11. janv., 2018

Le prix de la mort

Dans notre billet d’aujourd’hui, on va parler d’un sujet sérieux, presque tabou ! Celui de la mort, on en parle sous un angle tout aussi sérieux, l’angle financier. Même si cela gêne parfois de le dire, les morts ça coutent de l’argent ! on en parle tout de suite.

C’est vrai que ce n’est pas très habituel d’en parler aussi ouvertement pourtant cela nous concerne tous !

Oui, surtout que pour les malgaches en particulier, la question de la cérémonie des funérailles est assez importante. L’honneur du défunt et de sa famille est en jeu, donc certaines familles investissent beaucoup dans le dernier adieu à leur proche décédé.

Mais qu’est-ce qui fait que cela coûte cher ?

Qu’on ait les moyens ou pas, les funérailles, ça coûte toujours cher. Les cercueils, ça peut aller chercher jusqu’à 400.000 ar ; ensuite, il faut s’occuper des gens qui viennent veiller chez le défunt, ça coûte cher aussi ! le transport, puisque chez nous, il est important de se faire enterrer dans son tombeau familial qui, pour la plupart se trouve souvent loin du lieu de décès ; enfin il y a les fleurs, les linceuls, etc. Et si on prend le service des pompes funèbres, c’est encore plus cher ! mais comme c’est un dernier hommage, on ne compte pas les dépenses.

Mais pourquoi est-ce que les malgaches ont cette relation assez particulière avec les morts ?

Pendant un enterrement, pour nous malgaches, c’est l’occasion de voir comment le défunt a été perçu par ses congénères, si l’on peut s’exprimer ainsi. Et en général, ça se voit à l’importance de l’assistance qui vient pendant la veillée, s’il y a beaucoup de gens, ça veut dire que le défunt était une personne importante. Pour les malgaches, la mort est juste un passage, car la majorité d’entre eux sont chrétiens et de manière traditionnelle, les morts veillent sur les vivants après, donc c’est important de veiller à ce que le défunt ait une belle cérémonie même si on ne le dit jamais.

C’est vrai, ce n’est pas comme pour les étrangers, les malgaches ne disent pas « c’était une belle cérémonie », ils disent que le défunt a été bien enterré (tsaralevenananymaty). Et on dit quoi à la famille du défunt, on dit qu’ils ont été honoré (heni-kaja, henim-boninahitranyvelona).