12. déc., 2017

Thomas Sankara

Dans le billet d’aujourd’hui, nous évoquerons la mémoire d’un grand homme qui a marqué l’histoire de l’Afrique et qui continue à inspiré 30 ans après sa disparition. Il s’agit de Thomas Sankara.

Tu parles là d’un homme que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre, alors qui c’est ?

Thomas Sankara, né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute-Volta est mort assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso. C’est un homme d'État anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste voltaïque, puis burkinabè, chef de l’État de la République de Haute-Volta qu’il a rebaptisée Burkina Faso, de 1983 à 1987.

Et pourquoi a-t-il tant influencé les générations même après sa mort ?

Sankara est, à l’image d’Ernesto «Che» Guevara, devenu un symbole, voire un mythe dépassant largement les frontières du Burkina, où il a été la principale source d’inspiration pour les mouvements de la société civile qui ont contribué au renversement du président Blaise Compaoré après 27 ans de pouvoir. Ce même Compaoré qui a mené le coup d’Etat qui s’est soldé par la mort de Thomas Sankara. Comme quoi, il y a une justice dans ce monde.

Mais quelles étaient ses idées, ses convictions ?

Thomas Sankara est un des chefs du Mouvement des non-alignés. Dans ses discours, il dénonce le colonialisme et le néo-colonialisme. Devant l'ONU, il défend le droit des peuples à manger à leur faim, boire à leur soif, et à être éduqués. Et il avait ses idées dans sa peau, sa phrase préférée était : « la patrie ou la mort ».

Et comment il s’y prenait pour les mettre en œuvre ?

Il créait les CDR (Comités de défense de la révolution) auxquels tout le monde pouvait participer, et qui assuraient la gestion des questions locales et organisaient les grandes actions. Les CDR étaient coordonnés dans le CNR (Conseil national de la révolution). Cette politique visait à réduire la malnutrition, la soif (avec la construction massive par les CDR de puits et retenues d'eau), la diffusion des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabès ou non, et l'analphabétisme.

Et maintenant, trente après, son ombre continue donc de planer sur les jeunes burkinabé. C’est vrai que des grands hommes de sa trempe commencent à se faire rare alors c’est important de connaitre son histoire.