5 ans, outre la culture de pistache, de pois de bambara et de manioc. Ce qui lui rapporte assez pour assurer de la scolarité de ses 2 enfants dans le collège ainsi que pour leur survie au quotidien. Avec les recettes tirées lors de la vente des poissons, elle a pu acheter des volailles, un cochon et 2 bœufs. L’élevage se développe peu à peu, comme l’agriculture.

Belle histoire de résilience ! Tu en as d’autre ?

Oui, un père de famille habitant dans le village de MarofarihyManakara, fait également partie des bénéficiaires des nouvelles techniques inculquées grâce à l’ACT-P. Auparavant dans une situation de pauvreté extrême, il a pu développer une pépinière. Il s’agit d’une activité très rentable puisqu’en 2018, il a écoulé 700 plants de girofle et de café à 500 ariary la pièce. Sa vie de famille s’est nettement améliorée depuis puisque ses enfants sont scolarisés et sa famille mange à sa faim. Cette activité génératrice de revenus se développe, surtout avec la forte demande des clients.

Mais en quoi consiste l’ACT-P ?

L’ACT-P ou l’argent contre travail productif, consiste à offrir 4000 ariary par jour par ouvrier pendant 40 jours de travaux, payé en 3 tranches. A cela s’ajoutent l’apprentissage des nouvelles techniques agricoles et piscicoles ou encore les rendements récoltés dans les sites de démonstration, pour une meilleure résilience.

La technique marche alors ! Sur cette bonne nouvelle, nous refermons ce billet.

 

20. mai, 2019

Nous arrivons au moment du billet de la matinale et ce matin, nous allons évoquer l'endométriose, la maladie taboue dont il faut parler. Un sujet qui concerne les femmes mais que tout le monde se doit de connaitre !

Allons-y !

Les 3 au 9 mars derniers, c'était la semaine européenne de lutte contre l'endométriose. A cette occasion, cette « maladie taboue » peu connue est revenue dans l’actualité et l'importance de son diagnostic et de sa prise en charge ont été mis sur le devant de la scène.

Rappelons à nos auditeurs ce que c’est !

L'endométriose est une maladie chronique qui touche la femme jeune en âge de procréer. Lors des règles, le tissu de l'endomètre (la muqueuse tapissant l'intérieur de l'utérus) créé pour accueillir un bébé est détruit et provoque un saignement. Dans le cas de l'endométriose, les tissus endométriaux migrent hors de l'utérus au lieu de s'éliminer naturellement, et s'accumulent autour des ovaires, de l'utérus, de la vessie ou des organes digestifs. Ils provoquent alors des lésions et des adhérences entre les organes qui créent des douleurs pendant les règles, lors des rapports, à la défécation ou même sans raison en plein milieu du cycle (douleurs pelviennes chroniques). A terme, la maladie peut conduire à une infertilité.

C’est grave alors !

De plus, cette maladie chronique ne se guérit pas, mais il existe des solutions pour enrayer sa progression et diminuer voire faire disparaître les douleurs. Malheureusement, cette affection peu connue est souvent diagnostiquée très tard, en moyenne 9 ans après l'apparition des premiers symptômes, ce qui complique sa prise en charge. Par ailleurs, on estime qu'une femme sur 7 en âge de procréer est atteinte d'endométriose, parfois sans même le savoir.

A t’écouter, on dirait que c’est sans espoir !

Non, car si elle est décelée relativement tôt, cette maladie se soigne et peut permettre à la patiente de vivre une vie presque normale avec son endométriose, grâce à un suivi et une prise en charge spécialisée. Rappelons que le principal symptôme est la douleur pendant les règles, et au niveau de l’abdomen en général en milieu de cycle ou même pendant les rapports sexuels. Il faut donc consulter un gynécologue dans ce cas et ne pas ignorer la douleur pour être suivie par des spécialistes.

Entendu, espérons que cette rubrique aura aidé les auditeurs à mieux connaître cette maladie et à adopter la bonne réaction face à elle.