Les billets de la matinale RFM Fm 102

5. juin, 2018

Il y a quelques mois que les JO de Pyeongchang se sont terminés. On se souvient du passage de l’unique athlète malgache, ou encore des cérémonies d’organisation, mais il y a de grandes et de petites histoires qui méritent d’être rappelées en parlant de ces jeux ! C’est tout de suite dans le billet de la matinale.

Bien, par quoi on commence ?

Par les disputes qui ont émaillé les jeux ! Derrière la vitrine clinquante des « JO de la paix », la boutique du Comité international olympique (CIO) a réglé quelques comptes. Sur fond d’opposition en interne à l’attitude du président Thomas Bach à l’égard de la Russie, jugée trop clémente, deux membres de l’instance : Adam Pengilly et Dick Pound ont été publiquement recadrés.

Après les disputes, il y a eu des quelques rebellions aussi !

La désignation de Mike Pence, vice-président des Etats-Unis, comme chef de la délégation américaine à Pyeongchang n’a pas été du goût des  athlètes américains. Adam Rippon, le patineur artistique, gay et défenseur de la communauté LGBT, a regretté le choix de Mike Pence qui, lorsqu’il dirigeait l’Etat de l’Indiana, avait tenté de faire passer une loi autorisant des discriminations contre les homosexuels. Le médaillé de bronze dans l’épreuve par équipes aurait déjà refusé de se rendre à la traditionnelle réception de la Maison Blanche, à son retour au pays.

Disputes, rébellions, qu’est-ce que tu nous réserves d’autres ?

Il y a eu les chansons des cheerleaders nord-coréennes. Les pom-pom girls de Pyongyang ont égayé les compétitions où leurs « héros » étaient alignés. A coups de chants et de chorégraphies millimétrées, l’escadron des 200 partisanes a suscité le malaise puis la fascination des observateurs.

Un dernier pour la route ?

On termine avec l’équipe féminine jamaïcaine de bobsleigh, qui a failli ne pas participer à la compétition sans l’aide d’un généreux brasseur qui a bien voulu leur offrir le véhicule. Malheureusement, elles n’ont pas pu renouveler l’exploit de leur compatriote masculin trente ans auparavant car elles terminent avant-dernier au classement.

Merci pour tes petites histoires, c’est « l’envers de la médaille » pourrait-on dire !

 

1. juin, 2018

Dans le billet de ce matin, on va parler d’une partie de la capitale qui est devenue sujet à polémique, il s’agit de l’axe Itaosy qui a fait parler de lui depuis le début d’année.

Et quel est la raison de cette polémique ?

Les lignes de transport en commun desservant l'axe Itaosy et le centre-ville, notamment le  133, le 143 et le « A » font l'objet de polémique ces derniers temps. Les plaintes de leurs usagers ne cessent de s'accroître, surtout sur la mauvaise qualité de service et les comportements ignobles des chauffeurs et receveurs ainsi qu’à propos du non-respect record du cahier des charges.

Cela ne doit pas être facile pour les usagers !

C’était difficile, mais après il y a eu des  interventions d'un des Députés élus d'Atsimondrano pour sanctionner les chauffeurs et receveurs entêtés d'Itaosy qui ont entraîné des réactions à la fois positive et négative, jusqu’à la polémique sur les réseaux sociaux. Cela a même provoqué le clash entre les habitants et usagers de cet axe : les uns qui sont contre le demi-parcours des « Taxis-be » et les autres pour le respect du cahier des charges.

Mais pourquoi les transporteurs font ça !

Les transporteurs ont dit que c’est à cause des embouteillages monstres sur cet axe et l'état piteux des routes. Les propriétaires des véhicules exigent un versement quotidien complet, sans tenir compte des faits. Ils n’auraient d'autres choix que de faire des demi-parcours pour combler la somme requise et empocher leur part. Dans la plupart des cas, ce sont ceux qui touchent chaque jour leur solde qui pratiquent les demi-parcours, afin de gagner plus d'argent. Les chauffeurs et receveurs payés mensuellement le font moins.

Et alors, comment cela s’est terminé ?

Après l’intervention de l’élu, il y a eu quelques rappels à l’ordre de la part de l’autorité des transports terrestres, certains transporteurs se sont assagis mais pas tous ! Après tout, de telles situations ne sont pas le propre d’Itaosy, si on se promène du côté d’Ivato, ou dès qu’on sort un peu de la ville, on revoit les mêmes scènes.

Décidément, on ne s’en sortira jamais dans cette capitale !

Mais non, ne soyons pas pessimistes ! Disons qu’avec le temps et beaucoup d’éducation, cela s’arrangera « peut-être » !

30. mai, 2018

Savez-vous ce qu’est la Françafrique, en avez-vous seulement entendu parler ? Si vous avez répondu par non à au moins une de ces questions, vous êtes au bon endroit car on va vous expliquer tout dans le billet de la matinale de ce matin.

Commençons par le début, qu’est-ce que c’est ?

L'expression « France-Afrique » est employée, en 1955, par le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, pour définir le souhait d'un certain nombre de dirigeants africains de conserver des relations privilégiées avec la France après l'accession de leur pays à l'indépendance. Cette expression avait, à l'origine, une connotation positive. Elle fut reprise et popularisée dans son sens péjoratif actuel en 1998 par le livre intitulé « La Françafrique, le plus long scandale de la République »,  de l’économiste français François-Xavier Verschave.

Et donc, quel est ce sens péjoratif ?

F-X. Verschave décrit un système caractérisé par des pratiques de soutien aux dictatures, de coups d'État et d'assassinats politiques mais aussi de détournements de fonds et de financements illégaux de partis politiques d'où l'homophonie plusieurs fois soulignée par Verschave : France-Afrique, France-à-fric.

Et comment ça se présente dans la réalité ?

Le « système de la Françafrique » présente, à des degrés divers selon les pays concernés, les caractéristiques suivantes : une politique étrangère française occulte qui ne relève pas du ministère des Affaires étrangères mais qui est une politique discrétionnaire de la Présidence de la République Française, notamment à travers la cellule africaine de l’Élysée. Une présence très importante de fonctionnaires français ou, plus tard, d'attachés techniques dans les pays africains concernés ; une ingérence, y compris militaire, dans les affaires intérieures des pays concernés - défense ou renversement d'un gouvernement - ; des liens financiers occultes entre le régime du pays et les partis politiques français. Ces liens financiers concernent la corruption des élites politiques françaises par les classes dirigeantes africaines.

Et maintenant, c’est toujours le cas?

Emmanuel Macron a déclaré ce 28 novembre 2017, à Ouagadougou, qu'il n'y avait plus de «politique africaine de la France ». Il est le troisième Président français à évoquer la fin de ces liens sulfureux connus comme la « Françafrique », terme que le chef d’État Français a pris soin de ne pas employer. La génération F. Hollande et E. Macron s’est éloignée des pratiques post-coloniales de « la Françafrique », même si les liens historiques maintiennent, entre la France et ses anciennes colonies, un lien particulier.

Eh oui, mais maintenant qu’on connait mieux la françafrique, on peut passer à la rubrique suivante.

 

 

29. mai, 2018

Aujourd’hui dans le billet, nous allons parler de la cour pénale internationale ou CPI, une juridiction un peu spéciale qui traite souvent le pire des exactions commises dans le monde. Peu connue mais à l’œuvre, la CPI, on vous dit tout sur elle.

Bien, qu’est-ce que c’est d’abord ?

La CPI fut créée par un traité signé à Rome en 1998, entre la fin de la guerre froide et les attentats du 11-Septembre, dans le sillage du tribunal de Nuremberg, chargé de juger les chefs nazis après la Seconde Guerre mondiale, et sur les fondations des tribunaux ad hoc pour les crimes commis en ex-Yougoslavie et au Rwanda établis par les Nations unies dans les années 1990.

Donc, elle agit par rapport à des crimes de guerres assez précis uniquement ?

A ce jour, seuls 124 Etats adhèrent à ce traité. Ce qui fait que le pouvoir de la CPI ne s’exerce à ce jour qu’à l’encontre des ressortissants d’Etats qui ont ratifié son traité ou de ceux qui commettent des crimes sur le territoire de ces derniers. A moins que le Conseil de sécurité des Nations unies ne décide de la saisir. On parle ici des auteurs de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Mais est-ce que la CPI a déjà jugé des criminels de ce genre ?

Même si trois des cinq membres permanents du Conseil ne reconnaissent pas la Cour, ils se sont tournés vers elle en 2005 pour les crimes du Darfour, puis six ans plus tard pour ceux commis pendant la révolution libyenne. Depuis sa création, avec son procureur Luis Moreno Ocampo, la CPI est intervenu en ex-Yougoslavie, en Côte d’ivoire, au Mali, en Georgie, en Lybie, au Kenya, en République centrafricaine, en RDC, au Soudan et en Ouganda avec en tout moins de 20 personnes poursuivies.

Ça se passe essentiellement en Afrique alors, comment le continent accueille-t-il ces décisions ?

Depuis l’inculpation du président soudanais, puis celle du président kényan, l’Union africaine s’oppose frontalement à la Cour, lui reprochant d’être l’instrument d’un « néocolonialisme » judiciaire. Après avoir longtemps menacé de se retirer du traité de Rome, plusieurs Etats africains décidaient, à l'automne 2016, de quitter la Cour.

Pourquoi ?

Depuis sa création, une seule enquête a été ouverte hors du continent africain, même si le procureur a d’autres cibles dans son viseur comme l’Ukraine, la Colombie, la Palestine et même l’Afghanistan. Et alors que le Moyen-Orient s’enflamme, la Cour reste impuissante à cause de la pression diplomatique.

Espérons qu’elle sera plus libre car le monde a besoin d’elle. Sur ce, on met un point final à cette rubrique.

 

28. mai, 2018

Nous allons aborder un sujet difficile aujourd’hui car on va parler de drogue. La Grande Ile serait devenue une plaque tournante du trafic de drogue, Madagascar serait ainsi en passe de devenir le terrain fertile des narcotrafiquants.

En effet, c’est un sujet grave ! Mais comment cela se fait qu’on en est arrivé là ?

Cela s’explique par le fait que chez nous, c’est un circuit insoupçonnable, vu que la Grande Ile ne figure pas sur la liste des pays où il y a risque réel de trafic de drogue. Les paquets passent inaperçus, jusqu’au jour, où ces substances sont mises au grand jour par nos services des douanes.

Donc, Madagascar est un pays de transfert pour ces drogues, mais elles vont où en vrai ?

La plupart du temps, ces drogues dures sont destinées aux Iles voisines, que ce soit l’île Maurice ou La Réunion en passant par les Seychelles. Mais parfois, elles voyagent plus loin pour arriver jusqu’au Canada, après une courte escale dans l’Hexagone.

Est-ce qu’on sait qui est derrière ce trafic ?

Pas vraiment, mais des enquêtes sont en cours, et les passeurs viennent de tous les horizons. On trouve des malgaches, des africains, des maghrébins, des chinois, il y en a de partout, mais on ne sait pas qui sont les vrais commanditaires.

Mais d’où viennent ces drogues ?

On parle le plus souvent du cannabis et de drogues dures à Madagascar. Ces genres de stupéfiants existent bel et bien dans le pays, mais cela ne met pas ce dernier dans le rang des pays réputés producteurs traditionnels comme le Maroc, le Ghana, le Burkina Faso, la République Démocratique du Congo et le Kenya. En général, la production de drogue se caractérise souvent par une forte spécialisation régionale. Ainsi, la cocaïne provient essentiellement d’Amérique du Sud, en particulier de la Colombie, Bolivie et Pérou. De même, les foyers de production de l’opium, nécessaire à la fabrication de l’héroïne, se concentrent dans le « croissant d’or », l’Afghanistan et le « triangle d’or », le Myanmar, Laos et la Thaïlande.

C’est un vrai circuit international alors !

Oui, en gros, les pays du sud produisent de la drogue et les pays du nord en consomment. C’est un business qui n’est pas prêt de s’arrêter. C’est pourquoi, la lutte contre le trafic de drogue doit être très organisée et se faire de manière internationale.

Sur cette recommandation, nous refermons le billet de la matinale.