21. août, 2017

La tradition du Famadihana

Le billet de ce jour se chargera d’enrichir votre culture et votre connaissance des traditions malgaches. Aujourd’hui en effet, nous allons parler du famadihana, cette tradition propre aux malgaches. Mais d’abord que le famadihana ?

C’est un rituel qui consiste dans un rassemblement de toute la famille autour du souvenir et de l’hommage aux morts. Les corps des défunts sont inhumés du tombeau familial pour les recouvrir de nouveaux linceuls avant de les remettre à leur place. Le tout dans une ambiance de fête et de réjouissances.

Et pourquoi les malgaches s’adonnent-ils à de tels rituels ?

Les malgaches pensent que la vie ne s’arrête pas à la mort. Après la mort, le défunt devient un « razana », une entité qui va rejoindre « zanahary », le Dieu créateur. Et donc, ils croient qu’en étant plus près de ce dernier, les « razana » pourraient intercéder pour eux auprès du dieu créateur afin de venir en aide aux vivants. C’est ce passage du défunt au statut de « razana » que les malgaches fêtent pendant les famadihana car en devenant des razana, leurs parents décédés peuvent recommencer à faire partie de leur vie en veillant sur eux. Faire un famadihana c’est aussi faire plaisir au « razana » dans l’espoir d’un retour positif de leur part et de la part du Zanahary par effet domino, c’est comme une sorte de prière. C’est un peu comme la vénération que les catholiques ont pour les reliques de leurs saints.

Et donc, qu’est-ce qu’on fait exactement pendant un famadihana ?

Les famadihana occasionnent toujours des dépenses importantes. Donc, les familles se partagent le coût de l’évènement. Les dépenses sont à la hauteur de la réputation de la famille. Et comme dans toutes les fêtes, il y a aussi des invités dans les famadihana. Des invités qui vont apporter une enveloppe pour la famille hôte pour participer aux dépenses. Quand ces invités feront leurs famadihana à leur tour, leurs anciens hôtes viendront aussi en temps qu’invités et apporteront aussi des enveloppes supérieures ou égales à ce qu’ils ont reçu. C’est un cycle que les malgaches appellent « atero ka alao », qu’on peut traduire par « remets-le puis va le chercher », car on donne de l’argent à une famille hôte pour le récupérer quand on sera hôte à son tour.

Et ça se fait dans toute l’île ?

La majorité des ethnies le font, même s’il y a quelques différences dans la façon de faire. Et d’un autre côté, certains mouvements chrétiens le proscrivent en jugeant le famadihana contraire à la religion à cause des prières au razana. Mais on en fait encore, surtout en hiver, c’est la saison des famadihanas.